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(fr) Socialisme Libertaire - Écolo-scepticisme: à qui profite le doute
Date
Fri, 16 Feb 2024 11:44:41 +0000
«Catastrophisme ou anesthésie? ---- D'aucuns prétendent que la société
se trouve soumise à une offensive catastrophiste, livrée à un gout
macabre pour les pronostics les plus sombres, en proie à un gouvernement
par la peur. Certes des écologistes ont commis des erreurs
d'appréciation dans leurs hypothèses, prêtant le flanc à une critique
facile. Certes aussi, les politiciens s'y entendent, lorsque la
situation l'exige, à exacerber les craintes, à jouer sur le registre de
l'émotion. Mais, s'agissant des questions écologiques, c'est plutôt le
phénomène inverse qu'il faut dénoncer à l'encontre des détenteurs du
pouvoir. Combien de censeurs, combien d'autruches pour un lanceur
d'alerte? ---- L'attitude majoritaire, chez les dirigeants, ne
consiste-t-elle pas à nier l'évidence, à rassurer à tout prix, à
minimiser les risques, à masquer les périls, à voiler les
avertissements, à dissimuler les signaux qui clignotent, à étouffer les
alarmes qui se multiplient, quitte à infantiliser l'individu? Quand les
académiciens arrogants taisent les menaces et les dégâts des nitrates,
de la dioxine, de l'amiante, du nucléaire, des OGM ou des
nanotechnologies, défendant ouvertement les intérêts des industriels,
s'attachent-ils à alerter ou à endormir? Faut-il rappeler que l'Académie
de médecine estime que le principe de précaution constitue «une pression
dangereuse sur la décision politique», «un obstacle à la démarche
scientifique et aux innovations technologiques»?
Combien de chercheurs ont vu leur carrière brisée parce qu'ils
s'obstinaient à crier la vérité, à démontrer la toxicité d'un produit, à
mesurer l'impact d'une pollution? S'il fallait véhiculer la peur, on les
aurait encouragés. Faudrait-il passer sous silence le sort réservé,
entre autres, à Christian Vélot, enseignant-chercheur en génétique
moléculaire, qui anime sur son temps personnel de nombreuses conférences
à destination du grand public sur le thème des OGM, c'est-à-dire dans un
domaine où l'obscurité et l'opacité sont de règle? Nombreuses pressions
matérielles, confiscation des crédits, privation d'étudiants stagiaires,
menace d'un déménagement manu militari.
Comment réagissent les pouvoirs publics à chaque scandale (sang
contaminé, vache folle, hormone de croissance...), sinon par une
tentative d'étouffer l'affaire? Il est curieux de constater que le fait
de procéder à un inventaire des dangers encourus afin de prendre des
mesures salutaires destinées à atténuer ou à éviter des incidences
fâcheuses provoque la mise à l'index sous l'appellation
«catastrophisme», c'est-à-dire un terme à connotation négative, alors
que le fait de refuser ou de négliger d'envisager des situations (très)
préoccupantes ne semble pas présenter les mêmes tares! Et si l'optimisme
n'était que le déni de la réalité allié à une espérance religieuse dans
le progrès technique?
Ecolo-facho?
De la même manière, certains - les mêmes? - ne manquent jamais de
discerner un nazi derrière chaque défenseur des baleines, d'établir,
comme l'explique Bertrand Méheust (La politique de l'oxymore, la
Découverte, 2009), une filiation entre le souci de la nature affiché par
les nazis et les préoccupations de l'écologie, le but étant clairement
de délégitimer cette dernière dans sa totalité en la situant dans la
continuité des forces obscures.
Certes on peut découvrir des thèmes communs entre l'idéologie nazie et
l'écologie fondamentaliste. Certes, ponctués de «territoires» et de
«racines», les discours des identitaires, de la nouvelle droite, ne sont
que des plaidoyers inégalitaires. Mais est-ce parce que l'Allemagne
nazie a réussi à faire croire qu'elle a élaboré les premières grandes
législations sur la protection des animaux (1933) et de la nature en
général (1935) qu'il faut voir dans chaque militant écologiste un adepte
du IIIe Reich? Est-ce parce des néoruraux fuient à juste titre l'univers
bétonné des villes qu'il faut les suspecter de relents terriens et
pétainistes? Est-ce parce que des abrutis comme Luc Ferry ou Claude
Allègre ont craché leur haine de l'écologie qu'il faut acquiescer à leur
délire?
Il est évident que la mouvance écologiste compte infiniment plus
d'antifascistes que de disciples d'Hitler et que la part de l'écologie
profonde demeure dérisoire. Et, comme le note Bertrand Méheust: «On
appréciera la posture qui consiste à ignorer ou à sous-estimer une
menace présente pour s'en prendre aux dérives virtuelles de ceux qui la
dénoncent!»
Dérèglements climatiques: imposture?
Autre cheval de bataille, le réchauffement climatique ne serait qu'une
sordide machination. Certes ce «nouveau» problème est utilisé en France
par le pouvoir pour justifier le nucléaire. Bien entendu, la
climatologie n'est pas une science exacte. En outre, chacun sait que
toute connaissance scientifique est limitée, partielle et révisable. Il
reste que, en dépit de toutes les incertitudes, les imprécisions, les
hypothèses un peu osées, des faits sont observables, et il va devenir de
plus en plus périlleux de les nier. À noter que, dès la fin du XIXe
siècle, le physicien suédois Arrhenius lançait un avertissement sur les
conséquences de l'usage de l'énergie fossile, c'est-à-dire l'effet de
serre! Selon le rapport du GIEC 2007, onze des douze dernières années
(1995-2006) figurent au palmarès des douze années les plus chaudes
depuis que l'on dispose d'enregistrements de la température de surface
(1850), le permafrost (sol perpétuellement gelé des régions arctiques)
fond déjà en Alaska et en Sibérie, occasionnant de nombreux dégâts, la
banquise arctique a perdu en moyenne 37 000 km2 par an, les glaciers
connaissent un recul généralisé, le niveau des océans s'élève.
Le plus inquiétant étant l'accélération des phénomènes en cours, le
renforcement des tendances, le franchissement de certains seuils, les
réactions en chaîne prévisibles. Détérioration irréversible des récifs
coralliens, disparition de nombreuses espèces, cyclones, ouragans,
typhons de plus en plus violents, multiplication des situations extrêmes
(sécheresses plus sévères et plus longues, augmentation de la fréquence
des fortes précipitations), déplacements importants de populations,
perturbation des systèmes agricoles, risques sanitaires. L'Afrique
notamment - et plus particulièrement la région des Grands Lacs -, happée
par le cycle pression démographique-déforestation-érosion des
sols-perturbations climatiques, voit se profiler un «risque
d'effondrement», comme le note le géographe Alain Cazenave-Piarrot. Si
le pire n'est pas encore certain, il va tendre à devenir hautement probable!
L'empreinte écologique: fiabilité?
Relativement nombreux sont aussi ceux qui mettent en cause la pertinence
du système comptable de l'empreinte écologique, ce qui leur permet de
discréditer dans la foulée l'approche de la décroissance. Rappelons
d'abord que cette notion, élaborée au début des années 1990 par Mathis
Wackernagel et William Rees, mesure la quantité de capacité
régénératrice de la biosphère nécessaire au fonctionnement de l'économie
humaine pendant une année pour une population donnée.
Les inventeurs de cette notion n'ont jamais eu la prétention d'un
recensement exhaustif des pressions exercées par l'homme. L'empreinte
écologique omet inévitablement un certain nombre de phénomènes qui
mériteraient d'être pris en compte. Certaines informations sont
insuffisantes ou indisponibles. Des imprécisions ou incertitudes
méthodologiques existent. Il n'est pas évident de combiner, comme le
soulignent A. Boutaud et N. Gondran (L'empreinte écologique, la
Découverte, 2009), des données aussi disparates que des quantités
d'énergie, d'émissions de CO2, de viande, de céréales, de coton ou de
bois. Il n'est pas simple de quantifier précisément des flux
biophysiques. D'autre part, des procédés de fabrication d'un produit
peuvent avoir des impacts très variés, les surfaces bioproductives
offrent des degrés de «productivité» très hétérogènes.
Une bonne part de ces critiques tombe, d'ailleurs, en désuétude dans la
mesure où les données statistiques ont largement augmenté, où aussi les
modèles de calculs ont sensiblement évolué au cours des dix dernières
années. L'argumentation des pourfendeurs de l'écologie pourrait bien se
réduire à néant, la marge d'erreur pouvant se situer dans l'autre sens.
En effet, par exemple, centrée sur l'aspect utilitaire des ressources,
l'empreinte écologique néglige largement la question pourtant cruciale
de la biodiversité. En outre, cette empreinte des ressources
renouvelables ne prend pas en compte directement les effets négatifs de
certaines pratiques agricoles qui ont des conséquences néfastes sur la
productivité des sols.
Si donc l'image de la réalité se trouve légèrement déformée, les
conclusions n'en restent que plus valables en mettant en lumière
l'essentiel. Il est hautement probable que l'empreinte écologique, qui a
au moins le mérite d'assurer une fonction pédagogique, sous-estime la
«demande en nature» (sur une planète qui compte, chaque année, 60
millions de nouveaux locataires!). Nous sommes bien en train de
solliciter la nature au-delà de ses capacités de régénération. La
situation mondiale peut être qualifiée d'insoutenable.
Décroissance: une aberration?
État le plus riche des États-Unis, symbole de la réussite technologique,
la Californie a commencé son effondrement: le gouverneur a annoncé en
juin 2009 la banqueroute de l'État, les services publics seront fermés
trois jours par mois, 5000 fonctionnaires devraient être licenciés, les
dépenses d'éducation sont réduites de cinq milliards de dollars. Et
parmi les mesures envisagées prochainement: la suppression des aides aux
familles modestes, la fermeture de plusieurs dizaines de casernes de
pompiers... La situation est si grave que certains envisagent
sérieusement de légaliser la marijuana et de la taxer pour combler en
partie un déficit budgétaire de 26 milliards de dollars! Non, ce ne sont
pas les tenants de la décroissance qui conduisent à l'âge de pierre mais
bien l'ultraperformant capitalisme industriel, la sacro-sainte
croissance économique, le jubilatoire productivisme techno-scientiste!
Parce qu'elle inflige une blessure narcissique à l'homme, parce qu'elle
bouscule l'imaginaire du consommateur occidental, parce qu'elle menace
le productivisme, parce qu'elle compromet le profit, la décroissance
dérange, inquiète, perturbe. Venant de tous les horizons, les
accusations fusent: archaïsme, irréalisme, obscurantisme, idéologie
réactionnaire, technophobie, lubie de gosses de riches, pourvoyeuse de
chômage... Les mensonges aussi, les amalgames, la malhonnêteté
intellectuelle, les invectives. Même pour ceux qui n'y sont pas
franchement hostiles, le terme lui-même serait mal choisi. Le «dé»
privatif symboliserait la régression, le retour à la bougie (voir plus
haut).
Mais, précisément, ce terme confirme l'impasse dans laquelle nous nous
sommes fourvoyés et la nécessité d'un virage à 180° (désaliéner,
déconditionner, désintoxiquer, désencombrer...) concrétise la faillite
de la «rationalité» techno-scientifique et de la vision
anthropocentrique, marque l'inéluctabilité d'une rupture avec ce qui
précédait. Méprisant l'adaptation aux contraintes naturelles des
sociétés anciennes au nom du culte infantile de la modernité, la
civilisation thermo-industrielle a favorisé l'avancée du désert et
multiplié les ruines. La boulimie consumériste a engendré une misère
psychique et morale, un appauvrissement de la sensibilité, des carences
émotionnelles, l'uniformisation des comportements et des désirs,
l'aliénation, l'intoxication, le conditionnement, le surencombrement.
Abandonnons notre fantasme d'immortalité. Nous n'échapperons pas à notre
finitude. Nous ne nous affranchirons pas des lois de la biosphère. Le
problème n'est pas la légitimité des besoins de l'homme, mais la
capacité de cette biosphère à supporter ces besoins. C'est bien parce
que nous nous heurtons aux limites physiques de la planète (dont la fin
du pétrole bon marché constitue sans doute l'aspect le plus lourd de
conséquences) qu'il faut remettre en cause nos modes de vie. C'est bien
parce que nous avons usé de la consommation ostentatoire, du gaspillage
généralisé et de la dilapidation des ressources qu'il va falloir
repenser l'économie au sein de la biosphère et s'orienter vers plus de
sobriété. C'est bien parce qu'ont été sacrifiés l'inutile, le gratuit,
le rêve qu'il faut retrouver cette dimension humaine perdue. La
décroissance, ce n'est pas seulement la baisse de l'empreinte
écologique, c'est aussi une perspective d'émancipation de l'homme par la
diminution du temps de travail.
Malthus: illuminé ou visionnaire?
L'inflation démographique constitue un autre thème ultrasensible. En
1798, dans un ouvrage intitulé Essai sur le principe de population,
l'économiste anglais Thomas Malthus soutient que la population croît en
progression géométrique alors que les subsistances n'augmentent qu'en
progression arithmétique, entraînant périodiquement guerres, famines,
épidémies. Pour mettre un terme à ce fléau, Malthus préconise la
chasteté, et plus particulièrement pour les pauvres. Évoquer aujourd'hui
la question de la «surpopulation» provoque souvent une levée de
boucliers, à tel point que «malthusien» est devenu une injure.
Si Malthus a posé le problème de manière erronée (l'agriculture
industrielle a considérablement augmenté les rendements - argument
auquel on pourrait opposer qu'une agriculture post-pétrole verra
décroître ces rendements - et proposé des solutions inacceptables,
faut-il pour autant, là aussi, sombrer dans un optimisme béat et
imbécile qui consiste à prétendre que l'espèce humaine recule les
limites. Faudrait-il croire que la Terre puisse accueillir vingt ou
trente milliards d'individus?
L'espèce humaine se trouve dans l'incapacité de contrôler sa
démographie. Une population de plus en plus nombreuse dispose de
ressources de plus en plus rares: les conséquences (qui sont déjà à
l'oeuvre) ne vont pas tarder à se manifester de la façon la plus
dramatique qui soit, les conflits vont nécessairement se multiplier et
s'intensifier. Il importe donc de réhabiliter Thomas Malthus en
reconnaissant qu'il posait, à travers l'intuition des limites de la
croissance économique, un problème fondamental, celui de l'adéquation
entre les populations, les territoires qu'elles occupent, les ressources
alimentaires dont elles disposent.
Si l'espèce humaine ne prend pas conscience de la fragilité de
l'équilibre planétaire et ne limite pas sa prolifération par le libre
arbitre de chacun, certains pourraient envisager des mesures plus
radicales. Lors de la dernière université d'été du Medef portant sur la
décroissance, de nombreux patrons semblaient préoccupés, voire obsédés
par la question démographique. La décroissance vue par le patronat, ce
ne sera pas la sobriété conviviale pour tous, mais la liquidation de
centaines de millions de personnes. Qu'on se le dise!
Pour un «catastrophisme éclairé»
Que chacun se doive de dénoncer des propos excessifs, des analyses
superficielles, des points de vue trop subjectifs, que des scientifiques
soient critiques face à des méthodes peu fondées, à des généralisations
hâtives, au manque de rigueur, c'est la garantie d'un progrès collectif.
Mais que certains s'acharnent à nier la réalité par peur d'affronter les
problèmes où ils se posent, à recourir aux raccourcis et aux clichés
pour mieux duper l'opinion, à s'abriter derrière les incertitudes pour
contourner un phénomène, à n'aborder que les aspects marginaux,
litigieux qui ne modifient en rien les conclusions... tout en laissant
entendre le contraire, c'est intolérable.
Le scientifique danois Bjorn Lomborg est sans doute l'exemple type de
l'écolo-sceptique. On serait peut-être tenté d'accorder quelque crédit à
ses thèses s'il se situait au-dessus de tout soupçon. Mais tel n'est pas
le cas. Contrairement à ce qu'il affirme, Lomborg n'a jamais adhéré à
Greenpeace. Par ailleurs, il n'a conduit aucun travail de recherche sur
les sciences de l'environnement et la philosophie qu'il développe flirte
sans ambiguïté avec les positions ultralibérales: le libre-échange, la
croissance économique, les innovations technologiques, résoudront
«naturellement» tous nos maux. En outre, il conteste la réalité de la
déforestation. Or, selon la FAO, environ treize millions d'hectares de
forêts disparaissent annuellement (soit un terrain de football toutes
les quinze secondes). Les forêts primaires reculent au point de ne plus
constituer en 2005 que 36 % de la surface forestière mondiale. Si, dans
certaines régions, la surface forestière se stabilise, elle perd de sa
qualité en termes de biodiversité et surtout d'intégrité écologique, en
particulier à cause de la fragmentation par les routes et des
plantations d'essences de rentes. L'essentiel étant de les comptabiliser
pour embellir les statistiques!
Dans la même lignée, l'appel de Heidelberg lancé en juin 1992,
recueillant plus de 4 000 signatures dont plus de 70 nobélisés,
présentait la lutte écologique comme une «idéologie irrationnelle».
Fabriqué de toutes pièces par les lobbies de la pharmacie et de
l'amiante pour discréditer les écologistes, ce texte dévoile l'arrogance
des savants disposant de la science éclairée, s'indignant de l'audace
d'un public qui commençait à s'interroger sur le fonctionnement de la
science et ses procédures, ne tolérant aucune remise en cause du
développement, du progrès, des «avancées» scientifiques et techniques.
En recourant le plus souvent à un jargon difficilement accessible, ces
«experts» écartent du débat le citoyen ordinaire. Or, comme l'affirmait
Anatole France, «écrire intelligemment, c'est écrire pour le plus grand
nombre».
Dans le domaine précis de l'écologie, alors que les dégradations
s'accélèrent chaque jour, le risque est considérable de semer le
trouble, de brouiller les repères, de démobiliser ceux qui engageaient
une prise de conscience. Ceux qui s'obstinent à ternir l'écologisme
contribuent, par aveuglement ou lâcheté, à prolonger le système au lieu
de chercher à le transformer, c'est-à-dire concourent à amorcer des
bombes à retardement. Encourager l'inaction publique sous prétexte que
des impacts ne sont pas totalement connus ou que des données sont
incomplètes relève d'une totale irresponsabilité.
Qui gagne à attendre que les scénarios les plus pessimistes adviennent
pour agir? Est-il si exaltant, pour certains, de jouer au poker avec
l'avenir de l'humanité? Faute d'avoir anticipé les changements
écologiques, climatiques, énergétiques, l'humanité devra affronter sans
préparation des bouleversements d'une ampleur imprévisible. Entre les
gesticulations des hommes politiques qui n'ont jamais rien fait et les
élucubrations des futurologues qui n'ont jamais rien vu venir, n'y
a-t-il pas place pour un engagement lucide, pour une vigilance
permanente, pour un «catastrophisme éclairé», selon la formule de
Jean-Pierre Dupuy? «Il faut savoir que les choses sont sans espoir et
tout faire pour les changer», écrivait Rainer Maria Rilke.»
SOURCE: Le Monde Libertaire, le 4 mars 2010
https://www.socialisme-libertaire.fr/2024/01/ecolo-scepticisme-a-qui-profite-le-doute.html
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