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(fr) Socialisme Libertaire - C'est quoi être français?
Date
Wed, 20 Aug 2025 20:38:57 +0100
«Ma patrie c'est le monde, ma famille l'humanité! ---- Comme si nos
dirigeants ne nous déversaient pas d'habitude suffisamment de mensonges
et d'inepties, voilà qu'ils nous sortent du chapeau un sujet propice à
toutes les élucubrations et même porteur de guerre: celui de l'identité
nationale. ---- Le «Ministère de l'immigration, de l'intégration, de
l'identité nationale et du développement solidaire» (ouf) bat la grosse
caisse autour de cette angoissante question: «Qu'est-ce qu'être
Français». Remarquons tout d'abord que, quand on s'intitule «Ministère
de l'identité nationale», c'est qu'on doit bien avoir une petite idée
sur le sujet (et même une arrière pensée...). ---- Soulignons ensuite
que, si le sujet est filandreux, l'objectif à court terme de l'opération
est évident: la droite présidentielle, en attisant le nationalisme
«français» espère ramener à elle aux prochaines élections les voix du FN
et des gros réacs.
En même temps, les pouvoir publics locaux subventionnent grassement (en
ces temps pourtant réputés de vaches maigres), sous l'oeil d'une
bureaucratie bruxelloise complice, toutes les initiatives susceptibles
d'attiser le nationalisme dans sa version régionale. L'objectif immédiat
est identique au précédent: il s'agit de tenter de ramasser des voix. Si
pour l'électeur genre «Pêche, chasse et tradition» le choix peut se
révéler cornélien, ballotté qu'il va être en son amour du lepenisme
national et celui de la choucroute (ou du cassoulet) du cru; un tantinet
de réflexion montre que l'un (le régionalisme) n'est pas l'opposé de
l'autre (le nationalisme) mais simplement son reflet en miroir déformant
qui rendrait simplement tout plus petit, plus étroit, et encore plus
mesquin si cela était possible.
Bref, c'est toujours «d'identité» qu'il s'agit, et, pour tous les
pouvoirs, nous faire avaler la pilule identitaire est un combat
essentiel. A Toulouse, par exemple, le dernier coup de force (sans débat
public préalable, paraît que c'est ça la démocratie) a été d'imposer le
patois dans les annonces du métro. Que ne ferait-on pas pour satisfaire
un petit lobby (qui sinon «irait à droite», comme il l'a fait dans
l'histoire, Vichy n'est pas si loin...) et espérer engranger quelques
misérables voix de plus...?
Quant au résultat essentiel de toute cette propagande, il est commun aux
deux protagonistes et parfaitement évident: diviser pour mieux régner.
Diviser la population entre «les vrais Français» et les autres
(nécessairement «faux» dans cette dialectique), diviser tout autant les
habitants entre ceux dont les grand-parents parlaient patois et qui
seraient donc de «chez nous» et ceux qui ont pour langue maternelle le
français, ou qui on appris le français quand leur langue maternelle
était l'arabe, le roumain, le turc, le portugais ou le vietnamien. A
tous ceux là, les politiques régionalistes signifient qu'ils sont des
sujets méprisables et de second rang. Quelle plus grande marque de
mépris en effet que de s'adresser à quelqu'un, sciemment, dans une
langue qu'il ne connaît pas alors qu'on peut lui parler dans une langue
qu'il connaît (et qu'il a appris parfois en faisant beaucoup d'efforts)?
Ajoutons que ces nationo-régionalismes reposent sur des présupposés
culturels, historiques ou autres parfaitement inexacts. Ainsi, pour ne
donner qu'un exemple, qui sera développé dans les pages suivantes, la
notion de «Nation», à la base même du nationalisme, n'a, si l'on se
réfère à l'histoire de France, rien à voir avec ce qu'on nous présente
maintenant sous le même nom. Un simple détail, surement, comme dirait un
nationaliste bien connu...
Face à tous ceux qui développent leurs particularismes, leurs
communautarismes, leurs nationalismes, leurs régionalismes, face à tous
«les imbéciles heureux qui sont nés quelque part» comme le chantait si
bien Georges Brassens, nous répondrons, comme le fit Federica Montseny,
au cours de ce qui fut le plus grand rassemblement de l'histoire de
l'anarchisme et probablement le plus grand meeting qui eut lieu dans
toute l'Espagne après la mort de Franco, à Barcelone, en langue
espagnole (et non en catalan, qu'elle maîtrisait parfaitement et parlait
dans son intimité): «Ma patrie, c'est le monde; ma famille, l'humanité,
et ma classe sociale, celle des exploités.»
B.
SOURCE: CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme!
https://www.socialisme-libertaire.fr/2025/03/c-est-quoi-etre-francais.html
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