|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours |
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Socialisme Libertaire - Critique de l'antifascisme actuel
Date
Thu, 28 May 2026 19:25:57 +0100
«La montée des idées d'extrême-droite est un vrai problème et il faut
réagir face aux groupuscules violents. Pourtant, nous posons un regard
critique sur l'antifascisme actuel. ---- C'est quoi le fascisme? ----
La crise issue de la Première Guerre mondiale voit émerger le fascisme,
idéologie nationaliste se disant révolutionnaire car en rupture avec le
capitalisme (la fameuse 3e voie: ni capitaliste ni communiste). Il prône
un régime très hiérarchique, viriliste, fondé sur la nation comme primat
absolu et vue comme ethniquement homogène. ---- La bourgeoisie peut
faire appel au fascisme en période de crise profonde malgré son
programme qui lui est a priori hostile. L'idéologie fasciste ne sert
alors que de ciment à une mobilisation de masse, transformant le
désespoir en un espoir d'un ordre nouveau centré sur une unité d'intérêt
national placée au-dessus des conflits de classe. Ce mouvement cherche à
anéantir toute contestation de cette unité nationale par la terreur, en
s'appuyant sur les forces étatiques comme extra-étatiques. Des milices
de masse issues de couches radicalisées sont mobilisées pour écraser
toute contestation. Il en résulte une dictature militarisée... au
service de la classe dominante.
Le fascisme se distingue d'une dictature classique par sa conquête
légale du pouvoir et l'usage de milices pour détruire syndicats et
partis, imposant un enrôlement généralisé... au profit de la
bourgeoisie. Un régime autoritaire, raciste ou nationaliste n'est donc
pas forcément fasciste. Le RN, par exemple, n'est pas un parti fasciste
aujourd'hui: il n'a pas de base militante organisée en milices armées,
seulement une base électorale. Seuls des groupuscules fascistes optent
pour le rapport de force physique (voir l'article «Extrême droite et
fascisme aujourd'hui»).
Tout devient du fascisme
Aujourd'hui, le mot «fasciste» est utilisé de manière apolitique. Dès
que l'État devient violent, il est qualifié de fasciste, comme si un
État bourgeois n'était pas structurellement répressif dès qu'une
contestation dépasse ce qu'il juge acceptable. En France, la répression
violente des mouvements syndicaux ou politiques s'est accentuée, mais
cela ne rend pas l'État «fasciste». Il recourt simplement à des méthodes
autoritaires déjà utilisées (voir la Commune, la guerre d'Algérie...),
certaines ayant toujours existé pour une partie de la population.
De plus, toute opposition aux valeurs de gauche devient «fasciste» pour
certain·es. Or, tenir des propos racistes ou sexistes ne fait pas d'une
personne un·e fasciste. Ce glissement conduit ainsi à traiter de
«fascistes» des écrits anarchistes jugés «transphobes» par certains
milieux postmodernes. Rappelons aussi les gilets jaunes (GJ), qualifiés
de «fascistes» à leurs débuts car leurs propos ne correspondaient pas à
la pensée lissée des milieux militants.
Bref, l'antifascisme actuel tend à être plus moral que politique, basé
sur des valeurs humanistes, antiracistes, antisexistes, etc. D'où la
création de fronts antifascistes larges, souvent apolitiques.
L'impasse politique de l'antifascisme
En qualifiant le RN de fasciste, l'antifascisme actuel limite sa
stratégie aux élections: éviter la victoire du RN (voter Chirac contre
Le Pen, Macron contre Le Pen, demain Retailleau/Darmanin...?). Ces
fronts, essentiellement électoraux ou par manifestations, défendent la
«démocratie représentative». Certes, celle-ci garantit plus de libertés
individuelles que la dictature, mais les dérives autoritaires actuelles
sont la réponse de la bourgeoisie à la crise. Si la crise s'aggrave,
même les partis dits «démocratiques» pourraient soutenir un régime
dictatorial (souvenons-nous des pleins pouvoirs votés à Pétain en 1940
par la Chambre élue en 1936).
Il faut donc replacer la critique de l'État au coeur de l'analyse de
l'autoritarisme. On ne combat pas le fascisme ou les dérives
autoritaires en défendant la démocratie actuelle. Ce serait demander à
la bourgeoisie de ne pas être autoritaire alors qu'elle en a fait le choix.
Lutter contre l'extrême-droite et ses dérives fascisantes
Nous ne demandons pas à l'État de dissoudre les groupes
d'extrême-droite. Leur interdiction ne les ferait pas disparaître, mais
donnerait l'illusion que l'État nous protège alors que ces mesures se
retourneraient contre nous dès que nous deviendrions trop gênants. Nous
rejetons aussi le «front républicain», qui nous pousse à nous allier aux
représentants des exploiteurs.
Combattre la montée de l'extrême-droite - et demain une montée fasciste
possible si la crise s'aggrave - ne passe pas par le recours à l'État
«démocratique». Face aux attaques de groupuscules fascisants dans
certaines villes, il faut faire front physiquement, à la base, avec
d'autres militant·es. Mais s'enfermer dans un rapport de force
groupusculaire est une impasse, ces groupes ont déjà des liens avec
police et armée, et risquent demain d'avoir de plus en plus le soutien
de l'appareil d'État.
Pour contrer l'extrême-droite, il faut lui arracher le monopole du
ras-le-bol généralisé. Ce ne sont pas les «fronts républicains»
électoraux avec les partis bourgeois qui y parviendront. Il faut des
mouvements sociaux radicaux qui attirent les populations les plus
exploitées et opprimées. Cela suppose qu'il n'y ait pas de police de la
pensée excluant au nom de l'«antifascisme» les personnes n'ayant pas les
codes verbaux et politiques de «la gauche radicale».
Conclusion
À l'image des GJ, seuls des mouvements radicaux peuvent nous sortir de
la résignation sociale, de la dérive nationaliste et réactionnaire. À la
différence des GJ, l'objectif ne doit pas être focalisé sur des
affrontements avec les forces de l'ordre, mais sur l'affrontement avec
la classe capitaliste en dehors du cadre institutionnel actuel... et
donc électoral (RN compris).»
RV, in Courant Alternatif, numéro 354 de novembre 2025 (mensuel
anarchiste-communiste de l'OCL).
SOURCE: Organisation Communiste Libertaire (OCL)
https://www.socialisme-libertaire.fr/2026/04/critique-de-l-antifascisme-actuel.html
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center