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(fr) Courant Alternative #355 (OCL) - Les irresponsables - qui a porté Hitler au pouvoir?

Date Tue, 16 Dec 2025 17:36:26 +0000


C'est un livre écrit par Johann Chapoutot dont on propose ici une fiche de lecture. Cet historien, spécialiste de l'Allemagne de l'entre-deux-guerres et du régime nazi, propose un livre original qui prend le parti-pris des analogies entre le passé allemand des années 1930 et le présent politique français. C'est un choix rare et engagé car les historiens préfèrent souvent prendre leur recul et leurs précautions car dit-on «l'histoire ne se répète jamais à l'identique». Malgré les grandes différences qui sont rappelées entre nos deux périodes: violences de la première guerre mondiale, crise économique forte, conséquences du traité de Versailles, etc, Chapoutot liste des proximités étonnantes entre la fin de la République de Weimar et «notre» République. Enfin, ce livre est une leçon d'histoire, bonne à rappeler, sur l'accession au pouvoir d'Hitler qui est mal enseignée à l'école avec des raccourcis faits sur: Hitler gagne les élections, les nazis profitent du vote des chômeurs, etc. C'est faux! Les nazis ne seront jamais majoritaires avant la mise en place de leur dictature en 1933; ce sont les classes moyennes qui votent pour eux et ils sont mis au pouvoir par des conservateurs et des libéraux autoritaires prêts à tout pour défendre leurs intérêts de classe.

Un régime de plus en plus présidentiel avec le 49-3 de l'époque!

La république de Weimar - qui naît dans le contexte de la révolution allemande de 1918-1919 - est souvent dépeinte comme un régime parlementaire dont le Reichstag serait le totem avec aussi l'idée que ce régime fédéral n'est pas propice à l'exercice d'un pouvoir centralisateur et autoritaire tant les Länder ont leur autonomie. En réalité, la Constitution de Weimar porte les germes d'un pouvoir central fort qui peut contraindre avec notamment l'article 48.2 qui prévoit l'adoption de décret-lois en situation de crise. Notons que la Constitution de Weimar a été une grande source d'inspiration pour l'écriture de la Constitution française actuelle. Ce 49-3 de l'époque avait déjà été utilisé par Franck Ebert (SPD), premier président de la république allemande de 1919 à 1925, pour réprimer les poussées révolutionnaires spartakistes et conseillistes mais aussi les tentatives de putschs de Kapp (1920) ou des nazis (1923). Toutefois, l'ordre rétabli, la démocratie bourgeoise reprenait son cours. Cela va changer à partir de mars 1930. En plus des tensions politiques encore fortes, des réparations à payer du traité de Versailles, la crise boursière de 1929 vient frapper de plein fouet l'Allemagne qui est sous perfusion de capitaux états-uniens. Le gouvernement d'alliance entre les sociaux-démocrates (SPD), le centre (Zentrum) et des libéraux tombe sur une tentative de réforme de l'assurance chômage pour aider les sans-emplois qui sont déjà plus de 3 millions. Le vieux général Hindenburg (droite conservatrice), devenu président en 1925, désigne le centriste Bruning pour devenir chancelier en s'alliant avec la droite libérale (DVP/BVP) et aussi l'extrême droite du DNVP (parti populaire national allemand). Bruning se présente comme un technicien, qui veut se déconnecter de la politique et gouverner raisonnablement le pays, ce qui doit passer par une cure d'austérité. Le discours ne passe pas auprès du Reichstag, il y a censure et Hindenburg décide la dissolution de l'Assemblée. Les élections législatives de septembre 1930 voient la première grande percée du NSDAP avec 18,5 % des voix mais aussi un très bon score du KPD (parti communiste). Sans aucune majorité, Bruning est maintenu chancelier et il va gouverner jusqu'en mai 1932 en passant, quand il le faut, par l'article 48.2 en accord avec le cabinet présidentiel surnommé la «camarilla» qui réunit des militaires, des grands propriétaires terriens, des industriels, des banquiers. Autant dire que les intérêts de classe de ces groupes sont bien gardés tandis que l'austérité fait plonger des millions d'Allemands dans la misère. De son côté, le SPD joue la tolérance et ne censure pas le gouvernement au nom de la lutte antifasciste contre les nazis mais aussi pour couper l'herbe sous le pied du KPD.

Une union des droites siphonnée progressivement par les nazis

Avant l'élection législative de juillet 1930, le NSDAP est un parti à la marge. Mais en à peine deux ans il va réussir à s'imposer à l'extrême droite et à la droite. Cette union des droites de l'époque débute en 1929 avec une campagne commune sur un RIP (référendum d'initiative populaire) au sujet des accords Young - du nom de l'économiste américain qui souhaite étaler les réparations du traité de Versailles. A partir de 1930 et des premiers succès électoraux, les nazis commencent aussi à collaborer avec les autres forces de droite dans certains Länder conquis, cela forge des habitudes de travail. Avant l'été 1932, les nazis participent à 5 gouvernements régionaux et en dirigent même 2. Finalement, en 1931, le NSDAP, le DNVP et les autres forces de droite conservatrice forment le front Harzburg pour présenter un candidat commun à l'élection présidentielle de 1932. Après quelques luttes d'influence, Hitler sera leur candidat et il trouve un nouvel auditoire tout en élargissant son discours sur des thématiques plus consensuelles à droite comme la «communauté du peuple» qui fera florès par la suite avec un axe racial affirmé. A noter que le pangermanisme, le darwinisme social et le racisme/antisémitisme sont déjà des thèmes largement partagés à droite (et pas qu'en Allemagne). Tout juste les méthodes de ces «voyous de nazis» heurtent quelques sensibilités. Et encore, la force des SA, qui sont 400 000 dans tout le pays, suscite l'envie. Parmi les droitards qui vont aider les nazis à diffuser leurs idées, il y a Alfred Hugenberg que Chapoutot compare à une sorte de Bolloré. Mais Hugenberg est avant tout un politique avant d'être un homme d'affaires. Il fonde la ligue pangermaniste et le DNVP, un parti d'extrême droite. Côté argent, il est le président du directoire de Krupp mais va lancer tous ses capitaux dans les médias. Il rachète des titres, standardise les méthodes de travail et s'en sert pour diffuser sa logorrhée «volkisch» ultra-nationaliste. Au total, il contrôle plus de 1 600 journaux et il possède aussi l'UFA, la plus grande société de cinéma allemande. Mais tous ces efforts seront mal récompensés. Son parti DNVP ainsi que les autres petits partis de droite se font littéralement siphonner par le NSDAP (voir graphique). En 2 ans, ils perdent plus de 30 % des voix. Ces chiffres électoraux permettent de battre en brèche une idée reçue et malheureusement souvent enseignée: que les ouvriers et les chômeurs ont voté majoritairement pour les nazis. En réalité, ce sont surtout les classes moyennes (employés) et les petits propriétaires qui composent l'électorat nazi et qui se sentent menacées par la crise économique. Il y a aussi une forte teinte protestante dans le vote nazi.

Côté patronat, le NSDAP rassure tout le monde en étant fondamentalement antimarxiste, pour le respect de la propriété privée, l'économie de marché et la dérégulation sociale. Le discours national-socialiste n'est qu'un piège pour tenter d'attirer des ouvriers désoeuvrés. C'est en 1931-1932 qu'Hitler gagne en respectabilité aux yeux du grand capital. Le parti nazi se dote d'un cabinet «économie» dirigé par le docteur en économie Schacht qui propose un vrai bréviaire du libéralisme le plus autoritaire qui soit. Hitler et sa clique sont invités dans les clubs et les salons mondains. Le point d'orgue de cette tournée des patrons sera le discours d'Hitler devant le Club de l'Industrie de Düsseldorf en janvier 1932. L'entreprise est érigée en modèle d'organisation sociale (les nazis n'étaient pas du tout étatistes contrairement aux idées reçues), la démocratie est conchiée tandis que les perspectives de réarmement et de conquêtes coloniales vers l'Europe de l'est offrent des perspectives économiques juteuses. Chapoutot émet quelques réserves sur la lecture trop marxiste de l'accession au pouvoir d'Hitler. En effet, celui ci n'est pas encore fortement financé par le grand patronat, il y a une adhésion idéologique certaine mais l'adhésion totale arrivera après la prise de pouvoir, à partir de février 1933. Ce qui porte vraiment les nazis au pouvoir, c'est l'extrême centre ....

L'extrême-centre à la manoeuvre

Le terme a été inventé par l'historien Pierre Serna, spécialiste de la Révolution française pour parler de l'époque du Directoire (1794-1799) pendant laquelle la dynamique révolutionnaire est complètement anéantie grâce, entre autres, à l'aide du petit général Bonaparte. Plus largement, ce concept désigne un positionnement politique qui reposerait sur la raison, la technique, le gouvernement des meilleurs pour administrer un pays en faisant croire à une mise à distance du jeu politique, le fameux ni droite ni gauche. Or cet extrême-centre est prêt à tout pour parvenir à ses fins, en ne tenant plus compte de la démocratie ou en utilisant la force. Chapoutot reprend cette terminologie pour désigner la période 1931-1932 où le Zentrum et ses alliés de droite vont vouloir garder le pouvoir. Cela donne une chronologie complexe de l'année 1932 avec trois élections fédérales - une présidentielle remportée par Hindenburg et deux législatives - sans compter les élections régionales.

On l'a vu, Bruning applique un programme austéritaire assez classique fait de déflation et de rigueur budgétaire mais il finit par être poussé à la démission en mai 1932 car il voulait une réforme agraire en Prusse orientale pour redistribuer des terres aux plus pauvres. Hindenburg, grand propriétaire terrien s'étouffe et nomme à la place son protégé, von Papen! C'est alors le règne du cabinet des barons, surnom donné à un gouvernement composé de 6 nobles sur 8 ministres qui représentent chacun un pan des élites de l'époque: patrimoniale, industrielle, bancaire, militaire, aristocratique. La politique économique se veut beaucoup plus libérale avec la volonté de faire une politique de l'offre en subventionnant massivement les industriels et en baissant encore un peu plus le cout du travail. Mais cet extrême-centre se retrouve attaqué de part et d'autre par le bloc marxiste (KPD-SPD) et l'union des droites (NSDAP, DNVP) ce qui provoque sa censure au Reichstag à plus de 90 % des voix. Les barons et la camarilla, ne voulant pas abandonner le pouvoir, décident de rejouer la carte de la dissolution. C'est dans ce contexte, qu'en juillet 1932, le parti nazi remporte sa plus grande victoire avec 37,27 % des voix. Papen propose à Hitler le poste de vice-chancelier, il refuse. Papen est reconduit mais l'instabilité persiste, il y a une deuxième dissolution qui aboutit aux élections législatives de novembre 1932. C'est alors que le parti nazi perd plus de 4 points (voir graphique). Cela engendre une crise interne au parti avec une «aile gauche», incarnée par un certain Strasser qui se dit prêt à rentrer dans un gouvernement du centre tout en tempérant le maximalisme d'Hitler ou de Goebbels. Papen est mis sur la touche, et le militaire Schleicher tente une audacieuse «politique de la diagonale» en essayant de fracturer le camp nazi mais aussi en faisant du pied à l'aide droite du SPD. Cela échoue et Von Papen manoeuvre en secret avec les nazis pour reprendre le pouvoir en tant que vice-chancelier avec Hitler. Papen est persuadé qu'il pourra contrôler et juguler les nazis car il les achète à moindre prix du fait de la décrue électorale. On arrive au fameux 30 janvier 1933, Hitler devient co-chancelier avec seulement deux autres nazis (Goring et Frick) mais qui prennent les postes stratégiques de l'intérieur et de la police. En quelques mois, l'affaire va être pliée. Par la force, les nazis balayent toute opposition tandis qu'une bonne partie de l'extrême-centre est complaisante avec cette fin de démocratie.

Car l'extrême-centre n'est pas en reste en termes de répression et de violence, avant même le 30 janvier 1933. Sous Papen a lieu le coup de Prusse qui est un coup d'état à l'échelle du plus grand Land d'Allemagne (plus de la moitié du pays). En avril 1932, ont lieu des élections multiples pour les Länder et comme partout les nazis font une percée. Mais en Prusse, le bloc de gauche/centre résiste. Commence alors un déchaînement de violence politique avec des combats de rue entre communistes et nazis. Les SA - un temps suspendus sous Bruning puis réautorisés sous Papen - provoquent 2/3 des décès. De leurs côtés, Papen/Hindenburg décident par ordonnance de déposer les ministres du Land, le 20 juillet 1932. Les libertés individuelles et collectives sont suspendues jusqu'à nouvel ordre. Juillet 1932 reste un mois décisif dans le contrôle par la rue des nazis sur la population et surtout l'opposition.

Et la gauche dans tout ça?

Face à ces coups de boutoir de l'extrême droite et de l'extrême-centre, il est intéressant de voir comment réagit la gauche. Malheureusement, Chapoutot en parle très peu dans son ouvrage. Rappelons que le SPD et le KPD sont des «frères ennemis» depuis 1919 et la création du parti communiste. C'est Ebert et son ministre de l'intérieur Noske qui envoient les corps francs réprimer la révolte berlinoise/spartakiste en janvier 1919 et aussi dans les mois suivants. Officiellement, il y a eu 160 morts en janvier mais plus de 1 200 morts côté communiste en mars 1919. Il y aura aussi toute la répression des conseils ouvriers et des poussées révolutionnaires jusque 1923. Dernière répression en date pour l'époque, le SPD donne l'ordre de tirer sur la foule du 1er mai 1929 à Berlin (33 morts). Ainsi, le mouvement ouvrier de base est annihilé avant même la poussée nazie.

Le KPD de son côté n'est plus le parti fondé par Luxemburg et Liebknecht. C'est un parti stalinien qui adopte, comme les autres partis de la 3e internationale, la politique de classe contre classe à partir de 1928 et désigne le SPD comme les sociaux-traitres. Électoralement parlant, le bloc de gauche (KPD-SPD) se maintient face aux deux autres blocs et il redevient même majoritaire en novembre 1932 avec 37 % des voix cumulées. Mais il est déjà trop tard, droite et centre ont choisi d'éliminer «le bolchévisme culturel»: terme de l'époque à la mode pour désigner les pensées de gauche. A noter qu'en Prusse lors du coup de force de juillet 1932, le KPD propose une alliance avec le SPD, que celui-ci refuse. La suite, on la connaît, avec l'enfermement dans les premiers camps de concentration des militants ouvriers qui ont tenté de résister.
Des irresponsables vraiment? Et aujourd'hui?

Chapoutot n'utilise pas la forme interrogative dans son titre et compose son livre autour d'une galerie de portraits «d'irresponsables» tant politiques, économiques ou médiatiques. Une partie d'entre eux vont, en effet, se retrouver le bec dans l'eau après les six premiers mois de la prise de pouvoir d'Hitler où la dictature se met vraiment en place comme Hugenberg qui perd son empire médiatique, von Papen le pouvoir et Schleicher qui sera assassiné lors de la nuit des longs couteaux, en juin 1934. Mais une bonne partie de ces irresponsables vont très bien s'accommoder de cette situation et se fondre parfaitement dans l'appareil nazi. Ainsi, des ministres qui gouvernaient sous Papen seront reconduits jusqu'en 1945 tandis que le monde économique s'adapte très bien et voit même de nouvelles opportunités poindre avec le réarmement et la politique expansionniste vers l'Est. Finalement, le fascisme hitlérien a été un choix raisonné de la bourgeoisie - dans sa diversité mais aussi ses antagonismes - pour répondre à la crise du capitalisme. C'est le choix de «plutôt Hitler que le Front populaire». Par extension, le fascisme se présente toujours comme une solution privilégiée pour imposer une politique de classe et régler son compte au mouvement ouvrier. La démocratie bourgeoise n'est qu'un vernis qui peut s'enlever selon le contexte.

Concernant les analogies passé/présent faites par Chapoutot, elles sont opérantes en observant la vie politique française du moment. Comment ne pas voir des ressemblances frappante avec le paysage médiatique actuel, le feuilleton législatif qui n'en finit pas, la ou les (?) dissolutions, les décrets-lois, l'attitude de la gauche et les calculs machiavéliques de l'extrême-centre au pouvoir. Suivant cette pente, on pense logiquement apercevoir les ombres du fascisme. Il est clair que le «régime démocratique» se durcit mais, toute proportion gardée, nous ne sommes pas à la veille de la prise de pouvoir de «nazis». Il n'y a pas des milliers de miliciens dans la rue, on peut donc dépassionner l'imaginaire antifasciste actuel. La bataille ne se joue pas dans les rues mais dans le travail et la conflictualité de classe que le fascisme cherche historiquement à éteindre en utilisant le nationalisme, le racisme et le cas échéant, la violence. Des réflexions peuvent aussi être portées sur les «classes moyennes» en voie de déclassement qui constituent aujourd'hui le gros électorat d'un RN, par exemple. In fine, le livre de Chapoutot permet de rétablir des vérités historiques importantes, de mieux cerner les fossoyeurs de la démocratie, et de réhabiliter la classe ouvrière qui n'a pas porté Hitler au pouvoir. On peut lire avec intérêt les autres ouvrages de Chapoutot: «Le monde nazi» avec Ingrao et Pattin ou «la liberté d'obéir» qui rappelle les origines nazies du management.

Margat, OCL Lille, novembre 2025.

https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4579
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