|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 30 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Francais_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkurkish_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours
Links to indexes of first few lines of all posts
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Alternative Libertaire #349 (UCL) - Economie sociale et solidaire: Smart, ou trahir l'idée de coopérative sociale
Date
Sat, 18 May 2024 12:29:13 +0100
Les promesses n'engagent que celles et ceux qui y croient. Et Smart, qui
se voulait une alternative à l'ubérisation, l'a montré en licenciant la
majorité de ses salarié·es en 2022. Partie d'une idée mutualiste, cette
coopérative s'est lancée à la conquête des marchés avant de fuir ses
responsabilités. ---- Smart est une coopérative franco-belge qui, du
côté du siège social lillois est structurée en société coopérative
d'intérêt collectif (Scic). C'est donc une entreprise classique avec un
chapeau coopératif - un vernis, diront les mauvaises langues. ---- Ce
que propose Smart, c'est du «portage salarial». Des travailleuses et
travailleurs indépendants qui ne veulent pas être auto-entrepreneurs
sont juridiquement salarié·es par Smart, ce qui leur permet de cotiser
au chômage, à la retraite, à l'assurance maladie, etc. Au passage, Smart
ponctionne une commission.
Pour la théorie: très bien. Dans les faits, on est loin du compte:
incompétences, désorganisation perpétuelle, surcommunication, salarié·es
permanent·es délaissé·es sous couvert d'«autonomie des équipes», etc. La
liste des griefs est longue.
Courant 2022, c'est le choc: Smart annonce un plan de licenciement de
88% des permanent·es. Officiellement on incrimine la crise sanitaire et
un conflit juridique avec Pôle Emploi Spectacle; en réalité Smart se
retire de France après des années de déficit, et laisse tomber les
salarié·es.
L' «expérimentation», un alibi
Mais qu'est-ce qui poussait cette entreprise platement capitaliste à se
prévaloir de l'«économie sociale et solidaire» (ESS) et à prétendre
«refaire le monde du travail»?
D'abord, cela permettait de faire de l'«expérimentation sociale», un
concept répandu dans le secteur, qui consiste à tester des pratiques aux
frontières de la légalité, puis de chercher à les injecter dans le droit
- d'où, par exemple, la loi ESS du 31 juillet 2014. L'«expérimentation»
fournit un alibi pour justifier un amateurisme perpétuel, puis invoquer
la fatalité au moment de se débarrasser de celles et ceux qu'on a
embarqué trop loin dans l'aventure.
Ensuite, c'est valorisant: l'image de coopérative démocratique avec un
logo rose tape-à-l'oeil permet de se différencier d'autres entreprises
de portage. L'opération séduction, au sein des permanent·es, marcha un
temps. En fait de démocratie, le poids des votes est réparti en fonction
de collèges. Pour faire court, l'ensemble des 8 750 sociétaires ne
pèsent que 25% de la décision, là où cinq partenaires ou financeurs en
pèsent 50%. Pas étonnant donc qu'à l'AG du 21 novembre 2021, seul·es 78
sociétaires aient pris part au vote.
Enfin, la structuration en coopérative n'a nullement empêché Smart
Belgique de se dissocier de Smart France au moment du plan de
licenciements, mené par un administrateur judiciaire, sur le périmètre
exclusif de la filiale française en faillite, sans demander de comptes à
la maison-mère belge, bénéficiaire sur l'exercice. Elle s'en est lavé
les mains.
Malgré ces déboires, l'ambition de Smart est intacte. Dénoncer son
social-washing ne signifie pas dénoncer toute l'ESS en soi - même si on
peut rire de sa prétention à être une alternative au capitalisme privé
et à l'État. Il y a des forces vives et des espoirs dans ce secteur,
mais les garde-fous sont totalement insuffisants pour empêcher son
instrumentalisation par des opportunistes vénaux.
Un·e ancien·ne salarié·e de Smart
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Economie-sociale-et-solidaire-Smart-ou-trahir-l-idee-de-cooperative-sociale
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center