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(fr) Union Communiste Libertaire (UCL) - Création et évolution d'une coordination mondiale
Date
Wed, 3 Sep 2025 21:32:43 +0100
En mai 2025, anarkismo.net a fêté ses vingt ans en tant que plateforme
mondiale pour l'anarchisme organisé. L'occasion de revenir sur
l'histoire de cet outil de coordination en Europe et dans le monde. Cet
article est tiré d'un texte publié à l'origine sur le site
anarkismo.net. ---- À l'origine, il s'agissait d'un projet de revue
internationale du mouvement communiste libertaire ou anarcho-communiste.
Dans cette optique, l'initiative a évolué pour devenir un site web
multilingue lancé le 1er mai 2005. L'histoire d'anarkismo.net reflète la
trajectoire du mouvement dans son ensemble. ---- Aujourd'hui, avec plus
de 15 000 articles en 10 langues, anarkismo.net reste une archive
vivante et un espace pour ceux qui construisent le pouvoir populaire à
partir de la base. Comme l'écrivait Nestor McNab en 2005: «Nous ne
sommes pas une organisation internationale, mais un outil permettant aux
luttes de respirer et de se rencontrer.»
Syndicalisme alternatif et premier contact
Le premier «fil noir» de toute notre histoire. Dans les années 1990,
plusieurs organisations anarcho-communistes existaient: Organisation
Socialiste Libertaire (OSL, Suisse), OSL Argentine, Alternative
Libertaire (France),[1] Federazione dei Comunisti Anarchistici (FdCA,
Italie), [2] la Federación Anarquista Uruguaya (FAU),[3] entre autres.
Elles fonctionnaient depuis la décennie précédente et entretenaient des
contacts entre elles.
Parmi cette série d'organisations, il convient de souligner
l'anarcho-communisme français, apparu dans les années 1950. À cette
époque, il comprenait la Fédération communiste libertaire et d'éminents
théoriciens tels que Georges Fontenis et, plus tard, Daniel Guérin,
ainsi que des organisations telles que le Mouvement communiste
libertaire, l'Organisation révolutionnaire anarchiste et l'Organisation
communiste libertaire (OCL). Les organisations et les revues de ce
mouvement ont vu le jour au fil du temps, atteignant dans les années
1990 un grand prestige au sein du mouvement anarchiste européen. De
même, on peut citer l'anarcho-communisme suisse et italien, qui a évolué
en parallèle, mais sans la même force que son homologue français.
En Amérique latine, la FAU uruguayenne était l'organisation la plus
importante en raison de son parcours révolutionnaire et de sa résistance
à la dictature. Il s'agit là encore d'une organisation née dans les
années 1950, qui a pris une grande importance dans les années 1960 et
1970. Après avoir été balayée par la répression pendant quelques années,
elle a réussi à se réorganiser au milieu des années 1980. De plus, grâce
à son travail politique, elle a influencé d'autres groupes
latino-américains, comme nous le verrons plus tard.
Pour en revenir à l'histoire principale, au début des années 1990, les
organisations européennes comptaient également des militants dans le
«syndicalisme alternatif», certains occupant des postes
organisationnels. Certains militants ont donc eu l'occasion de se
rencontrer personnellement lors de réunions syndicales alternatives.
L'un de ces militants en Espagne était José María Olaizola. Tout au long
des années 1990, il a occupé le poste de secrétaire aux relations
internationales de la CGT-E et, entre 1993 et 2001, celui de secrétaire
général. À cette époque, l'objectif de la CGT était de construire une
internationale. Selon ses propres termes: [4]
«Cette intervention avait pour but de créer à la fois une internationale
anarcho-syndicaliste et alternative et une internationale libertaire et
anarchiste, et que les deux forment un mouvement libertaire
international. Dans cette optique, la CGT a lancé et participé à de
nombreuses initiatives. Il y a eu beaucoup de déplacements, beaucoup de
contacts personnels.»
Dans certaines organisations, il est nécessaire de faire la distinction
entre les composantes politiques et sociales ou syndicales (souvent
appelées «fronts»). Dans le cas du syndicalisme, certains militants ont
agi par le biais de fronts sociaux ou syndicaux et, comme ils étaient
des militants convaincus, ils ont souvent obtenu des postes
organisationnels dans les syndicats auxquels ils participaient.
La première réunion sur le syndicalisme alternatif a été organisée à
Barcelone par la CGT-E en novembre 1991. À partir de ce moment, des
contacts se sont développés avec le syndicat français SUD-Solidaires[5],
Unicobas Italie[6], le SAC suédois[7] et d'autres syndicats de base,
tous assez petits.
«Nous avons organisé la première réunion du syndicalisme alternatif à
Barcelone les 29, 30 novembre et 1er décembre 1991, avec les syndicats
français SUD, à laquelle ont participé des militants de l'AL, tels que
Patrice Spadoni, un militant plateformiste bien connu avec lequel nous
avions une relation continue, puis Laurent Esquerre de l'AL également.
Je connaissais les anarchistes français grâce à mon exil à Paris.
Étaient également présents la CGT des Correcteurs, un syndicat français
très puissant dirigé par des anarchistes de différentes branches, dont
Jacky Toublet était un membre militant très en vue de la FA; le CRT de
Suisse [8], où Arístides Pedraza de l'OSL suisse était présent; des
syndicats italiens et basques, un anglais et un russe, tous deux très
petits; et le SAC suédois, qui était toujours réticent à laisser
quiconque créer une nouvelle internationale; et parmi les Italiens, il y
avait Unicobas (Stefano D'Errico, son secrétaire général). Incidemment,
Emili Cortavitarte et Chema Berro ont tous deux joué un rôle important
dans cette réunion, agissant en tant que coordinateurs de la réunion,
représentant la CGT.» [9]
En 1995, une rencontre internationale libertaire s'est tenue à Ruesta,
une ville d'Aragon cédée à la CGT-E. Des militants anarchistes français,
italiens, suisses, polonais et d'autres pays y ont participé. Ruesta a
joué un rôle important dans l'établissement de liens personnels à
l'échelle internationale.
Ruesta a vu une participation importante des membres d'Alternative
Libertaire et de l'OSL (Suisse), peut-être parce qu'ils la considéraient
comme le camp d'été de l'organisation française. Quelques membres de la
FdCA, du Workers Solidarity Movement (Irlande), d'Al-Badil al-Tahriri
(Liban; son nom en arabe signifie «Alternative libertaire») et de la
Fédération anarchiste polonaise y ont également participé en nombre
réduit. [10] En ce qui concerne le syndicalisme, la majorité des
participants étaient issus de la CGT et du SUD, mais il y avait
également des membres de Solidaridad Obrera (Espagne) et du SAC (Suède).
À partir de là, ces organisations et leurs délégués se sont rencontrés
lors d'autres événements internationaux tels que les marches européennes
contre le chômage, les contre-sommets et les manifestations
altermondialistes, comme celles de Nice (2000), Barcelone (2001) ou
Gênes (2001), ainsi qu'à d'autres réunions promues par le syndicalisme
alternatif - c'est-à-dire la CGT-E, SUD-Solidaires, Unicobas, SAC,
Solidaridad Obrera... - où ils ont formé des blocs libertaires. Olaizola
poursuit:
«À partir de là, un groupe s'est formé dans la pratique, et pas
seulement sur le papier, et nous avons travaillé ensemble parce que nous
avions une vision stratégique commune, loin du sectarisme. Jacky,
Aristides, Stefano, puis Gérard Mêlinand (CNT française de l'OCL...) se
sont joints à nous, puis Juan Carlos Mechoso (FAU): tous de grands amis
et mentors pour moi. [...]»
«Nous avions d'excellentes relations avec la plateforme italienne FdCA:
Saberio Craparo, Donato Romito, Adriana Dadá et Gianni Cimbalo, tous de
grands amis. J'étais impliqué dans toute cette agitation, et nous nous
réunissions régulièrement.»
Les Uruguayens ajoutent que ces contacts n'étaient pas du tout fortuits.
Beaucoup de voyages à l'étranger étaient organiques: ils étaient décidés
par l'organisation. «Si les voyages personnels étaient appropriés, les
contacts étaient recherchés de manière plus organique que
spontanée.»[11] Certains de ces voyages pouvaient durer des mois, se
transformant en longs séjours d'échanges politiques.
Le 1er mai 2000, la CNT française (également connue sous le nom de
«Vignoles») a organisé les journées «Un Autre Futur». Ces événements ont
été soutenus par Alternative Libertaire et la Fédération Anarchiste et
ont permis d'unir l'anarchisme français. Quelque 6 000 personnes ont
participé à la manifestation derrière la bannière de la CNT, un
événement presque historique.
Mais ces événements ont également servi de point de rencontre pour les
organisations syndicalistes libertaires: CNT-F, SAC, Unicobas,
Industrial Workers of the World, FAU (Allemagne), RKAS (Ukraine),
Confédération démocratique du travail (Maroc) et SKT (Sibérie)[12] et
d'autres pays. [13] Et là encore, elles ont également été un lieu de
socialisation pour les militants anarcho-communistes français, italiens
et irlandais.
Dans tous ces cas, lorsque nous parlons d'établir des contacts au niveau
politique, il ne s'agit pas seulement de se rencontrer par hasard lors
d'un événement ou d'échanger des messages en ligne. Dans de nombreux
cas, il s'agissait de se rendre dans un endroit, de vivre ensemble,
d'établir des liens personnels, d'absorber ce qui s'y passait et de
débattre - surtout de débattre - et d'apprendre à le transférer dans son
lieu d'origine... puis de débattre à nouveau. Les liens personnels
étaient au coeur de tout ce processus.
Le plateformisme sur Internet
Le deuxième «fil noir» est lié à la connectivité accrue offerte par la
technologie. À l'aube de l'Internet, plusieurs sites web à tendance
anarchiste ont vu le jour: A-infos, Infoshop, Spunk et quelques autres,
qui ont émergé dans les années 1990. L'un de ces sites était celui de
l'organisation plateformiste irlandaise Workers Solidarity Movement
(WSM) [14]. En quelques années seulement, des centaines de textes
classiques sur l'histoire de l'anarchisme et du mouvement et de la
théorie anarcho-communiste ou plateformiste ont été mis en ligne sur
Internet. Ce mouvement a suscité un intérêt considérable dans le monde
entier. Plus tard, ils ont repensé le site web et l'ont mis en ligne
sous le domaine struggle.ws, laissant le site web du WSM pour les textes
liés à l'organisation elle-même. Ce travail de diffusion et de formation
allait bientôt porter ses fruits avec la création d'une organisation
sud-africaine, le Workers Solidarity Front (WSF), inspirée par son
organisation soeur irlandaise.
Peu avant 2000, les deux organisations (ou des membres des deux) ont
créé la liste de diffusion «Anarchist Platform». Dans leur présentation,
ils ont clairement identifié le type de membres auxquels ils
s'adressaient:[15]
Nous nous identifions comme anarchistes et adhérons à la tradition
«plateformiste» au sein de l'anarchisme, qui comprend des groupes et des
publications tels que «La Plateforme organisationnelle des communistes
libertaires», les «Amis de Durruti» et le «Manifeste du communisme
libertaire». Nous adhérons globalement aux pratiques organisationnelles
défendues par cette tradition, sans pour autant approuver nécessairement
tout ce qu'ils ont fait ou dit. En d'autres termes, il s'agit d'un point
de départ pour notre politique, et non d'un point d'arrivée.
Le document d'ouverture de la liste de diffusion ressemble fortement à
celui qui sera publié plus tard par anarkismo.net. Il est courant pour
les organisations politiques de publier un document intitulé «points
d'unité» ou «déclaration de mission» qui explique les politiques
fondamentales de l'organisation.
Nous pouvons également voir qu'ils considéraient comme références la
Plateforme de 1926 du groupe Delo Truda, les Amis de Durruti de la
Révolution espagnole et le Manifeste rédigé par Georges Fontenis en
1953. Ces trois textes soulignent la nécessité d'une organisation
anarchiste puissante et spécifique qui articulera la militance
anarchiste intervenant dans les organisations de masse. En fin de
compte, ce sont ces organisations sociales qui apporteront la révolution
sociale. Ce sont les mêmes textes que la FdCA a revendiqués lors de son
30e anniversaire, célébré en 2016. [16]
La ZACF sud-africaine (également connue sous le nom de Zabalaza) [17]
(créée peu après la dissolution du WSF) s'est également inspirée des
mêmes textes, qu'elle considérait comme ses références fondamentales.
Des années plus tard, elle ajoutera à la liste le texte «Social
Anarchism and Organization», publié par l'organisation brésilienne FARJ
après son premier congrès en 2008. [18]
La liste de diffusion, comme on peut le voir, réunissait des militants
du monde entier, bien que principalement issus du monde anglophone. La
liste a été utilisée pour convoquer une réunion en personne des
organisations plateformistes qui s'est tenue à Gênes en 2001, pendant le
contre-sommet altermondialiste, à l'initiative de l'organisation
italienne. [19]
Il convient d'ajouter qu'en avril 2001, le sommet des chefs d'État des
pays du continent américain s'est tenu à Québec, au Canada. À cette
occasion, une «Déclaration internationale des communistes libertaires» a
été publiée, qui attaquait la mondialisation capitaliste et concluait
son communiqué en appelant à la construction d'une société socialiste
libertaire. Parmi les signataires figuraient plusieurs organisations
plateformistes (NEFAC, WSM, ORA-S République tchèque, OCL-France, OSL
Argentine, Alternative Libertaire de France et son homologue libanais)
ainsi que des organisations anarcho-syndicalistes de l'AIT et des
organisations de synthèse spécifiques. Il s'agissait là d'une exception,
car ces courants ne se réuniront plus que rarement par la suite. [20]
Solidarité libertaire internationale
Comme nous l'avons vu précédemment, certains militants avaient en tête
la création d'une internationale syndicaliste alternative et d'une
internationale libertaire. Le lien définitif et stable entre l'Europe et
l'Amérique latine s'est établi vers 1994, bien que des contacts aient
existé avant cette date. L'Espagnol-Suisse Arístides Pedraza fut l'un de
ces liens et mit Juan Carlos Mechoso en contact avec les militants de
Barcelone [21]. Dès lors, une très bonne relation s'établit. Les
militants espagnols, français et suisses financèrent les voyages de
leurs camarades latino-américains, organisèrent des conférences, des
conférences de presse et des réunions. C'est ainsi qu'au sein de la
CGT-E, ils ont rencontré «Juan Carlos et Juan Pilo de la FAU, les
Brésiliens Eduardo, «el Bocha», «el Gaucho» et Verónica de l'OSL
argentine. À cette époque, nous avons contribué à couvrir les frais de
trois «ateneos» en Uruguay, à Cerro, Colón et Acacias» (Olaizola) [22].
La formalisation de ce réseau de contacts et d'organisations allait
donner naissance à la Solidarité internationale libertaire (SIL). C'est
peut-être là notre troisième fil conducteur. Elle était animée par
diverses organisations aux tendances communistes libertaires et
anarcho-syndicalistes, tandis que d'autres groupes avaient un anarchisme
social moins défini politiquement. [23] Sa première réunion s'est tenue
à Madrid le 1er avril 2001, à l'initiative de la CGT-E. [24] Le texte
fondateur a été rédigé par Juan Carlos Mechoso (Montevideo), Pepe García
Rey, alias «Ramón Germinal» (Grenade), et Paco Marcellán (Madrid): [25]
Aujourd'hui, dans un premier temps, nous soutenons la création d'un
réseau libertaire mondial dans lequel tous les groupes affinitaires qui
le souhaitent peuvent trouver leur place, ouvert aux organisations
libertaires, associations, athénées, syndicats et autres collectifs
libertaires. Ce réseau servira à diffuser le soutien mutuel et la
solidarité dans les luttes, il fonctionnera comme une source
d'information et de débat pour le monde libertaire, il organisera des
rencontres internationales, il créera des écoles de formation, il
utilisera les vidéoconférences, Internet et tous les types d'outils
disponibles pour articuler des stratégies qui permettent l'introduction
et l'orientation de l'idée libertaire dans les différentes luttes
sociales. [26]
En ce qui concerne la liste des organisations, nous avons l'OSL
(Suisse), Alternative Libertaire (France), Al-Badil al-Tahriri (Liban),
FAU (Uruguay), la Fédération anarchiste gauchiste (FAG, Brésil), [27]
l'ORA-Solidarita de la République tchèque,[28] toutes de tendance
anarcho-communiste, ainsi que le réseau antifasciste français No
Pasarán, l'organisation Magonista[29], le CIPO-RFM (Mexique)[30], et les
organisations anarcho-syndicalistes CGT-E, SAC (Suède), Unicobas
(Italie) et CNT-F (Vignoles, France). Cette dernière a participé
uniquement à la première réunion, mais s'est retirée du réseau SIL.
Entre-temps, la FdCA (Italie), la ZACF (Afrique du Sud)[31], l'AUCA
(Argentine)[32], la NEFAC (Amérique du Nord)[33] et la Red Libertaria
Apoyo Mutuo (Espagne), nouvellement créée, ont rapidement rejoint le
réseau. Cette tentative d'organisation spécifique en Espagne n'a pas
rencontré beaucoup de succès.
Deux autres réunions internationales ont eu lieu au cours des années
suivantes. Elles s'inscrivaient dans le contexte du mouvement de
résistance contre la mondialisation capitaliste, qui en Europe se
caractérisait par des contre-sommets organisés en marge des réunions du
grand Capital (telles que celles de la Banque mondiale, du G8 ou de
l'Union européenne), accompagnés de manifestations de masse.
Grâce à leur existence, plusieurs projets ont été financés, tels que
l'imprimerie «Aragón» et un athénée en Uruguay, un centre communautaire,
une coopérative et une imprimerie au Brésil, un bureau local à Cuba et
le soutien au journal de l'ONG argentine. Le plus important est que le
SIL a réuni divers militants européens et latino-américains, financé des
voyages, publié des livres, publié des journaux, financé des événements
publics pour les organisations, et bien plus encore.
Comme on peut l'imaginer, ces contacts ont donné lieu à de nombreux
ateliers, conférences, débats et interviews conjoints entre plusieurs de
ces militants particuliers, qui se sont poursuivis jusqu'au début des
années 2010[34].
Cependant, cette initiative de solidarité internationaliste n'a pas duré
longtemps non plus. Le SIL a été créé pendant la période de déclin du
mouvement altermondialiste. De plus, la CGT (Espagne) a changé de
secrétariat, et ces contacts n'ont plus été développés.
ELAOPA, la Conférence anarchiste de Porto Alegre et la première CALA
De l'autre côté de l'océan Atlantique, nous trouvons le quatrième fil
conducteur de la construction internationale. Les rencontres entre la
FAU, la FAG brésilienne et les groupes argentins étaient fréquentes dans
les années 1990. Ce travail a porté ses fruits, car au début du nouveau
siècle, d'autres groupes de ce mouvement existaient déjà dans d'autres
pays. Il était maintenant temps de les articuler.
Au niveau national, d'une part, les groupes et organisations brésiliens
ont créé le Forum de l'anarchisme organisé (FAO), établi en 2002. Il
s'agissait d'un espace de débat idéologique, théorique et stratégique,
qui a permis de donner une nouvelle dimension à l'événement au Brésil.
D'autre part, des processus similaires avaient eu lieu au Chili (1999),
avec le Congrès d'unification anarcho-communiste (CUAC). Sans provenir
exactement du CUAC, mais certainement influencée par ce processus,
l'Organisation communiste libertaire chilienne (OCL) a été créée en
2002. [35]
Dans le cadre du Forum social mondial (FSM), qui s'est tenu à Porto
Alegre en 2003, est apparue la Rencontre latino-américaine des
organisations populaires autonomes (ELAOPA).[36] Cette rencontre
proposait un espace distinct du FSM, qui regroupait des ONG, des partis
politiques et même des initiatives commerciales. Le secteur radical des
mouvements populaires a appelé à l'autonomie de classe et à la création
d'une alliance de mouvements sociaux en dehors des institutions.
L'ELAOPA avait les principes suivants:
- La construction du pouvoir populaire.
- Une perspective anti-patriarcale et anticolonialiste.
- Le protagonisme populaire et l'action directe.
- La solidarité de classe, l'entraide et l'internationalisme.
Par la suite, l'ELAOPA s'est dissociée du FSM et s'est installée dans
une autre ville, organisant des réunions environ tous les deux ans. En
2025, la 15e réunion s'est tenue à Santiago, au Chili, avec plus de 400
personnes représentant de nombreuses organisations de base[37].
ELAOPA est une réunion d'organisations sociales et populaires, et rares
sont celles qui se revendiquent comme libertaires; tout au plus, elles
se disent «autonomes», «classistes», «populaires» ou affirment avoir des
«influences libertaires». Cependant, la militance de ce qu'on appelle
«l'anarquismo especifista» était présente dans bon nombre de ces
organisations. Nous parlons ici du militantisme syndicaliste, social et
de quartier de la FAU, de la FAG et d'autres organisations
susmentionnées, qui étaient actives dans ces mouvements populaires et
profitaient des réunions de l'ELAOPA pour se rencontrer également.
Avec l'ELAOPA, une occasion s'est présentée pour des rencontres en face
à face entre militants libertaires. C'est pourquoi un événement distinct
a été créé, qui se tenait généralement le lendemain de la fin de la
Rencontre populaire: les Jornadas Anarquistas (Journées anarchistes).
Elles étaient (et sont toujours) un espace non seulement pour la
propagande ou la culture libertaire, mais aussi pour un débat
stratégique axé sur l'intervention dans les luttes sociales et la
promotion du mouvement[38].
Ces efforts ont été couronnés de succès. En 2007-2008, plusieurs
nouvelles organisations communistes libertaires ont vu le jour,
certaines avec l'ambition d'avoir une portée nationale:
La situation du spécificisme «plateformiste» est considérablement plus
variée et complexe. Nous avons déjà vu en temps voulu que l'Organización
Comunista Libertaria, Rojo y Negro, Comunismo Libertario, l'Organización
Revolucionaria Anarquista et le Colectivo Comunista Libertario en
Argentine devaient être considérés comme tels; l'Organización Poder
Popular Libertario en Bolivie; les groupes qui gravitent autour du Forum
de l'anarchisme organisé et de l'Uniâo Popular Anarquista [Unipa] au
Brésil; à l'Organización Comunista Libertaria, au Collectif Agitación
Libertaria et au Movimiento Libertario Joaquín Murieta au Chili; à
l'Alianza Comunista Libertaria au Mexique; à Qhispikay Llaqta au Pérou;
et enfin, à la Fédération anarchiste uruguayenne, à l'Organisation
libertaire Cimarrón, à la Fédération libertaire et à Bandera Negra en
Uruguay. [39]
Parallèlement à cette multitude de groupes, des initiatives de
coordination à plus grande échelle ont naturellement vu le jour. La plus
grande tentative de l'époque a été la Coordination anarchiste
latino-américaine (CALA), créée en 2004 par la FAU (Uruguay), la FAG
(Brésil), l'AUCA (Argentine), Lucha Libertaria et l'UNIPA (Brésil). [40]
Cependant, l'UNIPA a rompu avec le courant pour créer son propre espace
politique, le «bakouninisme», donnant la priorité aux alliances avec
l'Alliance communiste libertaire (ALC) du Mexique et l'Organisation
révolutionnaire anarchiste (ORA) d'Argentine. Plus tard, le Forum de
l'anarchisme organisé (FOR) du Brésil s'est ajouté à la CALA. Cette
première CALA n'a duré que quelques années.
La CALA adhérait à l'anarchisme especifiste. Elle défendait une
stratégie de pouvoir populaire démocratique et disruptif, mais n'a
jamais tenté de définir les caractéristiques d'une société
post-révolutionnaire. Elle concevait l'especifisme comme une
organisation politique anarchiste. Par conséquent, elle ne différait du
plateformisme que par sa tradition anarchiste latino-américaine
particulière et par l'époque à laquelle les deux propositions ont vu le
jour. Sa vocation est donc identique, malgré quelques développements
distinctifs.
La création du site web anarkismo.net
Comme nous l'avons vu précédemment, le SIL avait déjà réussi à mettre en
relation quelque 11 organisations anarcho-communistes, auxquelles
s'ajoutaient 3 autres qui ne se définissaient pas comme telles, mais
qui, avec un peu de travail politique, auraient pu l'adopter sans grande
difficulté. La disparition du réseau SIL a laissé un vide
organisationnel que anarkismo.net allait combler.
Selon les mots de José Antonio Gutiérrez:[41]
L'idée d'Anarkismo.net est née initialement sous la forme d'un projet de
création d'un magazine international. Vers 1999, nous avons commencé à
discuter avec un camarade d'Alternative Libertaire et moi-même, qui
étais alors responsable des relations internationales au CUAC [Chili],
de la nécessité de mieux nous connaître en tant qu'organisations
libertaires appartenant à l'aile plateformiste. Il existait alors une
liste de diffusion par e-mail où nous échangions des discussions et des
expériences, mais nous avons estimé qu'il fallait des articles plus
approfondis pour mieux comprendre nos politiques à partir de nos
contextes et de nos pratiques. Notre idée était de créer un almanach
international annuel sur l'anarcho-communisme, avec des informations sur
les pays où nous étions présents et leurs organisations, une revue
annuelle très réfléchie et critique.
Nous avons donc commencé à discuter de cette idée et, en février 2002,
nous avons rencontré Nestor McNabb de la FdCA [Federazione dei
Communisti Anarchici] à Dublin, ainsi qu'Andrew Flood du WSM. Nous nous
sommes retrouvés tous les trois dans un pub du centre-ville de Dublin,
sur South William Street. Le pub s'appelle Grogan's. Nous y avons
discuté de l'idée d'un almanach annuel, et l'idée a fait son chemin.
Nous l'avons présentée à nos organisations et, avec le développement
d'Internet, nous avons décidé que, pour des raisons de budget, de
facilité de distribution, etc., il était préférable de créer un site
international sur l'anarcho-communisme.
C'est ainsi qu'est née l'idée d'Anarkismo, un site anarcho-communiste et
multilingue, d'où son nom, qui signifie «anarchisme» en espéranto. Après
beaucoup de travail, le site a été lancé le 1er mai 2005, une date très
symbolique. L'idée a commencé comme un site web, mais l'objectif dès le
départ était de faciliter les échanges entre les organisations et de
mieux se comprendre, dans le but de nous rapprocher politiquement et de
créer une tendance. Nous ne voulions pas proposer une organisation
internationale de nom seulement, mais plutôt que le travail
international et l'échange d'expériences se développent progressivement
et organiquement, laissant place à une plus grande cohésion en tant que
tendance, en tant que mouvement, en vue de créer une fédération
internationale avec des bases solides. Telle était l'intention dès le début.
Des militants tels que Nestor McNab (Irlandais vivant à Rome), Paul
Bowman, Andrew Flood et Ian McKay (Irlande), Jonathan Payn (Afrique du
Sud), Dimitris Troaditis (d'abord à Athènes, puis à Melbourne), Adam
Weaver (Miami), Nicolas Phoebus (Québec), Wayne Price (New York) et le
Chilien José Antonio Gutierrez, entre autres, ont joué un rôle clé dans
le développement politique, technique et éditorial du nouveau portail.
Ils s'étaient rencontrés grâce à la liste de diffusion «Anarchist
Platform» et à d'autres réunions en personne. Ils avaient lu les
articles les uns des autres et les avaient diffusés ou traduits dans
leurs territoires et langues respectifs.
Parmi les organisations fondatrices d'anarkismo.net figuraient les FAU,
FAG, FdCA et Alternative Libertaire (France) susmentionnées. Elles n'ont
pas toutes adhéré en même temps, mais certaines étaient en contact
depuis le début et ont mis un certain temps à se décider (par exemple,
la FAU et l'OSL). Avec les organisations auxquelles appartenaient les
camarades susmentionnés, les bases ont été jetées pour un projet qui a
rendu possible l'articulation internationale de l'ensemble du mouvement
anarcho-communiste ou plateformiste[42].
À cette époque, dans la première moitié des années 2000, plusieurs
nouvelles organisations avaient déjà vu le jour, présentant un certain
intérêt pour le mouvement communiste libertaire . Pour n'en citer que
quelques-unes: NEFAC (nord-ouest des États-Unis et est du Canada), CUAC
et OCL (Chili), OSL et FACA (Argentine), en plus des déjà bien connues
ZACF (Afrique du Sud), Alternative Libertaire (France), FdCA (Italie) et
WSM (Irlande).
Comme on peut le constater, les groupes anarchistes étaient
majoritairement masculins, et donc, pratiquement tous les délégués
internationaux étaient des hommes. Les femmes assistaient le plus
souvent aux réunions lorsque les délégations de leurs organisations
étaient composées de plusieurs personnes.
Il est tout aussi important de mentionner que le rôle joué par le
militantisme des organisations dans les réunions internationales a été
rendu possible grâce au travail de nombreux camarades qui, d'une manière
ou d'une autre, ont influencé le développement et le dynamisme de leurs
organisations. Cela s'est produit de multiples façons: en apportant des
contributions théoriques, stratégiques ou débattues; en se réunissant
dans différents contextes; en diffusant des expériences; ou en
contribuant à renforcer les liens. Chaque personne a apporté sa pierre à
l'édifice.
Le mouvement s'inscrivant dans le cadre de l'anarcho-communisme a
compris que l'anarchisme, s'il voulait avoir une quelconque pertinence,
devait être bien organisé et, bien sur, prendre au sérieux sa
participation aux luttes collectives, en cherchant à les renforcer et en
coordonnant politiquement et stratégiquement toutes les personnes
libertaires qui le composent.
Nous nous définissons comme des anarchistes communistes parce que nous
appartenons à la tradition anarchiste qui reconnaît la nécessité d'une
double organisation: une organisation anarchiste «spécifique» qui
travaille au sein et aux côtés des organisations de masse de la classe
ouvrière. [43]
Chaque organisation disposait de son propre site web et de ses propres
revues à partir desquels elle diffusait sa stratégie. Les plus largement
diffusées étaient les revues mensuelles Alternative Libertaire et
Courant Alternatif [44] en France, et Alternativa Libertaria en Italie,
qui remontaient aux années 1970 et avaient déjà un lectorat.
Sur Internet, outre anarkismo.net, les sites anarcho-communistes les
plus prolifiques étaient le site britannique libcom.org, qui publiait
des dizaines de biographies liées au makhnovisme, généralement écrites
par Nick Heath [45]; le site web de Nestor McNab nestormakhno.info;
makhno.ru, en russe; le site web Anarchist and the Platformist Tradition
[46]; et A-Infos lui-même, dont l'équipe éditoriale comprenait
l'anarchiste israélien Ilan Shalif, un anarcho-communiste convaincu.
[47] Ces sites web ont contribué à diffuser le mouvement, comme
struggle.ws et zabalaza.net l'avaient fait avant eux.
Une coordination, pas une internationale
Anarkismo.net n'aspirait pas à devenir une internationale, mais plutôt
un outil de partage d'informations sur les luttes locales, la théorie et
les stratégies. Il fonctionnait grâce à un collectif de délégués et un
collectif éditorial, le premier assumant un rôle politique et le second
un rôle technique.
Certains préféraient une structure plus définie, tendant vers une
internationale, comme Alternative Libertaire, tandis que d'autres
préféraient le maintenir comme un espace ouvert. Malgré cette
différence, certaines campagnes de solidarité ont été menées, comme
celle en soutien au soulèvement d'Oaxaca (2005-2006).
Au fil des ans, ce mouvement s'est renforcé en Amérique latine, en
particulier au Chili (OCL, FEL), en Argentine (Joaquín Penina
Libertarian Column [48], Red Libertaria) et au Brésil (FARJ), où de
nombreux groupes, sites web et blogs ont vu le jour. Et sa manière
d'interpréter l'anarcho-communisme, appelée «spécificisme», s'est
consolidée. Plusieurs auteurs brésiliens, tels que Bruno Lima, Rafael
Viana et Felipe Correa, qui ont fondé l'Institut de théorie et
d'histoire anarchistes (ITHA) avec les Sud-Africains Lucien van der
Walt, Michael Schmidt et Jonathan Payn, y ont contribué. D'autres
militants, tels que Dimitris Troaditis, déjà mentionné, et l'Argentin
Emilio Crisi, entre autres, y ont également contribué. L'ITHA a presque
servi de groupe de réflexion pour les textes universitaires au sein du
mouvement.
Correa a défini l'especifismo comme suit:[50]
Il s'agit d'un mouvement qui défend un ensemble de positions concernant
les grands débats stratégiques de l'anarchisme. Premièrement, en ce qui
concerne le débat organisationnel, les especifistas maintiennent la
nécessité d'un dualisme organisationnel, selon lequel les anarchistes
s'articulent au sein d'une organisation politique, en tant
qu'anarchistes, et au sein d'organisations sociales (syndicats et
mouvements sociaux), en tant que travailleurs. Deuxièmement, en ce qui
concerne le débat sur le rôle des réformes, les especifistas estiment
que, selon la manière dont elles sont recherchées et réalisées, elles
peuvent contribuer à un processus révolutionnaire. Troisièmement, en ce
qui concerne le débat sur la violence, les especifistas estiment qu'elle
doit toujours être exercée dans le contexte et en concomitance avec la
construction de mouvements de masse. Sur le plan social, celui des
mouvements de masse, l'especifismo promeut un programme qui présente de
nombreuses affinités avec le syndicalisme révolutionnaire.
En Amérique latine, ce mouvement a lancé des initiatives et des
tendances au sein des syndicats, ainsi que dans les mouvements étudiants
et de quartier, tels que la FEL (fronten libertaires estudiantiles,
présents dans plusieurs pays, bien qu'ils aient initialement vu le jour
au Chili), Resistência Popular au Brésil et la Fédération des
organisations de base (FOB) en Argentine, entre autres.
Pour éviter de faire référence au spécifisme ou au plateformisme, qui
sont difficiles à comprendre pour le grand public, le mouvement a
préféré utiliser le concept d'anarchisme organisé. Ailleurs, le terme
«anarchisme social et organisé» a été utilisé pour restreindre davantage
son public cible.
Des groupes anarcho-communistes ont également vu le jour ailleurs dans
le monde, notamment en Russie (Action autonome [51]) et dans sa sphère
d'influence: Arménie, Géorgie, Bulgarie et Israël), en Ukraine
(RKAS-Makhno), en Turquie (AKI, KaraKizil, Liberter), en Australie
(MAGC)[52], en Grèce (Western Greece Anarchist Federation), et avec une
influence dans d'autres territoires. Dans les premiers cas,
l'anarcho-communisme était mêlé à l'insurrectionnalisme, tandis que dans
les seconds, leurs voies étaient distinctes.
En novembre 2008, le premier sommet du G20 s'est tenu à Washington. À
cette occasion, la «Déclaration anarcho-communiste sur la crise
économique mondiale et la réunion du G20» a été publiée. C'était le
début de la crise. Les bulles immobilière et financière avaient éclaté
quelques mois plus tôt, et l'on parlait d'effondrement. Les États ont du
renflouer les banques pour éviter d'autres dommages. Onze organisations
ont signé la déclaration. Plusieurs organisations déjà mentionnées à
d'autres occasions ont signé l'accord. Les nouvelles étaient Common
Cause (Ontario, Canada), Union Communiste Libertaire (Québec, Canada),
Unión Socialista Libertaria (Pérou), Liberty & Solidarity (L&S,
Grande-Bretagne) [53] et deux organisations de synthèse: l'Asociación
Obrera Canaria et la Fédération anarchiste de Berlin. [54]
Quelque temps plus tard, en février 2010, six organisations de l'actuel
se sont réunies à Paris: la FdCA (Italie), L&S (Grande-Bretagne)[53],
WSM (Irlande), OSL (Suisse), Motmakt («Contre-pouvoir», Norvège) et
Alternative libertaire (France). Leur objectif était d'évaluer l'état du
mouvement communiste libertaire en Europe et de promouvoir la
coordination continentale. Ils ont créé des groupes de travail pour
maintenir les relations et faire progresser la coordination [55].
La maturité du réseau
Entre 2010 et 2013, les différents groupes et organisations qui se
revendiquaient anarcho-communistes et qui étaient déjà en contact les
uns avec les autres, comme nous l'avons vu, ont consolidé le réseau.
C'est à cette époque que le collectif éditorial Anarkismo s'est
stabilisé, composé, comme nous l'avons déjà vu, d'un délégué de chacune
des organisations. Voici un tableau présentant les organisations qui
composaient Anarkismo en 2010 et 2015:
2010 Alternative Libertaire (France) Buffalo Class Action (États-Unis)
Chasqui Anarquista (Équateur) Colectivo Socialista Libertaria (Uruguay)
Common Action (États-Unis) Common Cause (Canada) Convergencia Juvenil
Clasista «Hijos del Pueblo» (Équateur) Estrategia Libertaria (Chili)
Federação Anarquista de São Paulo (Brésil) Federação Anarquista do Rio
de Janeiro (Brésil) Federação Anarquista Gaúcha / Foro del Anarquismo
Organizado (Brésil) Federazione dei Comunisti Anarchici (Italie) Four
Star Anarchist Organization (États-Unis) «Hombre y Sociedad» (Chili)
Humboldt Grassroots (États-Unis) Liberty & Solidarity (Royaume-Uni)
Melbourne Anarchist Communist Group (Australie) Miami Autonomy &
Solidarity (États-Unis) Motmakt (Norvège) North-Eastern Federation of
Anarchist Communists (États-Unis) Organización Revolucionaria Anarquista
- Voz Negra (Chili) Organisation Socialiste Libertaire (Suisse) Red
Libertaria de Buenos Aires (Argentine) Red Libertaria Popular Mateo
Kramer (Colombie) Solidarity & Defense (États-Unis) Union Communiste
Libertaire (Canada) Unión Socialista Libertaria (Pérou) Workers
Solidarity Movement (Irlande) Zabalaza Anarchist Communist Front
(Afrique du Sud)
2015 Alternativa Libertaria/FdCA (Italie) Alternative Libertaire
(France) Black Rose Anarchist Federation / Federación Anarquista Rosa
Negra (États-Unis) Common Cause (Canada) Coordination des Groupes
Anarchistes (France) Federação Anarquista do Rio de Janeiro (Brésil)
Federação Anarquista Gaúcha / Coordenação Anarquista Brasileira (Brésil)
Federación Anarquista Uruguaya (Uruguay) Grupo Anarquista Bifurcación
(Colombie) Grupo Libertario Vía Libre (Colombie) Humboldt Grassroots
(États-Unis) Libertäre Aktion Winterthur (Suisse) Libertarian Communist
Group / Grwp Gomiwnyddol Libertaraidd (Pays de Galles/Cymru) Libertære
Socialister (Danemark) Melbourne Anarchist Communist Group (Australie)
Motmakt (Norvège) Organisation Socialiste Libertaire (Suisse)
Organização Anarquista Socialismo Libertário (Brésil) Organización
Socialista Libertaria (Uruguay) Prairie Struggle Organization (Canada)
Workers Solidarity Movement (Irlande) Zabalaza Anarchist Communist Front
(Afrique du Sud)
Dans cette liste, on constate déjà la disparition du NEFAC en Amérique
du Nord, qui s'est réduit à quelques groupes en Nouvelle-Angleterre
(Buffalo et New York) et au Canada (par exemple, Common Cause et UCL).
Finalement, en 2014, les groupes américains ont créé une fédération,
Black Rose. [56] On peut également voir la création, en 2012, de la
Coordenação Anarquista Brasileira (Coordination anarchiste brésilienne),
basée sur des groupes préexistants (tels que FAG, FARJ, OASL, CAZP et
autres) [57] qui s'étaient organisés autour du forum FAO et
appartenaient déjà au réseau Anarkismo.
Les organisations restantes ont poursuivi la tradition communiste
libertaire ou anarcho-communiste remontant aux années 1970 et 1980,
telles que Alternative Libertaire (France), FdCA (Italie), OSL (Suisse,
a rejoint Anarkismo en 2010), la FAU (Uruguay) et le WSM (Irlande).
La CGA française s'est séparée de la Fédération anarchiste francophone
après que celle-ci ait appelé à soutenir Jacques Chirac lors des
élections présidentielles afin d'empêcher Le Pen de gagner. Au fil du
temps, la CGA s'est orientée vers l'anarcho-communisme et a finalement
fusionné avec Alternative Libertaire en 2019, créant l'Union Communiste
Libertaire (UCL), qui est actuellement la plus grande organisation de ce
type au monde.
Chaque organisation a sa propre histoire, et il serait trop long de les
décrire toutes ici. Ce qui est évident, c'est que ce mouvement s'est
articulé à l'échelle mondiale et a su tirer parti de la montée du
radicalisme qui a balayé la planète en 2011, de la même manière que le
SIL s'est développé pendant le mouvement altermondialiste.
L'année 2011 a été marquée par le Printemps arabe, le mouvement des
Indignados et les occupations de places publiques. C'est également à
cette époque qu'une nouvelle génération s'est lancée dans l'activisme.
La révolution du Rojava a émergé avec force. Des organisations
anarcho-communistes ont vu le jour en Égypte (le Mouvement socialiste
libertaire, MSL), en Israël (Unity) et en Tunisie, qui n'existaient que
depuis peu, ainsi que de nouvelles tentatives en Iran, au Liban et en
Jordanie.
Cette année-là, une déclaration de solidarité a été publiée en faveur de
46 militants détenus au Zimbabwe. Elle a été signée par 11 organisations
communistes libertaires [58]. La même année, une déclaration de
solidarité avec la lutte populaire en Égypte, dont le peuple venait de
renverser le régime de Moubarak, a été signée [59]. Cette fois-ci, 23
organisations l'ont signée. Parmi les nouvelles initiatives figuraient
des organisations d'Égypte (MSL), de Colombie (Vía Libre et CELIP), du
Chili (Fédération communiste libertaire et le magazine «Política y
Sociedad») et des États-Unis (Autonomy and Solidarity of Miami). Un
certain nombre de groupes anarcho-syndicalistes, tels que la CGT-E,
Solidaridad Obrera, WSA (États-Unis) et l'ICEA (Espagne), ont également
signé l'accord. [60]
Une fois de plus, le réseau Anarkismo a refusé de se formaliser en une
structure plus solide, telle qu'une fédération internationale, afin
d'éviter de tomber dans des rivalités et une concurrence avec les autres
internationales libertaires, l'AIT et l'IFA à l'époque. Cependant, il
est indéniable qu'il fonctionnait de manière assez coordonnée.
En 2012, huit organisations européennes se sont à nouveau réunies à
Londres. [61] En plus de discuter de l'amélioration de la coordination,
elles ont lancé une campagne contre la dette souveraine. La même année,
les Jornadas Anarquistas ont eu lieu à Sao Paulo, organisées par la
Fédération anarchiste uruguayenne (FAU) et le Forum de l'anarchisme
organisé du Brésil (FAO) [62] afin de développer l'anarchisme
especifiste sur le continent. À cette occasion, elles ont approuvé des
documents stratégiques autour des concepts de pouvoir populaire et de
fédéralisme.
Parler de «populaire» signifie imprégner le projet de pouvoir d'un
caractère éminemment classiste, même si nous devons souligner que nous
parlons du pouvoir dans une perspective libertaire. Un projet des
opprimés qui naît des mouvements populaires et qui accumule la force
sociale nécessaire à une confrontation à long terme, avec des étapes
fermes, fortes et bien définies, que nous estimons nécessaires d'un
point de vue idéologique. [63]
C'est à partir de ce moment-là que le mouvement anarchiste adoptera de
manière plus décisive cette conception théorique, plus caractéristique
du développement de la lutte des classes en Amérique latine, et qu'elle
atteindra bientôt l'Europe par l'intermédiaire d'Embat (Catalogne) et de
Libertäre Aktion (Berne).
En aout 2012, la plus grande réunion physique du mouvement a eu lieu à
Saint-Imier (Suisse). Profitant de la Rencontre internationale
anarchiste, une tente appelée «Anarkismo» a été installée comme point de
rencontre pour les militants et sympathisants internationaux du
mouvement. Environ la moitié des 30 organisations qui étaient en contact
avec anarkismo.net à l'époque ont envoyé des délégués à la Rencontre
internationale, et une conférence des délégués a été organisée. La
croissance énorme de ce mouvement en Amérique latine était évidente, et
un développement significatif a été observé depuis le lancement du site web.
Du point de vue de la délégation du WSM, les différentes réunions
d'Anarkismo organisées au cours de la semaine ont été une occasion
précieuse de rencontrer des camarades que nous n'aurions peut-être
jamais croisés et de redynamiser notre implication dans le réseau
Anarkismo. Le réseau lui-même continue de s'étendre depuis ses débuts
très modestes en 2005, tant en termes de nombre d'organisations
impliquées, de dispersion géographique de ces organisations et, surtout,
de coopération accrue entre elles. Lorsque chaque organisation a
présenté son travail au cours de la matinée de la réunion mondiale, il
était frappant de constater l'approche politique et organisationnelle
commune que nous partageons, malgré des contextes très différents. Il
est également apparu clairement que les organisations sud-américaines,
en particulier, ont connu une croissance significative en nombre et en
influence ces dernières années. [64]
Une mesure positive: les organisations synthétistes et plateformistes
suisses et françaises, qui n'ont pas toujours entretenu de bonnes
relations, ont collaboré à la préparation de la réunion. Mais tout le
monde ne partageait pas les mêmes illusions. Les problèmes
organisationnels étaient nombreux, et ce qui manquait le plus à la
réunion, c'était précisément la clarté programmatique:
Il en aurait été tout autrement si, trois ou deux ans à l'avance, un
débat avait été préparé et mené autour d'une analyse commune de la
situation, si une véritable coordination et fédération des organisations
et des luttes avait été encouragée, et si des progrès avaient été
réalisés vers l'établissement d'un programme commun... nous serions en
mesure de réfléchir et nous aurions des éléments réels à évaluer, que le
fruit de ce travail à Saint-Imier ou ailleurs aurait abouti, et que la
logique de cet aboutissement ne serait pas une réunion mais la création
d'une internationale anarchiste. [65]
En 2014, un communiqué commun pour le 1er mai a été signé par plusieurs
organisations: [66] ZACF (Afrique du Sud), WSM (Irlande), OSL (Suisse),
Collectif Communiste Libertaire (Bienne, Suisse), FdCA (Italie), WSA
(États-Unis États-Unis), Melbourne Anarchist Communist Group (Australie)
et Prairie Struggle (États-Unis). Quelques mois plus tard, 14
organisations du mouvement ont signé un autre communiqué en soutien à la
résistance kurde. [67] Ce fut le dernier communiqué commun de cette époque.
Les 18 et 19 novembre 2017, plusieurs organisations européennes se sont
réunies à Gênes pour échanger leurs analyses et établir un plan d'action
européen. L'Alternativa Libertaria/FdCA (le nouveau nom de
l'organisation italienne de longue date), Alternative Libertaire
(France), CGA (France), la Libertarian Socialist Federation (Pays de
Galles, Grande-Bretagne), OSL (Suisse) et WSM (Irlande) se sont réunies.
[68] Embat (Catalogne) a envoyé ses salutations à la réunion et, à
partir de ce moment, s'est beaucoup plus impliqué dans ce mouvement.
En 2020, l'Union Communiste Libertaire de France a réalisé une
cartographie exhaustive du mouvement: [69]
Réseau International
[https://www.unioncommunistelibertaire.org/?reseau-international-8794]
Au fil des ans, une tradition s'est développée consistant à envoyer des
salutations à chaque organisation du courant qui tenait un congrès. Cela
a contribué à forger un mouvement international et a fait prendre
conscience à tous les militants qu'ils appartenaient à un mouvement
beaucoup plus vaste que leur propre organisation ou leur contexte local.
[70]
Le déclin
Tout n'était pas rose pour le mouvement. Outre la question épineuse du
Chili, dont nous parlerons bientôt, entre 2018 et 2021, le WSM [71] et
Zabalaza se sont dissous, tout comme d'autres groupes locaux et
régionaux en Amérique du Nord, en raison de l'échec du changement
générationnel.
En outre, d'autres organisations ont également connu des crises, sans
pour autant se dissoudre, comme Motmakt (Norvège) [72], avec laquelle le
contact a été perdu. Plusieurs organisations européennes ont disparu (au
Danemark, au Portugal, en République tchèque et en Turquie) ou leurs
mouvements n'ont pas réussi à se stabiliser (Grande-Bretagne ou Russie).
Sur le continent américain, les organisations en Bolivie et au Pérou ont
été perdues, et des scissions ont eu lieu en Argentine, au Chili et aux
États-Unis.
Une autre scission au cours de cette période a été celle subie par
l'Anarchist Federation (Grande-Bretagne). Cette organisation, créée en
1986 en tant qu'anarcho-communiste, était depuis longtemps une
fédération synthétiste. En 2018, un conflit interne a éclaté au sein de
l'AF, et un secteur en est sorti pour former l'Anarchist Communist Group
(ACG)[73], déjà marqué par une tendance communiste libertaire. L'ACG a
succédé à des organisations plateformistes britanniques qui n'ont jamais
réussi à s'implanter, telles que L&S ou la LSF. Malgré cela, plusieurs
groupes anarcho-communistes n'ont pas encore envisagé de rejoindre l'ACG.
Les causes de ces crises sont diverses. Par exemple, diverses situations
sociales et politiques ont surgi dans plusieurs États, rendant
impossible le développement de relations internationales. Ces relations
ont également été interrompues en cas de crises internes et de ruptures
au sein des organisations. Un autre problème pour le maintien de
relations internationales stables était le changement rapide des
délégués, plusieurs organisations ayant des délégués qui ne parlaient
pas anglais, tandis que d'autres camarades qui avaient géré ces
relations passaient à d'autres fonctions au sein de leurs organisations.
La FdCA a connu un sort pire encore, puisqu'en seulement quatre mois en
2018, elle a perdu Donato Romito et Monia Andreani, décédés. Dans
d'autres cas, une approche plus interne a été privilégiée, améliorant
l'intégration aux niveaux social et territorial, mais reléguant la scène
internationale à un niveau secondaire. Enfin, le cas de Michael Schmidt
et son expulsion d'anarkismo.net et de l'ITHA n'a pas été sans
conséquence. [74]
Le cas chilien
À ce stade, nous devons parler du mouvement au Chili. Ses origines
remontent à 1999, avec la célébration de la CUAC, qui a lancé un
processus qui allait donner naissance à l'OCL en 2002. L'année suivante,
un Front étudiant libertaire (FEL) a été lancé et, en 2006, à la suite
de la «révolte des pingouins» (lycéens), le FEL a connu une croissance
exponentielle. Il a réussi à attirer de nombreux militants et, lorsque
cette génération d'étudiants est entrée à l'université, elle a pris la
tête du mouvement étudiant, généralement contrôlé par les communistes et
les autonomistes. Des militants tels que Felipe Ramírez, Fabián Araneda
et Melissa Sepúlveda ont occupé des postes électifs importants au sein
de la Fédération étudiante chilienne (FECH, qui est unitaire et
semi-institutionnelle), qui était à l'époque l'un des mouvements
populaires les plus puissants du Chili. Parmi leurs initiatives les plus
remarquables, on peut citer leur style graphique très coloré et
reconnaissable, qui a été copié et adapté par de nombreux collectifs
ailleurs. Ils ont rempli le Chili de fresques murales grâce à leurs
unités de muralistes Ernesto Miranda. [75]
Quelque temps plus tard, tout cet espace politique a fusionné pour
former l'Izquierda Libertaria (Gauche libertaire). Cette nouvelle
organisation a adopté des lignes stratégiques différentes du magma
communiste libertaire qui avait animé le mouvement jusqu'alors,
s'orientant vers un socialisme libertaire beaucoup moins défini, plus
proche du marxisme libertaire. Dans le même temps, elle a atteint une
ampleur jamais vue pour une organisation libertaire au cours des
dernières décennies, rivalisant avec d'autres partis et organisations
politiques beaucoup plus établis sur la scène chilienne.
Dans ce contexte, un secteur des libertaires - que j'oserais qualifier
de majoritaire - a mené une série de réflexions qui ont façonné
l'approche politique connue sous le nom de «Rupture démocratique» dans
divers articles et documents publics, ainsi que dans des processus de
discussion internes. Malgré cela, une certaine confusion persiste quant
aux implications de ce pari, que nous tenterons de clarifier dans une
certaine mesure dans cet article. [76]
Les secteurs communistes libertaires chiliens ont commencé à soutenir
les options électorales de gauche en 2013. Au début, ils l'ont fait de
manière tactique, sans intervenir dans les campagnes, mais en appelant à
voter pour une rupture démocratique afin de renverser le régime
démocratique réactionnaire qui dirigeait le pays. Plus tard, lors du
processus électoral de 2018, l'Izquierda Libertaria a soutenu le Frente
Amplio (Front large), qui se présentait aux élections législatives.
Grâce à sa participation, le militant libertaire Gael Yeomans a été élu
député.[77]
Depuis lors, Izquierda Libertaria compte davantage de députés régionaux
et nationaux, ainsi que de sénateurs. Ces efforts ont abouti à la
formation d'un gouvernement progressiste dans le pays, dirigé par
Gabriel Boric, un ancien leader étudiant autonomiste de la même époque
que la FEL. Cependant, cela n'a pas entraîné la radicalisation attendue
de la société pour construire des alternatives révolutionnaires dans un
sens socialiste à travers le pouvoir populaire et le pouvoir
constituant. Le Chili reste un État capitaliste - de nature
progressiste, certes - sans la moindre trace de politiques socialisantes.
Comme on peut le constater, l'Izquierda Libertaria [78] avait abandonné
les postulats communistes libertaires traditionnels et était considérée
par ses rivaux et opposants au sein du courant communiste anarchiste
comme une dérivation logique de tout l'anarchisme especifiste. Pour
cette raison, et pour d'autres raisons également, elle a subi certaines
scissions [79], telles que Solidaridad FCL [80], dont certaines ont à
leur tour suivi la voie parlementaire, entraînant de nouvelles scissions.
Au niveau latino-américain, le mouvement especifiste s'est distancié de
tous ces groupes chiliens jusqu'à l'émergence de la Fédération
anarchiste de Santiago (FAS)[81] en 2019, qui s'est à nouveau alignée
sur le reste du mouvement international. Cette FAS apparaît donc comme
une rupture avec l'empreinte laissée par le communisme libertaire
chilien, revenant à l'especifisme latino-américain.
Du réseau à la coordination
Entre 2015 et 2019, le mouvement a connu un revers causé par des
problèmes que nous avons déjà évoqués, provoquant des divisions au sein
de certaines organisations du mouvement, entravant la compréhension,
favorisant la désorientation ou conduisant directement à la dissolution
de certaines organisations et à la destruction de mouvements entiers,
comme nous l'avons vu.
Tout n'a pas été décevant, bien sur. Alors qu'une organisation nationale
britannique (l'ACG) avait vu le jour en 2018, Die Plattform a été fondée
en 2019 en Allemagne, le plus grand État européen qui, jusqu'alors, ne
comptait aucune organisation du mouvement.
Lors des Jornadas Anarquistas de 2019, les organisations
latino-américaines ont évoqué la nécessité de relancer le mouvement.
[82] À cette époque, elles défendaient l'especifisme, ou, en d'autres
termes, l'anarchisme politiquement organisé, et cherchaient à le
consolider dans toutes les régions. Leur communiqué définissait le rôle
de l'organisation politique anarchiste, qui devait être chargée de
développer la théorie et les outils analytiques permettant de comprendre
la réalité et de mieux y opérer. Elles mettaient l'accent sur le travail
politique interne de chaque organisation afin d'éviter la confusion et
les impasses.
Nos vies dépendent de nos insertions [sociales], mais l'organisation
politique, ce petit moteur qui anime le mouvement populaire, est
nécessaire à ses côtés. L'organisation politique anarchiste, dans la
conception especifiste, n'est pas une avant-garde, mais plutôt une
organisation militante et abnégative, dont le but est d'encourager et de
guider un processus de rupture révolutionnaire avec une large
participation du peuple organisé. Nous respectons profondément la nature
spécifique de ce niveau. Nous avons appelé ce processus «pouvoir
populaire», un processus de construction des organisations du pouvoir
populaire qui remplaceront les structures du pouvoir bourgeois. Ainsi,
l'insertion sociale et l'organisation politique vont de pair et
s'articulent horizontalement d'une manière très différente de celle
proposée et développée par tous les mouvements d'avant-garde de la
gauche jusqu'à présent, qui n'ont fait que limiter le développement des
organisations populaires et les instrumentaliser comme des «appareils»
utiles à leurs partis. C'est pourquoi l'anarchisme especifiste parle
d'un peuple fort [Pueblo Fuerte] et non d'un «parti fort», comme l'ont
proposé tous les courants marxistes. Nous prônons un peuple fort, un
peuple qui construit son destin, ses propres opportunités et ses degrés
de liberté en fonction de son expérience de lutte, de développement et
de progrès dans le processus de rupture.
À la suite de cette initiative, les bases d'un nouveau travail
international ont commencé à être jetées. En décembre 2019, la
Coordination anarchiste latino-américaine (CALA) a été rétablie, formée
par la CAB (Brésil),[84] la FAR (Argentine),[85] et la FAU (Uruguay).
Ces organisations ont servi de point focal pour l'ensemble du mouvement
et ont pris le relais des organisations européennes, qui avaient
jusqu'alors joué un rôle de premier plan.
«... Nous sommes convaincus que l'anarchisme doit être opérationnel,
agile et en phase avec les nouvelles réalités sociales afin de faire
face à la dureté que ce système impitoyable impose à ceux qui se
trouvent au bas de l'échelle. Mais pour ce faire, nous le répétons,
l'anarchisme doit être organisé politiquement. C'est l'organisation
politique qui permet aux militants de mener les discussions et les
débats nécessaires, de faire des analyses pertinentes de la conjoncture,
de définir des plans d'action et de développement, d'affiner les
tactiques, mais aussi de concevoir une stratégie finale et de l'adapter
à chaque période d'action, à chaque conjoncture...» [85]
Avec CALA, l'ensemble du mouvement communiste libertaire international a
connu un regain d'énergie extraordinaire, à commencer par les efforts
remarquables de Nathaniel Clavijo (Uruguay), qui a fait appel à Dimitris
Troaditis (aujourd'hui basé à Melbourne, en Australie), Jonathan Payn
(aujourd'hui à Istanbul), Johnny Rumpf (Berne, Suisse) et Gio (France)
pour réorganiser le mouvement. Comme toujours, les vétérans accompagnent
les plus jeunes jusqu'à ce qu'ils comprennent comment cela fonctionne.
En 2020, année de la pandémie mondiale, les bases d'une coordination
internationale plus articulée qu'auparavant ont été jetées. Dès lors,
les réunions sont devenues beaucoup plus stables, car elles pouvaient se
tenir en ligne. Elles avaient lieu tous les mois ou tous les deux mois,
et une coordination assez naturelle s'est mise en place.
La raison de ces nombreuses réunions était la nécessité pour le
mouvement de publier des déclarations internationales. La première
visait à soutenir le soulèvement chilien et à exiger la libération des
personnes arrêtées lors des manifestations de décembre 2019. [86] Plus
tard, elle a été signée conjointement le 1er mai, puis le 28 juin, jour
de Stonewall, puis pour soutenir le peuple américain après le meurtre de
George Floyd par la police, également le 19 juillet, contre la
répression en Turquie, le 8 mars, pour commémorer l'anniversaire de
Krondstadt, la Commune de Paris, sur la pandémie, contre la guerre en
Ukraine, le génocide à Gaza, et bien d'autres encore. À chaque occasion,
entre 12 et 25 organisations du monde entier ont signé.
Un autre projet visait à soutenir des camarades anarchistes au
Soudan[87], qui avaient besoin d'une aide financière pour quitter le
pays. Aujourd'hui, certaines de ces personnes sont en train de revenir.
D'autres initiatives de coordination ont été les camps d'été et les
écoles, organisés indépendamment par chaque organisation, comme ceux
organisés par Embat et l'UCL depuis 2018 et 2020, respectivement. Dans
le cas du premier, en 2024, il a contribué à organiser la première
réunion especifiste en Espagne, en collaboration avec les organisations
Liza (Madrid) et Batzac - Joventuts Llibertàries (Catalogne), à laquelle
ont participé des personnes d'autres lieux et d'autres organisations. De
même, les camps français accueillent des militants britanniques,
allemands, suisses, espagnols ou italiens, selon les occasions. Die
Plattform a également organisé de tels camps, tandis qu'une école
politique anarchiste a été organisée en Australie, ce qui a contribué à
articuler la tendance jusqu'à la formation d'une fédération anarchiste
dans ce pays. Enfin, cet été, le premier camp de l'ACG britannique aura
lieu.
Pour un public extérieur, le développement de l'anarchisme organisé peut
sembler assez informel. Cependant, il s'agit d'un processus organique.
Il existait déjà une pratique antérieure remontant aux années 1990. Au
départ, il s'agissait d'un niveau personnel, composé de militants qui se
réunissaient parfois sans mandat de leurs organisations. Puis est venu
le niveau des réunions formelles des organisations, représentées par des
délégués. Le troisième niveau serait celui des groupes de travail
conjoints entre militants de différents pays qui mènent des projets
spécifiques. Il est nécessaire de savoir lire le processus et comprendre
les rythmes, qui sont parfois rapides et parfois lents. Le fait est qu'à
partir de 2020, la dynamique s'est accélérée.
En bref, la Coordination vers 2022 était composée des organisations
suivantes:
* Alternativa Libertaria (AL/FdCA) - Italie * Anarchist Communist Group
(ACG) - Grande-Bretagne * Federación Anarquista - Grèce * Aotearoa
Workers Solidarity Movement (AWSM) - Aotearoa/Nouvelle-Zélande *
Coordenação Anarquista Brasileira (CAB) - Brésil * Federación Anarquista
de Rosario (FAR) - Argentine * Federación Anarquista Uruguaya (FAU) -
Uruguay * Embat, Organització Llibertària de Catalunya * Libertäre
Aktion (LA) - Suisse * Melbourne Anarchist Communist Group (MACG) -
Australie * Organización Anarquista de Córdoba (OAC) - Argentine *
Organización Anarquista de Santa Cruz (OASC) - Argentine * Organización
Anarquista de Tucumán (OAT) - Argentine * Roja y Negra - Organización
Politica Anarquista (Buenos Aires) - Argentine * Organisation Socialiste
Libertaire (OSL) - Suisse * Tekosina Anarsist (TA) - Rojava * Union
Communiste Libertaire (UCL) - France, Belgique et Suisse * Grupo
Libertario Vía Libre - Colombie
Certaines organisations turques, telles que DAF[88] et Karala, qui ont
depuis été dissoutes, ont également participé. Dans ces cas, ces
organisations ne se définissaient pas comme communistes libertaires ou
anarcho-communistes, mais simplement comme anarchistes, mais il y avait
toujours une compréhension mutuelle. De même, des relations ont toujours
été maintenues avec Tekosîna Anarsîst,[89] une organisation composée de
militants anarchistes internationaux au Rojava.
Lors de certaines des premières réunions, des contacts ont également été
établis avec des organisations iraniennes et philippines, même s'il
était clair qu'elles ne partageaient pas les fondements fondamentaux du
mouvement et que leurs chemins divergeaient. Néanmoins, à partir de
2020, on a constaté une augmentation du nombre de groupes et de
militants dans le monde entier. Dans certains pays, cette croissance a
conduit à la création d'organisations nationales regroupant plusieurs
groupes locaux, comme en Australie, en Allemagne et en Argentine.
La plupart des organisations pendant cette période se sont concentrées
sur l'approbation et l'élaboration de leurs propres programmes,
dépassant le modèle des groupes anarchistes qui n'avaient qu'une vague
compréhension de la réalité et dont le militantisme n'était uni que par
des principes, l'objectif lointain du communisme libertaire et peu
d'autres choses.
La Coordination internationale de l'anarchisme organisé
Le résultat de ce qui précède a été la création officielle de la
Coordination à la fin de l'année 2024. Cette Coordination n'a pas la
forme d'une Internationale, mais plutôt celle d'un réseau. Elle dispose
de sections continentales en Europe et en Amérique, et quelque chose de
similaire sera peut-être mis en place à moyen terme en Asie-Pacifique,
mais elle s'articule principalement au niveau mondial.
L'un de ses projets est le site web anarkismo.net, qui sert désormais de
porte-parole à l'ensemble du mouvement au niveau international.
Depuis l'époque des communiqués, une organisation sud-coréenne et la
Black Rose Federation des États-Unis ont rejoint la Coordination.
Plusieurs autres organisations ont fait leur apparition, créant une
carte de plus en plus complexe et difficile à suivre.
Il convient de souligner l'insistance de la CALA sur l'unité théorique
et stratégique de toutes les organisations de la Coordination. Cela a
permis à presque toutes les organisations de s'auto-évaluer et de mener
leurs débats idéologiques, théoriques et stratégiques, aboutissant à des
analyses de la situation actuelle, des programmes et des lignes
politiques. À cette époque, plusieurs organisations non
latino-américaines ont également commencé à se qualifier
d'«especifistes», et de nouvelles organisations ont vu le jour ailleurs
avec cette définition, ignorant les constructions plus traditionnelles
de leurs régions.
En ce qui concerne les organisations actuellement coordonnées, il s'agit
des suivantes:
Amérique * Black Rose Anarchist Federation / Federación Anarquista Rosa
Negra - États-Unis * Grupo Libertario Vía Libre - Colombie * Federación
Anarquista Santiago - Chili * Roja y Negra, Organización Política
Anarquista - Buenos Aires, Argentine * Federación Anarquista Uruguaya
(CALA) * Coordenação Anarquista Brasileira (CALA): * Federação
Anarquista Gaúcha - Rio Grande do Sul * Federação Anarquista Cabana -
Belem do Pará * Organização Resistência Libertária - Ceará * Federação
Anarquista Quilombo de Resistência - Bahia * Fédération anarchiste des
Palmares - Alagoas * Collectif anarchiste Luta de Classe - Paraná *
Collectif anarchiste Bandeira Negra - Santa Catarina * Organisation
anarchiste Maria Iêda - Pernambuco * Il existe également une structure
anarchiste en Argentine composée de: * Fédération anarchiste de Rosario
(CALA) * Organisation anarchiste de Tucumán * Organisation anarchiste de
Córdoba * Organisation anarchiste de Santa Cruz * Organisation
révolutionnaire anarchiste - Buenos Aires
Europe * Groupe communiste anarchiste - Grande-Bretagne * Die Plattform
- Allemagne * Embat, Organització Llibertària de Catalunya * Midada,
Libertär, Sozialistisch, Organisiert - Suisse * Organisation socialiste
libertaire - Suisse * Union communiste libertaire - France, Belgique et
Suisse * Alternativa Libertaria - Italie
Moyen-Orient * Tekosîna Anarsîst - Rojava
Asie-Pacifique * Mouvement de solidarité ouvrière anarchiste -
Nouvelle-Zélande * Solidarité anarchiste / Anarchist Yondae - Corée du
Sud * Fédération communiste anarchiste - Australie: * ACF-Brisbane -
Communistes anarchistes Meanjin * ACF-Melbourne - Groupe communiste
anarchiste de Melbourne * ACF-Geelong - Communistes anarchistes de Geelong
Il existe actuellement d'autres groupes et organisations communistes
libertaires aux États-Unis, au Canada, au Brésil (le nouveau OSL est
remarquable par sa taille), en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne,
en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suède, en Finlande, en Grèce,
à Chypre, en Turquie, en Indonésie et en Nouvelle-Zélande. Ces groupes
n'appartiennent pas à la Coordination internationale, mais maintiennent
des contacts avec une ou plusieurs organisations du courant, qui sont
aujourd'hui plusieurs dizaines au total. Bien sur, ils participent
également activement à l'ensemble du mouvement, car la Coordination ne
représente en aucun cas l'ensemble du mouvement et ne prétend pas
l'être. Quoi qu'il en soit, ces centaines (voire déjà des milliers) de
militants internationaux construisent une alternative libertaire solide
qui s'est déjà positionnée au sein du mouvement anarchiste au sens large.
Aperçu
Nous conclurons en passant en revue les périodes actuelles:
* Le courant anarcho-communiste de l'anarchisme remonte à ses tout
débuts avec l'Alliance internationale pour la démocratie socialiste. Sa
tradition remonte à plusieurs décennies. Après la Seconde Guerre
mondiale, ce courant s'est réduit à quelques pays seulement. Parmi
ceux-ci, la France, l'Italie et l'Uruguay ont connu les mouvements les
plus importants, qui ont survécu jusqu'aux années 1980 malgré toutes
sortes de difficultés.
* Dans les années 1980, plusieurs organisations solides ont été créées
et ont perduré pendant de nombreuses années: l'OSL (fondée en 1982 en
Suisse), le WSM (fondé en 1984 en Irlande), la FdCA (1986, Italie),
l'Union des Travailleurs Communistes Libertaires (1986, France), la FAG
(1985, Brésil), la FAU (réorganisée en 1986, Uruguay) et Anarchist
Federation (1986, Grande-Bretagne, initialement anarcho-communiste). Ces
organisations ont maintenu des contacts entre elles, mais les courants
synthétistes et anarcho-syndicalistes ont largement prédominé au sein du
mouvement anarchiste.
* Dans les années 1990, de nouvelles organisations ont commencé à voir
le jour. Alternative Libertaire (1991, France; issue d'organisations
précédentes), FAG (1995) et OSL (1997) au Brésil; OSL (1996), ORA
(Rosario) et AUCA (La Plata) en Argentine; CUAC au Chili (1999), entre
autres; divers groupes aux États-Unis et au Canada; ORA (1996,
République tchèque); WSF (1995, Afrique du Sud)... Formant une relation
organique, d'une part, en Amérique latine à travers la FAU et la FAG, et
d'autre part, en Europe à travers Alternative Libertaire, l'OSL et la
FdCA, dont les fronts syndicaux se rapprochent de la CGT-E, et cette
dernière les invite à ses réunions. En parallèle, la liste de diffusion
Anarchist Platform a vu le jour, mettant en contact le platformisme
anglo-saxon.
* Dans les années 1999-2003, l'articulation du mouvement s'accélère à
travers le mouvement de résistance contre la mondialisation capitaliste.
Des groupes et des organisations apparaissent en de nombreux endroits
(trop nombreux pour être cités ici), créant des espaces d'interaction,
tels que l'ELAOPA, les Jornadas Anarquistas et la CALA en Amérique
latine, et le SIL en Europe, bien que ce dernier ait également apporté
sa solidarité aux initiatives du Sud. L'ensemble du mouvement
anarcho-communiste s'est développé.
* Période 2004-2009. Ces années ont été marquées par des hauts et des
bas dans les luttes sociales. Cependant, le mouvement entretenait déjà
des relations politiques. Cela a abouti à la création d'anarkismo.net
(2005), à la signature de déclarations de solidarité et aux premières
rencontres internationales. La crise économique et financière mondiale
de 2008 a éclaté.
* Entre 2010 et 2014, le mouvement a connu une nouvelle expansion et une
coordination renforcée. Les initiatives se sont multipliées: le réseau
anarchiste s'est consolidé, de nouvelles déclarations ont été signées,
la rencontre de Saint-Imier a eu lieu (2012), de nouveaux groupes et
organisations ont vu le jour, et le mouvement anarchiste s'est étendu à
de nouveaux pays où il n'était pas présent en Asie et en Afrique.
* Période 2015-2019. Une fois de plus, une période de flux et de reflux.
Certaines organisations vétérantes se sont dissoutes, d'autres sont
entrées en crise et en stagnation, d'autres encore ont souffert de
scissions ou ont changé de ligne idéologique. Cependant, l'inertie
précédente a continué à produire de nouvelles organisations.
* Enfin, la période de 2020 à aujourd'hui a donné lieu à une plus grande
coordination internationale et à un climat propice à la création de
nouvelles organisations, aidées par la crise traversée par d'autres
courants de l'anarchisme. À ce stade, le mouvement communiste libertaire
n'est plus inconnu. Il n'est certes pas très important, mais il semble
beaucoup plus solide que d'autres courants de l'anarchisme.
Texte de Miguel G. Gómez (Embat), synthétisé et traduit par Alexis
(Commission internationale)
NOTES
1. https://www.unioncommunistelibertaire.org/
2. https://alternativalibertaria.fdca.it/wpAL/
3. https://federacionanarquistauruguaya.uy/
4. Communication par courrier avec José Maria Olaizola, 05/202025
5. Cette organisation syndicale française remonte à 1981 en tant que
groupe de 10 fédérations autonomes et syndicats nationaux indépendants.
Il a été considérablement influencé par les courants trotskistes et,
dans certains cas, libertaires. Dans les années 90, elle comptait
environ 50 à 60 000 membres.
6. Connu sous le nom de CIB Unicobas, il s'agit d'une organisation de
syndicalisme de base italien, qui fait partie du phénomène des "Cobas"
(comités populaires). Unicobas a été fondé en 1991 et est rapidement
entré en contact avec un syndicalisme alternatif. Il comptait 5 000 membres.
7. Une organisation anarcho-syndicale fondée en Suède en 1910 sous le
nom de Sveriges Arbetares Central. Dans les années 1950, il a été exclu
de l'IWA, entrant en conflit avec le CNT espagnol exilé. Une rivalité
existe depuis. Lorsque le CNT espagnol s'est séparé dans les années
1980, donnant naissance à la CGT, cette nouvelle organisation a repris
contact avec l'union suédoise.
8. La Confédération Romande du Travail (CRT) a été fondée au début des
années 1970 par le syndicalisme chrétien. Plusieurs années plus tard, en
raison de l'influence des syndicalistes militants, il a changé de
direction et est devenu une partie du secteur des syndicats et des
tendances de l'époque qui cherchait à développer un syndicalisme
alternatif. Il a été dissous en 1996. Son héritage de syndicalisme
militant sera plus tard repris par le SUD du canton de Vaud.
9. Ibid.
10. En anglais, voir «International Libertarian Meeting».
https://web.archive.org/web/20080223130405/http://flag.blackened.net/rev
En français, voir Alternative Libertaire, no. 36, octobre 1995, p. 14 à 15:
https://www.archivesautonomies.org/IMG/pdf/communismelib/alternative-lib
11. Conversation avec Nathaniel Clavijo, 23/05/2025.
12. La Confédération sibérienne du travail (SKT) a été fondée en mars
1995 par des anarcho-syndicales de Sibérie, qui jusqu'alors avaient été
regroupés dans une «Confédération d'anarcho-syndicales» de 1989 à 2000.
Il est passé à environ 5 000 membres, selon sa propre source.
13. Lucien Van der Walt, «Rapport sur le Autre Futur», Sommet de Paris,
26 aout 2015
https://lucienvanderwalt.com/2015/08/26/lucien-van-der-walt-2000-report-
14. https://www.wsm.ie/
15. Annonce de la liste de diffusion électronique de la plate-forme
anarchiste
https://www.struggle.ws/exwsm/c/announcing-anarchist-platform-email-list...
16. Trente ans de vie... 11/01/2016
https://alternativalibertaria.fdca.it/wpAL/blog/2016/11/01/1986-2016-30-...
17. https://zabalaza.net/
18. Le texte peut être lu dans sa langue originale ici:
https://www.cabn.libertar.org/wp-content/uploads/2012/02/FARJ--zANARQUIS...
19. Entretien avec la FdCA par la NEFAC, 2003
https://anarchistplatform.wordpress.com/2010/06/14/the-global-influence-...
20. contre la mondialisation capitaliste Alternative Libertaire, mai
2001, p. 11
https://www.archivesautonomies.org/IMG/pdf/communismelib/alternative-lib...
21. On trouvera une référence écrite au verso du journal du XVIIe
Congrès de la CGT à La Corogne, le 20 octobre 2013. Juan Pilo indique
que le voyage de Mechoso en Europe a accéléré les contacts. Ils ont
notamment contacté Olaizola, alors secrétaire général de la CGT.
https://cgt.org.es/wp-content/uploads/2013/10/disario3.qxd.pdf
22. Olaizola, 05/20/2025
23. Voir quelques déclarations de RL sur le site Internet de Radio Klara:
https://www.radioklara.org/radioklara/? tag-rouge-liberté-apoyo-mutuo
24. Naissance d'un réseau international libertaire. Extrait de mai
numéro de l'Alternative Libertaire (France):
https://www.ainfos.ca/01/jun/ainfos00171.html
25. Consultation avec José Maria Olaizola. 05/18/2025
26. Déclaration de la Réunion internationale libertaire. 31 mars 2001
https://www.fdca.it/fdcaen/ILS/ils-madrid.htm
27. https://www.instagram.com/fag.cab/
28. Entretien avec l'ORA du NEFAC, 2003:
https://anarchistplatform.wordpress.com/2010/06/14/the-global-influence-...
29. La «magonisme» est considérée comme un type de communisme libertaire
originaire du Mexique. Il tient compte de l'influence des peuples
autochtones et s'appuie sur leurs coutumes et formes traditionnelles
d'organisation communautaire. Ces idées sont devenues populaires dans
les années 1990. Le concept de «magonisme» vient de Ricardo Flores
Magon, l'un des moteurs de la révolution mexicaine de 1910, qui était
anarchiste.
30. Le Conseil autochtone populaire d'Oaxaca (CIPO-RFM) de Ricardo
Flores a été actif entre environ 1997 et 2006. Il a coordonné diverses
organisations autochtones locales dans l'État d'Oaxaca. Il s'est déplacé
à l'échelle internationale dans les cercles libertaires.
https://es.wikipedia.org/wiki/Consejo-Ind%C3%ADgena-Popular-de-Oaxaca-%2...
31. L'acronyme est l'acronyme de la Fédération anarchiste de zabalaza.
32. https://www.nodo50.org/auca/menu%20que%20es%20auca.html
33. La NEFAC est l'acronyme de la Fédération anarchiste du Nord-Est. Il
a uni des groupes de Nouvelle-Angleterre et du Québec. Leurs textes
peuvent être trouvés ici:
https://libcom.org/tags/nefac
34. Par exemple, la conférence de 2008 organisée par la CGT à Madrid,
«Une critique libertaire de la situation actuelle»
https://info.nodo50.org/Jornadas-Una-critica-libertaria-de.html
35. Pour plus d'informations, lisez José Antonio Gutiérrez, «Réflexions
sur vingt ans d'anarcho-communisme au Chili», 24 février 2020.
https://www.anarkismo.net/article/31737
36. Pour voir les photos de la première réunion:
https://www.nodo50.org/rprj/elaopa/fotos.htm
37. Pour consulter certains documents initiaux d'ELAOPA:
https://www.nodo50.org/rprj/elaopa/forum.htm
38. Réunion latino-américaine des organisations populaires autonomes
(ELAOPA) à Santiago (Chili). Rojo y Negro No. 397, février 2025.
https://rojoynegro.info/articulo/encuentro-latinoamericano-de-organizaci...
38. Déclaration finale de la Conférence anarchiste de 2003:
https://federacionanarquistauruguaya.uy/declaracion-final-de-las-jornada...
39. Liste publiée par Daniel Barret, The Seditious Awakenings of
Anarchy. Buenos Aires: Libros de Anarres, 2011. pp. 153 - 154
40.
https://uniaoanarquista.wordpress.com/wp-content/uploads/2013/12/el-anar...
41. Anarkismo.net. Entretien avec l'un des fondateurs
https://ithanarquista.wordpress.com/wp-content/uploads/2020/08/jose-anto...
42. Lorsqu'un réseau anarcho-communiste a été formé, des organisations
anarcho-syndicales, telles que la CGT, la SAC, les Vignoles du CNT, et
des syndicalistes de base, tels que Unicobas ou le SUD, se sont réunis
dans de nouveaux réseaux, tels que la FESAL, le Réseau des syndicats
internationaux de solidarité et de lutte, ou la Coordinadora Rojinegra.
43. Extrait de l'interview de l'Action autonome de la Russie avec la zac
en 2010. L'entretien peut être lu à l'adresse suivante:
https://zabalaza.net/2010/12autonome-action-russia-interviews-the-...
44. http://eclibertaire.free.fr/
45. Nick Heath est actuellement membre du groupe communiste anarchiste.
Il publie sous le pseudonyme de BattleScarred.
46. https://anarchistplatform.wordpress.com/
47. Ilan a été interrogé en grande partie en 2025:
https://alasbarricadas.org/noticias/node/57055
48. https://columnalibertaria.blogspot.com/
49. http://www.farj.org/
50. Felipe Corrêa. Entretien avec Mya Walmsey. Éléments de la théorie et
de la stratégie anarchistes. Entretien avec Felipe Corrêa. Mars 2022.
51. https://avtonom.org/fr
52. https://melbacg.au/
53. https://libcom.org/tags/liberty-solidarity
54. Déclaration anarcho-communiste sur la crise économique mondiale et
la réunion du G20, 11/17/2008. https://www.anarkismo.net/article/10681
55. Europe: Les communistes libertaires résistent aux Liaisons.
02/03/2010 https://www.unioncommunistelibertaire.org/?
Europe-Les-communistes-libert...
Les accords peuvent être lus ici:
https://www.unioncommunistelibertaire.org/? Rencontre-europeen-de-group...
56. https://www.blackrosefed.org/about/
57. L'ACR ne dissoudrait pas les secrétariats internationaux de chaque
organisation régionale ou locale du Coordonnateur jusqu'en 2016, chacun
participant indépendamment à la coordination internationale jusque-là.
58. Déclaration de solidarité internationale à l'égard des 46 militants
détenus dans le pays. 02/28/2011
https://www.anarkismo.net/article/18895? search-text-declaraci%F3n-intern...
59. Déclaration internationale libertaire en solidarité avec la lutte
populaire en Égypte, 11/25/2011
https://www.anarkismo.net/article/21228
60. http://www.iceautogestion.org/index.php/es/
61. Le WSM participe à la conférence des organisations anarchistes
européennes à Londres. 31 mars 2011
https://www.struggle.ws/exwsm/c/wsm-conférence-european-anarkismo-london...
62. Le Forum de la FAO a été l'un des précurseurs de l'ACR. C'est
l'espace où les organisations brésiliennes se réunissent pour débattre.
63. Conférence anarchiste janvier 2011. Sao Paulo. 27 avril 2011
https://federacionanarquiuruguaya.uy/jornadas-anarquistas-enero-janei...
64. Délégations reviennent du Rassemblement anarchiste international à
Saint-Louis Imier. 21 aout 2012
https://www.struggle.ws/exwsm/sites/default/files/MaydayAnarchistStateme...
65. José Maria Olaizola Albéniz. La nécessité pour les anarchistes de
s'organiser (II). Hernani, le 27 janvier 2013
https://www.anarquia.cat/la-necesidad-de-organizarse-los-anarquistas-ii/
66. mai. Construire un nouveau mouvement des travailleurs.
https://www.struggle.ws/exwsm/sites/default/files/MaydayAnarchistStateme...
67. Déclaration internationale de solidarité avec la résistance kurde,
10/22/2014
https://www.anarkismo.net/article/27505
68. Nous, les communistes anarchistes/libéraux dans la salle de classe,
dans l'Europe de la capitale, 12/11/2017
https://www.anarkismo.net/article/30713
69. La carte n'a pas été mise à jour, elle sert donc à montrer l'état du
mouvement communiste libertaire cette année-là.
70. Envisager, par exemple, ces messages reçus par l'UCL en 2015:
https://www.unioncommunistelibertaire.org/? Messages internationaux
71. WSM Déclaration de clôture
https://libcom.org/article/workers-solidarity-mouvant-fering-state
72. https://www.motmakt.no/
73. https://www.anarchistcommunism.org/
74. 2017 Déclaration sur l'affaire Michael Schmidt / Declaraçao sobre o
caso Michael Schmidt
https://ithanarquista.wordpress.com/2017/03/23/2017-statement-on-michael...
75. Entretien avec l'UMMEM, 04/03/2008:
https://www.alasbarricadas.org/noticias/node/7092
76. Félitoze Ramarez, Un mouvement révolutionnaire de la gauche
libertaire. 03/11/2013
https://periodico-solidaridad.blogspot.com/2013/11/declaracion-nacional-...
77. Voir https://es.wikipedia.org/wiki/Izquierda-Libertaria
78. https://www.instagram.com/izqlibertaria/? hlés
79. En ce qui concerne l'éclatement de la gauche libertaire, certains
activistes ont publié cette déclaration:
https://www.tercerainformacion.es/articulo/internacional/30/03/2017/chil...
80. https://solidaridadfcl.org
81. https://fasanarquista7.wordpress.com/
82. Conférence anarchiste 2019, 03/20/2019.
https://www.anarkismo.net/article/31339
83. https://www.instagram.com/cabanarquista/
84. https://www.instagram.com/far-rosario/
85. Déclaration de lancement de la CALA. 15 décembre 2019
https://federacionanarquicrsuruguaya.uy/comunicado-de-lanzamiento-de-la-...
86. Déclaration internationaleniste commune pour la liberté des
prisonniers politiques de l'insurrection sociale dans la région
chilienne, 12 décembre 2019
https://www.anarkismo.net/article/32109
87. Mise à jour sur la campagne pour les anarchistes soudanais. 18 avril
2024
https://www.anarkismo.net/article/32877? search-text-Sud
88. https://www.facebook.com/DAFederasyon/
89. https://tekosinasanrsist.noblogs.org/
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Creation-et-evolution-d-une-coordination-mondiale
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