A - I n f o s

a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **
News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts Our archives of old posts

The last 100 posts, according to language
Greek_ 中文 Chinese_ Castellano_ Catalan_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ _The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours | of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009 | of 2010 | of 2011 | of 2012 | of 2013 | of 2014 | of 2015 | of 2016 | of 2017 | of 2018 | of 2019 | of 2020 | of 2021 | of 2022 | of 2023 | of 2024 | of 2025 | of 2026

Syndication Of A-Infos - including RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups

(fr) Anarchosyndicalisme! n°198 (CNT-AIT) - Pour une grève générale écologique

Date Tue, 3 Nov 2026 00:01:37 +0200


Cet été 2026, les travailleurs des sites espagnols d'Airbus se sont mis en grève, notamment pour leurs salaires, contre la réduction du télétravail, l'obligation de prendre des congés en aout et le plan de restructuration BROMO à Defence and Space... ---- Même si elle n'a pas fait la une des médias ici, on a pu entendre sur France Info_: «Cette grève n'est pas une grève comme les autres [...], elle s'étend à d'autres usines [...]. La particularité de ce mouvement, c'est qu'il est né directement des travailleurs, pour la plupart non-syndiqués [...]. Ce mode d'organisation inédit favorise le rapprochement entre les employés des bureaux et ceux des ateliers, longtemps divisés [...]. Une centaine de salariés se sont retrouvés [...] réclamant une assemblée participative ouverte à tous les salariés pour peser sur la négociation salariale.[...] Le télétravail n'était que l'élément déclencheur, la revendication portant plus largement sur le pouvoir d'achat e
t l'ensemble des droits perdus».

En effet, pour pouvoir dépasser les divisions syndicales et amplifier le mouvement, les travailleuses et les travailleurs ont créé un comité de grève intersites, élu par leur assemblée générale qui regroupait plusieurs milliers de grévistes (syndiqués et non syndiqués) sur les sites de Madrid et Getafe. Au fil du temps, la grève s'est propagée aux autres sites du pays (San Pablo, Tablada, Albacete, Illescas) et a reçu le soutien de plusieurs organisations syndicales selon les sites.

Selon nos compagnons de la Confédération Anarchosyndicaliste-AIT (CA-AIT, le nouveau nom de la CNT-AIT d'Espagne), ce qu'ils retiennent du mouvement, c'est la question salariale; le mouvement de grève était structuré de façon duale, c'est-à-dire que ce mouvement a été porté par les syndicats institutionnels (UGT, CCOO, CGT...), mais aussi par des structures assembléistes en parallèle, qui tenaient à contrôler ce que disent et font les syndicats institutionnels, connus pour être des collaborateurs de la direction Airbus. Ces Comités d'usine ont tenu à faire savoir que les syndicats étaient sous surveillance par les grévistes, avec une banderole où il était inscrit: «Ici c'est notre grève, les travailleurs décident et les syndicats obéissent *».
Une chose est sure, c'est que ce mouvement de grève a foutu la trouille au PDG d'Airbus, Guillaume Faury, qui ne voulait surtout pas que ce mouvement de grève s'étende aux autres sites en Europe, notamment à Marignane. Il s'est donc rendu en personne en Espagne pour négocier un accord, dont les propositions ont été rejetées en assemblée générale des grévistes, recueillant un peu plus de la moitié de votes contre.
Des syndicats majoritaires avaient signé des pré-accords avec Airbus, mais les travailleurs les ont rejetés en assemblée, faisant ainsi capoter les accords préliminaires.

Le 25 aout, en assemblée, il a été évoqué, dans les fameuses assemblées tenu par les travailleurs (syndiqués probablement et non-syndiqués surement), les chantages de la direction envers les travailleurs (les menaces de la nouvelle DRH de délocaliser une partie de la production et de rompre toute négociation). Les grévistes en assemblée n'ont pas été impressionnés, au contraire ils ont alors décidé de voter la grève illimitée. Puis le 31 toujours en assemblée, ils ont décidé de rejeter l'offre de l'entreprise et de poursuivre la grève. Aux usines de Getafe, Tolède et Séville se sont joint les sites d'Albacete et Cadix. D'après nos infos il y eut semble-t-il sur les sites Airbus de France une volonté de solidarité avec les collègues espagnols, ce qui n'a pas rassuré le patronat et le gouvernement (français).

De ce bras de fer entre la direction et les grévistes tous unis (qu'ils soient non-syndiqués ou membres d'un syndicats institutionnel, alternatif voire «révolutionnaires») la direction ne s'est pas gêné pour menacer les grévistes. Mais sous la pression de l'unité des grévistes, la direction a commencé à annoncer certains reculs_:

* Sur le télétravail, retour à 40 % ,
* Retrait des pénalités sur salaire pour absences maladie ,
* Annulation de la suppression des lignes de bus ,
* Élargissement des horaires d'ouvertures à la cantine_;
* Proposition d'une augmentation des salaires qui reste par ailleurs bien inférieure à ce qui est nécessaire face à l'inflation.

Ces reculs qui sont toujours insuffisants au regard des revendications des grévistes, démontrent tout de même la force de la lutte collective, en évitant de tout déléguer aveuglément aux syndicalistes professionnels.
Dans l'un des communiqués du Comité de grève, les travailleurs en lutte expliquent que les travailleurs de chez Boeing aux USA ont obtenu après une grève de 53 jours +38 % de hausse générale des salaires, soit +43,65 % cumulés ainsi qu'une prime de 12 000 $. Et cela, alors que la société affichait des résultats négatifs. Si Boeing peut payer alors Airbus qui a enregistré 5,2 milliards d'euros de profits peut encore plus.

Cette situation a fini par forcer l'intervention directe du gouvernement espagnol en septembre. L'État est sorti pour défendre l'intérêt de l'entreprise et de la production militaire qui lui est lié (Airbus produit aussi du militaire, comme l'avion A 400) aux dépens de nos conditions de vie. Ces gouvernements ne sont que des relais des conseils d'administration de ces giga entreprises qui font la pluie et le beau temps dans des régions, voire des pays entiers, sous la menace comme toujours de délocalisations. Ainsi le ministre de l'industrie espagnol Jordi Hereu a dit_: «_Il faut respecter les délais de livraison et baisser les prix_» sous les applaudissements des hauts responsables du Parti Socialiste Espagnol au gouvernement, ce parti qui est cité en modèle par toute la gauche française du PS à LFI, et avec les habituels syndicats CC OO et UGT (équivalents ici de CGT et CFDT). L'État s'est dans le conflit comme médiateur pour un nouvel accord qui devrait être vot
é par un référendum (à bulletin secret et sans débat) et non dans les Assemblées (en public et après débat entre les premiers concernés, les travailleurs). Autrement dit, en s'interposant entre les deux parties en conflit (patronat contre salariés), il veut mettre un terme à l'action directe (action des travailleurs qui mettent la pression directement sur le patronat), pour la remplacer par et le «_dialogue social_», au nom d'une «_entente_» dans laquelle l'Espagne et les travailleurs seraient tous paraît il gagnants.

Ce qui signifie, c'est que l'État est le garant de la société capitaliste, et qu'il met en oeuvre tout ce qui est, en son pouvoir pour maintenir notre exploitation salariale. Les prolétaires n'ont rien à gagner de ces référendums des gouvernements, qui se retourne toujours contre le prolétariat. Dans ce cas précis, le gouvernement a quasiment confisqué le droit de négociation des travailleurs de la base, au nom de la productivité en faveur de la direction d'Airbus.

Mais cette lutte montre également que la lutte et la solidarité entre travailleurs paie, à condition de ne pas se laisser endormir par les politiciens et syndicalistes professionnels. A bon entendeurs ...

https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1525
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center