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(fr) Alternative Libertaire #346 (UCL) - Loi Immigration: Après la décision du Conseil constitutionnel, la lutte continue
Date
Fri, 23 Feb 2024 09:59:16 +0000
Le mythique «barrage républicain» à l'extrême droite a depuis longtemps
explosé et le RN clame une «victoire idéologique». Au-delà de l'aspect
symbolique, ce projet aurait très concrètement constitué une dégradation
grave des droits et des conditions de vie de centaines de milliers de
français·es, d'étrangers et d'étrangères dans le pays. ---- La loi
amendée par le Sénat adoptait le principe de «préférence nationale» du
RN. L'impossibilité d'obtenir un accès aux prestations sociales aurait
plongé des dizaines de milliers de familles et de personnes déjà isolées
dans la misère. ---- La remise en cause du droit du sol et la
perspective pour les binationaux d'êtres potentiellement déchu·es de
leur nationalité entérinaient une inégalité de droits entre citoyen·nes
selon leur origine.
Cette loi induisait une criminalisation des sans-papiers et des
personnes étrangères: délit d'irrégularité, expulsions pour «trouble à
l'ordre publique» ou «non-respect des valeurs de la République»,
imposition d'une caution d'expulsion aux étudiant·es extra-européen·nes.
Des mesures humiliantes exposant les personnes étrangères à l'arbitraire
de la justice et de la police tout en plaçant de fait leurs soutiens en
complices de délits.
Toujours plus d'obstacles étaient dressés sur le chemin des demandeurs
et demandeuses de visas: systématisation des OQTF pour les personnes
déboutées de l'asile et des ITF (Interdiction du territoire français)
pour celles rendues coupables de délits, restriction du regroupement
familial et justice rendue de façon toujours plus hâtive dans l'examen
des demandes d'asile.
Poursuivre la mobilisation
La mobilisation contre cette loi a été lancée il y a plus d'un an par
les collectifs de sans-papiers, les sections syndicales de travailleurs
et travailleuses sans-papiers, des associations et la Marche des
Solidarités.
Depuis octobre, la mobilisation s'est accrue. Plus de 400 organisations
opposées au projet ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes
sur tout le territoire. Les manifestations nationales des 14 et 21
janvier ont encore démontré la hausse de la mobilisation contre le
projet. Certains secteurs, ceux de l'éducation et de la santé notamment,
ont déposé des préavis de grèves, lesquelles avaient déjà éclatées en
octobre dernier sur les chantiers des JO employant des travailleurs
sans-papiers.
Les décisions du Conseil constitutionnel sont loin d'avoir enterré le
mouvement et de nouvelles mobilisations nationales devraient se
poursuivre dès le 3 février.
Une censure loin d'être suffisante
Les mesures censurées citées l'ont été pour vice de forme plutôt que
pour leur nature raciste. Rien ne dit que ces mesures ne seront pas à
nouveau proposées à l'Assemblée dans les mois à venir. Pire, plusieurs
des plus mauvaises mesures ont été conservées: déchéance de nationalité,
fin de la collégialité dans l'examen des demandes d'asile, non
délivrance ou renouvellement du titre de séjour en cas de «non-respect
des principes de la République», systématisation des OQTF pour les
demandeurs et demandeuses d'asile débouté·es et des ITF pour les
personnes rendu·es coupables de délits.
Nous ne pouvions pas compter sur une institution réactionnaire pour nous
préserver du fascisme. C'est dans nos lieux de vie, de travail, d'étude
et dans la rue qu'une réelle force antiraciste sera capable de s'opposer
à la destruction du droit du sol, d'asile et à la fabrique de sans-papiers.
Des papiers pour toutes et tous, maintenant, ou pas de papiers du tout!
Commission antiracisme de l'UCL
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Loi-Immigration-Apres-la-decision-du-Conseil-Constitutionnel-la-lutte-continue
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