|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours |
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Regeneracion [ESP] - La transformation de la CNT en anarcho-syndicat (1898-1929) Par BATZAC - JEUNES LIBERTAIRES (es) [Traduction automatique]
Date
Sun, 31 May 2026 19:36:44 +0100
L'anarchisme social et organisé se développe depuis quelques années dans
la péninsule ibérique. Tant pour ses références spécifiques que pour les
plateformenistes, celui-ci prône le double militantisme comme principe
fondamental. Mais contrairement à ces deux camps, dans cette péninsule a
déjà existé, historiquement, une expérience organisationnelle spécifique
qui prône un double militantisme: la Fédération anarchiste ibérique
(FAI) et ses antécédents dans la Fédération nationale des groupes
anarchistes (FNGA) et, plus tôt encore, l'Alliance pour la démocratie
socialiste (ADS). ---- Indice De la FTRE à la CNT L'insertion anarchiste
dans la CNT à l'ère de la violence armée La dictature de Primo de Rivera
Fondation de la FAI Conclusions pour le présent ---- L'une des
principales différences entre les courants organisationnels et
plateformes spécifiques et le courant auquel appartient la FAI réside
dans le fait que, dans les premiers, la double militantisme s'exerce au
sein de divers mouvements sociaux et syndicats, tandis que dans le
second, elle s'exerce au sein d'un syndicat idéologiquement anarchiste.
C'est pourquoi les objectifs fondamentaux sont les suivants: la double
militantisme, la défense des processus et des principes de la
militantisme interne, le renforcement de la militantisme syndical et la
formation, au sein de l'organisation spécifique, d'un profil militant
altruiste et référentiel.
Afin d'étudier cette différence, nous aborderons la structure de cette
tendance différentielle: l'anarquització de l'anarcosindicat CNT.
Aquesta es dona en una temporalitat molt curta, del 1910 al 1918, com es
veurà a l'article. Dans ce cas, les groupes anarchistes spécifiquement
organisés interviendront, dont l'influence sera décisive grâce à la
double militantité de la CNT. Depuis l'anarchie de la CNT, les groupes
anarchistes sont devenus des organisations de plus en plus générales,
aboutissant à la fondation de la FAI en 1929, ce qui est reflété dans
l'article.
Le processus anarchiste de la CNT peut indirectement révéler le rôle de
l'anarchisme spécifique dans l'organisation de base, ce qui est
extrêmement pertinent pour notre vie militante quotidienne.
Cette étude portera sur les relations entre le syndicat et les groupes
anarchistes à l'époque de la Restauration, avant la montée du
pistolérisme, la ferveur révolutionnaire d'après la Première Guerre
mondiale et la dictature de Primo de Rivera, jusqu'à la fondation de la
FAI. Ce sont ces périodes antérieures qui ont façonné l'action de la
FAI, avec des prédécesseurs et une mémoire qui éclairent l'histoire du
militantisme anarchiste.
L'idée d'une organisation spécifique étroitement liée à l'organisation
syndicale, précurseur de l'Alliance internationale de la démocratie
socialiste (ADS), aujourd'hui dissoute, s'inscrivait dans cette
perspective. Cette structure conférait à l'organisation spécifique un
caractère de noyau clandestin, puisqu'elle pouvait réformer
l'organisation ouvrière. Lors de la répression et de l'interdiction de
l'Association internationale des travailleurs dans les années 1870, des
militants de l'ADS rejoignirent la Fédération régionale des travailleurs
espagnols (FTRE), confirmant ainsi ce principe[1].
Du FTRE au CNT De 1888, date de la dissolution de la FTRE, à la fin de
1910, date de la fondation de la CNT, l'organisation et les travailleurs
ont soutenu une répression importante, notamment après l'échec de la
réunion générale Vaga de 1902. La première a maintenu son influence
grâce au travail de propagande d'un vaste réseau de revues et de
publications anarchistes, tandis que la seconde a été réorganisée au
niveau national à différentes occasions.
À ce moment historique, la position du syndicalisme révolutionnaire
français s'étendit à la péninsule ibérique, comme en témoigne la Charte
d'Amiens, qui transforma les principales sociétés ouvrières en
syndicats. La notion d'Union révolutionnaire (UR) allait marquer les
débats sur la forme de la CNT durant la période historique étudiée dans
cet article. En résumé, la Charte d'Amiens[2]postule:
Le syndicat rassemble des travailleurs conscients de la nécessité d'une
transformation socio-économique, indépendamment de toute école
politique. Il dissocie les notions d'économie et de politique. Le
syndicat a une double mission: lutter contre les injustices subies par
la majorité des travailleurs, préparant ainsi les forces ouvrières à une
expropriation capitaliste généralisée par la paresse. Le syndicat oeuvre
également à la transformation sociale. Le syndicat est indépendant des
groupes et des partis politiques, il ne s'en préoccupe pas et permet à
ses membres d'y participer librement, tant qu'ils n'introduisent pas les
idées du groupe politique au sein du syndicat. En 1906, la fédération
des sociétés ouvrières Solidaritat Obrera de Barcelona fut fondée, qui
devint en 1908 la Solidaritat Obrera Regional de Catalunya, et en 1910
elle créa un congrès au Saló de Belles Arts de Barcelone pour la
formation d'une organisation nationale, la CNT.
Le Congrès s'abstint de proclamer de grandes définitions théoriques,
mais se montra concret sur l'essentiel: le syndicalisme n'était pas
défini comme une fin en soi, mais comme un moyen de lutte et de
résistance contre les antagonismes de classe. L'objectif, dès lors que
le syndicalisme, c'est-à-dire l'association des travailleurs, serait
jugé numériquement et intellectuellement suffisamment fort, serait
l'expropriation des classes puissantes et la gestion conséquente de la
production par les travailleurs.[3]
Juan Gómez Casas indique que trois courants participeront au Congrès:
les groupes syndicalistes révolutionnaires et anarchistes, un courant
socialiste et un courant républicain-lerroux, ces deux derniers étant
plus importants que le premier. La volonté d'inclure différents courants
fera de cette définition une caractéristique essentielle des SR. Això
l'exprima également au Congrès des Sants de 1918.
"Bien que dix-neuf vingtièmes de l'Assemblée fussent anarchistes, le
congrès n'a pas décidé d'une déclaration franche de principes
libertaires, bien que beaucoup se soient exprimés contre l'État"[4]
La CNT entrera immédiatement dans la clandestinité en raison du flou
général entourant la guerre du Maroc de 1911, mais pas avant la fin de
1914. Juan Gómez Casas affirmait que cette clandestinité représentait
une radicalisation idéologique fondée sur la prédominance d'éléments
libertaires aux postes de responsabilité les plus élevés , éliminant
ainsi les éléments modérés. L'effet de la propagande anarchiste et cette
radicalisation ont installé au sein de la CNT sa spécificité:
l'anarcho-syndicalisme.
L'insertion anarchiste au sein de la CNT à l'ère du pistolérisme Durant
cette période (1910-1918), parallèlement à l'essor fulgurant de la CNT,
l'activité organisationnelle anarchiste fut intense. Il convient de
rappeler que, finalement, son principal succès résidait dans la
propagande et la diffusion des idées anarchistes à travers sept
publications majeures, témoignant d'une remarquable productivité. Cette
activité était, en définitive, dispersée, chaque groupe se sentant
autonome et s'appuyant sur une affinité idéologique commune.
À la fin du Congrès de Sants de la CNT (1918), un Comité national de
cinq militants fut élu, parmi lesquels Manuel Buenacasa, qui
déclara[5]que ces cinq militants allaient former le Groupe anarchiste.
Le mouvement mateix winter appelle à une Conférence nationale
anarchiste, avec l'intervention de Manuel Buenacasa, délégué du Conseil
national de la CNT, où est proposée l'intervention anarchiste dans le
mouvement ouvrier.
L'assistance apportée par le Comité national de la CNT, également
constitué en Groupe anarchiste, témoigne de l'interrelation profonde
entre les deux organisations. Concernant la résolution de cette
Conférence et ses objectifs, nous citons Matt. Manuel Buenacasa, tel
qu'il apparaît dans l' Histoire de la FAI.
«L'assemblée, après avoir entendu les explications et les souhaits de la
Confédération, a décidé de recommander à tous les travailleurs
libertaires d'Espagne leur adhésion et leur participation immédiates et
directes aux organisations ouvrières. Jusque-là, de nombreux anarchistes
étaient marginalisés au sein de ces organisations, et beaucoup d'autres,
bien qu'y appartenant, étaient absents des conseils d'administration et
des postes à responsabilité.» Buenacasa poursuit en affirmant que les
résultats de la Conférence de Barcelone furent résolument favorables.
«Quelques mois plus tard, toutes les organisations de la CNT adhéraient
pleinement à l'esprit et à l'idéologie anarchistes. Forts de cet esprit
et de cette idéologie, embrassés volontairement par des centaines de
milliers de travailleurs, les syndicats ouvriers ont lutté avec une
dignité et une force inégalées jusqu'alors, et jamais surpassées.»
À ce moment historique, après la Vaga de la Canadenca et le Congrès du
Teatre de la Comèdia de 1919, l'anarchie de la CNT est totale[6], et ce
Congrès décide que la finalité de la CNT est le Communisme
Libertaire[7]. C'est un processus très court, sans aucun doute accéléré
par la ferveur révolutionnaire de l'époque et la situation de
persécution politique. Le facteur qui accélère la fin de cette
finalisation est le travail militant d'insertion des anarchistes dans
l'Union, fruit de la propagande précédente, et qui s'avère très efficace
pour l'intégration générale du militantisme anarchiste dans l'Union.
Salvador Seguí relate ce processus dans un discours au Prisonnier de La
Mola de Maó[8]:
La mission des anarchistes est, au sein des syndicats, d'assurer une vie
digne et de guider leurs membres. Ne dissociez pas l'action syndicale
de son rôle: plus elle exercera d'influence, plus les organisations
auront de liberté et plus elles militeront pour l'avènement d'une
nouvelle organisation. Les anarchistes doivent adhérer à la pratique du
concept anarchiste au sein des syndicats. La disparition des anarchistes
des groupes professionnels est un suicide. En tout cas, je ne dirai pas
qu'ils ont dissous les groupes qu'ils ont constitués. Non, pas du tout.
Au contraire, ils peuvent rejoindre les syndicats. Plus l'influence est
grande, plus l'anarchisme et les anarchistes se développent. Grâce à
l'influence exercée par les anarchistes, il sera possible de présenter
le cas où l'organisation unioniste accepte, lors des congrès régionaux
et nationaux de Catalogne des années 1918 et 1919 respectivement, la
déclaration consensuelle qui est dirigée vers la conquête du communisme
libertaire, chose qui aurait pu être réfutée l'an 1914 par l'allouement
des anarchistes des organisations.
Ce fragment exprime le concept de dualisme militant de l'époque: des
groupes anarchistes qui, de manière militante, par leur propre travail
et leur personnification proportionnels, exercent une influence sur le
syndicat.
Immédiatement après le Congrès de la Comédie, la répression patronale,
notamment par la violence armée, s'est intensifiée de 1919 à 1923. Cette
répression, radicalisée par l'organisation, a vu les militants
anarchistes intégrer les forces des groupes d'autodéfense confédéraux.
Ces groupes, composés de quelques militants mais très efficaces,
affrontaient les hommes de main du patronat.
C'est dans le contexte du pistolérisme et de la lutte contre l'Union de
Lliure[9]que ces groupes vont chercher à se fédérer en une entité
générale, la Fédération nationale des groupes anarchistes (FNGA), depuis
1923:
«Ces militants se sont réunis avec un triple objectif: lutter contre le
«terrorisme des hommes armés», maintenir les structures syndicales de la
CNT et établir une fédération anarchiste qui rassemblerait tous les
groupes idéologiquement alignés dispersés dans toute la péninsule.»
Enfin, si la répression et le pistolérisme constituent une face de la
médaille de ce moment historique pour la CNT, la tentative de substituer
les contingences de la CNT aux principes communistes en est l'autre
face. Proposition faite aux futurs militants du POUM (Joaquín Maurín et
Andreu Nin) et du PCE (Óscar Pérez Solís), qui cherchent à introduire à
la CNT les «nuvolences de la philosophie anarchiste», jugées
anti-scientifiques et petites-bourgeoises, de faire adhérer la CNT à
l'Internationale syndicale rouge fondée après la Révolution russe,
affirmant que le syndicalisme était l'harmonie du marxisme et de
l'anarchisme.
Deux facteurs majeurs influenceront cette série de tendances.
Premièrement, le triomphe de la Révolution russe et la diffusion des
idées bolcheviques, désormais bien ancrées au sein de la classe ouvrière
européenne. Deuxièmement, tandis que les militants anarchistes
combattent la réaction armée, certains communistes, en quête de conquête
idéologique de la CNT, n'ont pas d'expérience militante préalable et
sont déconnectés des autorités. Cela leur permet de se réunir au sein
d'instances représentatives de la CNT, inaccessibles aux militants
anarchistes, du moins à la répression. On peut citer, par exemple, la
communication contre l'anarchisme publiée par l'Union Sant Feliu de
Guíxols, ou encore la plénière de Lleida en 1921, qui réunit notamment
Joaquín Maurín et Andreu Nin, futurs militants du POUM, pour représenter
la CNT en Union soviétique (assemblée qui sera par la suite dissoute).
C'est dans ce contexte, et par nécessité de se positionner vis-à-vis des
organisations internationales qui s'opposent à Moscou dans le cadre de
la révolution soviétique, que se trouve le dernier motif de la
déclaration de la fin du communisme libertaire mentionnée plus haut.
La dictature de Primo de Rivera En 1923, la FNGA, récemment fondée,
reçut un don du Cop d'Estat de Primo de Rivera. Presque aussitôt, la CNT
de Barcelone réagit à la Vaga General, sans succès. Dès la première
année de la dictature, l'UGT s'allie au régime et met en place des
instances mixtes pour résoudre les conflits syndicaux qu'il engendre,
tandis que la CNT est contrainte à la clandestinité[10].
Dans la clandestinité, les débats théoriques s'approfondissent et, comme
lors d'autres périodes de répression, le radicalisme émerge. C'est alors
que s'amorce la controverse entre la conception syndicaliste d'Àngel
Pestanya et l'anarcho-syndicalisme. Parallèlement, on s'interroge sur la
capacité de la CNT à répondre aux exigences du régime ou à entrer dans
la clandestinité, ainsi que sur la collaboration avec d'autres forces
politiques dans la lutte contre la dictature.
Parallèlement, les anarchistes exilés fondèrent la Federació de Grups
Anarquistes de Llengua Española lors d'un congrès à Lyon en 1925, qui
forma, avec les fédérations espagnole et portugaise, les constituants de
la FAI en 1927.
Arrivés en 1927, nous avons intégré une CNT pratiquement moribonde,
clandestine et en proie à des débats théoriques que Joaquín Maurín et
Andreu Nin qualifiaient de «fantomatiques», et qui avait subi diverses
tentatives révolutionnaires pour protéger la dictature. La seva rivale,
l'UGT, collaborait avec le système syndical de la dictature. Des
anarchistes, au sein d'organisations spécifiques, continuaient de
diffuser la propagande anarchiste, convaincus du pouvoir du peuple à
instaurer la révolution. Lors du congrès de Marseille de 1926, ces
anarchistes ont perçu la nécessité de promouvoir la constitution d'une
organisation anarchiste ibérique, en collaboration avec l'Union
anarchiste portugaise et la Fédération des groupes anarchistes
hispanophones en exil. Les 25 et 26 juillet 1927, la Conférence des
groupes anarchistes s'est tenue à Valence et la FAI a été fondée.
Fundació de la FAI Au moment de la fondation de la Fédération anarchiste
ibérique, l'histoire de l'anarchie au sein de la CNT est déjà bien
documentée. Comme on le voit, les éléments anarchistes interviennent
dans les mouvements qui s'opposent d'une part au syndicalisme politique
de Pestaña et d'autre part à la tentative de virer le bloc communiste
menée par les militants pro-soviétiques. Les groupes anarchistes
remportent alors la victoire. Or, le procès-verbal de la conférence
fondatrice de la FAI contient des éléments très intéressants à étudier,
non seulement pour cet article, mais aussi pour le militantisme
anarchiste en général.
L'annexe 3B de la Conférence fait directement référence à la relation
avec le CNT qui est approuvée organiquement par la FAI:
L'organisation syndicale, en tant que moyen d'action anarchiste,
doit-elle être liée à l'organisation de groupes, chacun conservant son
autonomie, ses fédérations et ses conseils généraux au sein du mouvement
anarchiste? Il est admis que l'unité de classe est impossible. Que le
syndicalisme, en se divisant, a échoué, et que par conséquent, l'unité
anarchiste doit être recherchée. Que l'organisation ouvrière ne vise pas
seulement l'amélioration de la condition de la classe qui doit parvenir
à l'émancipation, et puisque cela est possible dans l'anarchisme, elle
doit aussi devenir un moyen d'action anarchiste. Que l'organisation
ouvrière doit renouer avec l'anarchisme tel qu'il était avant la
dissolution de la Fédération régionale espagnole et la création
d'organisations de groupes anarchistes distinctes, ces deux types
d'organisations finissant par se rejoindre au sein du mouvement
anarchiste. Il est résolu de propager cette idée et que les groupes,
leurs fédérations et le CN invitent l'organisation syndicale et le
Comité CNT à la tenue de sessions plénières et d'assemblées locales, de
district et régionales des deux organisations, proposant l'organisation
des syndicats au sein du mouvement anarchiste et un lien avec
l'organisation des groupes sans confusion ni perte de leurs
caractéristiques, formant des fédérations générales qui soient
l'expression de ce large mouvement anarchiste, avec leurs conseils
généraux, composés de représentants des syndicats et des groupes, dont
les conseils sont divisés en commissions d'éducation, de propagande,
d'agitation et autres problèmes d'intérêt égal pour les deux
organisations.[11]
Gardez à l'esprit qu'il agit sur un CNT clandestin et endommagé,
pratiquement dissous, mais on pense qu'il est capable de le recomposer à
partir de l'organisation spécifique, comme c'est le cas depuis l'époque
de l'ADS.
Cette résolution entérine les actions menées jusqu'à présent par des
groupes spécifiques; généralement, les questions syndicales
prédominaient dans leurs activités; autrement dit, le groupe s'était
organisé pour intervenir dans les syndicats par son influence
anarchiste[12]. L'anarchisme ibérique spécifique, les groupes
anarchistes, sont indissociables de la double militantité des syndicats,
et cela a perduré tout au long de son existence. La raison principale en
est: la propagande anarchiste vise à radicaliser l'anarchisme de la CNT,
à défendre la CNT pendant la période de répression armée, à étendre
l'insurrection armée aux campagnes andalouses pour organiser les paysans
de la Fédération nationale des agriculteurs de la CNT, et à organiser
les tentatives révolutionnaires sous la dictature de Primo de Rivera, en
lien avec l'appel au général Vaga de la CNT. À divers moments de
l'histoire de la CNT, l'argument selon lequel «la CNT est pour
elle-même», une idée de l'Union révolutionnaire, a été évoqué, mais
l'analyse montre qu'un anarchisme spécifique a toujours existé et a
toujours accompagné l'organisation syndicale, et que l'affirmation la
plus juste serait: «L'anarchisme n'est pas la responsabilité du syndicat.»
De plus en plus, le militantisme anarchiste considère l'unité de classe
comme impossible, misant sur l'unité anarchiste au sein d'un syndicat
unique, la CNT. Il réfute les propositions de l'unité syndicale, telles
que le «Congrés Pro-Unitat Syndical» proposé par les communistes[13],
ainsi que celles du syndicat CNT-UGT, et se heurte à une force
anarchiste-syndicaliste (c'est-à-dire anarcho-syndicaliste) au sein de
laquelle se trouve la totalité du militantisme anarchiste. L'anarchisme
doit revenir à l'organisation ouvrière et, par conséquent,
l'organisation ouvrière doit revenir à l'anarchisme.
Conclusions pel présent Le processus d'anarchie de la CNT,
indépendamment de la chronologie des syndicats et fondateurs précédents,
s'est déroulé de sa fondation en 1910 jusqu'à la résolution finale du
communisme libertaire en 1919, et notamment au Congrès du Théâtre de la
Comédie. Il convient de tenir compte des influences antérieures de l'ADS
au sein de la FRE, ainsi que, de toute évidence, de l'insertion
anarchiste dans les différentes formes du syndicat Solidaridad Obrera.
Afin de clarifier ce processus, à la lumière des sources consultées,
j'élabore cette «recette» de l'anarchie au sein de la CNT, qui énumère
les «ingrédients» suivants par ordre chronologique:
- L'influence antérieure de l'Alliance internationale pour la démocratie
socialiste, que l'on retrouve dans la Fédération régionale espagnole,
précurseur de la CNT, imprègne cette dernière de l'importance du
militantisme dans l'activité organique.
Un climat de répression constant et d'opposition patronale et
gouvernementale radicalise les positions du syndicat et favorise un
petit nombre de lignes théoriques. Selon certaines sources, la CNT est
entrée dans la clandestinité de 1911 à 1914.
- Propagande efficace et constante des noms des revues et publications
anarchistes.
- Intégration complète du militantisme des groupes anarchistes au sein
de la CNT suite à la résolution de la conférence de Barcelone de 1918.
Il est nécessaire de se positionner comme anarcho-syndicaliste face aux
organisations syndicales issues de la Révolution soviétique, dans le
contexte de la tentative d'intégration de la CNT au profit des militants
communistes qui, plus tard, intégreraient le POUM et le PCE. À l'autre
extrémité, on observe la petite vague de tendances anti-syndicalistes
initiée par Ángel Pestaña.
Il manque à cette recette un ingrédient essentiel: une fédération
d'anarchistes au niveau national. Dans ce processus, ni la FAI ni la
Fédération nationale des groupes anarchistes n'existent. Cependant, des
groupes anarchistes se réunissent lors de conférences et de congrès pour
conclure des accords contraignants concernant le monde littéraire; on
peut notamment citer l'intégration anarchiste de la CNT à la Conférence
de Barcelone.
Pour l'organisation anarchiste actuelle, ce fait démontre la
prédominance du contingent sur la forme de la tendance révolutionnaire:
les militants anarchistes ont des accords consensuels, contraignants et
respectueux de l'ensemble de la péninsule (contingent), indépendamment
de l'existence d'une fédération ou d'une organisation péninsulaire au
sein de laquelle ils structurent ces décisions (forme). Les anarchistes
inscrits dans l'Anarchisme Social et Organisation concrétisent ce
principe: n'existant pas, pour le moment, au sein d'une fédération
organique unique, nous reconnaissons des principes tactiques et
stratégiques communs à la liberté de chaque organisation, et adoptons
une forme fédéraliste et le seul principe du pacte associatif - unes
formes d'actar - qui nous permet de nous reconnaître dans la politique
anarchiste actuelle.
Les anarchistes de l'époque privilégiaient la croissance par la
propagande, une propagande constante et multiplicative, tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur des syndicats. Ce n'est qu'après un long
processus de propagande qu'ils décidèrent de miser sur l'intégration du
syndicat, ainsi que sur le processus d'anarchie, à partir duquel il se
trouverait considérablement renforcé. C'est après l'approbation du lien
entre l'anarcho-syndicat et l'organisation spécifique que cette dernière
se mit au service du premier, agissant au sein de l'anarcho-syndicat
pour combattre les tendances qui alimentaient l'hégémonie anarchiste au
sein du syndicat, participant aux comités de défense pendant le
pistolérisme, et convoquant et étant responsables des vagues générales
et des intentions révolutionnaires (comparées à celles de 1933) pour
sauvegarder l'anarcho-syndicat. La relation entre les deux groupes
serait principalement une relation de contrôle ou de domination, mais
aussi de collaboration selon les capacités de chaque organisation,
l'anarcho-syndicat demeurant en permanence au coeur de cette relation.
À cette époque, la distinction entre organisation de base et
organisation anarchiste spécifique était parfaitement claire. On
attendait des performances différentes de chaque structure, selon sa
taille et sa nature. La CNT était l'«océan», tandis que la FAI était
loin d'être un «poisson» en matière de liberté. Pourtant, la FAI fut
finalement amenée à soutenir la branche anarchiste de la CNT dans la
lutte idéologique contre les autres tendances à la confédération. Il est
important de noter que la CNT se situait toujours à un niveau supérieur
à celui de l'organisation spécifique: en 1933, la FAI comptait 10 173
membres contre un peu plus de mille pour la CNT, soit un membre de la
FAI pour 50 membres de la CNT[14]. Selon les calculs de Juan Gómez
Casas, ce ratio est tombé à un membre de la FAI pour 120 membres de la
CNT en 1936[15], entraînant une répression. Manegant met en avant ces
noms comme particulièrement pertinents les décisions de la FAI de
prendre la responsabilité des insurrections et des mouvements
révolutionnaires, centralisant les forces de police pour réprimer les
partisans militants.
Dans ces formes d'organisation, deux rôles distincts sont attendus. La
CNT doit mener une action syndicale sur tous les fronts, qui, au fil du
temps, se traduit par des actions politiques de plus en plus nombreuses
visant à discréditer les institutions et à combattre le gouvernement
dictatorial, «enllaçant la luita obrera amb el futur libertaria»
(enraciner la liberté dans l'emploi et construire l'avenir de la
liberté). La FAI, quant à elle, attendait une action pleinement intégrée
à celle de la CNT, agissant sur le plan national contre les courants
internes qui militent contre l'hégémonie anarchiste, la défendant contre
les réactions violentes et diffusant une propagande anarchiste auprès de
la population, ce qui a permis d'attirer des militants au sein des deux
organisations.
Dans le contexte de la double militantisme CNT-FAI, de grandes
responsabilités incombent à la minuscule FAI vis-à-vis de la CNT. Pour
ce faire, la FAI agira conformément aux principes révolutionnaires
anarchistes: les sept militants ne se soumettent ni à l'autorité, ni à
la ruse, ni à la tromperie, mais exercent leur influence par l'exemple
et le charisme, dans le respect et par un vote proportionnel, en
acceptant les rôles représentatifs de la CNT. Conformément à ses statuts
et à sa représentativité, il y a toujours plus de militants CNT que de
militants FAI. Telle est la ligne directrice de l'action dans
l'insertion sociale que nous héritons et que nous réaffirmons avec les
militants de l'Anarchisme Social et de l'Organisation.
Enfin, contrairement à d'autres pays européens, le mouvement anarchiste
ibérique était lié au mouvement ouvrier, constituant un vaste et
influent mouvement anarcho-syndical, facteur déterminant de son succès
relatif par rapport aux mouvements anarchistes d'autres nations. Ce lien
doit être au coeur de la stratégie qui aborde la double militantité
comme un élément différenciateur et un moteur de l'anarchisme
contemporain. C'est uniquement à partir de ces coordonnées qu'il est
possible de générer une force au service du communisme libertaire.
Malfainer, militant de Batzac - Joventuts Llibertàries
[1]La plupart des références de cet article proviennent de «Histoire de
la FAI», de Juan Gómez Casas, une étude exhaustive de l'organisation
anarchiste. Consultez la version numérisée de l'Open Library.
[2]https://es.wikisource.org/wiki/Carta_de_Amiens
[3]Juan Gomez Casas, Histoire du FAI, page 48
[4]Juan Gomez Casas, Histoire du FAI, page 55
[5]Le mouvement ouvrier espagnol. 1888-1926 (1928)
[6]Juan Gomez Casas, Histoire du FAI, page 58
[7]«Au Congrès:
Les délégués soussignés, considérant que la tendance majoritaire qui se
manifeste le plus fortement au sein des organisations ouvrières de tous
les pays est celle qui tend vers la libération complète, totale et
absolue de l'humanité dans l'ordre moral, économique et politique, et
considérant que cet objectif ne peut être atteint tant que la terre et
les instruments de travail, de production et d'échange ne sont pas
socialisés et que le pouvoir absorbant de l'État ne disparaît pas,
proposent au Congrès que, conformément à l'essence des postulats de la
Première Internationale des Travailleurs, il déclare que le but
poursuivi par la Confédération nationale du travail est le communisme
anarchiste.
[8]Llibertat.Cat. (s.f.). Anarchisme et syndicalisme . Llibertat.cat.
https://www.llibertat.cat/2025/01/anarquisme-i-sindicalisme-57576
[9]Fondé l'Ateneu Obrer légitimiste de la rue Tapineria par des
militants carlistes, avec le soutien des employeurs, du Somatent catalan
et de la dictature espagnole de Primo de Rivera.
[10]L'Ordre public de la Dictature oblige tous les syndicats à déclarer
périodiquement les noms, professions et domiciles de leurs affiliés,
ainsi que les tailles et tailles de leurs membres. Parallèlement, la CNT
se voit interdire de recouvrer les devis, ce qui est assimilé à une
fraude. La Confédération, divisée, finit par accepter que la
clandestinité soit son seul moyen de survie.
[11]Negretes propòpies
[12]Témoignage de J. Llop, cité par Juan Gómez Casas.
[13]Juan Gómez Casas, Histoire du FAI, page 97.
[14]Juan Gómez Casas, Histoire du FAI, page 150
[15]Juan Gómez Casas, Histoire du FAI, page 209
https://regeneracionlibertaria.org/2026/05/21/la-transformacio-de-la-cnt-en-anarcosindicat-1898-1929/
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center