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(fr) Alternative Libertaire #374 (UCL) - Nouvelle-Zélande: la situation chauffe en Aotearoa
Date
Wed, 16 Sep 2026 08:19:18 +0300
Croissance économique et conservation des milieux naturels ne font pas
bon ménage. C'est pourtant un mensonge souvent répété par les classes
dirigeantes capitalistes. En Aotearoa, nom māori de la Nouvelle-Zélande,
le gouvernement est prêt à mettre en vente et à bétonner des terres
pourtant classées au patrimoine mondial. ---- Depuis juin 2026, un
projet gouvernemental néo-zélandais envisage de mettre en vente près de
60 % des terres protégées du territoire. Certains ministres défendent
cette réforme, tel que le ministre de la Conservation Tama Potaka, en
soutenant que «croissance économique et conservation ne sont pas
opposées l'une à l'autre». Le gouvernement et les soutiens de ce nouvel
amendement ne rendraient disponibles à la vente que les terrains où «des
espèces ne sont pas menacées» et «ne contenant pas le meilleur exemple
de la faune et flore endémique». En clair, si ce n'est pas un parc
national, une réserve scientifique ou une zone dite «s
auvage», le terrain sera vendable et constructible. Faut-il expliquer
que même hors de la protection nationale sous l'appellation «parc», ces
zones sont essentielles au maintien de la faune sauvage et de la
biodiversité? De plus, certaines aires bientôt mises en vente sont
classées en tant que site d'héritage mondial de l'Unesco et pourraient
de facto être privatisées et bétonnées.
Sur place, la contestation gronde dans un climat particulièrement nocif
pour la protection faunique et la spoliation des droits autochtones, le
gouvernement ayant récemment proposé de protéger la langue anglaise au
détriment de la langue māorie. Les inquiétudes sont donc multiples:
augmentation significative du tourisme occasionnant toujours plus de
pression sur des environnements vierges jusqu'ici, urbanisation de zones
refuges, fin du droit de passage et du droit à la nature... sans compter
l'ambiguïté des zones «présentant le meilleur exemple faunique et floral
de l'île» et -suivant la logique capitaliste- un élargissement perpétuel
des terres pouvant être mises en vente. Une autre inquiétude est la
relégation de la New Zealand Conservation Authority [1] et du ministère
de la Conservation au rang de simples consultants, le ministre ayant les
pleins pouvoirs pour appliquer la politique expansionniste du
gouvernement, et ce à l'encontre des recommandations de so
n propre ministère.
Un projet qui menace aussi les habitants et habitantes
Si la conservation dite «forteresse» peut et doit être critiquée [2], un
gouvernement colonial vendant des terres autochtones ne peut être
défendu. De nombreux iwi (premières nations) et leurs hapū (communautés
autochtones) attendent encore l'autorisation du gouvernement de
réintégrer les lieux desquels ils et elles ont jadis été chassé·es
-gouvernement qui souhaite aujourd'hui vendre ces terres. Cette
situation n'est pas sans rappeler l'échec du référendum TheVoice en
Australie en 2023, projet qui devait doter les aborigènes d'un organe
représentatif au niveau fédéral et national.
Le 25juin dernier, le gouvernement, et plus particulièrement le ministre
de la Conservation, a ouvert une consultation populaire permettant aux
citoyens et citoyennes de s'exprimer sur ce projet et de soumettre des
idées, et ce jusqu'à mi-juillet. Certaines parties ont déjà été retirées
du texte, mais la contestation continue et plus d'une trentaine de
manifestations sont prévues dans les semaines à venir en différents
endroits du pays avec le 15aout comme date phare [3].
Rudy (Commission Relations internationales de l'UCL)
Notes:
[1] Organisme indépendant conseillant le ministère de la Conservation
sur des sujets d'importance nationale.
[2] Voir notamment l'ouvrage de Bram Büscher et Robert Fletcher, Le
vivant et la révolution, 2023.
[3] Cet article a été rédigé avant cette date.
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Nouvelle-Zelande-la-situation-chauffe-en-Aotearoa
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