|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 30 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Francais_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkurkish_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours
Links to indexes of first few lines of all posts
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Anarchosyndicalisme! n°194 (CNT-AIT) - Mortalité de classe
Date
Wed, 31 Dec 2025 17:52:10 +0000
Nous citerons ici un extrait du communiqué de la salle de presse de
l'Inserm du 16 septembre 2025. ---- Les habitantes des communes
socio-économiquement défavorisées ont plus de risques de voir leur
enfant décéder dans les premiers jours suivant sa naissance. C'est le
constat d'une nouvelle étude publiée par une équipe de recherche de
l'Inserm, de l'Université Paris Cité, de l'Inrae, de l'Université Paris
Nord, et de l'APHP, dans la revue médicale BMJ Médicine, le 16 septembre
2025. ---- Une étude de 2022 [1] avait déjà révélé une hausse
significative de la mortalité infantile (décès avant un an) en France
depuis 2012. Cette étude avait identifié la mortalité néonatale (décès
entre la naissance et le 28e jour du bébé) comme principale composante
de l'augmentation de la mortalité infantile, mais elle ne permettait pas
de savoir quels étaient les territoires et les populations les plus touchés.
Pour y voir plus clair, une équipe scientifique a mis au point un indice
de désavantage social adapté à la période périnatale pour chaque commune
de France hexagonale[2], résultant de l'analyse de différents facteurs
associés à l'état de santé des nouveau-nés dans de précédentes études:
le taux de chômage, le pourcentage de personnes immigrées dans le
secteur, celle de locataires, de familles monoparentales, et le revenu
médian par ménage. Les scientifiques ont ensuite croisé cet indicateur
avec le taux de mortalité néonatale sur deux périodes: entre 2001 et
2008 puis entre 2015 et 2020, en utilisant le Système national de
données de santé (SNDS).
Les résultats mettent en lumière d'importantes inégalités face à la
mortalité néonatale.
«Quelle que soit la période étudiée, les décès de nouveau-nés sont plus
nombreux pour les mères qui résident dans les communes les plus
défavorisées au regard de notre indice de désavantage social adapté à la
période périnatale», observe Jennifer Zeitlin, épidémiologiste et
directrice de recherche à l'Inserm, et dernière autrice de l'étude.
Ce communiqué est la synthèse d'un article médical paru dans la revue
BMJ Médicine (voir la référence pour les anglophones1).
On y ajoutera la citation suivante:
«Si toute la population avait le même risque de mortalité néonatale que
les 20 % les plus favorisés, on estime qu'environ un quart des décès,
soit 2 496 décès de nouveau-nés, auraient pu être évités rien que sur la
période entre 2015 et 2020», indique Victor Sartorius, le premier auteur.
Voilà où nous en sommes, voici le beau résultat du contrat social
actuel, dans un pays dit avancé, en progrès; on oscille entre la
tristesse et la révolte en constatant ces faits: les nouveaux-nés
pauvres décèdent relativement de plus en plus.
Évidemment, les sociologues auront beau jeu de dire que l'on enfonce une
porte ouverte. Depuis les enquêtes du Docteur Villermé, on sait à quel
point les classes laborieuses sont affligées d'une santé dégradée.
Néanmoins, avec le 20e siècle et ses avancées médicales, on aurait pu
croire à une stabilisation avantageuse dans le domaine de la mortalité
infantile, à un progrès social. Certes, il existe, mais l'étude
statistique montre que ces espoirs sociaux sont de plus en plus rongés
par la maladie sociale, le paupérisme.
Le concept général de lutte des classes se décline ici sous un aspect
particulier: celui de la souffrance de classe. Celle-ci s'accroît, avec
un effet de ciseau: les bébés meurent plus et les vieillards meurent
plus jeunes pour les classes défavorisées.
L'espérance de vie par niveau de vie: chez les hommes, 13 ans d'écart
entre les plus aisés et les plus modestes
Nathalie Blanpain, division Enquêtes et études démographiques, Insee.
Plus on est aisé, plus l'espérance de vie est élevée. Ainsi, parmi les 5
% les plus aisés, l'espérance de vie à la naissance des hommes est de
84,4 ans, contre 71,7 ans parmi les 5 % les plus pauvres, soit 13 ans
d'écart. Chez les femmes, cet écart est plus faible: 8 ans séparent les
plus aisées des plus pauvres. Aux alentours d'un niveau de vie de 1 000
euros par mois, 100 euros supplémentaires sont associés à 0,9 an
d'espérance de vie en plus chez les hommes et 0,7 an chez les femmes,
tandis que l'écart n'est plus que de 0,3 an et 0,2 an aux alentours d'un
niveau de vie de 2 000 euros par mois.
Les femmes ont une espérance de vie plus élevée que les hommes (6 ans en
moyenne). Elles vivent même en général plus longtemps que les hommes les
plus aisés: celles dont le niveau de vie se situe parmi les 70 % les
plus aisées ont une espérance de vie plus longue que les hommes parmi
les 5 % les plus aisés.
Les personnes les plus aisées ont plus souvent un diplôme du supérieur,
mais cela n'explique qu'en partie les écarts d'espérance de vie selon le
niveau de vie. Avec ou sans diplôme, plus on est aisé, plus l'espérance
de vie augmente.
Cet article de l'Insee est un peu ancien et date de 2018 (Insee Première
No 1687 paru le: 06/02/2018). Néanmoins, le propos est éloquent: dans
l'extrême jeunesse et vieillesse, l'appartenance à la classe sociale est
de plus en plus déterminante et dé-favorisante. Dans le phénomène
sociologique et politique qu'est la lutte des classes, matérialisée ici
par ces quintiles où l'on voit les courbes se dissocier, se joue la
souffrance de classe, et plus précisément la relation à la mort de
classe, le deuil de classe. Avec les sagesses qui subissent et les
sagesses qui se révoltent.
Adam Smith, qui n'est pas que l'économiste de la Main Invisible, mais
aussi un vrai philosophe humaniste, correspondant de Hume et Condorcet,
explique ici nettement l'enjeu.
Chapitre 3. De la corruption de nos sentiments moraux, résultant de
notre disposition à admirer les riches et les grands. , et à mépriser ou
négliger les personnes pauvres d'une condition obscure.
Quoique notre disposition à admirer, à presque adorer les riches et les
grands, à mépriser ou au moins à négliger les personnes indigentes ou
obscures, soient également propres à établir et à maintenir la
distinction des rangs et l'ordre de la société, elle est aussi la cause
première et générale de la corruption de nos sentiments moraux. Les
philosophes de tous les siècles se sont plaints, avec raison, que la
richesse et la grandeur sont souvent regardés avec un respect et avec
une admiration qui n'étaient dues qu'à la sagesse et à la vertu, et que
le mépris tombe souvent sur la pauvreté et la faiblesse au lieu de
s'attacher uniquement aux objets qui lui sont propres, au vice et à la
folie.
Adam Smith - Théorie des sentiments moraux - Partie I, section III
La distinction des rangs, ou des classes sociales, et l'ordre de la
société capitaliste d'État sont les moteurs d'une corruption des moeurs
que l'on constate constamment. Le corps social est gangrené par la
distinction aristocratique et hiérarchisante, par une destruction
systématique de la sympathie naturelle pour son prochain au profit d'un
mépris généralisé des hommes et d'une adoration généralisée du fétiche
de la marchandise.
C'est au politique, c'est-à-dire à l'action de tous les jours dans la
Cité, de promouvoir l'éducation intégrale des hommes, vers une sympathie
naturelle et une décence commune. Une décence qui déconstruit
l'idéologie mortifère du culte de la "réussite" sociale par l'argent et
promeut le refus de parvenir cher à Albert Thierry.
Quand nous disons politique, c'est à la Révolution que nous pensons,
n'en déplaise à ceux qui ne voient pas la violence sociale sous leur
nez, une Révolution silencieuse ou bruyante de velours ou de fer, mais
certainement "belle comme une rivière bleue".
https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1474
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center