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(fr) Courant Alternative #356 (OCL) - La brutalisation inhérente aux rapports sociaux capitalistes, vivier du fascisme
Date
Tue, 27 Jan 2026 17:38:06 +0000
De nombreux articles et études documentées alertent sur la montée de
l'extrême droite en France. La problématique ci-dessous essaiera d'en
cerner le terreau (on est tenté d'en dire le fumier!) fertile, ce que
l'on pourrait dénommer comme un "fascisme d'ambiance", en ce sens que
cette «montée» n'est pas le seul effet de la propagande d'extrême droite
(Bolloré, RN), mais prend sa source dans la crise
existentielle-historique, celle de l'absence de perspectives
d'auto-transformation de la société, qui conduit à coller aux «valeurs»
des maîtres. ---- Banalisation de la cruauté ---- Un fait divers de
société n'est pas automatiquement porteur de sens historique. Cependant,
la «mort en direct» du streamer Jean Pormanove, le 18 aout dernier,
n'est pas passée inaperçue. Le principe de cette mise en spectacle qui a
finalement plus ou moins dérapé (la victime ne serait pas morte de coups
reçus mais de son mauvais état de santé!), était que ce streamer tirait
ses revenus des scènes de maltraitance (au bas mot), commises par ses
«complices» sur lui-même devant caméras, par leur diffusion instantanée
payante auprès d'abonnés («C'était pour le taf» d'après un proche,
recueilli par "Libération" du 23 aout 2025). Car il y avait un public,
de près de 500 000 abonnés, pour se repaître de violence et de
domination, dont les protagonistes assuraient lors de l'enquête, que
tout était scénarisé. Le tout se déroulant dans un quartier déshérité de
l'agglomération niçoise.
Mais ce n'est pas réservé au "bas" de la société. Dans ce registre, les
hautes sphères aussi s'y mettent en scène comme nous le rapporte Naomi
Klein - dont on avait apprécié à l'époque le livre «la Stratégie du
choc» -, en compagnie de Astra Taylor, dont l'analyse «The rise of end
times fascism», parue dans The Guardian le 13 avril 2025, a été publiée
en français sur le site "Terrestres" («La montée du fascisme de la fin
des temps»). On y apprend «les nombreuses séances photos sadiques-chics
de la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, qui pose tour à
tour sur un cheval à la frontière américano-mexicaine, devant une
cellule de prison bondée au Salvador ou brandissant une mitraillette
lors de l'arrestation d'immigrants en Arizona».
Quand le chef d'État français méprise à l'envi le bas de l'échelle
sociale, qu'on se rappelle: «Dans une gare, on croise des gens qui ne
sont rien», après avoir tant vanté «les premiers de cordée», il fait
écho au PDG de France Telecom qui, pour mieux assurer la privatisation
dans «Orange», avait planifié une vaste suppression d'emplois en donnant
à sa hiérarchie la consigne «qu'ils partent par la porte ou par la
fenêtre», ne pouvant sans doute prévoir que des salariés en burn out
finiraient par se défenestrer effectivement. Le plus inquiétant et qui
avait été relevé à l'époque, c'est que le climat général de peur avait
même inhibé des gestes élémentaires d'entraide psychologique entre
salariés, rivés au pauvre espoir de pouvoir passer entre les gouttes. De
même, en France, un appareil de répression surdimensionné peut mutiler,
devant caméras, de manière sadique des manifestants sitôt qu'ils sont en
dehors des rituels pré-écrits.
Mais même dans la vie futile du divertissement, une télé-réalité conclut
chaque épisode par le vote des participants pour éliminer le perdant de
la semaine permettant de sacrer plusieurs semaines plus tard, le
vainqueur final. Singulière illustration du vote démocratique! Dans
d'autres loisirs consommés "à domicile" l'industrie du porno fait de la
domination sexuelle unilatérale, consommée par le voyeur, son fond de
commerce.
Par ces différentes dispositions s'étend une néo-culture (?) du "plus
fort", ce à quoi la colonisation de la sphère publique par les joutes
sportives a aussi apporté sa contribution. Au bout du compte, le
harcèlement entre adolescents témoigne de la propension à vouloir
rabaisser l'autre ou tout du moins à se créer un bouc émissaire sur qui
concentrer la détestation de ce qu'on vit. C'est que l'envoutement
algorithmique des réseaux sociaux ramène toujours plus vers des stimuli
binaires et des jugements sans nuance, dont l'extrême droite fait son
miel...
Le Proche Orient, laboratoire et vitrine
Il y a peut-être des niveaux d'analyse en termes d'héritage géopolitique
(culpabilité de l'Europe par rapport à la Shoah, volonté d'enfoncer un
coin occidental dans l'aire arabo-musulmane...) qui peuvent expliquer la
passivité de la sphère occidentale-démocratique à l'égard de
l'acharnement à la destruction et au génocide de l'État d'Israël à Gaza.
Néanmoins la part inconsciente, spectre de la culture décadente, est la
fascination de la puissance et du «plus fort» ce qui a poussé à
relativiser à l'extrême la réaction spontanée nécessaire à tout faire
pour empêcher le tort atroce commis contre les faibles par cette
punition collective: la cruauté pratiquée à grande échelle par l'État
d'Israël, allié des pays occidentaux, délivre un message universel et
démonstratif délivré aux populations de ce qui peut leur arriver
éventuellement.
La guerre à Gaza est vite devenue une vitrine d'opérations militaires en
milieu hostile dont ont pu se repaître tous les états majors militaires
de la planète, et inversement, un test «grandeur nature» pour mesurer
jusqu'où les populations périphériques, spectatrices devant leurs
écrans, parviendraient à se résigner en en consommant la barbarie tout
en restant passives.
L'état de guerre et le glissement mécanique vers un exécutif d'urgence
conduit à l'apogée de la brutalisation des rapports sociaux... Au point
de se demander si le pouvoir n'a pas besoin de l'état de guerre pour
éliminer tout dissensus.
Le développement hystérique
Un fantôme dans la machine hante les acteurs économiques: ce gain de
survaleur indispensable, comment l'extraire de la concurrence sur le
marché? Quand la compétition économique devient plus intense entre les
entreprises qui sont sur le même créneau ou entre celles-ci et leurs
sous-traitants pressurisés, et a fortiori sur les salariés assujettis à
une productivité maximale, cette tension diffuse dans toute la société.
Malheur aux perdants!
La bonne décision au bon moment devient le préalable fantasmatique de la
réussite. La figure du décideur génial prend corps qui sait trouver des
solutions et pour ce faire ne s'embarrasse pas de détails ou de
"stériles" arguties sur les causes et les effets (tant il est vrai que
la technologie résoudrait tout!), positionnement anti-écologique par
essence.
La pulsion d'efficacité broie scrupules et doutes méthodiques.
L'autoritarisme devient désirable quand toute discussion démocratique
est assimilée à une perte de temps. Comme les convulsions économiques
paraissent sans fin, la surestimation du moment de la «décision» (Krisis
en grec) pour définir une solution crée un vertige d'accélération
partagé par tous les acteurs. La surenchère permanente disloque les
repères mentaux et blinde les sensibilités. La méfiance à l'égard de la
«nature humaine», devenue suspecte d'inadéquation au monde prodigieux
des réussites technologiques, s'incarne dans le rejet de la figure des
perdants et des dépossédés. La misanthropie de la pensée réactionnaire
devient proportionnelle à la puissance sociale acquise et la classe
dirigeante penserait volontiers que «tout ce qui rampe sur terre doit
être gouverné par les coups», tant la plèbe lui devient un fardeau.
À la désorientation des populations ballottées d'une crise à l'autre,
d'une information anxiogène à l'autre (empoisonnement chimique, dérive
climatique), ce futur sans avenir ressuscite des mythes compensateurs du
passé: nationalisme, virilisme dont des noyaux activistes décomplexés
donnent le signal d'un renouveau offensif.
Reprendre pied contre les passions tristes
Faute d'une boussole dissidente en bas de la société, une vague a pris
corps qui sanctifie la loi du plus fort, répudie toute hésitation, fait
l'apologie de la volonté, culpabilise les pauvres de leur situation,
idolâtre une communauté imaginaire au nom de quoi exclure, etc.
Le sadisme et la cruauté deviennent les expressions abouties de la non
réciprocité, comme si le frottement social était devenue stérile à
surmonter des disparités sensibles. Le mépris de l'autre devient la
condition de la conservation de soi. Faute de pouvoir imaginer une
sortie de cette domination cadenassée, les énergies se raidissent et se
retournent vers les solutions les plus enviables, c'est-à-dire les plus
valorisantes «du côté du manche», ou tout au moins en en reprenant la
vantardise. Les dépossédés le sont aussi de ne pas pouvoir entrevoir
quelque chose d'autre, et se retournent vers leurs maîtres ou de
nouveaux apprentis-sorciers pour les diriger, car, n'est-ce pas, vaut
mieux se fier aux plus malins (Trumpisme)!
Pour que cette déferlante prétende à l'hégémonie, il a fallu
antérieurement que s'affaisse le point de vue révolutionnaire que la
société peut consciemment s'auto-transformer. C'est qu'au profit du
messianisme du progrès technologique providentiel, a été éludée la prise
en compte des deux grandes béances de l'histoire humaine: le fait que
les humbles s'en remettent à des pouvoirs dont ils deviennent les
subordonnés; et que l'échange entre les différentes activités humaines
soit médié par la valeur abstraite de l'argent, moyen qui devient sa
propre fin à travers le prêt à intérêt et la spéculation, jeu sur le prix.
S'il n'y a pas, certes, de solution toute faite, il y a des pistes sures
pour que les collectivités en lutte prennent confiance en elles-mêmes:
se coordonner avec des délégués mandatés et révocables à tout moment;
refouler la compétition en étendant l'entraide; rejeter la séduction des
soi-disant facilités apportées par le déferlement technologique.
Tristan Vebens, novembre 2025
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4619
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