A - I n f o s

a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **
News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts Our archives of old posts

The last 100 posts, according to language
Greek_ 中文 Chinese_ Castellano_ Catalan_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ _The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours | of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009 | of 2010 | of 2011 | of 2012 | of 2013 | of 2014 | of 2015 | of 2016 | of 2017 | of 2018 | of 2019 | of 2020 | of 2021 | of 2022 | of 2023 | of 2024 | of 2025 | of 2026

Syndication Of A-Infos - including RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups

(fr) Alternative Libertaire #371 (UCL) - 1976: En Argentine naissait la dictature

Date Thu, 14 May 2026 19:22:17 +0100


Le 24mars 2026 a marqué le triste anniversaire des 50ans du coup d'État de la junte argentine qui a mené à une répression sans pareil et à l'assassinat de 30000 personnes entre 1976 et 1982. Le 24mars, appelé Dia Nacional de la Memoria por la Justicia y la Verdad [3], est un jour férié en Argentine qui donne toujours lieu à une forte mobilisation. Mais à l'occasion des 50ans et alors que le gouvernement de Javier Milei opère un quasi négationnisme sur la question, la mobilisation a été massive, rassemblant jusqu'à un million de personnes dans les rues de tout le pays, en faisant une des plus grosses manifestations de ces dernières années. ---- Pour marquer les 50ans du début de la dictature militaire en Argentine, les cortèges de ce 24mars ont rassemblé aussi bien des militantes et militants anarchistes et communistes, des syndicalistes que des associations civiles et mémorielles, des ­partis d'opposition dont les mouvements péronistes [1], mais aussi des personnes de tous bords tant le sujet reste important aujour­d'hui dans la société argentine. Nombreuses sont les familles qui ont perdu quelqu'un. Il s'agit en premier lieu de faire vivre la mé­moire des 30000disparu·es, dont nombre de militantes et militants communistes et anarchistes, mais aussi de réclamer encore et toujours la vérité sur ce qui s'est passé. En effet, les réclamations du mouvement des «Grand-mères de la Place de Mai» qui avaient commencé à protester publiquement dès 1977 pour savoir ce qu'il était advenu de leurs enfants et petits-enfants, continuent d'être d'actualité.

Encore aujourd'hui, on ignore le sort de certaines et certains des enfants en bas-âge, ou nés en captivité, de prisonnières et prisonniers de la dictature qui ont été enlevés et confiés à des familles soutenant la junte. Au-delà de cette question brulante, si le travail mémoriel en Argentine a pu être relativement bien fait, c'est grâce aux luttes importantes et à la ténacité incroyable des diverses militantes et militants qui n'ont jamais flanché, même lorsque les politiques post-dictature souhaitaient enterrer le sujet au nom de la réconciliation nationale. ­Malheureusement, cette mémoire de la dictature est en danger aujourd'hui.

L'actualité fait écho au passé

Cette mobilisation importante s'inscrit dans le con­texte du gouvernement de Javier Milei qui a déclaré à de nombreuses reprises sa sympathie avec la dictature, niant ou minimisant ses crimes et cherchant à tout prix à effacer les traces de sa mémoire. Il a déclaré à de nombreuses reprises que le chiffre de 30000décès était exagéré. Sa vice-présidente Victoria Villaruel, proche des milieux militaires, est une négationniste notoire des crimes de la dictature. Les réclamations pour la vérité, la justice et la mémoire lors du 24mars sont d'autant plus essentielles que l'État cherche à revenir dessus.

La question de la mémoire reste d'actualité, notamment parce que le gouvernement Milei met en place une politique d'une extrême violence sociale à l'encontre de sa population. Ce 24mars n'a pas été qu'une commémoration de la dictature, mais aussi un moment de lutte important pour s'opposer au gouvernement actuel et à ses attaques contre les classes populaires.

Le piège de la récupération

La loi travail votée récemment [2] précarise encore plus les travailleurs et travailleuses et a été la source de nombreuses critiques dans les rues et les discours officiels. Les politiques néolibérales mortifères de Milei n'ont fait qu'augmenter les inégalités depuis son arrivée au pouvoir. Sa proximité avec Trump et Israël a aussi été particulièrement critiquée. Les personnes qui manifestent en Argentine sont conscientes de l'importance de lutter à la fois contre les injustices d'hier et celles d'aujourd'hui. Mais le risque de récupération est lui aussi présent.

En effet, de nombreuses formations politiques d'opposition de tous bords se sont mises en avant lors des manifestations. Si presque toutes affichaient un soutien, parfois de façade, au mouvement, elles ont aussi été les premières à vouloir en tirer parti. Que ce soit du côté des péronistes kirchneristes qui demandent la libération de l'ex-présidente Cristina Kirchner condamnée pour corruption, des péronistes anti-kirchneristes ou d'autres partis qui souhaitent récupérer le mouvement pour se positionner dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027. Il est essentiel de ne pas les laisser récupérer cette lutte. Car les enjeux de mémoire ne sont pas de simples débats d'historiennes et historiens, mais un élément fondamental de l'histoire de notre camp social, vécu dans nos chairs et sans cesse source d'inspiration pour les luttes d'aujourd'hui.

La forte mobilisation de 2026 montre que la lutte est possible en Argentine et qu'elle doit continuer. Face aux vagues réactionnaires qui nous attaquent sans cesse partout dans le monde, à la fois dans notre passé et notre présent, il faut faire front commun. Les luttes mémorielles sont un terreau fertile où l'on peut rencontrer des personnes peu politisées mais désireuses de se battre sur ces sujets majeurs. À nous d'être présents et présentes et d'élargir ces luttes. L'UCL félicite nos organisations soeurs en Argentine qui ont su être présentes dans les mobilisations et qui continuent leur travail de terrain pour faire vivre l'anarchisme en Argentine.

Sano (UCL Marseille)

++++

Communiqué des organisations libertaires à l'occasion du 24mars 2026

À l'approche du 50eanniversaire du dernier coup d'État, la mémoire n'est pas un acte de nostalgie, mais de lutte. La dictature a imposé par le sang et le feu un projet de pays au service des puissants, en persécutant, torturant et faisant dis­paraître des milliers de camarades qui luttaient pour transformer la société en profondeur. Aujourd'hui, alors que ce projet se concrétise sous de nouvelles formes avec le gouvernement ultralibéral de Milei, se souvenir des 30000, c'est s'engager à continuer de s'organiser et de lutter. Car le meilleur hommage à ceux et celles qui ont donné leur vie pour la cause des opprimés, c'est de poursuivre leur lutte, pour un monde sans exploiteurs ni oppressions!

Nous rendons hommage aux camarades anarchistes disparu·es, en particulier aux militantes et militants anarchistes syndicaux et à celles et ceux de l'expérience territoriale de Colonia Lola (Córdoba), ainsi qu'à celles et ceux qui ont appartenu à Résistance libertaire (RL) et à la Fédération anarchiste uruguayenne (FAU), des camarades qui ont donné le meilleur d'elles et eux-mêmes pour mettre l'anarchisme au service des luttes sociales et de la construction du socialisme libertaire.

Vive ceux et celles qui luttent!

OAC - Organización Anarquista de Córdoba FAR - Federación Anarquista de Rosario OAT - Organización Anarquista de Tucumán ORA - Organización Resistencia Anarquista (Buenos Aires) OASC - Organización Anarquista de Santa Cruz La Tordo Negro - organización anarquista entrerriana Organización Impulso Anarquista (Neuquén-Río Negro)

Notes:
[1] Mouvement politique populiste dominant en Argentine depuis les années 1950. Il a pu être ultralibéral, d'extrême droite ou centriste, son incarnation actuelle.
[2] « Milei tronçonne toujours plus le travail », Alternative libertaire n°370, avril 2026.
[3] Jour national de la mémoire pour la justice et la vérité.

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?1976-En-Argentine-naissait-la-dictature
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center