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(fr) Monde Libertaire - GPA: Elles brisent le silence!
Date
Fri, 31 Oct 2025 16:54:49 +0000
Quatre femmes, qui ont donné un enfant pour autrui, ont pris la parole
devant une assemblée nombreuse et attentive au Sénat, le samedi 4
octobre 2025. Trois organisations proposaient ainsi une conférence sur
l'envers du décor de la location de ventres: Coalition internationale
pour l'abolition de la maternité de substitution (CIAMS), le Conseil
national des femmes françaises (CNFF) et Stop Surrogacy Now UK. Elles
ont témoigné des souffrances subies et qu'elles subissent encore. A
leurs côtés, deux avocates et un avocat ont expliqué l'injustice faite à
ces femmes. ---- Elles étaient quatre, mais combien de femmes se
retrouvent dans un parcours dit de «générosité» pour donner un enfant à
des couples homo ou hétérosexuels ou à des personnes seules. La
propagande médiatique cache la réalité sordide de ce système
d'exploitation des femmes et de marchandisation des enfants au profit
d'un marché en pleine expansion. En 2025, la gestation pour autrui (GPA)
- ou maternité de substitution - connaît un essor sans précédent à
l'échelle mondiale: près de 770 000 naissances sont directement issues
de techniques associées à la GPA ou au don d'ovocytes.
«De l'exploitation et de la violence»
Reem Alsalem, rapporteuse spéciale de l'ONU sur les violences contre les
femmes et les filles dans le contexte de la gestation pour autrui,
conclut son rapport de juillet 2025 en page 24 par: «La pratique de la
gestation pour autrui se caractérise par de l'exploitation et de la
violence à l'égard des femmes et des enfants, y compris les filles. Elle
renforce les normes patriarcales en traitant le corps des femmes comme
une marchandise et un objet, et en exposant les mères porteuses et les
enfants à de graves violations des droits humains».
Pour une fois, ce n'était pas les clients commanditaires qui étaient sur
le devant de la scène mais des femmes habituellement invisibilisées,
reléguées au silence et à la chosification, réduites à leur ventre, qui
ont partagé leurs souffrances et leur maternité confisquée.
Ainsi, Alejandra (1), argentine, mère deux filles, accepte de devenir la
mère du fils d'un ami, heureuse d'aider au projet parental. Finalement,
elle ne reçoit que des mensonges, elle se retrouve exclue du projet à la
naissance du bébé, son passeport confisqué, forcée à se rendre en
Espagne: la rencontre avec des avocats l'aide au rapatriement en France,
à obtenir papiers, logement, travail et l'accompagne à l'action en
justice pour récupérer la garde de son fils.
Pour Christian aux USA, «j'étais motivée par le désir d'aider les
autres, et j'ai découvert plus tard que je souffrais d'une empathie
toxique. J'espérais également gagner de l'argent pour payer les frais
juridiques, car mon mari était en conflit pour la garde de ses enfants,
et la compensation issue de la maternité de substitution devait aider à
financer ces frais». Grugée par un contrat signé avec une agence réputée
de Californie, elle se rend compte que les clients futurs parents
avaient été engagés pour servir d'intermédiaire. C'est un homme au
Royaume-Uni, père biologique, qui s'occupe actuellement du bébé. Pendant
la grossesse, Christian ressentait un lien très fort et un sentiment de
protection vis-à-vis de l'enfant à naître. Le procès a duré quatre ans
pour organiser la garde du bébé au Royaume-Uni. Le seul droit obtenu: le
Tribunal a décidé la réception de photos et de brèves nouvelles de
l'enfant deux fois par an. Sa famille a été très affectée tant durant la
grossesse que pendant le procès. Elle regrette: l'enfant ne porte pas
son ADN, le secret de sa naissance mourra avec elle, son enfant
saura-t-il qu'elle le voulait vraiment?
Mère porteuse pour sa cousine
Quant à Marie Anne, femme britannique, elle a accepté d'être mère
porteuse pour sa cousine, qui était comme une soeur pour elle. Elles
s'engagent toutes les deux avec pour Marie Anne la certitude de rester
en contact avec l'enfant. Il s'est avéré que cette solution gratuite
était bien sur moins onéreuse que de faire appel à une mère porteuse à
l'étranger. Du fait d'un recours à une FIV, la surmédicalisation
imposait une procédure difficile pour la façon d'accoucher et pour ce
qu'elle devait manger, et ce sans aucun soutien. Lors de l'accouchement,
l'hôpital la considéra comme la mère: malgré l'insistance de sa cousine,
elle refusa la césarienne, la sage-femme approuva sur un plan médical ce
choix. L'hôpital interdit à la cousine de sortir avec le bébé et c'est
Marie Anne qui sortit avec. Puis l'étrange échange se fit sur le parking
en dehors de toute responsabilité de l'hôpital. Et ensuite, on fit
pression sur elle pour qu'elle signe des documents déclarant qu'elle est
la mère: «Imaginez devoir entraîner votre corps et votre esprit pendant
neuf mois à croire que vous n'êtes pas la mère de l'enfant que vous
mettez au monde». Marie Anne n'a reçu aucun paiement. Les parents
commanditaires ont intenté un procès pour obtenir une ordonnance
parentale, c'est-à-dire pour transférer légalement la responsabilité
parentale de la mère porteuse aux parents commanditaires et mettre fin à
ses droits. Elle a refusé mais la cousine a fait pression durant les
deux années de procès et finalement Marie Anne a signé l'ordonnance
parentale. Sa fille a onze ans, elle ne l'a jamais revue depuis la
naissance. «En essayant d'aider une autre famille, ils ont détruit la
mienne.» Marie Anne a développé un syndrome de stress post-traumatique,
elle a une peur profonde des hôpitaux, des enfants et des bébés, ce qui
est incompatible avec sa carrière dans l'enseignement.
Pour Julie, française, c'est en Espagne qu'elle accoucha pour donner son
enfant à un couple d'homosexuels. En Espagne, car en France, la GPA
n'est pas autorisée. Elle aussi est privée de voir l'enfant comme
annoncé. Elle est même suspectée d'être une mauvaise personne, sans
capacité parentale, puisqu'elle a accepté d'être mère porteuse. L'enfant
a été confié in fine à l'homme qui n'a aucun lien avec l'enfant, son
conjoint étant décédé. Pour cet homme, il n'est pas envisagé de le
suspecter d'avoir eu recours à une mère porteuse. La seule personne qui
reste avec un lien de filiation c'est Julie mais les services sociaux ne
l'entendent pas ainsi.
Eprouvant pour chacune des femmes
Lors des témoignages, ce fut éprouvant pour chacune des femmes. «On
pouvait lire la souffrance sur le visage des quatre femmes lorsqu'elles
ont livré leur témoignage. Elles avaient peine à retenir leurs larmes,
tant l'émotion demeurait vive. Comme participantes, nous pouvions
ressentir la profondeur de ce qu'elles avaient vécu, tant leurs
témoignages étaient authentiques» (2).
Au cours de cette rencontre, des questions essentielles ont été abordées
telles que les motivations et contextes qui ont conduit ces femmes à la
GPA, les impacts sur leur santé physique et mentale, et sur leur vie
personnelle, leur analyse du système d'exploitation qu'implique la
maternité de substitution, les dysfonctionnements de la justice et la
lutte pour garder un lien avec leurs enfants. Il en ressort que toute
femme ayant été mère porteuse est disqualifiée vis-à-vis de sa
revendication de garder un lien avec l'enfant qu'elle a mis au monde:
soit parce qu'elle a touché de l'argent, elle est vénale, soit si elle
n'a reçu aucun paiement, c'est qu'elle n'a aucune compétence parentale.
Ceux qui ont la compétence parentale, c'est ceux qui ont de l'argent,
les riches qui choisissent sur catalogue la couleur des yeux, des
cheveux, de la peau, ceux qui jettent comme un kleenex celle qui les a
aidés à acheter un enfant par la location d'un ventre pendant neuf mois.
Les avocats présents, Constance Ambroselli, Hector Castro Montesinos et
Adeline Le Gouvello ont témoigné comment il et elles accompagnent des
mères porteuses pour qu'elles soient reconnues dans leurs souffrances et
dans leur maternité. La juridiction privilégie les capacités financières
des parents «d'intention» et non l'intérêt de l'enfant et le droit de la
mère.
La gestation pour autrui, au-delà de la tromperie sémantique qui la
qualifie «d'altruiste» ou d'une rhétorique qui la déguise en «liberté
reproductive», est le nouveau visage de la traite de personnes.
Hélène Hernandez
Groupe Pierre Besnard
1. Selon le dossier de presse distribué à la conférence, pour les trois
premières femmes.
2. Selon Infolettre PDF en bref, Vol. 2025-2026, n° 2, Octobre 2025.
Ouvrage collectif de la CIAMS, Ventres à louer, une critique féministe
de la GPA, éditions L'Échappée, 2022
https://monde-libertaire.net/?articlen=8651
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