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(fr) Courant Alternative #360 (OCL) - L'écocide capitaliste - Tome 1: Une catastrophe écologique planétaire
Date
Sun, 31 May 2026 19:36:42 +0100
Alain Bihr, militant anarchiste communiste, sociologue de profession, a
rédigé de nombreux ouvrages destinés à démonter, dans la tradition
marxiste, les logiques et mécanismes capitalistes, dans le but de
produire une raison révolutionnaire à même de penser le monde dans
l'objectif pleinement assumé de le transformer radicalement. ---- Voir
l'écocide capitaliste ---- Dans sa nouvelle livraison, Bihr s'attaque à
notre compréhension de la destruction actuelle des écosystèmes qu'il
dénomme l'écocide capitaliste, à travers trois tomes, pour un total de
1250 pages. Le premier tome, auquel cette recension est consacrée, donne
à voir l'étendue des dégâts occasionnés par le mode de production
capitaliste sur le système Terre. ---- Le second tome, décrit par Bihr
comme le coeur stratégique de sa contribution, a pour objectif de
compléter la critique de l'économie politique proposée par Marx,
principalement concentrée sur les rapports sociaux de production, en y
associant de façon systémique la question écologique, ou en d'autres
termes, la question de la reproduction du monde habitable pour l'espèce
humaine.
Le troisième tome souhaite quant à lui historiciser les éléments
d'analyse développés dans le second tome en donnant à voir les
continuités et discontinuités de la destruction des différents
sous-systèmes qui offrent à la Terre ces merveilleuses respirations à
même d'entretenir, jusqu'à maintenant, les conditions de possibilité du
vivant.
Une conclusion générale présente enfin des scénarii dans la crise finale
de la reproduction du procès de production immédiat du capital engendrée
par la dégradation catastrophique des conditions de vie sur Terre.
D'ores et déjà, Bihr annonce un nouvel ouvrage qui proposera de cibler
le coeur du moteur écocidaire comme seule stratégie crédible pour
préserver l'habitabilité de la Terre.
Le vampirisme du capital
Pour Bihr, la raison de l'absence de solution à la question du
réchauffement climatique ou tout autre phénomène contemporain de
dégradation de l'environnement réside dans la terrible myopie des
acteurs en charge de cette «lutte». Ils n'interviennent qu'au premier
plan, par des solutions qui ne peuvent que retarder (ou même souvent
aggraver) le phénomène visé. L'absence de prise en charge systémique
n'est pas liée à un problème d'entendement. Les États et acteurs non
gouvernementaux impliqués dans la lutte contre le réchauffement sont
volontairement myopes parce qu'ils sont tout simplement capitalistes.
Pour comprendre cette fâcheuse tendance qu'ils ont à prétendre ne rien
voir, Bihr démarre son ouvrage en rappelant ce que le capitalisme
suppose en termes d'intérêts de classe d'abord, mais également en termes
de relations aux conditions environnementales. Exploitation des
prolétaires d'un côté, exploitation du substrat naturel de l'autre, le
capital agit comme un vampire qui suce l'énergie déjà-là pour se
maintenir en mouvement:
«Or le capital a une unique pulsion vitale: se valoriser, créer de la
survaleur, pomper avec sa partie constante, les moyens de production, la
plus grande masse possible de surtravail. Le capital est du travail
mort, qui ne s'anime qu'en suçant tel un vampire du travail vivant, et
qui est d'autant plus vivant qu'il en suce davantage» [1]: p. 20)]]
Puisque seul le travail permet aux capitalistes d'accaparer une
survaleur dans le cycle d'accumulation basique A-M-A', le mode de
production doit faire en sorte de sucer le sang sans tuer le prolétaire,
en tout cas pas tous les prolétaires.
Dans les premiers temps du capitalisme, soit l'injonction n'était pas
assez systémique et l'on pouvait échapper au capital (la vie quotidienne
n'était pas encore victime d'une marchandisation quasi-intégrale), soit
les travailleurs avaient un pouvoir réel sur la production des valeurs
d'usage que le capitaliste ordonnait. Les deux options se sont combinées
à des degrés divers selon la formation sociale et économique en présence.
Pour parvenir à asseoir sa domination sociale et faire face au mouvement
ouvrier, le capital a adapté ses modalités d'exploitation pour augmenter
la productivité du travail afin de faire baisser la valeur de la force
de travail. C'est ce qu'on appelle la subsomption réelle du travail sous
le capital, et son corollaire la plus-value relative, modalité qui
incarne le moment où le monde, notamment celui des formations centrales
du capitalisme, est devenu spécifiquement capitaliste [2]. Ici le
développement du machinisme, qui transforme l'ouvrier en simple
appendice des moyens de production, a joué un rôle de premier ordre et a
agi de concert, à la façon d'un double moulinet, avec le principe de
marchandisation de la vie quotidienne et de répression étatique. Au
travail comme en dehors, l'autonomie des prolétaires face au capital a
diminué comme peau de chagrin.
Bihr résume ainsi la leçon de Marx:
«Dans et par le capital, le mort (travail mort) saisit le vif (le
travail vivant) et ce doublement. Il s'empare de sa puissance productive
pour se maintenir lui-même en vie, prospérer et s'accumuler. Et,
simultanément, il le fait dépérir: il le prive de sa puissance
productive qu'il objective dans son corps propre, il le déréalise en le
transformant en ectoplasme (ou zombie) quand il ne l'épuise pas jusqu'à
sa mort physique. Travail matérialisé et accumulé, travail mort en ce
sens, le capital ne se rapporte au travail vivant que pour l'exploiter,
le dominer et finalement l'aliéner, en le transfigurant ou plutôt
défigurant par son empreinte monstrueuse et mortifère.» [3]
Mais où travaille-t-on?
Ce bref retour à Marx permet à Bihr de souligner un paradoxe: si le
destin du travailleur en société capitaliste a été précisément théorisé
par ce premier, on ne peut pas en dire autant du substrat naturel évoqué
plus haut. Pourtant, il est difficile de parler de travail sans parler
du cadre spatiotemporel dans lequel il s'inscrit ou des conditions
générales de ce dernier, en termes de ressources notamment.
En effet, le procès de travail met systématiquement en jeu des
travailleurs «face» à des ressources naturelles pour aboutir aux valeurs
d'usage échangées, ce que Marx qualifie d'«appropriation de la nature».
C'est un peu un comble pour le père du matérialisme historique que
d'avoir passé sous silence cette partie du cadre matériel dans lequel
s'inscrit l'activité humaine de reproduction globale de la société
capitaliste. Bihr a pour ambition de remédier à cette omission. Il
rappelle d'ailleurs à juste titre que cette omission n'est pas complète
et que Marx traite dans certains passages de l'impact du développement
de la production capitaliste sur l'environnement, notamment au sujet de
l'industrie agricole, là où le face à face entre nature et capital est
le plus immédiat:
«Tout progrès dans l'agriculture capitaliste est non seulement un
progrès dans l'art de piller le travailleur, mais aussi l'art de piller
le sol; tout progrès dans l'accroissement de sa fertilité pour un laps
de temps donné est en même temps un progrès dans la ruine des sources
durables de sa fertilité.» ( [4]
Toutefois, l'angle mort de l'analyse marxiste quant à la dimension
vampirique du capital vis-à-vis de la nature est réel. Mais est-il
possible pour la théorie marxiste d'imbriquer autrement que par une
assimilation statique aux «moyens de production» la capture de l'énergie
terrestre déjà-là dans la dialectique entre le capital et le travail? Si
l'essentiel de la contribution de Bihr apparaît dans le tome 2, l'effort
du tome 1 consiste dans un premier temps à planter le décor, dans la
tradition matérialiste, des manifestations de dégradation des conditions
naturelles du système-Terre pour signifier tout au moins la présence
immanquable de l'objet-sujet environnemental dans la crise du capitalisme.
Une certaine vision de l'enfer
D'une manière méthodique et documentée, Bihr définit et passe en revue.
Il appuie d'ailleurs sa démonstration d'un lexique, en tome 3, pour
donner aux lecteurs les clés scientifiques des concepts qu'il convoque.
Le premier tome revêt incontestablement un caractère encyclopédique qui
vient nourrir l'ambition de comprendre, matériellement, les mécaniques
responsables du réchauffement climatique et comment ce changement
impacte l'ensemble des équilibres fragiles qui constituent les
conditions d'habitabilité de la planète Terre. Rappelons qu'il s'agit
pour Bihr d'une étape nécessaire mais non suffisante à la résolution du
problème.
Il aborde d'abord les mécanismes environnementaux qui concourent à la
production de l'effet de serre et de l'effet parasol, en premier lieu
desquels la concentration des gaz tels que le dioxyde de carbone, le
méthane, le protoxyde d'azote etc. En plus d'identifier l'origine
anthropique de la hausse de la concentration de ces gaz, Bihr présente
quelques conséquences contemporaines du réchauffement climatique avec la
fonte des glaces, la montée des eaux ou encore l'avènement d'une ère de
catastrophes climatiques régulières et rapprochées. L'ensemble de ces
phénomènes entraîne des rétroactions qu'on peut assimiler à une sorte
d'emballement du dérèglement et qui vont aboutir, à coup sur, à un
basculement climatique majeur qui nous entraînera en Terre inconnue,
loin de l'Holocène favorable à notre existence.
Bihr précise:
«Quelles que soient l'ampleur et la rapidité des mesures qui seront
prises dans les prochaines années et décennies pour enrayer les causes
du réchauffement climatique (et nous verrons que rien de sérieux n'a
encore été engagé sur ce terrain), il faut avoir conscience que, au vu
de la durée de rémanence des GES dans l'atmosphère, celui-ci va se
poursuivre dans les siècles à venir. Autrement dit, nous sommes bel et
bien d'ores et déjà engagés sur la voie d'une nouvelle ère de
l'existence humaine sur Terre.» [5]
Afin de poursuivre son entreprise de mise en réalité du niveau de
dégradation atteint, Bihr va convoquer successivement plusieurs milieux
«naturels» globaux pour préciser la métamorphose que les contraintes
capitalistes entraînent sur les piliers de l'équilibre écologique
planétaire. Réchauffement, acidification, pollution des océans et mers;
destructions des zones humides, dégradation de la qualité et de la
quantité des zones forestières. La production capitaliste met également
en tension les ressources vitales disponibles au sein des quatre
éléments terre-eau-air-feu comme l'auteur en fait la démonstration.
A son tour, la biodiversité, qui permet au système-Terre de bénéficier
d'une multitude de sous-systèmes redondants qui agissent pour
l'équilibre général, connaît une chute sans commune mesure. Et quand on
enlève le principe de redondance des systèmes naturels dans leur
concours aux équilibres climatiques, alors d'une part il y a déficit
immédiat mais également carence, donc une rétroaction qui à son tour
affaiblira un autre système nécessaire.
En tant qu'organisme vivant, de tels niveaux de dégradation vont
nécessairement avoir un impact sur la santé humaine. Pollution
atmosphérique, pollution des sols, renforcement des facteurs du risque
pandémique entraînent une dégradation manifeste de la vie en bonne santé
à travers le monde.
Au terme de l'ensemble de ces descriptions qui s'étendent de la page 63
à la page 180, Bihr justifie son emploi du terme catastrophe au sens
scientifique pour définir le bouleversement en cours:
«La théorie des systèmes définit une catastrophe comme le passage
brusque (un point de bifurcation ou point de bascule marquant une
discontinuité) d'un système à un autre, par effondrement du premier
[...] et formation du second, ce passage pouvant être induit par une
«petite bifurcation» initiale mettant une durée plus ou moins longue à
produire tous ses effets. Encore n'est-ce là que le meilleur des cas, le
pire étant celui où le système en proie au changement se trouve
incapable de se transformer en un autre système et se désintègre
purement et simplement» [6].
Rien à l'horizon
Confrontés à une telle menace, on aurait pu penser que les tenants de
l'ordre social capitaliste s'empresseraient de trouver des parades
efficaces pour poursuivre l'entreprise de valorisation. Rappelons-nous
qu'ils ont déjà su trouver des solutions pour répondre aux contraintes
imposées par l'activité politique du prolétariat: ils ont augmenté la
productivité du travail par la science pour continuer à nous sucer le
sang sans nous tuer. Ils ont également su aller chercher du sang frais
aux quatre coins du monde pour s'assurer de l'abondance de main d'oeuvre
corvéable partout où ils en ont besoin. Ils l'ont fait parce que les
prolétaires ont lutté et les ont contraints dans leur action.
Pourquoi ne le font-ils pas face à la dégradation de la planète? C'est
là où on comprend que l'équivalence «exploitation des hommes» /
«exploitation du substrat naturel» ne supporte pas les conditions de
l'activité humaine. Les capitalistes pourraient probablement trouver des
solutions de contournement des dégâts occasionnés par leur mode de
production. Mais la différence majeure entre les limites de
l'exploitation des hommes et les limites de l'exploitation du substrat
naturel, c'est que le système-Terre ne lutte pas, il réagit. La
Pachamama manque cruellement de subjectivité radicale.
L'ambition de Bihr est d'intégrer la modalité d'exploitation du substrat
naturel dans le schéma marxiste d'exploitation. Il souhaite théoriser
l'exploitation des systèmes naturels à des fins de valorisation
capitaliste et comprendre l'articulation entre l'exploitation des hommes
et l'exploitation du milieu naturel dont nous sommes issus. Il ne s'agit
donc pas de tenter de détourner la théorie marxiste en insufflant un peu
d'animisme ou de totémisme dans le moteur mais de comprendre comment la
question de la destruction de la planète, ou plutôt de la dégradation
des conditions d'habitabilité, intègre immédiatement les rapports
sociaux de classe qu'impose le mode de production capitaliste.
Il va donc débuter par une analyse de la réponse capitaliste à la crise
climatique. Il démonte d'abord la fable du développement durable qui,
sous couvert de «lutte contre le changement climatique», offre avant
tout les conditions morales de la poursuite de la destruction
environnementale. Plutôt que de réfléchir en termes de limites, les
diverses organisations capitalistes publiques et privées, animées par la
seule loi du profit, réfléchissent en termes de dépassement. Des
premières alertes du Club de Rome, l'OCDE a su en digérer les éléments
pour aboutir au concept de «développement durable» qui fait rimer le
maintien des taux de profit et la préservation de l'environnement, dans
une contorsion qui sans surprise fait la part belle aux premiers.
Les quelques actions qui ont permis une certaine amélioration de la
situation (résorption du trou dans la couche d'ozone, atténuation des
pluies acides, fin de l'essence au plomb) nous offre une leçon pour
rappeler qu'aucun bourgeois ne nous sortira de là:
«La principale condition de la réussite de telles actions a été que le
problème à résoudre soit simple: une substance (un élément chimique ou
un composé chimique) ou, au pire, quelques substances nocives, émise par
une source (un procédé industriel) ou quelques sources en mode restreint
et aisément identifiables, pour lesquelles il était facile et rapide de
trouver (scientifiquement et techniquement) des palliatifs, dont la mise
en oeuvre coutait peu au capital.» [7]
In fine, l'agenda de la lutte contre le changement climatique est
systématiquement repoussé parce que la limite planétaire n'est pas
soluble dans le profit. Simplement parce que les capitalistes n'ont pas
la solution capitaliste au problème capitaliste de destruction du monde.
Et à la différence des êtres humains qu'on peut parquer dans des
frontières pour dégager des marges de manoeuvre à l'échelle mondiale,
les tempêtes, les sécheresses, les déserts ou les torrents ne
s'embarrassent pas des portes coupe-feux du capitalisme international.
La solution alternative ou de contournement, si simple à trouver
lorsqu'il s'agit des hommes, l'est donc moins lorsqu'il s'agit de toutes
les autres conditions matérielles de la production.
Face à cette impossibilité, les politiciens parlent pour promettre. De
Rio à Paris, de GIEC en GIEC, plus les scénarii de réchauffement se sont
précisés et moins les engagements ont été sérieux. L'augmentation de la
température de 1,5 ° est déjà atteinte. La limite des 2° n'est pas une
projection, c'est un futur proche qui n'a aucune chance d'être
contrecarré. En 2023, la COP28 est organisée par les industries
productrices de combustibles fossiles qui protègent leur business en
modifiant les déclarations d'intention des dirigeants mondiaux à propos
des objectifs environnementaux. Ils s'en fixent un: 2050 pour le zéro
émission de Co2 net sans autre contrainte. Comme quand on annonce qu'on
arrête de fumer après les vacances. Les promesses pour ceux qui y
croient. En réalité, la gouvernance mondiale n'est pas suffisamment
forte pour imposer une quelconque contrainte aux pays et classes
capitalistes. La base du capitalisme, c'est d'être en concurrence pour
la maîtrise du marché. Aucun acteur ne se permettra de se mettre
soi-même des bâtons dans les roues. Le modèle intègre à sa racine
l'incapacité de répondre à la catastrophe qu'il a créé.
La transition énergétique est un leurre au même titre. Aujourd'hui,
l'évolution du mix énergétique n'indique en rien une sortie des énergies
fossiles. Les énergies renouvelables ne font qu'accompagner la poursuite
de l'accumulation du capital. La principale préoccupation des
dirigeants, ce n'est pas de sauver le climat, c'est de sauver le capital
de la contrainte matérielle auquel il n'échappera pourtant pas, et
nous-avec ...
Une des manifestations de ce phénomène est le marché du carbone, ou
plutôt celui du droit à polluer. La création de ce marché a simplement
permis aux grandes entreprises polluantes des États centraux de
défiscaliser les quotas non consommés [8] et de verdir leur image en
imposant aux formations périphériques une
marchandisation/patrimonialisation de leurs zones forestières au
prétexte que les bourges du Nord ont acheté le carbone de ces arbres et
que donc, les habitants ne peuvent plus disposer de ces ressources. Les
marchés de compensations écologiques fonctionnent sur le même principe.
Une sorte d'extractivisme vert.
Une solution technique au problème politique?
Et si les innovations technologiques nous sauvaient la mise? Là encore,
Bihr rappelle les faits:
«Aussi, dans le cadre maintenu des rapports capitalistes de production,
il n'y a pas plus de chance de passer aujourd'hui ou demain des énergies
fossiles aux énergies «renouvelables» qu'on est passé avant-hier du
charbon au pétrole et hier du pétrole à l'énergie nucléaire. Les
secondes viennent s'additionner aux premières [...] pour répondre à
chaque fois à la soif inextinguible d'énergie d'un capital voué à
élargir sans cesse l'échelle de sa reproduction.» [9]
Bihr fait alors état des solutions qui ne répondent pas au problème du
fait d'une échelle trop faible mais également des conséquences
désastreuses, et parfois matériellement impossibles, d'une mise à
l'échelle planétaire de ces solutions. Si on voulait par exemple
transférer à iso quantité la production d'énergie des énergies fossiles
aux solutions dites renouvelables, il n'y aurait pas assez de minerais
métalliques sur Terre pour développer cette infrastructure. La vraie
question est le financement d'un tel projet dans le cadre du
capitalisme. Aucun acteur ne souhaite engager une telle somme sans un
retour sur investissement assuré.
Il fait ensuite état des solutions qui aggravent le problème, comme le
nucléaire, pour son empreinte écologique mais également pour sa
dangerosité et son fondement tyrannique, les biocarburants, ou encore la
voiture électrique.
La possibilité d'une extinction de masse
A côté de ça, nous sommes confrontés sans arrêt à des séries
d'injonctions sur le comportement écologique citoyen, d'autres sur le
risque comme performance noble, avec des journaux télé qui nous font des
vues idylliques d'un monde à +4°C tout sourire, sollicitant notre
résilience, ce concept dans toutes les bouches gestionnaires qui
appellent à notre renoncement.
Et pourtant, rappelle Bihr, les principales intéressées, les entreprises
capitalistes de production d'énergie fossile, ont été les premières
informées des effets de leur industrie et ont organisé le négationnisme
climatique. Aujourd'hui, la perspective d'une extinction de masse de
l'espèce humaine est une option entendable pour une partie des
commentateurs qui niaient autrefois le changement climatique. Ce dernier
élan malthusien n'a rien pour nous surprendre. On nous a déjà habitués à
regarder le voisin mourir sans broncher. C'est certainement un
comportement résilient aux yeux de celles et ceux qui détruisent chaque
jour et les hommes, et le monde. Pendant qu'eux se construisent toutes
sortes de proto-mondes pour échapper au déluge.
Il est désormais temps de comprendre comment l'intrication de la
contradiction du capital qu'est l'exploitation résonne spécifiquement
dans la crise climatique en cours. Ça sera pour le mois prochain.
Mich
Notes
[1] (Marx, Le Capital, Livre 1, cité dans Bihr, [[L'écocide capitaliste, t.1
[2] (cf. Marx, Chapitre VI, Editions sociales, 2010)
[3] (Ibid.: p. 29)
[4] Marx, cité dans ibid.: p. 32)
[5] (Ibid.: p. 62)
[6] (Ibid.: p.181)
[7] (Ibid.: p. 225)
[8] (cf. Arcelor-Mittal p. 275)
[9] (Ibid.: p. 316)
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4716
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