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(fr) FdCA, Il Cantiere #39 [ITA] - Révisionnisme et négationnisme: l'instrumentalisation politique de l'histoire - Roberto Manfredini (it)[Traduction automatique]
Date
Mon, 1 Dec 2025 18:37:20 +0000
Un aspect de la nouvelle historiographie de la fin du XXe siècle
consistait à donner la parole aux vaincus, aux exclus et aux
marginalisés. La transition d'une société rurale à une société
industrielle a eu des répercussions qui se font encore sentir
aujourd'hui, notamment sur les rapports de force, les systèmes de
production, l'organisation rurale, l'accès aux ressources
environnementales et le rôle de l'État dans les processus de
modernisation. La disparition des points de repère et des témoignages de
la mémoire historique, tels que l'Holocauste, la persistance d'un risque
de retour à la barbarie, aggravée par l'abandon des idéaux par les
partis politiques et l'effritement de la solidarité sociale lors de la
crise européenne, ouvrent la voie aux falsifications de l'histoire et
aux idées de haine et de discrimination.
Le négationnisme est un exemple d'instrumentalisation politique de
l'histoire. Les réactions à ces falsifications ont été diverses.
En France, des auteurs tels qu'Alain Bihr, Guido Goldiron, Emmanuel
Chavaneau, Didier Daeninikx, Georges Fontenis, Valérie Igounet, Thierry
Maricourt, Roger Martin, Pierine Pivas, Christian Terras et Philippe
Videlier se sont penchés sur la question: comment peut-on nier
l'Holocauste un demi-siècle après?
Ils ont analysé non seulement les courants politiques qui propagent le
négationnisme, mais aussi les franges de la gauche qui reprennent ces
thèmes, aux côtés de figures issues du judaïsme ou de l'antifascisme.
Les «assassins de la mémoire», selon l'expression de Pierre
Vidal-Naquet, gagnent en influence pour nier l'existence des camps
d'extermination ou en minimiser l'ampleur. Ces groupes, qu'ils soient
blancs, bruns ou même rouges, ne sont pas seulement unis par
l'antisémitisme, mais tissent également un réseau environnemental,
idéologique et polémique. Des figures notoires du négationnisme, au nom
de la liberté d'expression absolue, ont fait leur apparition en France,
à commencer par Robert Faurisson et Pierre Giullaume, puis l'abbé
Pierre, Roger Garaudy et Pierre-André Taguieff.
Le révisionnisme historique, en tant que phénomène général, a également
été analysé lors de conférences données à la librairie Calusca City
Lights de Milan par des historiens tels que Sergio Bologna, Pier Paolo
Poggio, Claudio Costantini, Cesare Bermani, Mimmo Franzinelli, Brunello
Mantelli, Luigi Ganapini, Gianpasquale Santomassimo, Luciano Guerci,
Francesco Germinario, Karl Heinz Roth et Carlo Tombola.
Selon ces historiens, les objectifs du révisionnisme historique au XXe
siècle étaient la question communiste et la réinterprétation de la
Révolution française de 1789. Si, au début du siècle, il s'agissait de
reconnaître l'hégémonie du libéralisme et de condamner la résistance à
la modernisation capitaliste présente en Italie après le Risorgimento,
après la Seconde Guerre mondiale, le révisionnisme historique visait à
dissoudre les classes et à affirmer une société de consommation, à
intégrer les masses, à prendre ses distances avec les idéologies et à
mettre fin à l'histoire dans le postmodernisme. Il s'agissait de recréer
une fracture au sein du monde occidental dans les élaborations issues de
l'alliance antifasciste, en excluant le communisme et l'historiographie
en tant que science humaine. Par l'instrumentalisation politique de
l'histoire, on cherche une voie réactionnaire à travers la privatisation
et le retour au récit exclusif des classes dirigeantes. En Italie, en
France et en Allemagne notamment, l'historiographie du fascisme et du
nazisme a été révisée, aboutissant souvent à leur réhabilitation, ce qui
a engendré des répercussions politiques. La nécessité de revitaliser les
identités nationales des États passe souvent par une tentative d'effacer
toute «culpabilité». Dans l'analyse des relations entre la bourgeoisie
et la lutte des classes, la spoliation de la souveraineté des
populations soumises au colonialisme est occultée; on cherche plutôt à
contrôler les dynamiques géopolitiques issues des processus
anti-impérialistes.
Dans l'historiographie allemande, les thèses révisionnistes tendent à
présenter l'extermination des Juifs comme une forme de riposte aux
massacres perpétrés en Union soviétique par le régime stalinien. Le
révisionnisme, apparu dans les années 1980, a remis au gout du jour la
notion de consensus de masse obtenu par les régimes pour contester le
processus d'extermination nazi. Il s'attache à la fois à souligner le
caractère unique et irrépétable d'Auschwitz et à le situer dans un passé
de plus en plus lointain, une époque qui semble chaque jour plus
éloignée et différente du présent, et qui restera, en définitive,
irremplaçable dans l'histoire de l'humanité.
Certains historiens et écrivains ont tenté d'analyser la condition
humaine au-delà de cette période cruelle de l'histoire, marquée par la
guerre. Simone Weil, Stig Dagerman, Camus, Sartre et Daniel Guérin ont
également proposé un existentialisme conscient de la finitude, mais
attentif à la critique sociale et à l'injustice. Ils percevaient le
capitalisme comme une compétition exacerbée engendrant insécurité et
angoisse chez l'individu. Cette pensée s'intéressait à la moralité de la
vie, à la confrontation entre le bien et le mal, et au recours à
l'écriture pour structurer un monde fragmenté. Les liens avec les thèmes
historiques libertaires ou syndicalistes ont conduit à une critique de
la société de masse et à la reconnaissance de l'échec d'autres
possibilités politiques, de l'angoisse «démocratique» ou de la
canonisation de l'abstrait dans les expériences contrôlées par l'État.
BIBLIOGRAPHIE:
A.A.V.V., Les Négationnistes: Les Chiffoniers de l'histoire, Éditions
Golias et Syllepse, Paris, 1997; Jean-Paul Sartre, L'Antisémitisme:
Réflexions sur la question juive, Mondadori, Milan, 1990;
Auteurs divers, Conférences sur le révisionnisme historique, Cox 18
Livres, Calusca City Lights, Milan, 1999.
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