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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - SOMALI... LAND

Date Mon, 13 Apr 2026 18:33:40 +0100


«Est-ce qu'il y a des gens qui savent ce qu'est le Somaliland?» D. Trump ---- Ben... Oui après tout! ---- On peut se demander si le président américain sait lui-même où situer ce bout de territoire dont personne n'entend jamais parler. En effet, pas de guerre civile comme au Yémen son voisin sur l'autre rive, pas de massacre comme au Soudan, ni de génocide comme en Palestine. Bref pas de «Une» médiatique. Rien! Nulle part! L'actualité regorge d'événements plus importants: la répression en Iran, l'enlèvement du dictateur et président Maduro, les ambitions de D. Trump pour le Groenland, ou encore la traque des migrants par sa milice à Minneapolis... Et pour nous européens l'Ukraine de temps à autre. ---- Cette actualité occidentale -où les morts n'ont pas tous la même valeur- occulte le génocide des palestiniens de Gaza: 71000 morts recensés depuis le 7 Octobre 2023, et minimise les exactions des colons qui ont tué, avec la complicité de l'armée, plus de 1000 palestiniens en Cisjordanie, depuis «l'accord de paix».

C'est donc débordant d'empathie envers les palestiniens de Gaza, que D. Trump et son comparse B. Netanyahou envisageraient de déporter les palestiniens «survivants» du génocide au "Somaliland".

"Riviera" et déportations

Le Somaliland c'est un bout de désert de 175000 km2 au nord ouest de la Somalie, bordé par Djibouti, l'Éthiopie et le Kenya. Ce territoire rattaché à la Somalie, autrefois colonie britannique, a fait sécession et déclaré son indépendance en 1991, après la chute du président dictateur somalien Siad Barré à l'issue d'une guerre civile initiée dès les années 1980. République auto proclamée, elle dispose de sa police, de sa monnaie, de son armée, mais n'est à ce jour reconnue par aucune capitale ni instance internationale [1].

Pour l'homme d'affaire installé à la Maison Blanche et prétendant au Prix Nobel de la paix: «No problem». Sur les ruines de Gaza, il érige une «Riviera». Et pour les rescapé·es du génocide sioniste il organise leur déportation vers... le Somaliland, qui en échange obtiendrait la reconnaissance internationale de «souveraineté» tant quémandée. Cette «Pax américana» renforcerait la prédominance occidentale au Moyen Orient et en Afrique, contre les menaces russes et l'influence chinoise grandissantes, tout en «débarrassant» Israël des Palestiniens.

Chacun ses pions

Depuis de nombreuses années, la Chine et la Russie ont renforcée leur présence en Afrique ou au Moyen Orient. La Chine par la diplomatie, l'aide aux infrastructures et à l'économie etc. Sortie de Syrie, la Russie, dont la présence est plus limitée, entretient des partenariats sécuritaires et militaires d'État ou privés. Rivaux ou complémentaires, ces deux impérialismes s'affirment comme des alternatives à la domination coloniale des occidentaux, mais ne peuvent pas encore s'affirmer totalement sur le plan "sécuritaire". Leur présence dans les régions instables de la corne de l'Afrique est un abcès de fixation explosif. Sur la côte Est africaine, chacun surveille les autres mais surtout ses intérêts propres. Sur cette route maritime, qui par le canal de Suez et la sortie de Bab-el-Mandeb conduit de la Méditerranée à l'océan indien et vers l'Asie, passe 40% du trafic maritime mondial: pétroliers, gaziers, porte conteneurs, etc. D'où, l'intérêt porté à cette région constitutive de la Somalie qui par sa position géographique sur les rives de la mer Rouge face au Yémen, est un point stratégique que les puissances impérialistes convoitent autant que Djibouti (voir encadré).

Israël: une première...

«Contrairement à la Palestine, le Somaliland n'est pas un État virtuel» commente le ministre israélien des affaires étrangères. Jusqu'à ce jour, la «souveraineté» de l'État du Somaliland, s'est toujours heurtée au refus de reconnaissance des pays ou des instances internationales au nom de l'intangibilité des frontières. C'est dans un contexte hostile qu'Israël décide pour ses besoins politiques, d'être le premier État à reconnaître ce territoire le 26 décembre 2025. Tel-Aviv pense ainsi élargir son «acceptation» par d'autres pays, et accroître son hégémonie militaire dans la région. Une stratégie opportuniste qui reçoit l'aval discret de D. Trump.

L'hégémonie inquiétante d'Israël

Depuis Hargeisa, la capitale du Somaliland, ses dirigeants avides de reconnaissance internationale ont opté pour un alignement derrière l'impérialisme américain, via l'acceptation de relations avec Taïwan depuis juillet 2020, et en proposant l'installation de bases militaires et des concessions minières.

Même si D. Trump considère la Somalie comme «un pays qui n'existe même pas... ou... le pays le plus corrompu de la terre», les U.S.A. n'en sont pas moins actifs à Mogadiscio, la capitale, par des aides multiples et surtout des raids sécuritaires contre les clans djihadistes «Chabab» liés à Al Qaida, qui occupent les régions du sud et les alentours de la capitale somalienne.

Mais Israël retrouve au Somaliland, un allié de poids dans la place: les Émirats Arabes Unis (E.A.U.) liés officiellement à l'État sioniste par les accords d'Abraham [2], implantés depuis une dizaine d'année notamment via la gestion du port de Barbéra. Ce qui n'est pas forcément du gout de l'Arabie Saoudite, l'autre puissance régionale qui entretien une frontière avec le Yémen situé de l'autre côté de la mer Rouge. C'est en 2015 qu'une coalition, menée par l'Arabie Saoudite mais comptant aussi les Émirats Arabes Unis, bombarde le Yémen pour contrer l'influence de L'Iran et stopper les velléités indépendantistes des Houthis. Deux belligérants chéris par la France pour leurs achats d'armement. Dans l'enlisement de l'intervention qui dure depuis 10 ans, ces deux pays ont chacun des visions opposées, voir des prétentions, concernant leur politique d'influence dans cette zone régionale. Sommairement dans cette guerre civile fragmentée, (377 000 morts selon l'ONU), leur différent conduit l'Arabie Saoudite à appuyer le gouvernement fédéral soutenu internationalement alors que les Émirats Arabes Unis, défendent les sécessionnistes du CTS (Conseil transition du Sud). Un conflit suivi de près par Washington qui appelle à "la retenue" ses 2 partenaires très proches.

Même si le projet de déporter les rescapés palestiniens vers le Somaliland ne semble plus d'une actualité immédiate, la reconnaissance de cet État permet à Israël de prendre pied dans le détroit de Bab-el-Mandeb et de se réserver le droit d'intervenir en Mer Rouge. Un appui stratégique pour protéger ses navires et ses intérêts économiques, menacés depuis l'autre rive du détroit par les Houthis soutenus et armés par l'Iran. Houthis qui se disent solidaires du Hamas et du peuple palestinien et à ce titre, bombardent Israël et piratent ses navires. Cette visée israélienne suscite une inquiétude grandissante en Turquie, en Égypte, en Arabie Saoudite... dans les pays attachés à l'intangibilité des frontières qui redoutent cette hégémonie militaire israélienne. Toutefois, il reste un dernier obstacle à cette suprématie régionale de l'État sioniste: l'Iran et ses mollahs...

Un pied en Somalie et un autre au Somaliland permet à Washington via Tel-Aviv de renforcer sa présence dans la corne de l'Afrique et de mieux contrer la Chine dans ce détroit très convoité. Une Chine aux relations très anciennes avec les États d'Afrique de l'Est, et très présentes depuis 2014 [3] avec une ambassade à Mogadiscio, et qui défend l'intégrité territoriale de la Somalie.

Sorel 10 février 2025

    Le cas de Djibouti

    Petit état de la Corne de l'Afrique de 23000 km2. Il est frontalier de l'Éthiopie, l'Érythrée, le Somaliland (non reconnu) et le Yémen en face du détroit. Territoire très disputé, car il occupe une position stratégique à l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb reliant la Méditerranée, à l'Océan Indien, par le canal de Suez et la Mer Rouge. Plusieurs pays y ont des bases militaires.
    La France, la colonisatrice (1896) y est restée après l'accord d'indépendance en 1977 et y stationne 1400 militaires. Les USA ont plus de 3000 militaires dans le "Camp Lemonnier", c'est le centre des opérations US vers le moyen Orient ou l'Afrique même.

    La Chine est présente depuis 2017. C'est sa première base à l'étranger avec un port en eau profonde accueillant destroyers ou porte avions. L'Italie et la Turquie sont aussi présentes mais dans une moindre mesure.
    Chacun, conjointement ou pas, veut selon ses intérêts militaires ou économiques, protéger le trafic maritime (40% du trafic mondial) mais aussi de la piraterie, d'attaques des yéménites ou somaliens.

Notes
[1] Organisation des Nations Unies, Organisation de l'Unité Africaine, la Ligue Arabe, l'Union Européenne; le Conseil de Coopération du Golfe...
[2] Ce sont des accords qui lient les états officiellement dans des relations d'échanges bilatérales. Lire C.A. N°356 «Sahara Occidental un conflit oublié»
[3] Aide humanitaire, échanges culturels, Pétrole, développement d'infrastructures etc

https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4677
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