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(fr) Regeneracion [ESP] - La transformation de la CNT en anarcho-syndicat (1898-1929) Par BATZAC - JEUNES LIBERTAIRES (es) [Traduction automatique]

Date Sun, 31 May 2026 19:36:44 +0100


L'anarchisme social et organisé se développe depuis quelques années dans la péninsule ibérique. Tant pour ses références spécifiques que pour les plateformenistes, celui-ci prône le double militantisme comme principe fondamental. Mais contrairement à ces deux camps, dans cette péninsule a déjà existé, historiquement, une expérience organisationnelle spécifique qui prône un double militantisme: la Fédération anarchiste ibérique (FAI) et ses antécédents dans la Fédération nationale des groupes anarchistes (FNGA) et, plus tôt encore, l'Alliance pour la démocratie socialiste (ADS). ---- Indice De la FTRE à la CNT L'insertion anarchiste dans la CNT à l'ère de la violence armée La dictature de Primo de Rivera Fondation de la FAI Conclusions pour le présent ---- L'une des principales différences entre les courants organisationnels et plateformes spécifiques et le courant auquel appartient la FAI réside dans le fait que, dans les premiers, la double militantisme s'exerce au sein de divers mouvements sociaux et syndicats, tandis que dans le second, elle s'exerce au sein d'un syndicat idéologiquement anarchiste.  C'est pourquoi les objectifs fondamentaux sont les suivants: la double militantisme, la défense des processus et des principes de la militantisme interne, le renforcement de la militantisme syndical et la formation, au sein de l'organisation spécifique, d'un profil militant altruiste et référentiel.

Afin d'étudier cette différence, nous aborderons la structure de cette tendance différentielle: l'anarquització de l'anarcosindicat CNT.  Aquesta es dona en una temporalitat molt curta, del 1910 al 1918, com es veurà a l'article. Dans ce cas, les groupes anarchistes spécifiquement organisés interviendront, dont l'influence sera décisive grâce à la double militantité de la CNT. Depuis l'anarchie de la CNT, les groupes anarchistes sont devenus des organisations de plus en plus générales, aboutissant à la fondation de la FAI en 1929, ce qui est reflété dans l'article.

Le processus anarchiste de la CNT peut indirectement révéler le rôle de l'anarchisme spécifique dans l'organisation de base, ce qui est extrêmement pertinent pour notre vie militante quotidienne.

Cette étude portera sur les relations entre le syndicat et les groupes anarchistes à l'époque de la Restauration, avant la montée du pistolérisme, la ferveur révolutionnaire d'après la Première Guerre mondiale et la dictature de Primo de Rivera, jusqu'à la fondation de la FAI. Ce sont ces périodes antérieures qui ont façonné l'action de la FAI, avec des prédécesseurs et une mémoire qui éclairent l'histoire du militantisme anarchiste.

L'idée d'une organisation spécifique étroitement liée à l'organisation syndicale, précurseur de l'Alliance internationale de la démocratie socialiste (ADS), aujourd'hui dissoute, s'inscrivait dans cette perspective. Cette structure conférait à l'organisation spécifique un caractère de noyau clandestin, puisqu'elle pouvait réformer l'organisation ouvrière. Lors de la répression et de l'interdiction de l'Association internationale des travailleurs dans les années 1870, des militants de l'ADS rejoignirent la Fédération régionale des travailleurs espagnols (FTRE), confirmant ainsi ce principe[1].

Du FTRE au CNT De 1888, date de la dissolution de la FTRE, à la fin de 1910, date de la fondation de la CNT, l'organisation et les travailleurs ont soutenu une répression importante, notamment après l'échec de la réunion générale Vaga de 1902. La première a maintenu son influence grâce au travail de propagande d'un vaste réseau de revues et de publications anarchistes, tandis que la seconde a été réorganisée au niveau national à différentes occasions.

À ce moment historique, la position du syndicalisme révolutionnaire français s'étendit à la péninsule ibérique, comme en témoigne la Charte d'Amiens, qui transforma les principales sociétés ouvrières en syndicats. La notion d'Union révolutionnaire (UR) allait marquer les débats sur la forme de la CNT durant la période historique étudiée dans cet article. En résumé, la Charte d'Amiens[2]postule:

Le syndicat rassemble des travailleurs conscients de la nécessité d'une transformation socio-économique, indépendamment de toute école politique. Il dissocie les notions d'économie et de politique.  Le syndicat a une double mission: lutter contre les injustices subies par la majorité des travailleurs, préparant ainsi les forces ouvrières à une expropriation capitaliste généralisée par la paresse. Le syndicat oeuvre également à la transformation sociale.  Le syndicat est indépendant des groupes et des partis politiques, il ne s'en préoccupe pas et permet à ses membres d'y participer librement, tant qu'ils n'introduisent pas les idées du groupe politique au sein du syndicat.  En 1906, la fédération des sociétés ouvrières Solidaritat Obrera de Barcelona fut fondée, qui devint en 1908 la Solidaritat Obrera Regional de Catalunya, et en 1910 elle créa un congrès au Saló de Belles Arts de Barcelone pour la formation d'une organisation nationale, la CNT.

  Le Congrès s'abstint de proclamer de grandes définitions théoriques, mais se montra concret sur l'essentiel: le syndicalisme n'était pas défini comme une fin en soi, mais comme un moyen de lutte et de résistance contre les antagonismes de classe. L'objectif, dès lors que le syndicalisme, c'est-à-dire l'association des travailleurs, serait jugé numériquement et intellectuellement suffisamment fort, serait l'expropriation des classes puissantes et la gestion conséquente de la production par les travailleurs.[3]

Juan Gómez Casas indique que trois courants participeront au Congrès: les groupes syndicalistes révolutionnaires et anarchistes, un courant socialiste et un courant républicain-lerroux, ces deux derniers étant plus importants que le premier. La volonté d'inclure différents courants fera de cette définition une caractéristique essentielle des SR. Això l'exprima également au Congrès des Sants de 1918.

"Bien que dix-neuf vingtièmes de l'Assemblée fussent anarchistes, le congrès n'a pas décidé d'une déclaration franche de principes libertaires, bien que beaucoup se soient exprimés contre l'État"[4]

La CNT entrera immédiatement dans la clandestinité en raison du flou général entourant la guerre du Maroc de 1911, mais pas avant la fin de 1914. Juan Gómez Casas affirmait que cette clandestinité représentait une radicalisation idéologique fondée sur la prédominance d'éléments libertaires aux postes de responsabilité les plus élevés , éliminant ainsi les éléments modérés. L'effet de la propagande anarchiste et cette radicalisation ont installé au sein de la CNT sa spécificité: l'anarcho-syndicalisme.

L'insertion anarchiste au sein de la CNT à l'ère du pistolérisme Durant cette période (1910-1918), parallèlement à l'essor fulgurant de la CNT, l'activité organisationnelle anarchiste fut intense. Il convient de rappeler que, finalement, son principal succès résidait dans la propagande et la diffusion des idées anarchistes à travers sept publications majeures, témoignant d'une remarquable productivité. Cette activité était, en définitive, dispersée, chaque groupe se sentant autonome et s'appuyant sur une affinité idéologique commune.

À la fin du Congrès de Sants de la CNT (1918), un Comité national de cinq militants fut élu, parmi lesquels Manuel Buenacasa, qui déclara[5]que ces cinq militants allaient former le Groupe anarchiste.  Le mouvement mateix winter appelle à une Conférence nationale anarchiste, avec l'intervention de Manuel Buenacasa, délégué du Conseil national de la CNT, où est proposée l'intervention anarchiste dans le mouvement ouvrier.

L'assistance apportée par le Comité national de la CNT, également constitué en Groupe anarchiste, témoigne de l'interrelation profonde entre les deux organisations. Concernant la résolution de cette Conférence et ses objectifs, nous citons Matt. Manuel Buenacasa, tel qu'il apparaît dans l' Histoire de la FAI.

«L'assemblée, après avoir entendu les explications et les souhaits de la Confédération, a décidé de recommander à tous les travailleurs libertaires d'Espagne leur adhésion et leur participation immédiates et directes aux organisations ouvrières. Jusque-là, de nombreux anarchistes étaient marginalisés au sein de ces organisations, et beaucoup d'autres, bien qu'y appartenant, étaient absents des conseils d'administration et des postes à responsabilité.» Buenacasa poursuit en affirmant que les résultats de la Conférence de Barcelone furent résolument favorables. «Quelques mois plus tard, toutes les organisations de la CNT adhéraient pleinement à l'esprit et à l'idéologie anarchistes. Forts de cet esprit et de cette idéologie, embrassés volontairement par des centaines de milliers de travailleurs, les syndicats ouvriers ont lutté avec une dignité et une force inégalées jusqu'alors, et jamais surpassées.»

À ce moment historique, après la Vaga de la Canadenca et le Congrès du Teatre de la Comèdia de 1919, l'anarchie de la CNT est totale[6], et ce Congrès décide que la finalité de la CNT est le Communisme Libertaire[7]. C'est un processus très court, sans aucun doute accéléré par la ferveur révolutionnaire de l'époque et la situation de persécution politique. Le facteur qui accélère la fin de cette finalisation est le travail militant d'insertion des anarchistes dans l'Union, fruit de la propagande précédente, et qui s'avère très efficace pour l'intégration générale du militantisme anarchiste dans l'Union.  Salvador Seguí relate ce processus dans un discours au Prisonnier de La Mola de Maó[8]:

La mission des anarchistes est, au sein des syndicats, d'assurer une vie digne et de guider leurs membres.  Ne dissociez pas l'action syndicale de son rôle: plus elle exercera d'influence, plus les organisations auront de liberté et plus elles militeront pour l'avènement d'une nouvelle organisation. Les anarchistes doivent adhérer à la pratique du concept anarchiste au sein des syndicats. La disparition des anarchistes des groupes professionnels est un suicide.  En tout cas, je ne dirai pas qu'ils ont dissous les groupes qu'ils ont constitués. Non, pas du tout. Au contraire, ils peuvent rejoindre les syndicats. Plus l'influence est grande, plus l'anarchisme et les anarchistes se développent. Grâce à l'influence exercée par les anarchistes, il sera possible de présenter le cas où l'organisation unioniste accepte, lors des congrès régionaux et nationaux de Catalogne des années 1918 et 1919 respectivement, la déclaration consensuelle qui est dirigée vers la conquête du communisme libertaire, chose qui aurait pu être réfutée l'an 1914 par l'allouement des anarchistes des organisations.

Ce fragment exprime le concept de dualisme militant de l'époque: des groupes anarchistes qui, de manière militante, par leur propre travail et leur personnification proportionnels, exercent une influence sur le syndicat.

Immédiatement après le Congrès de la Comédie, la répression patronale, notamment par la violence armée, s'est intensifiée de 1919 à 1923. Cette répression, radicalisée par l'organisation, a vu les militants anarchistes intégrer les forces des groupes d'autodéfense confédéraux.  Ces groupes, composés de quelques militants mais très efficaces, affrontaient les hommes de main du patronat.

C'est dans le contexte du pistolérisme et de la lutte contre l'Union de Lliure[9]que ces groupes vont chercher à se fédérer en une entité générale, la Fédération nationale des groupes anarchistes (FNGA), depuis 1923:

«Ces militants se sont réunis avec un triple objectif: lutter contre le «terrorisme des hommes armés», maintenir les structures syndicales de la CNT et établir une fédération anarchiste qui rassemblerait tous les groupes idéologiquement alignés dispersés dans toute la péninsule.»

Enfin, si la répression et le pistolérisme constituent une face de la médaille de ce moment historique pour la CNT, la tentative de substituer les contingences de la CNT aux principes communistes en est l'autre face. Proposition faite aux futurs militants du POUM (Joaquín Maurín et Andreu Nin) et du PCE (Óscar Pérez Solís), qui cherchent à introduire à la CNT les «nuvolences de la philosophie anarchiste», jugées anti-scientifiques et petites-bourgeoises, de faire adhérer la CNT à l'Internationale syndicale rouge fondée après la Révolution russe, affirmant que le syndicalisme était l'harmonie du marxisme et de l'anarchisme.

Deux facteurs majeurs influenceront cette série de tendances. Premièrement, le triomphe de la Révolution russe et la diffusion des idées bolcheviques, désormais bien ancrées au sein de la classe ouvrière européenne. Deuxièmement, tandis que les militants anarchistes combattent la réaction armée, certains communistes, en quête de conquête idéologique de la CNT, n'ont pas d'expérience militante préalable et sont déconnectés des autorités. Cela leur permet de se réunir au sein d'instances représentatives de la CNT, inaccessibles aux militants anarchistes, du moins à la répression. On peut citer, par exemple, la communication contre l'anarchisme publiée par l'Union Sant Feliu de Guíxols, ou encore la plénière de Lleida en 1921, qui réunit notamment Joaquín Maurín et Andreu Nin, futurs militants du POUM, pour représenter la CNT en Union soviétique (assemblée qui sera par la suite dissoute).

C'est dans ce contexte, et par nécessité de se positionner vis-à-vis des organisations internationales qui s'opposent à Moscou dans le cadre de la révolution soviétique, que se trouve le dernier motif de la déclaration de la fin du communisme libertaire mentionnée plus haut.

La dictature de Primo de Rivera En 1923, la FNGA, récemment fondée, reçut un don du Cop d'Estat de Primo de Rivera. Presque aussitôt, la CNT de Barcelone réagit à la Vaga General, sans succès. Dès la première année de la dictature, l'UGT s'allie au régime et met en place des instances mixtes pour résoudre les conflits syndicaux qu'il engendre, tandis que la CNT est contrainte à la clandestinité[10].

Dans la clandestinité, les débats théoriques s'approfondissent et, comme lors d'autres périodes de répression, le radicalisme émerge. C'est alors que s'amorce la controverse entre la conception syndicaliste d'Àngel Pestanya et l'anarcho-syndicalisme. Parallèlement, on s'interroge sur la capacité de la CNT à répondre aux exigences du régime ou à entrer dans la clandestinité, ainsi que sur la collaboration avec d'autres forces politiques dans la lutte contre la dictature.

Parallèlement, les anarchistes exilés fondèrent la Federació de Grups Anarquistes de Llengua Española lors d'un congrès à Lyon en 1925, qui forma, avec les fédérations espagnole et portugaise, les constituants de la FAI en 1927.

Arrivés en 1927, nous avons intégré une CNT pratiquement moribonde, clandestine et en proie à des débats théoriques que Joaquín Maurín et Andreu Nin qualifiaient de «fantomatiques», et qui avait subi diverses tentatives révolutionnaires pour protéger la dictature. La seva rivale, l'UGT, collaborait avec le système syndical de la dictature. Des anarchistes, au sein d'organisations spécifiques, continuaient de diffuser la propagande anarchiste, convaincus du pouvoir du peuple à instaurer la révolution. Lors du congrès de Marseille de 1926, ces anarchistes ont perçu la nécessité de promouvoir la constitution d'une organisation anarchiste ibérique, en collaboration avec l'Union anarchiste portugaise et la Fédération des groupes anarchistes hispanophones en exil. Les 25 et 26 juillet 1927, la Conférence des groupes anarchistes s'est tenue à Valence et la FAI a été fondée.

Fundació de la FAI Au moment de la fondation de la Fédération anarchiste ibérique, l'histoire de l'anarchie au sein de la CNT est déjà bien documentée.  Comme on le voit, les éléments anarchistes interviennent dans les mouvements qui s'opposent d'une part au syndicalisme politique de Pestaña et d'autre part à la tentative de virer le bloc communiste menée par les militants pro-soviétiques. Les groupes anarchistes remportent alors la victoire. Or, le procès-verbal de la conférence fondatrice de la FAI contient des éléments très intéressants à étudier, non seulement pour cet article, mais aussi pour le militantisme anarchiste en général.

L'annexe 3B de la Conférence fait directement référence à la relation avec le CNT qui est approuvée organiquement par la FAI:

L'organisation syndicale, en tant que moyen d'action anarchiste, doit-elle être liée à l'organisation de groupes, chacun conservant son autonomie, ses fédérations et ses conseils généraux au sein du mouvement anarchiste? Il est admis que l'unité de classe est impossible. Que le syndicalisme, en se divisant, a échoué, et que par conséquent, l'unité anarchiste doit être recherchée. Que l'organisation ouvrière ne vise pas seulement l'amélioration de la condition de la classe qui doit parvenir à l'émancipation, et puisque cela est possible dans l'anarchisme, elle doit aussi devenir un moyen d'action anarchiste. Que l'organisation ouvrière doit renouer avec l'anarchisme tel qu'il était avant la dissolution de la Fédération régionale espagnole et la création d'organisations de groupes anarchistes distinctes, ces deux types d'organisations finissant par se rejoindre au sein du mouvement anarchiste. Il est résolu de propager cette idée et que les groupes, leurs fédérations et le CN invitent l'organisation syndicale et le Comité CNT à la tenue de sessions plénières et d'assemblées locales, de district et régionales des deux organisations, proposant l'organisation des syndicats au sein du mouvement anarchiste et un lien avec l'organisation des groupes sans confusion ni perte de leurs caractéristiques, formant des fédérations générales qui soient l'expression de ce large mouvement anarchiste, avec leurs conseils généraux, composés de représentants des syndicats et des groupes, dont les conseils sont divisés en commissions d'éducation, de propagande, d'agitation et autres problèmes d'intérêt égal pour les deux organisations.[11]

Gardez à l'esprit qu'il agit sur un CNT clandestin et endommagé, pratiquement dissous, mais on pense qu'il est capable de le recomposer à partir de l'organisation spécifique, comme c'est le cas depuis l'époque de l'ADS.

Cette résolution entérine les actions menées jusqu'à présent par des groupes spécifiques; généralement, les questions syndicales prédominaient dans leurs activités; autrement dit, le groupe s'était organisé pour intervenir dans les syndicats par son influence anarchiste[12]. L'anarchisme ibérique spécifique, les groupes anarchistes, sont indissociables de la double militantité des syndicats, et cela a perduré tout au long de son existence. La raison principale en est: la propagande anarchiste vise à radicaliser l'anarchisme de la CNT, à défendre la CNT pendant la période de répression armée, à étendre l'insurrection armée aux campagnes andalouses pour organiser les paysans de la Fédération nationale des agriculteurs de la CNT, et à organiser les tentatives révolutionnaires sous la dictature de Primo de Rivera, en lien avec l'appel au général Vaga de la CNT. À divers moments de l'histoire de la CNT, l'argument selon lequel «la CNT est pour elle-même», une idée de l'Union révolutionnaire, a été évoqué, mais l'analyse montre qu'un anarchisme spécifique a toujours existé et a toujours accompagné l'organisation syndicale, et que l'affirmation la plus juste serait: «L'anarchisme n'est pas la responsabilité du syndicat.»

De plus en plus, le militantisme anarchiste considère l'unité de classe comme impossible, misant sur l'unité anarchiste au sein d'un syndicat unique, la CNT. Il réfute les propositions de l'unité syndicale, telles que le «Congrés Pro-Unitat Syndical» proposé par les communistes[13], ainsi que celles du syndicat CNT-UGT, et se heurte à une force anarchiste-syndicaliste (c'est-à-dire anarcho-syndicaliste) au sein de laquelle se trouve la totalité du militantisme anarchiste. L'anarchisme doit revenir à l'organisation ouvrière et, par conséquent, l'organisation ouvrière doit revenir à l'anarchisme.

Conclusions pel présent Le processus d'anarchie de la CNT, indépendamment de la chronologie des syndicats et fondateurs précédents, s'est déroulé de sa fondation en 1910 jusqu'à la résolution finale du communisme libertaire en 1919, et notamment au Congrès du Théâtre de la Comédie. Il convient de tenir compte des influences antérieures de l'ADS au sein de la FRE, ainsi que, de toute évidence, de l'insertion anarchiste dans les différentes formes du syndicat Solidaridad Obrera. Afin de clarifier ce processus, à la lumière des sources consultées, j'élabore cette «recette» de l'anarchie au sein de la CNT, qui énumère les «ingrédients» suivants par ordre chronologique:

- L'influence antérieure de l'Alliance internationale pour la démocratie socialiste, que l'on retrouve dans la Fédération régionale espagnole, précurseur de la CNT, imprègne cette dernière de l'importance du militantisme dans l'activité organique.

Un climat de répression constant et d'opposition patronale et gouvernementale radicalise les positions du syndicat et favorise un petit nombre de lignes théoriques. Selon certaines sources, la CNT est entrée dans la clandestinité de 1911 à 1914.

- Propagande efficace et constante des noms des revues et publications anarchistes.

- Intégration complète du militantisme des groupes anarchistes au sein de la CNT suite à la résolution de la conférence de Barcelone de 1918.

Il est nécessaire de se positionner comme anarcho-syndicaliste face aux organisations syndicales issues de la Révolution soviétique, dans le contexte de la tentative d'intégration de la CNT au profit des militants communistes qui, plus tard, intégreraient le POUM et le PCE. À l'autre extrémité, on observe la petite vague de tendances anti-syndicalistes initiée par Ángel Pestaña.

Il manque à cette recette un ingrédient essentiel: une fédération d'anarchistes au niveau national. Dans ce processus, ni la FAI ni la Fédération nationale des groupes anarchistes n'existent. Cependant, des groupes anarchistes se réunissent lors de conférences et de congrès pour conclure des accords contraignants concernant le monde littéraire; on peut notamment citer l'intégration anarchiste de la CNT à la Conférence de Barcelone.

Pour l'organisation anarchiste actuelle, ce fait démontre la prédominance du contingent sur la forme de la tendance révolutionnaire: les militants anarchistes ont des accords consensuels, contraignants et respectueux de l'ensemble de la péninsule (contingent), indépendamment de l'existence d'une fédération ou d'une organisation péninsulaire au sein de laquelle ils structurent ces décisions (forme). Les anarchistes inscrits dans l'Anarchisme Social et Organisation concrétisent ce principe: n'existant pas, pour le moment, au sein d'une fédération organique unique, nous reconnaissons des principes tactiques et stratégiques communs à la liberté de chaque organisation, et adoptons une forme fédéraliste et le seul principe du pacte associatif - unes formes d'actar - qui nous permet de nous reconnaître dans la politique anarchiste actuelle.

Les anarchistes de l'époque privilégiaient la croissance par la propagande, une propagande constante et multiplicative, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des syndicats. Ce n'est qu'après un long processus de propagande qu'ils décidèrent de miser sur l'intégration du syndicat, ainsi que sur le processus d'anarchie, à partir duquel il se trouverait considérablement renforcé. C'est après l'approbation du lien entre l'anarcho-syndicat et l'organisation spécifique que cette dernière se mit au service du premier, agissant au sein de l'anarcho-syndicat pour combattre les tendances qui alimentaient l'hégémonie anarchiste au sein du syndicat, participant aux comités de défense pendant le pistolérisme, et convoquant et étant responsables des vagues générales et des intentions révolutionnaires (comparées à celles de 1933) pour sauvegarder l'anarcho-syndicat. La relation entre les deux groupes serait principalement une relation de contrôle ou de domination, mais aussi de collaboration selon les capacités de chaque organisation, l'anarcho-syndicat demeurant en permanence au coeur de cette relation.

À cette époque, la distinction entre organisation de base et organisation anarchiste spécifique était parfaitement claire. On attendait des performances différentes de chaque structure, selon sa taille et sa nature. La CNT était l'«océan», tandis que la FAI était loin d'être un «poisson» en matière de liberté. Pourtant, la FAI fut finalement amenée à soutenir la branche anarchiste de la CNT dans la lutte idéologique contre les autres tendances à la confédération. Il est important de noter que la CNT se situait toujours à un niveau supérieur à celui de l'organisation spécifique: en 1933, la FAI comptait 10 173 membres contre un peu plus de mille pour la CNT, soit un membre de la FAI pour 50 membres de la CNT[14]. Selon les calculs de Juan Gómez Casas, ce ratio est tombé à un membre de la FAI pour 120 membres de la CNT en 1936[15], entraînant une répression. Manegant met en avant ces noms comme particulièrement pertinents les décisions de la FAI de prendre la responsabilité des insurrections et des mouvements révolutionnaires, centralisant les forces de police pour réprimer les partisans militants.

Dans ces formes d'organisation, deux rôles distincts sont attendus. La CNT doit mener une action syndicale sur tous les fronts, qui, au fil du temps, se traduit par des actions politiques de plus en plus nombreuses visant à discréditer les institutions et à combattre le gouvernement dictatorial, «enllaçant la luita obrera amb el futur libertaria» (enraciner la liberté dans l'emploi et construire l'avenir de la liberté). La FAI, quant à elle, attendait une action pleinement intégrée à celle de la CNT, agissant sur le plan national contre les courants internes qui militent contre l'hégémonie anarchiste, la défendant contre les réactions violentes et diffusant une propagande anarchiste auprès de la population, ce qui a permis d'attirer des militants au sein des deux organisations.

Dans le contexte de la double militantisme CNT-FAI, de grandes responsabilités incombent à la minuscule FAI vis-à-vis de la CNT. Pour ce faire, la FAI agira conformément aux principes révolutionnaires anarchistes: les sept militants ne se soumettent ni à l'autorité, ni à la ruse, ni à la tromperie, mais exercent leur influence par l'exemple et le charisme, dans le respect et par un vote proportionnel, en acceptant les rôles représentatifs de la CNT. Conformément à ses statuts et à sa représentativité, il y a toujours plus de militants CNT que de militants FAI. Telle est la ligne directrice de l'action dans l'insertion sociale que nous héritons et que nous réaffirmons avec les militants de l'Anarchisme Social et de l'Organisation.

Enfin, contrairement à d'autres pays européens, le mouvement anarchiste ibérique était lié au mouvement ouvrier, constituant un vaste et influent mouvement anarcho-syndical, facteur déterminant de son succès relatif par rapport aux mouvements anarchistes d'autres nations. Ce lien doit être au coeur de la stratégie qui aborde la double militantité comme un élément différenciateur et un moteur de l'anarchisme contemporain. C'est uniquement à partir de ces coordonnées qu'il est possible de générer une force au service du communisme libertaire.


Malfainer, militant de Batzac - Joventuts Llibertàries

[1]La plupart des références de cet article proviennent de «Histoire de la FAI», de Juan Gómez Casas, une étude exhaustive de l'organisation anarchiste. Consultez la version numérisée de l'Open Library.

[2]https://es.wikisource.org/wiki/Carta_de_Amiens

[3]Juan Gomez Casas, Histoire du FAI, page 48

[4]Juan Gomez Casas, Histoire du FAI, page 55

[5]Le mouvement ouvrier espagnol. 1888-1926 (1928)

[6]Juan Gomez Casas, Histoire du FAI, page 58

[7]«Au Congrès:

Les délégués soussignés, considérant que la tendance majoritaire qui se manifeste le plus fortement au sein des organisations ouvrières de tous les pays est celle qui tend vers la libération complète, totale et absolue de l'humanité dans l'ordre moral, économique et politique, et considérant que cet objectif ne peut être atteint tant que la terre et les instruments de travail, de production et d'échange ne sont pas socialisés et que le pouvoir absorbant de l'État ne disparaît pas, proposent au Congrès que, conformément à l'essence des postulats de la Première Internationale des Travailleurs, il déclare que le but poursuivi par la Confédération nationale du travail est le communisme anarchiste.

[8]Llibertat.Cat. (s.f.). Anarchisme et syndicalisme . Llibertat.cat. https://www.llibertat.cat/2025/01/anarquisme-i-sindicalisme-57576

[9]Fondé l'Ateneu Obrer légitimiste de la rue Tapineria par des militants carlistes, avec le soutien des employeurs, du Somatent catalan et de la dictature espagnole de Primo de Rivera.

[10]L'Ordre public de la Dictature oblige tous les syndicats à déclarer périodiquement les noms, professions et domiciles de leurs affiliés, ainsi que les tailles et tailles de leurs membres. Parallèlement, la CNT se voit interdire de recouvrer les devis, ce qui est assimilé à une fraude. La Confédération, divisée, finit par accepter que la clandestinité soit son seul moyen de survie.

[11]Negretes propòpies

[12]Témoignage de J. Llop, cité par Juan Gómez Casas.

[13]Juan Gómez Casas, Histoire du FAI, page 97.

[14]Juan Gómez Casas, Histoire du FAI, page 150

[15]Juan Gómez Casas, Histoire du FAI, page 209

https://regeneracionlibertaria.org/2026/05/21/la-transformacio-de-la-cnt-en-anarcosindicat-1898-1929/
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