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(fr) La Platforme - Israël, du colonialisme au génocide
Date
Wed, 16 Sep 2026 08:18:05 +0300
Face aux massacres à Gaza, à la multiplication de meurtres, de
destructions de maisons en Cisjordanie, à la colonisation qui y a
atteint un rythme effréné depuis les crimes de guerre du Hamas du 7
octobre 2023 et aussi aux déclarations du ministre de la sécurité
nationale israélien Itamar Ben Gvir, appelant au meurtre des habitants
de Gaza, nous ne pouvons qu'être effarés. A l'évidence une crime de
génocide est ouvertement à l'oeuvre et son auteur, le gouvernement
israélien, doit être empêché de mener cette politique jusqu'à son
achèvement. ---- Disons-le tout de suite, il ne s'agit pas d'une
question juive. D'ailleurs de quoi parle-t-on dans on parle de juifs?
---- Évidemment les juives et les juifs ne constituent pas une race. Il
n'existe d'ailleurs aucune race humaine et les juifs ne font pas
exception. L'article Comment fut inventé le peuple juif de l'historien
israélien juif Shlomo Sand, paru dans Le Monde Diplomatique d'aout 2008,
nous explique que «cont
rairement à l'idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l'expulsion des
Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du
Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des
fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs
soient les descendants du royaume de David et non - à Dieu ne plaise! -
les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars».
D'ailleurs Yitzhak Ben Zvi, second président de l'État d'Israël, et
David Ben Gourion, un des fondateur de cet État, ont mentionné à
plusieurs reprises dans leurs écrits - au moins jusqu'en 1929 année de
la grande révolte palestinienne - que «les paysans de Palestine sont les
descendants des habitants de l'antique Judée».
C'est aussi la thèse de l'historien israélien juif Tsvi Misinaï reprise
sur «le portail juif francophone» jforum.fr, dans un article du 7
décembre 2010. Cet historien affirme «avec la plus grande certitude:
près de 90 % des Palestiniens ont des ancêtres juifs. «Et environ la
moitié d'entre eux le savent«, précise-t-il».
Quel que soit le crédit que l'on donne à ces thèses, nous pouvons avoir
une certitude: Les communautés juives, comme tout groupe humain, sont en
permanence le siège de phénomènes de métissage génétique et culturel.
Et ce qui est en cause ce n'est pas non plus une question liée à la
culture juive, qu'il est aussi impossible de définir de façon univoque,
tant les cultures ashkénaze, séfarade et mizrahim ne forme pas un tout
uniforme. Il existe bien sur un fond culturel autour d'une tradition
religieuse. Mais être juive ou juif aujourd'hui ne signifie pas adhérer
à cette tradition religieuse. Aujourd'hui nombreuses et nombreux sont
les juives et les juifs athées ou agnostiques. Et aujourd'hui 44 % de la
population juive de l'État d'Israël se déclarerait «laïque», selon le
site jerusaleminstitute.org.il
Au final, en 2 000 ans de culture juive, par exemple au sein de
l'Europe, jamais les idées racistes, suprémacistes et génocidaires n'ont
eu quelque poids que ce soit au sein des communautés juives. Au
contraire elles ont bien trop souvent été soumises à des mécanismes de
discrimination, à un mépris culturel et à des massacres racistes. Ainsi
la situation en Palestine, depuis la création d'Israël en 1948, est en
grande partie une conséquence directe de l'antisémitisme européen et de
son paroxysme, l'entreprise d'extermination des juifs européens mise en
oeuvre par les nazis et leurs alliés, dans laquelle les Palestiniens
n'ont joué aucun rôle.
La mécanique infernale du colonialisme
«Un bon Indien est un Indien mort» aurait dit le général états-unien
Philip Sheridan. Si la réalité de cette citation est controversée, elle
incarne pourtant la tactique brutale de la terre brulée que ce général a
utilisée contre les amérindiens qui ont subi un véritable génocide. Ces
idées faisaient d'ailleurs partie d'un fond raciste prégnant au sein de
la société coloniale états-unienne.
Quant aux suprémacistes juifs actuellement membres du gouvernement
israélien, leurs déclarations correspondent pleinement à la logique qui
voudrait qu'un bon palestinien ne puisse être qu'un palestinien mort.
Lors de l'expansion coloniale aux États-Unis, comme dans cette expansion
coloniale juive en Palestine, il s'agit de s'approprier des terres sur
lesquelles vit un autre peuple. Dans les deux cas de figure ce processus
s'inscrit dans un rapport de force militaire asymétrique, avec d'un côté
un peuple qui subit une confiscation de ses terres et de sa possibilité
de construire son avenir et de l'autre des colons financés par une ou
des puissances impérialistes. Et les colons, quelque soient leur culture
et leur origine, finissent par ne voir dans l'autre qu'un obstacle à
détruire pour construire leur avenir.
Aujourd'hui, en Israël s'est installée «une stratégie de terreur
désormais assumée par les colons et couverte par l'armée» comme
l'affirme le 18 aout 2026 l'historien Vincent Lemire dans le journal Le
Monde. «Les relais gouvernementaux des colons israéliens soufflent sur
les braises, à l'image du ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben
Gvir, qui, depuis le 7-Octobre, a octroyé 250 000 permis de port d'arme
et acheté 10 000 fusils d'assaut destinés aux colons».
Ce programme a un nom: le Grand Israël qui prônent son extension sur
l'ensemble de l'antique royaume d'Israël incluant, au-delà de
l'entièreté de la Palestine, le Sud-Liban, le Golan et une partie de la
Jordanie actuelle. Certes les suprémacistes juifs sont divisés sur la
nécessité d'annexion au-delà du Jourdain, mais pas en ce qui concerne le
sud Liban et le Golan qui ont donné lieu récemment à de nouvelles
occupations par l'armée israélienne.
Le Grand Israël a aujourd'hui une base juridique depuis l'adoption le 19
juillet 2018 par le parlement israélien (62 voix contre 55 et deux
abstentions) d'une «loi fondamentale» faisant d'Israël «la patrie
historique du peuple juif», en concordance avec tous les discours
propagandistes sur le Grand Israël, accentuant les politiques
discriminatoires de manière dramatique.
Ce pays serait «l'État-nation du peuple juif», ce qui conduit à nier
l'existence parmi les citoyens israéliens d'au moins 25 % d'arabes, très
majoritairement musulmans, mais aussi chrétiens, druzes... Cette loi
définit Jérusalem comme la capitale «complète et unifiée» d'Israël,
entérinant l'annexion de Jérusalem-Est. Elle déclasse la langue arabe
qui était jusqu'alors deuxième langue de l'État en faisant de l'hébreu
la seule langue d'État. Elle affirme que «le droit d'exercer
l'auto-détermination au sein de l'État d'Israël est réservé uniquement
au peuple juif». Elle appelle à l'immigration de la diaspora juive.
Ce programme a un gouvernement à son service, car toute la politique
menée par Benyamin Netanyahou n'a qu'un sens, celui du Grand Israël. De
plus les «alternatives politiques», qui pourraient conduire à écarter
l'actuel dirigeant du gouvernement lors des prochaines élections,
n'expriment aucune volonté de rompre avec sa logique. Comme pouvait le
titrer le journal Le Monde le 21 aout 2026, «En Israël, avant les
élections législatives d'octobre, la sortie de la guerre est absente des
esprits comme des programmes».
Et cet article constate que «la société israélienne est «accro» à la
guerre». «La campagne pour les élections législatives, prévues le 27
octobre [2026], aurait pu ouvrir de nouvelles perspectives, après
l'attaque terroriste menée par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a conduit
Israël à ruiner les territoires palestiniens occupés, puis à porter la
guerre dans six pays de la région (Liban, Syrie, Irak, Yémen, Qatar et
Iran). Pourtant, l'ensemble des tendances politiques israéliennes
refusent de heurter l'opinion en proposant autre chose».
Ce qui est en cause ce ne sont donc pas «les juifs», c'est ce
colonialisme criminel qui transformerait n'importe quel peuple en un
oppresseur collectif laissant se perpétuer un génocide en cours.
La complicité des états occidentaux
Tout cela se mène au grand jour, même si l'armée israélienne tente
d'occulter ses actions les plus criminelles, par exemple en assassinant
de façon ciblée des journalistes dans la bande de Gaza et au sud Liban.
Au pire moment des massacres à Gaza, comme aujourd'hui face à la
colonisation massive en cours en Cisjordanie, le mieux qu'aient accepté
de faire les gouvernements occidentaux se résument à des déclarations
alambiquées pour regretter les «excès» du génocide en Palestine.
Quand le gouvernement français a reconnu l'État de Palestine, suivi par
le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et le Portugal, cela n'a pas
conduit à faire cesser la collaboration économique avec Israël ni remis
en cause l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.
Quant aux États-Unis, qu'ils soient présidés par Joe Biden ou Donald
Trump, ils ont mis en place un quasi pont aérien pour fournir l'armée
israélienne en bombes et en munitions pour écraser la population de la
bande de Gaza. L'invasion du Liban, les massacres de civils et les
déplacements de populations qui y ont eu lieu, n'a rien changé à ce soutien.
Mais pour bien comprendre ce qui se joue en Palestine, il est nécessaire
de revenir sur quelques données démographiques. Et pour les mettre en
perspective, donnons deux séries de chiffres basés sur les travaux de
Roberto Bachi, fondateur du Bureau central des statistiques d'Israël,
d'abord concernant l'année 1914, c'est-à-dire avant la rédaction en 1917
de la «Déclaration Balfour» par laquelle le gouvernement britannique
apportait stratégiquement son soutien à l'établissement d'un foyer juif
en Palestine; puis concernant l'année 1947, c'est-à-dire juste avant la
déclaration d'indépendance d'Israël.
En 1914, la population totale de la Palestine était de 0,689 million de
personnes, dont 13 % de juifs, 10 % de chrétiens et 76 % de musulmans.
En 1947 la population était passée à 1,970 millions dont 32 % de juifs,
7 % de chrétiens et 60 % de musulmans.
Depuis l'État d'Israël a été créé en 1948 et pour y parvenir les milices
juives ont fait fuir des centaines de milliers d'arabes des territoires
formant aujourd'hui Israël. C'est la Nakba. Plus de 700 000 arabes
palestiniens ont fuie ou ont été chassés de leurs terres et une partie
importante d'entre elles et eux se sont réfugié au Liban, en Syrie, en
Jordanie ou en Égypte.
Venons-en à aujourd'hui, ou plus exactement en 2020-2021. La population
des territoires palestiniens occupés (Cisjordanie et bande de Gaza) est
estimée selon Wikipédia à 5,1 millions d'habitants (3,1 millions en
Cisjordanie en incluant Jérusalem-Est et 2 millions dans la bande de Gaza).
Quant à la population totale d'Israël, telle que publiée par le Bureau
Central des statistiques elle est de 9,45 millions. Parmi celle-ci la
proportion des personnes considérées comme juives est de 74,1 %. Un
calcul simple montre qu'en 2020-2021 la population juive ne représente
qu'environ 48 % de la population totale dans l'ensemble «Israël plus
Territoires occupés», soit ce qui correspond au plus petit espace
revendiqué dans le cadre du Grand Israël.
De plus cette proportion ne cesse de diminuer, en particulier au sein
d'Israël. Alors qu'en 1950, juste après la Nakba, la population juive
représentait 87,8 % de la population totale d'Israël, elle baisse
régulièrement depuis, pour parvenir aux 74,1 % d'aujourd'hui.
Cela s'explique en partie par le différentiel entre les taux de
natalité. Il est de 19,6 % pour les populations juives, quand il atteint
23,5 % pour celui des populations musulmanes. Enfin un article du
Parisien du 21 octobre 2025 rappelle qu'en 2019, pour la première fois,
le nombre d'émigrants est supérieur à celui des immigrants; en 2020, la
balance est négative de 11 000 personnes et une étude d'opinion de 2023
montre qu'un tiers des Israéliens envisage de quitter leur pays.
Israël est un pays fondé sur une idéologie sioniste de colonisation de
peuplement, soutenue les pays occidentaux. Cela s'est nécessairement
traduit par la spoliation des terres palestiniennes. La démographie en
Palestine montre comment, dans un pays qui est devenu perpétuellement en
guerre, la survie de « l'État-nation du peuple juif» se fragilise.
Bien que les gouvernements arabes s'accommodent fort bien des massacres
ethniques subis par les Palestiniens, les menées des suprémacistes
juifs, tout comme la politique de Benyamin Netanyahou, et aussi les
violences commises contre les pays voisins, font monter dans les
populations arabes la haine contre les israéliens juifs, comme elles
font monter l'antisémitisme sur toute la planète.
Historiquement le soutien inconditionnel occidental à Israël s'explique
par son rôle au sein des équilibres internationaux au Moyen-Orient. Créé
après la chute de l'Empire ottoman et la découverte de vastes gisements
d'hydrocarbures en Irak, en Iran et dans la péninsule Arabique, Israël
est un facteur clé de la domination occidentale et en particulier
états-unienne sur le Moyen-Orient. Mais l'évolution des équilibres
géopolitiques, avec par exemple la montée en puissance de la Chine, a
commencé à fragiliser cette domination.
Enfin, si la quasi-totalité des gouvernements occidentaux n'ont pas
d'états d'âme concernant le maintien d'un soutien économique et
militaire au colonialisme israélien, le spectacle des massacres à Gaza a
percuté les populations dans les pays occidentaux et y compris aux
États-Unis.
Cela commence à avoir aux États-Unis des répercutions électorales en
favorisant la montée au sein du Parti Démocrate des courants
«socialistes». Ces courants commencent à engranger des succès
électoraux, avec par exemple l'élection de Zohran Mamdani à la tête de
la ville de New-York. Et comme le rappelle le site jforum.fr déjà cité,
un tiers des juifs new-yorkais, majoritairement des jeunes, ont voté
pour lui. La fracture traverse aussi la diaspora.
Les courants socialistes états-uniens appellent à rompre avec les
politiques de soutien à Israël. Or Israël reste ce petit pays isolé au
coeur d'un vaste monde arabe dont les populations lui sont très hostiles.
Depuis sa création et encore plus aujourd'hui, la survie d'Israël dépend
fondamentalement du soutien militaire et économique des pays occidentaux
et en particulier des États-Unis.
Les suprémacistes juifs font peser un risque incommensurable pour les
juifs d'Israël.
L'avenir improbable d'une paix entre les peuples
Combattre la logique colonisatrice qui est à la base de la création de
l'État d'Israël déclenche toujours des fantasmes autour de la crainte de
voir «les juifs d'Israël jetés à la mer». Ce n'est évidemment pas notre
perspective. La majorité d'entre elles et eux sont nés là-bas et elles
et ils sont appelés à y vivre. Il s'agit ici simplement de poser
quelques perspectives et de rappeler nos propres responsabilités en tant
que «citoyennes et citoyens européens».
La paix entre les peuples est notre horizon. Mais le nationalisme juif
rend impossible un avenir pacifié au Moyen-Orient. Il ne s'agit pas de
réécrire le passé, mais de tracer des perspectives pour le futur.
Pour les suprémacistes juifs, le projet, c'est le Grand Israël. Ce
projet suppose, pour que les juifs ne se retrouvent pas mis en minorité,
soit l'extermination, soit la déportation de la grande majorité des
habitantes et des habitants des territoires occupés.
L'extermination de 5 millions de personnes apparaît impossible. Oh! Pas
pour des raisons humanitaires, mais simplement pour des raisons
politiques. Quant aux déclarations de Donald Trump sur la déportation
des deux millions d'habitantes et d'habitants de gaza, elles ont
simplement démontré qu'elle était impossible. Le projet de Grand Israël
est impossible. Sa poursuite va accentuer une multiplication des
violences et pourrait entraîner la région entière dans un embrasement
dont il n'est pas sur qu'Israël sortirait vainqueur.
Le processus génocidaire à Gaza a semblé fort massivement tolérées dans
la société israélienne juive d'aujourd'hui. Les causes de cette
situation sont nombreuses. Au delà de la logique colonisatrice, le
traumatisme de l'extermination des juifs par les nazis pèse lourdement.
Et les crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre 2023, en
réactivant ce traumatisme, ont facilité la volonté génocidaire du
gouvernement israélien.
Du côté palestinien le souvenir de la Nakba, des massacres, des
déportation de population et de la spoliation des biens palestiniens ont
créé là aussi un traumatisme similaire. Les faits génocidaires commis à
Gaza, comme la terreur imposée par les suprémacistes juifs aux
habitantes et aux habitants de Cisjordanie remettent ces souvenirs au
coeur des consciences palestinienne.
Cela ne doit pas nous amener à penser une solution fondée sur une fausse
symétrie des responsabilités dans la situation. Il y a un peuple
agressé, le peuple Palestinien. Et il y a un agresseur, le nationalisme
israélien juif. Mais évidemment une solution ne peut exister sans un
dépassement de ces deux traumatismes fondateurs dans le cadre d'une
solution politique. Pour cela il nous faut inscrire notre action dans un
soutien à tous les acteurs, en Palestine et en Israël, favorables à une
telle solution politique.
Car malgré l'acceptation massive de la logique de violence du
gouvernement israélien, la société israélienne est profondément divisée.
Si aujourd'hui, en «empêchant tout horizon politique», la guerre «permet
à la droite de se maintenir au pouvoir», comme l'a expliqué sur France
Info, Mairav Zonszein analyste au sein de l'ONG Crisis Group, la
situation n'est pas définitive. Face à un «camp de la paix est en
morceaux», la gauche «tente de réunir les partisans d'une solution à
deux États». Mais pour cela il est nécessaire que le nationalisme
israélien subisse une défaite politique, voire militaire, majeure.
Côté palestinien, la guerre a longtemps empêché toute critique des
crimes du Hamas. Le Hamas, lui aussi, a utilisé la guerre pour asseoir
sa domination sur la population de Gaza, voire pour chercher à prendre
le pouvoir en Cisjordanie. Sa perspective n'a jamais été une solution
politique. Le Hamas a été un allié objectif de Netanyahou qui lui ne
pense qu'à sa propre survie politique.
Mais au sein de la population palestinienne existent de nombreux
partisans et des partisanes d'une solution politique. Nous ne pensons
pas spécialement à l'Autorité Palestinienne discréditée et corrompue.
Nous pensons d'abord à la population palestinienne elle-même.
En 2021, un sondage réalisé par le Centre palestinien de recherche
politique et d'enquête a montré que face aux impasses actuelle d'une
solution à deux États, seuls 39 % des Palestiniens la soutenaient
encore. 29 % des Palestiniens privilégiaient la solution à un État, dans
lequel Palestiniens et Juifs seraient égaux. Le génocide a probablement
et provisoirement bouleversé la donne, mais les fondamentaux sont là.
Très majoritairement les palestiniens soutiennent une solution
politique, et une fois le nationalisme juif et les organisations telles
le Hamas défaits - ce point semble pour l'essentiel acquis aujourd'hui -
elles et ils pourront alors s'organiser pour cela.
Dans cette situation notre responsabilité fondamentale, en Europe comme
aux États-Unis est d'obtenir l'arrêt du soutien économique et militaire
inconditionnel à Israël. Un éventuel soutien doit être conditionné par
des actes concrets montrant une volonté de parvenir à une solution
politique. C'est le coeur de notre combat pour la paix au Moyen-Orient
qui s'appuie sur une partie des revendications palestiniennes, celle à
partir desquelles nous pouvons faire pression sur les gouvernements
occidentaux.
* En premier lieu nous devons nous donner comme perspective de faire
imposer par les États occidentaux le respect par Israël du
cessez-le-feu, tant à Gaza qu'au Liban; Il en est de même pour l'arrêt
des menées guerrières en Syrie, au Yémen, en Irak; et aussi nous devons
continuer à nous opposer à la guerre en Iran.
* Nous devons défendre l'arrêt définitif de toute colonisation juive en
Cisjordanie et le démantèlement des colonies construites illégalement
au-delà de la «ligne verte», d'armistice de 1949, qui constitue les
frontières internationalement reconnues d'Israël. Cela signifie aussi la
réintégration de Jérusalem-Est au sein de la Palestine, la restitution
du Golan à la Syrie et l'évacuation intégrale du Sud-Liban.
* Nous devons expliquer la Loi Fondamentale du 19 juillet 2018 afin que
le mouvement large de soutien à la cause palestinienne impose à nos
gouvernements de faire pression sur les partis israéliens. L'objectif
est de parvenir à son abrogation, comme de toutes les autres
dispositions légales antérieures qui organisent au sein de l'État
d'Israël une discrimination et une inégalité politique entre ses citoyens.
En bref il faut casser la dynamique colonisatrice et agressive vis-à-vis
de ses voisins, qui caractérise aujourd'hui l'État d'Israël. Il ne faut
pas «détruire l'État d'Israël», mais bien détruire ce qui en fait un
État colonisateur.
https://plateformecl.org/israel-du-colonialisme-au-genocide/
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