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(fr) Monde Libertaire - DES IDEES ET DES LUTTES: Le Mépris

Date Tue, 27 Jan 2026 17:38:03 +0000


L'air du temps est au mépris dans notre société. Triste constat!! «Multiforme et contradictoire, le sentiment de mépris déborde le seul mépris de classe pour devenir l'énergie émotionnelle des forces et des mouvements qui menacent les démocraties. Car le mépris, ou ce qu'on perçoit comme tel, est partout.» S'appuyant sur de nombreux exemples, François Dubet, dans son livre Le Mépris, émotion collective, passion politique paru au Seuil, souligne la diversité des situations sociétales de mépris et de colère. «Politiquement, le mépris est plastique. Il peut être de droite ou de gauche: tout dépend de ses victimes, de ses auteurs et des partis qui le mobilisent.» ---- Chacun peut subir le mépris de l'autre et difficilement s'en relever. Les blessures du mépris ne cicatrisent jamais, que celui-ci soit exprimé verbalement ou par des attitudes condescendantes ou ignorantes. Quasiment une caricature, «Jeune, diplômé, riche, sur de lui, voire arrogant, le président Macron symbolise cette civilisation du mépris.» Rappelons-nous le livre de Monique Pinçon-Charlot, Le Méprisant de la République (Ed. Textuel, 2023). Ce mépris se révèle une chaîne d'émotions. Hormis le mépris de classe, se sentent méprisés ceux qui ont l'impression de regarder passer le train, d'être exclus des changements. De plus, les professionnels de la santé, les enseignants se vivent comme méprisés par le système, leur administration. Il suffit d'écouter les propos des démagogues et populistes méprisant les fonctionnaires, clamant leur volonté de supprimer X milliers de postes d'agents comme s'il s'agissait de nuisibles.

Quelle alternative?

La grande interrogation est celle de la mutation de cette énergie de la révolte en force démocratique pour construire une alternative. Revenons sur le mépris de classe, celui-ci «devient une sorte de racisme social: on ne se mélange pas. [...] La classe est devenue une seconde nature». Même si cette attitude est moins violente qu'au 19ème siècle, elle est réelle et tout fait distinction. Loin de s'atténuer avec le temps et le côtoiement des individus, «ce mépris se fractionne et se multiplie en embrassant tout un ensemble d'inégalités singulières». Le méprisant est lui-même méprisé, en est-il conscient et cherche-t-il à se valoriser? Y a-t-il une peur de déchoir? Quelle est la perception des transclasses? Plus globalement, c'est la représentation de la communauté nationale qui est bousculée. Les individus ne se reconnaissent plus dans une société où ils ne sont que des numéros.

A noter aussi l'analyse par François Dubet des discriminations, réelles ou vécues comme telles, individuelles ou collectives. Il existe, dans la règlementation, vingt-six cas reconnus de discrimination. Les origines, le sexe, le lieu d'habitation de banlieue à ghettos, sans oublier la place de la religion. Les manifestations, les actes de révolte explosent périodiquement. Indignez-vous! pour reprendre la formule de Stéphane Hessel, mais pour quoi faire? François Dubet développe une autre analyse intéressante axée sur le populisme. Comme David Graeber (David Greaber, Valeur, politique et démocratie aux Etats-Unis, Ed. Presses universitaires de Lyon, 2025), il relève qu'une part importante du vote des «pauvres» s'oriente vers la droite et le culte du chef. L'élection de Trump est significative. «Les pauvres votent à droite parce que les élites sont, à leurs yeux, des donneuses de leçons incapables de régler les problèmes sociaux élémentaires.»

Quel contrat social?

La renaissance du contrat social est une priorité politique. La lutte contre les inégalités en est la traduction. Si les partis institutionnels ne répondent pas aux attentes, les citoyens peuvent-ils créer une alternative en s'appuyant sur les syndicats, les associations? Ce n'est pas l'Etat qui prend le relais, le «grand débat» initié par Emmanuel Macron, après les Gilets jaunes, a montré son mépris. Il joue simplement un rôle d'édredon pour occulter la demande sociale.
«Le sentiment d'être invisible et méprisé serait atténué, s'il pouvait s'inscrire dans des formes de vie démocratique multiples et élargies, débordant le jeu des réseaux sociaux et des chaînes d'information qui finissent toujours par opposer l'«arrogance»de ceux qui savent au mépris de «ceux qui ne sont rien».

* François Dubet
Le Mépris
Emotion collective, passion politique
Ed. Le Seuil, 2025

https://monde-libertaire.net/?articlen=8804
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