|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 30 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Francais_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkurkish_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours
Links to indexes of first few lines of all posts
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Courant Alternative #353 (OCL) - Les inégalités entre hommes et femmes dans la santé au travail
Date
Sun, 26 Oct 2025 10:19:00 -0400
En France, en 2020, la part des femmes dans la population active a
augmenté et est passée à 50 %. Mais alors que leurs emplois diffèrent
largement de ceux des hommes en ce qui concerne le secteur d'activité,
la profession ou le statut, la santé au travail demeure souvent
envisagée sous le seul prisme masculin. Si hommes et femmes sont
confrontés à la dégradation de leurs conditions de travail et à
l'augmentation des expositions aux substances toxiques, des risques
encourus spécifiquement par les femmes au travail ne sont pas pris en
compte, et les maladies professionnelles qui en découlent ne sont pas
reconnues. ---- L'organisation de la surveillance des accidents de
travail et de la prévention des risques professionnels a été largement
détricotée ces dernières années: plus d'accès aux soins préventifs,
abandon de la médecine du travail au patronat, disparition du CHSCT
(comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail). De plus,
les rares données sexuées (provenant par exemple de la Caisse nationale
de l'assurance maladie) ne sont pas exploitées, et les secteurs dans
lesquels la main-d'oeuvre féminine est plus importante, ou dans lesquels
les emplois sont occupés par des femmes, font peu l'objet de recherches
et d'études spécifiques de la santé des femmes au travail [1] .
Les femmes travaillent très souvent dans les services - médico-social,
action sociale, santé, hébergement, enseignement, nettoyage. Les métiers
qu'elles exercent sont traditionnellement considérés comme peu pénibles,
sans danger et sans grandes conséquences sur leur santé. Nettoyer les
toilettes d'un train, ou des chambres d'hôtel, quelques heures par jour,
ça ne compte pas! Nombre de femmes sont ainsi oubliées du monde du
travail, rendues invisibles! Leur temps de travail est souvent partiel,
avec des horaires atypiques. Et pourtant, étant plus nombreuses que les
hommes à travailler la nuit, elles sont davantage exposées à des cancers
et à divers effets néfastes sur la santé: troubles du sommeil, baisse
des performances cognitives, obésité, maladies cardiaques, difficultés à
concilier vie professionnelle et vie familiale. Enfin le revenu salarial
des femmes est globalement inférieur à celui des hommes - de 22 % en 2019.
Plus d'accidents de travail
pour les femmes que pour les hommes dans certains secteurs
On observe une hausse des accidents du travail chez les salariées dans
tous les secteurs, en premier lieu dans la santé, l'action sociale et le
nettoyage. Dans les secteurs à prédominance féminine, il y a une
diminution des accidents de travail chez les hommes (- 13 %) et une
augmentation chez les femmes (+ 110 %). La gravité des accidents chez
les femmes entraîne des périodes d'arrêt de travail en moyenne plus
longues que chez les hommes. Il y a plus de troubles
musculo-squelettiques chez elles que chez les hommes (+ 88 %),
particulièrement dans les services de nettoyage, mais aussi dans
l'industrie alimentaire et agricole. Souvent, les postes et l'espace de
travail sont pensés par des hommes et pour un homme de taille moyenne,
ce qui les rend inadaptés à la morphologie féminine. De même, les
équipements de protection individuels (tels que gants ou protections
respiratoires) sont surdimensionnés pour les femmes, ce qui augmente
pour elles le risque de douleurs, de troubles musculo-squelettiques et
d'accident de travail [2].
Les maladies professionnelles
plus reconnues pour les hommes que pour les femmes
Quand une maladie professionnelle est «reconnue» pour les femmes, elle
ne rentre pas dans le «tableau officiel des maladies professionnelles»,
car celui-ci a été établi à partir de secteurs tels que la chimie ou le
BTP, et non des secteurs du soin ou du nettoyage. Il n'existe pas de
tableau de maladies professionnelles pour la souffrance psychique liée
au travail. En 2023, les maladies le plus fréquemment signalées étaient
pourtant la dépression, l'anxiété, le syndrome d'épuisement
professionnel, les troubles du sommeil. De même, les violences sexistes
et sexuelles subies dans les milieux du travail sont plus fréquentes,
qu'elles soient de nature verbale ou psychologique.
Les femmes peuvent être exposées à des substances cancérogènes dans leur
travail. On en relève sept dans les produits de nettoyage (comme les
désinfectants de surface à la silice ou les brouillards d'acides forts),
et les brosses de nettoyage soulèvent des poussières dans les locaux
renfermant de l'amiante. Ces substances provoquent fréquemment des
cancers du sang, non répertoriés comme maladies professionnelles.
Par ailleurs, le plan national de surveillance des cancers du poumon qui
a pris en compte l'exposition à l'amiante en 2016 a exclu les femmes,
alors que ce type de cancer a augmenté de 50 % chez elles. En effet, les
modes de contamination étant pour elles surtout extraprofessionnels
(notamment domestiques, avec le lavage des vêtements de travail d'un
conjoint exposé à l'amiante) ou environnementaux, les cancers qui
peuvent en découler ne sont pas reconnus comme maladies
professionnelles. Il en va de même avec les pesticides: les agriculteurs
qui en utilisent pour traiter les vignes peuvent avoir des cancers
«reconnus», c'est-à-dire qu'ils peuvent avoir droit à une indemnisation,
mais ce dispositif ne s'applique pas à leurs conjointes, indirectement
exposées à ces pesticides.
Plusieurs études ont mis en relief, pour les travailleuses, un risque
plus élevé de cancer du sein dans les secteurs tels que la fabrication
électrique, l'industrie du caoutchouc et des matières plastiques,
l'agriculture, l'agroalimentaire et les produits cosmétiques. Ce risque
est, d'après ces études, aussi accru par le travail de nuit (entre
minuit et 5 heures du matin). En 2023, pour la première fois en France,
une infirmière a obtenu que son cancer du sein soit reconnu comme
maladie professionnelle en lien avec 28 ans de travail de nuit.
Enfin, la prise en compte de la santé sexuelle et reproductrice des
femmes (comme «le congé menstruel») reste fortement à améliorer. La
grossesse est encore source de discrimination - propos désobligeants,
attitude hostile de la part de la hiérarchie qui débouche sur le refus
d'une embauche voire un licenciement sous de faux prétextes.
Différencier n'est pas discriminer
Prendre en compte les différences existantes entre les femmes et les
hommes dans la santé au travail devrait permettre de faire progresser la
prévention pour toutes et tous [3]. Cela ne va, semble-t-il, pas de soi.
Depuis 2014, le Code du travail prévoit d'adopter une approche genrée de
la santé au travail, mais cette démarche est perçue par des femmes comme
discriminante, source d'inégalité et de stigmatisation. Ne serait-ce
plutôt le travail et ses conditions de réalisation qu'il faudrait
questionner... et contester?
Maryse V
Notes
[1] «Femmes et hommes, l'égalité en question», Insee Références, édition
2022 ou Cohen L. et coll., «Rapport d'information fait au nom de la
délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les
hommes et les femmes sur la santé des femmes au travail», Sénat, n° 780,
27 juin 2023
[2] «Femmes et hommes, l'égalité en question», Insee Références, édition
2022
[3] «Travail: la santé des femmes à la peine», Revue Prescrire n° 496,
février 2025
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4536
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center