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(fr) Rencontre avec la CGA pendant le referendum - Perpignan 29/05/05

Date Thu, 26 May 2005 00:34:32 +0200 (CEST)


Les militant-e-s et sympathisant-e-s de la Coordination des Groupes
Anarchistes assureront, le dimanche 29 mai 2005, de 8 heures à 22 heures,
dans leur local à la librairie Infos, 2 rue Théodore Guiter (près de la
Place des Poilus) à Perpignan, une permanence au cours de laquelle nous
envisagerons ensemble les luttes actuelles et futures, afin de les
replacer au centre des préoccupations du plus grand nombre...

S’il y a bien une chose dont nous abstiendrons jamais, c’est bien de
lutter pour une société égalitaire, solidaire et libertaire.

Philippe
pour le Groupe Puig Antich
www.c-g-a.org



Voici le positionnement de notre organisation sur ce referendum


Pour les luttes, OUI ou NON, riment avec ABANDON !
L’Europe sociale ne se construira que par le biais de nos mobilisations !

L’alternative : référendum ou luttes sociales
Aujourd’hui, la question de la Constitution européenne occupe, avec la
réponse que les un-e-s et les autres se proposent de porter le 29 mai, la
totalité du paysage politique de l’hexagone. La tendance est même déjà à
l’occultation, sinon des problèmes sociaux, du moins des luttes qui
logiquement s’y rattachent ! En clair, si les manifestations successives,
et quelquefois les grèves, auxquelles nous avons été conviées depuis le
mois de janvier 2005 (20/01 ; 05/02 ; 10/03…) entretiennent un climat
contestataire certain, elles n’ouvrent en revanche sur aucune perspective
d’affrontement social avec le MEDEF et/ou le Gouvernement , encore moins
sur d’éventuelles victoires ouvrières… Le 10 mars pour la première fois
depuis la défaite sur les retraites, salariés du public et du privé
étaient côte à côte dans la grève. Dans des cortèges déjà peu combatifs,
la propagande pour le Non a relégué au second rang des préoccupations ou
occulté la nécessaire construction d'un rapport de force avec l'Etat et le
patronnat sur le terrain social en faisant converger les luttes. L’appel à
choisir l’un ou l’autre camp éloigne les salarié-e-s, les exploité-e-s ,
les exclu-e-s et les chômeur(euse)s…, du terrain des luttes pour les
livrer à la pratique illusoire et nuisibles de l’électoralisme et du "
toutes et tous égaux "(1) dans les isoloirs...


Référendum et stratégie de chapelles...
Il paraît évident que certains y puisent un intérêt, sinon avoué, du moins
avéré. Pour l'ex gauche plurielle ( PCF, militants verts, militants du
MDC, du PS ), il est très clair que la condamnation “ électoraliste ” des
méfaits du libéralisme n'a d'autres incidence que celle d'exister dans le
champ de la politique politicienne. Ils se contenteraient bien volontiers
des dérives d'un capitalisme plus soft offrant une alternative
sociale-démocrate libérale au libéralisme hard des tenants d'un
ultra-libéralisme outrancier. Pour la “ gauche de la gauche ” comme la LCR
ou encore pour des syndicalistes se retrouvant sur l'appel au vote NON à
la constitution, ils ont depuis longtemps, tourné la page d'une révolution
souhaitée et nécessaire. Ils ne considèrent visiblement plus la question
de la révolution comme devant être le moteur de leurs engagements
respectifs, encore moins le moteur et l'objectif avoué des luttes
sociales... Leur engagement dans le système électoraliste et parlementaire
nous laisse à penser qu'ils se contenteraient finalement eux aussi d'une
gestion
capitaliste plus “ humaine ”.

OUI ou NON, la gauche poursuit sa politique d’intégration…
Tous ceux-là, à l'exception des trotskistes qui n'étaient pas conviés, se
rencontraient au quotidien gouvernemental sous les plafonds lambrissés du
Pouvoir. Au gouvernement hier, dans "l’opposition" aujourd’hui, ils se
retrouvent quand il s’agit sinon d’avaliser le système tel qu’il est, en
tous les cas de s’en contenter ! Les seuls changements que les uns et les
autres s’accordent à envisager relèvent uniquement des aspects et/ou de
certaines conséquences, "plus ou moins acceptables", de la division de la
société en classes !

L’Europe « sociale » c’est l’alibi... L’Europe de « l’exclusion » c’est la
réalité ! Que ce soit le OUI qui l’emporte ou que ce soit le NON, il est
sûr que la condition de la France d'en bas, comme Raffarin se plaît à nous
définir, ne s'en trouvera pas améliorée... Sans la constitution proposée,
au soir d’une hypothétique victoire du NON en France, l’Europe actuelle
poursuivrait sa marche en avant, en favorisant le marché capitaliste, la
libre circulation des marchandises, en renforçant les mesures
inégalitaires déjà existantes, en amplifiant l’exploitation par le biais
de la circulaire “ Bolkestein ”, au plus grand bénéfice des libéraux. Et
pour nous rappeler que l’Europe de Rome, de Schengen, de Maastricht ce
n’est pas et ce ne sera jamais l’Europe sociale ! Voter NON ce n’est en
aucun cas faire un pas vers l’Europe sociale mais cela renforce l'idée
totalement illusoire que le moteur du changement serait dans les urnes.
Avec la constitution adoptée, au soir d’un hypothétique succès du OUI en
France, l’Europe ajouterait, à l’Europe actuelle, des mesures et des
circulaires qui garantiraient son ancrage dans la tradition inégalitaire
et libérale.

Alors, l’Europe sociale c’est pour quand ?
L’Europe sociale, si nous la désirons, nous nous devons de la construire
contre les patrons. Nous ne pouvons attendre d’eux aucune concession !
L’Europe sociale, si nous la désirons, nous devrons la construire à partir
des luttes dans chacun des pays qui composent l’Union, avec un souci
commun, celui de créer une Europe fédérale débarrassée des Etats et du
capitalisme. Cette Europe sociale, tout naturellement, pourra s’inscrire
dans un champ internationaliste, pacifiste, égalitaire et solidaire !

Et les syndicats là-dedans ?
Les organisations syndicales qui se proposaient de respecter non pas un
neutralisme bienveillant, mais tout au moins un respect scrupuleux des
engagements "partidaires ou non" de leurs adhérent-e-s viennent d’investir
la scène référendaire. Les consignes électorales qui n’avaient pas cours
jusque là font aujourd’hui les délices des commentateurs et le miel des
politologues. Aujourd’hui, le NON et le OUI divisent les adhérent-e-s des
centrales syndicales ouvrières. A la Direction de la CGT par exemple, les
positionnements font appel aux lois de l’équilibrisme. Ainsi Thibaut ne
déclare-t-il pas qu’il est favorable au OUI alors que les instances de sa
centrale se proposent de voter NON ? Ces débats ne favorisent pas, c’est
évident, la nécessaire union des salariés autour des combats sociaux...

Constitution ou construction européenne ?
Le fait de dire NON à la future constitution européenne se trouve, dans
l’esprit de ses défenseurs, "médiatisé" à tel point que cela laisse
supposer que c’est LE moyen de mettre un terme à la politique ultra
libérale qui a cours dans l’hexagone et …bien au-delà. En réalité, ceci
est une vaste fumisterie.
L’Europe existe déjà, nous l’avons souligné, avec son cortège d’inégalités
sociales, de circulaires tendant à limiter les droits des citoyens,
européens et …étrangers. L’Europe libérale existante est déjà un vaste
champ, ouvert à la libre circulation des marchandises et aux contrôles
sévères et pointilleux des personnes… Le NON n’y changera rien ! En
revanche la participation à la mascarade référendaire (et électoraliste)
légitime l’abandon des luttes au profit d’une participation toute
illusoire au processus décisionnel quant à l’agencement de la future
Europe… Pour satisfaire leurs intérêts de chapelles, leurs appétits de
Pouvoir et leurs stratégies politiciennes, les forces qui, à "gauche",
appellent au NON, prennent soin de nous préciser que c’est à un NON de
gauche qu’elles appellent ! Leurs bulletins, dans le secret des urnes
s’additionneront avec les NON de droite et d’extrême droite. Ce simple
constat nous renseigne sur les difficultés qui surgiront au moment de
critiquer la constitution ainsi adoptée, démocratie bourgeoise et
"participative" oblige… Il serait bon du reste, de se souvenir que
François Mitterrand et beaucoup d’autres socialistes en même temps que le
Parti Communiste Français appelèrent à voter NON lors du référendum sur la
Constitution de la Vème République. Le résultat, un OUI massif, n’empêcha
nullement, plusieurs années après, François Mitterrand d’être le Président
élu de cette même constitution et le PCF de ne pas rechigner à faire
figurer quelques ministres, dans divers gouvernements à partir de 1981…
Mme Buffet ne critiquait pas la Constitution « Gaulliste » lorsqu’elle
était Ministre des sports du gouvernement Jospin… Le vote, pour en
terminer avec le flou entretenu, ne concerne pas tant l’acceptation ou le
rejet du texte constitutionnel que la possibilité, à usage
franco-français, d’opérer une recomposition à la gauche de la gauche, en
vue d’une éventuelle alternance au moment des prochaines échéances
nationales. Pour toutes les forces qui s’engagent aujourd’hui autour de
cette stratégie d’alliance à caractère électoraliste, les luttes sont un
prétexte et un faire-valoir mais à aucun moment une finalité. D'autres
partisans du NON pensent, pour certains sans attache « partidaire »
précise, qu'il faut s’opposer à ce que les principes du libéralisme soient
« gravés dans le marbre ». Ils espèrent, ce faisant, que des politiques
étatistes et interventionnistes de « gauche » puissent stopper le rouleau
compresseur libéral. Ils laissent supposer qu’elles sont les seules à même
de le faire. Ces partisans du NON reproduisent et accréditent ainsi l'idée
qu'un changement radical et émancipateur peut s’envisager à partir d’une
prise de pouvoir. Ils légitiment et valident ainsi une idée passablement
dépréciée. Et, en perpétuant encore et toujours cette pratique
social-démocrate totalement invalidée par l'Histoire, ils participent
objectivement à éloigner le plus grand nombre du combat social qui, pour
nous, reste la seule voie susceptible d’offrir des perspectives de
changement.

L’alternative au vote…
Les choses paraîssent en réalité fort simple. Le référendum, nous en
sommes convaincus, ne va rien changer à l’affaire et ce, quel qu’en soit
le résultat au soir du 29 mai. Aussi, il faut non seulement ne pas appeler
les citoyens aux urnes, mais bien au contraire il faut les convier à s’en
éloigner, à multiplier les situations de désobéissance civile, à
multiplier les conflits dans les entreprises, à multiplier les foyers de
résistance en réponse aux attaques patronales et gouvernementales. Il ne
s’agit nullement de renvoyer dos à dos les partisans du Oui et ceux du
NON, mais, au contraire, de bien montrer qu’ils sont, les uns et les
autres, et quels que soient les buts qu’ils poursuivent (inavoués
quelquefois), en contradiction avec les intérêts des salariés, des
chômeurs, des exclus, des sans etc… Pour la grande majorité de la
population qui subit la « politique » et les conséquences de l’usage du
pouvoir (de l’abus qui en est fait), les questions de l’investissement
dans les luttes et l’auto-organisation de celles-ci doivent devenir des
préoccupations essentielles dans la société. La volonté de vivre dans un
Pays (la France) débarrassé de toutes les inégalités sociales et autres,
l’envie de vivre sur un Continent (l’Europe) où les questions sociales
prennent le pas sur les dérives économiques et libérales, le souhait
profond de vivre dans un Monde meilleur, avançant au rythme des progrès
humains et non plus au bénéfice des inégalités et des profits
capitalistes, cette volonté ne passe pas par les isoloirs mais par une
lutte de tous les instants !

Coordination des Groupes Anarchistes
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