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(fr) Courant Alternative #353 (OCL) - Les inégalités entre hommes et femmes dans la santé au travail

Date Sun, 26 Oct 2025 10:19:00 -0400


En France, en 2020, la part des femmes dans la population active a augmenté et est passée à 50 %. Mais alors que leurs emplois diffèrent largement de ceux des hommes en ce qui concerne le secteur d'activité, la profession ou le statut, la santé au travail demeure souvent envisagée sous le seul prisme masculin. Si hommes et femmes sont confrontés à la dégradation de leurs conditions de travail et à l'augmentation des expositions aux substances toxiques, des risques encourus spécifiquement par les femmes au travail ne sont pas pris en compte, et les maladies professionnelles qui en découlent ne sont pas reconnues. ---- L'organisation de la surveillance des accidents de travail et de la prévention des risques professionnels a été largement détricotée ces dernières années: plus d'accès aux soins préventifs, abandon de la médecine du travail au patronat, disparition du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail). De plus, les rares données sexuées (provenant par exemple de la Caisse nationale de l'assurance maladie) ne sont pas exploitées, et les secteurs dans lesquels la main-d'oeuvre féminine est plus importante, ou dans lesquels les emplois sont occupés par des femmes, font peu l'objet de recherches et d'études spécifiques de la santé des femmes au travail [1] .

Les femmes travaillent très souvent dans les services - médico-social, action sociale, santé, hébergement, enseignement, nettoyage. Les métiers qu'elles exercent sont traditionnellement considérés comme peu pénibles, sans danger et sans grandes conséquences sur leur santé. Nettoyer les toilettes d'un train, ou des chambres d'hôtel, quelques heures par jour, ça ne compte pas! Nombre de femmes sont ainsi oubliées du monde du travail, rendues invisibles! Leur temps de travail est souvent partiel, avec des horaires atypiques. Et pourtant, étant plus nombreuses que les hommes à travailler la nuit, elles sont davantage exposées à des cancers et à divers effets néfastes sur la santé: troubles du sommeil, baisse des performances cognitives, obésité, maladies cardiaques, difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale. Enfin le revenu salarial des femmes est globalement inférieur à celui des hommes - de 22 % en 2019.

Plus d'accidents de travail
pour les femmes que pour les hommes dans certains secteurs

On observe une hausse des accidents du travail chez les salariées dans tous les secteurs, en premier lieu dans la santé, l'action sociale et le nettoyage. Dans les secteurs à prédominance féminine, il y a une diminution des accidents de travail chez les hommes (- 13 %) et une augmentation chez les femmes (+ 110 %). La gravité des accidents chez les femmes entraîne des périodes d'arrêt de travail en moyenne plus longues que chez les hommes. Il y a plus de troubles musculo-squelettiques chez elles que chez les hommes (+ 88 %), particulièrement dans les services de nettoyage, mais aussi dans l'industrie alimentaire et agricole. Souvent, les postes et l'espace de travail sont pensés par des hommes et pour un homme de taille moyenne, ce qui les rend inadaptés à la morphologie féminine. De même, les équipements de protection individuels (tels que gants ou protections respiratoires) sont surdimensionnés pour les femmes, ce qui augmente pour elles le risque de douleurs, de troubles musculo-squelettiques et d'accident de travail [2].

Les maladies professionnelles
plus reconnues pour les hommes que pour les femmes

Quand une maladie professionnelle est «reconnue» pour les femmes, elle ne rentre pas dans le «tableau officiel des maladies professionnelles», car celui-ci a été établi à partir de secteurs tels que la chimie ou le BTP, et non des secteurs du soin ou du nettoyage. Il n'existe pas de tableau de maladies professionnelles pour la souffrance psychique liée au travail. En 2023, les maladies le plus fréquemment signalées étaient pourtant la dépression, l'anxiété, le syndrome d'épuisement professionnel, les troubles du sommeil. De même, les violences sexistes et sexuelles subies dans les milieux du travail sont plus fréquentes, qu'elles soient de nature verbale ou psychologique.

Les femmes peuvent être exposées à des substances cancérogènes dans leur travail. On en relève sept dans les produits de nettoyage (comme les désinfectants de surface à la silice ou les brouillards d'acides forts), et les brosses de nettoyage soulèvent des poussières dans les locaux renfermant de l'amiante. Ces substances provoquent fréquemment des cancers du sang, non répertoriés comme maladies professionnelles.

Par ailleurs, le plan national de surveillance des cancers du poumon qui a pris en compte l'exposition à l'amiante en 2016 a exclu les femmes, alors que ce type de cancer a augmenté de 50 % chez elles. En effet, les modes de contamination étant pour elles surtout extraprofessionnels (notamment domestiques, avec le lavage des vêtements de travail d'un conjoint exposé à l'amiante) ou environnementaux, les cancers qui peuvent en découler ne sont pas reconnus comme maladies professionnelles. Il en va de même avec les pesticides: les agriculteurs qui en utilisent pour traiter les vignes peuvent avoir des cancers «reconnus», c'est-à-dire qu'ils peuvent avoir droit à une indemnisation, mais ce dispositif ne s'applique pas à leurs conjointes, indirectement exposées à ces pesticides.

Plusieurs études ont mis en relief, pour les travailleuses, un risque plus élevé de cancer du sein dans les secteurs tels que la fabrication électrique, l'industrie du caoutchouc et des matières plastiques, l'agriculture, l'agroalimentaire et les produits cosmétiques. Ce risque est, d'après ces études, aussi accru par le travail de nuit (entre minuit et 5 heures du matin). En 2023, pour la première fois en France, une infirmière a obtenu que son cancer du sein soit reconnu comme maladie professionnelle en lien avec 28 ans de travail de nuit.

Enfin, la prise en compte de la santé sexuelle et reproductrice des femmes (comme «le congé menstruel») reste fortement à améliorer. La grossesse est encore source de discrimination - propos désobligeants, attitude hostile de la part de la hiérarchie qui débouche sur le refus d'une embauche voire un licenciement sous de faux prétextes.

Différencier n'est pas discriminer

Prendre en compte les différences existantes entre les femmes et les hommes dans la santé au travail devrait permettre de faire progresser la prévention pour toutes et tous [3]. Cela ne va, semble-t-il, pas de soi. Depuis 2014, le Code du travail prévoit d'adopter une approche genrée de la santé au travail, mais cette démarche est perçue par des femmes comme discriminante, source d'inégalité et de stigmatisation. Ne serait-ce plutôt le travail et ses conditions de réalisation qu'il faudrait questionner... et contester?

Maryse V

Notes
[1] «Femmes et hommes, l'égalité en question», Insee Références, édition 2022 ou Cohen L. et coll., «Rapport d'information fait au nom de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes sur la santé des femmes au travail», Sénat, n° 780, 27 juin 2023
[2] «Femmes et hommes, l'égalité en question», Insee Références, édition 2022
[3] «Travail: la santé des femmes à la peine», Revue Prescrire n° 496, février 2025

https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4536
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