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(fr) CNT-AIT - À la mémoire des anarchosyndicalistes tombés en aout 1944 sous les balles fascistes, pour la liberté de l'Humanité
Date
Sat, 22 Aug 2026 08:53:24 +0300
En 1939, après la défaite en Espagne du Front populaire face au
fascisme, de nombreux espagnols s'exilèrent en France pour fuir la
répression. Parmi eux, plusieurs milliers d'anarchosyndicalistes
espagnoles, militants de la CNT-AIT en Espagne. Ces combattants de la
liberté furent particulièrement mal accueillis par la République
française, qui les considéra comme des «étrangers indésirables» et les
parqua dans des camps de concentration. Néanmoins nombre d'entre eux
continuèrent en France leur combat contre le fascisme et le nazisme, et
ce dès 1940! ---- En 1944, leur contribution fut déterminante dans bien
des combats de la Libération dans la région Occitanie, combat dans
lesquels ils payèrent un lourd tribut. Néanmoins, l'implication des
anarchosyndicalistes dans la Résistance est généralement ignorée par les
commémorations officielles. Et c'est bien mieux ainsi, les anarchistes
ne souhaitent aucune reconnaissance de la part d'institutions -
République, tat, Parlements, Église, Partis politiques et syndicats
intégrés - institutions qu'ils combattent systématiquement, quels que
soient leur drapeau et leur couleur politique.
Ces anarchistes tombés sous les balles fascistes en 1944 ne sont pas
«morts pour la France», il ne donnaient pas leur jeunesse et leur vie
pour la Patrie ou la Nation. Leur idéal était la liberté totale de
l'Humanité. Leur combat ne s'est pas arrêté le 8 mai 1945, il se
prolongea en Espagne, où le fasciste Franco régnait toujours en maitre,
d'autant plus que tous les États vainqueurs - Soviétiques comme alliés
Américains, anglais et français - le laissèrent tranquille et lui
permirent de mourir tranquillement dans son lit en 1975 ...
La résistance des anarchistes à la barbarie du capitalisme et de l'État
ne s'est jamais arrêté, ici comme dans toutes les régions du globe. Nous
nous souvenons des compagnons anarchistes tombés pour la liberté en 1944
et nous appelons celles et ceux qui entendent bien prolonger les combats
de la résistance globale à nous rejoindre dans la lutte. Alors que
l'extrême droite montre de nouveau son mufle haineux, la Résistance
c'est maintenant!
Deux RDV pour se souvenir:
Vendredi 21 aout, à 17 heures, au cimetière de Grenade (Cimetière de la
Chapelle Saint-Bernard - Cours Valmy 31330 Grenade), à l'initiative de
la CNT-AIT de Montauban: nous déposerons une gerbe sur la stèle de
Ricardo Garcia, Francisco Aguado et Angel Mombiola, assassinés par les
nazis le 20 aout 1944 dans la forêt d'Ondes, alors qu'ils venaient de
dynamiter un pont pour ralentir la progression de la colonne
Dimanche 23 aout: à partir de 11h, à l'initiative de la CNT-AIT de
Toulouse, vente à la criée de la presse anarcosyndicaliste, marché des
allées Jules Guesde, angle de la grande rue Saint Michel. Puis à 13h
nous nous rendrons devant la prison Saint Michel (grande rue Saint
Michel) pour honorer le Mémoire de Francisco Ponzan, fusillé le 17 aout
1944 alors qu'il était emprisonné dans cette prison.
Début 1939, après la déroute du camp républicain, Ponzán se réfugie en
France où il est interné dans le camp d'internement du Vernet d'Ariège.
Il s'en évade et commence à organiser des groupes anti-franquistes qui
participent à des actions de guérilla en Espagne, comme la libération de
Manuel Lozano Guillén et Bernabé Argüelles emprisonnés à Huesca. Blessé
en mai 1940, à Boltaña, il retourne en France quelques mois plus tard,
où en pleine occupation allemande, il organise un réseau d'évasion,
composé exclusivement de libertaires espagnols, qui, en liaison avec le
groupe Pat O'Leary, se chargent d'organiser l'évasion de nombreux
antifascistes. Arrêté en 1943, il est emprisonné à Toulouse. En aout
1944, lors de la libération de la ville, il est emmené par les nazis en
fuite, avec un groupe d'une vingtaine de prisonniers. Ceux-ci seront
fusillés et leurs corps brulés à Buzet-sur-Tarn.
20 Aout 1944: Trois anarchistes tués dans le maquis. Victimes de balles
allemandes en France.
Trois vies fauchées en pleine jeunesse, alors que l'âge de la
compréhension commençait à poindre. Car quand tu passes le cap des
trente ans, tu commences à voir les choses et à les réaliser avec plus
de jugement et quand tu exécute un acte tu sais alors pourquoi tu le fais.
Le plus âgé d'entre eux était Aguado, un homme qui avait appartenu au
mouvement [la CNT- AIT] et à la spécifique [la FAI] depuis qu'il était
enfant. Il était le véritable anarchiste. Il ne prenait que ce qu'il
avait besoin pour faire sa journée, le reste était de trop. Et s'il
avait quelque chose à manger, il devait être partagé avec quelqu'un qui
n'en avait pas, il le faisait avec mille amours. Pour lui, il n'y avait
pas de privations, sinon des besoins. Tristesse d'une vie fauchée!
L'autre compagnon était García. Un compagnon imprégné des idées et du
Mouvement. Il avait été en Espagne le secrétariat des jeunes de la
région de Valence. Cela supposait qu'il connaissait cette jeunesse
libertaire de 31 à 39 ans qui luttait si durement pour la cause que le
peuple en général avait fait sienne. Ce fut sa jeunesse.
Quant à Mombiola, le plus jeune d'entre eux, il était l'exemple du
véritable autodidacte, de l'homme véritablement cultivé, doté d'une
intelligence claire. L'homme de plume en même temps que de combat. Celui
qui propageait les idées par l'exemple. Le vrai compagnon. Je me
souviens que pendant la guerre, ils voulaient le nommer commandant d'un
Bataillon de la Colonne Durruti. Il répondit: «Je ne veux commander
personne, je veux être soldat et rien d'autre.»
Il ne le voulait vraiment pas. Puisqu'il était contre la militarisation.
Il aimait être ce qu'il était: un milicien du mouvement révolutionnaire.
Mouvement qui s'était tellement accru parmi le peuple espagnol, qui
défendait la cause des travailleurs eux-mêmes. Pas supérieur. Pas
inférieur. Ni riche ni pauvre. De cette transformation sociale, Mombiola
voulait être soldat. Mais pas d'une armée de militaires.
Et pour ne pas s'être militarisé, il fit partie d'un groupe de
dynamiteurs. Et après la perte de l'Aragon, [il entra] dans le bataillon
confédéral jusqu'à notre entrée en France en 1939. Où après mille
calamités, il rejoint le maquis, où il laissa sa vie, comme les autres
compagnons. Et tant d'autres qui la sacrifièrent, en France comme en
Espagne.
En leur mémoire, j'écris ces lignes qui prouvent que ceux d'entre nous
qui les connaissaient et les aimaient ne peuvent pas les oublier.
Maria MOMBIOLA
Espoir CNT-AIT, n ° 394, 3 Aout 1969
ANGEL ET MARIA "DYNAMITE" MOMBIOLA: L'AMOUR ET L'ANARCHIE, POUR LA VIE
https://cnt-ait.info/2026/08/20/20-aout/
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