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(fr) Alternative Libertaire #366 (UCL) - Morbihan: Contre le fascisme local, un antifascisme social
Date
Thu, 18 Dec 2025 17:24:20 +0000
S'il est évident que l'extrême droite confirme largement son
implantation, en France comme à l'international, cela s'exprime
différemment en fonction des zones géographiques et de leur histoire
sociale. En Bretagne, à l'époque qualifiée de «terre de mission» par le
Front national de Jean-Marie Le Pen, la naissance de groupuscules
fascistes fait écho à la montée récente du Rassemblement national (RN)
dans les urnes. À Lorient, le travail se construit pour y opposer un
antifascisme large et unitaire. ---- Toute distance gardée avec les
résultats électoraux dont nous connaissons les biais, avec
26circonscriptions sur 27 qui ont vu des candidats RN se qualifier au
second tour aux législatives de 2024, la Bretagne n'est plus épargnée
par le mouvement réactionnaire national. ---- Dans le Morbihan, deux
groupuscules d'extrême droite se sont implantés récemment, le premier,
An Tour-Tan, à Vannes et le second, nommé La Digue, à Lorient. Cela
représente une nouveauté inquiétante depuis la cessation des activités
d'Adsav, un parti de la mouvance nationaliste et indépendantiste
bretonne qui a arrêté ses activités officiellement vers 2016. Si An
Tour-Tan tente de se présenter comme une association «culturelle» qui
propose des cours de breton et des activités ludiques pour cacher sa
proximité idéologique avec l'extrême droite flamande, La Digue affiche
clairement la couleur en se revendiquant nationaliste et royaliste. Dans
les deux cas, ce sont comme partout les mêmes modes d'action qui se
mettent en place: propagande agressive, groupes de combat, action
directe à l'encontre des militant·es progressistes, des personnes
racisées ou LGBTI.
Ainsi, ces dernières années, les méfaits des groupuscules fascistes se
sont multipliés, allant d'attaques contre des syndicalistes à un
autodafé de livres LGBTI pendant le Mois des Fiertés publié dans une
vidéo reprenant sciemment les codes de l'Allemagne nazie, en passant par
de nombreuses intimidations. On a également pu voir des individus, dont
des militaires basés à Lorient, s'en prendre à des révolté·es suite à la
mort de Nahel, avec le soutien tacite des forces de l'ordre, dans un
contexte de permissivité de la violence répressive et des idées
réactionnaires. En novembre, la Digue a franchi un nouveau palier en
taguant largement la fac de Lorient avec, outres les messages
nauséabonds habituels, une attaque nominative et clairement transphobe à
l'encontre d'une militante, puis en agressant les personnes venues
recouvrir leur messages.
La volonté de s'organiser contre le fascisme est réelle mais se heurte
aux mêmes difficultés qu'ailleurs. S'il ne faut pas laisser la rue à
l'extrême droite, quelle que soit la forme de son expression, il est
également essentiel de continuer un travail de fond et non juste en
réaction, pour lutter contre la porosité de ses idées. Cela s'accompagne
d'un travail unitaire large, avec des organisations ne portant pas le
même projet politique.
Pour aller dans ce sens, l'UCL a contribué à impulser la création du
Collectif antifasciste du Morbihan (CAM) en 2022. Ce dernier a depuis
permis l'organisation de conférences, assuré une veille, mais surtout
renforcé la capacité à réagir ensemble aux attaques. En octobre, le
collectif a contribué à faire interdire une manifestation de la Digue,
mais a maintenu son propre appel à se rassembler qui a réuni un éventail
large, alliant organisations politiques électoralistes, groupes
antifascistes et associations citoyennistes. Ce travail de construction,
s'il est fastidieux et chronophage, apparaît essentiel car notre
antifascisme doit être social. Il ne peut pas se cantonner à un discours
et des pratiques uniquement radicales souvent inaudibles pour une large
majorité de la population, ou à l'inverse être attentiste à l'égard des
organisations dont la réponse principale se trouve dans les élections ou
l'action de l'appareil d'État.
UCL Lorient
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Morbihan-Contre-le-fascisme-local-un-antifascisme-social
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