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(fr) Alternative Libertaire #371 (UCL) - Hongrie: Vege van! Orbán, c'est fini!
Date
Mon, 18 May 2026 07:46:48 -0400
Ce 12avril a vu se produire un tournant politique majeur dans l'histoire
de la Hongrie. Viktor Orbán, Premier ministre du pays pendant 20ans et
sans interruption depuis 2010, vient d'être détrôné par la fulgurante
ascension de son opposant Péter Magyar, alors même que beaucoup
considéraient que les nombreuses attaques de l'aspirant dictateur envers
les institutions social-démocrates avait rendu inaccessible toute
transition par les urnes. Comment comprendre cette rupture, et quelles
en seront les conséquences? ---- Il avait pourtant tout fait pour
asseoir sa position à la tête de l'État hongrois. Pour commencer, Orbán
avait pris progressivement le contrôle non seulement de l'audiovisuel
public mais aussi de quelques 500médias privés, permettant à son parti,
le Fidesz, de déverser sa propagande nationaliste à tout va. En
parallèle, il avait modifié les règles électorales en sa faveur,
notamment en regroupant des circonscriptions favorables à l'opposition
tout en augmentant le nombre de parlementaires dans celles où le Fidesz
est majoritaire. Profitant d'une majorité de deux-tiers, il a pu changer
la constitution pour une version plus autoritaire et réactionnaire en
janvier 2012 et installer ses laquais à différents postes clés de
l'appareil étatique.
Orbán se targuait d'avoir institué une «démocratie illibérale»,
soi-disant plus proche des valeurs traditionnelles hongroises. La
sociologue Dorit Geva, professeure à l'université de Vienne en Autriche,
préfère décrire ce régime comme «un néolibéralisme autoritaire et
hypernationaliste», qu'elle appelle «ordo-nationalisme» [1]. Selon elle,
la politique d'Orbán repose sur trois piliers: premièrement, une
nationalisation partielle de certains secteurs de l'économie, afin
d'organiser l'accumulation du capital au profit d'une bourgeoisie
nationale émergente.
Deuxièmement, la capture de l'État par le parti et par ceux qui lui sont
dévoués, récompensés par une logique de clientélisme. Enfin,
troisièmement, un tournant socialement répressif et patriarcal,
cherchant à s'attirer les faveurs d'une partie des classes moyennes au
détriment des plus pauvres ou des minorités raciales et de genre.
Un revirement facilité par des facteurs économiques
Finalement, la politique d'Orbán ne consistait ni plus ni moins qu'en
un pillage d'une rapacité inouïe des ressources et du patrimoine
hongrois, organisé aux bénéfices d'une oligarchie. Éclairage public,
tourisme, hôtels, restaurants, bâtiment, autoroutes, banques,
assurances, football, bureaux de tabac, vignes... Autant de profits
captés par le pouvoir en place et utilisés pour récompenser ceux qui se
montraient les plus serviles envers lui [2]. Comble de l'ironie,
l'économie hongroise ne fonctionnait plus que sous perfusion des fonds
de l'Union européenne, celle-là même qu'Orbán fustigeait en permanence.
Mais depuis 2022, le gel de plus de 21milliards d'euros de ces fonds par
la Commission européenne suite au tournant autoritaire du régime a été
associé à une dégradation de la situation économique du pays plus rapide
que jamais, avec des taux d'inflation records. L'accès à un emploi
stable et bien rémunéré a été relégué au rang de fantasme. Les coupes
budgétaires dans le service public ont été particulièrement visibles
pour la population, dont environ 15 % ne dispose même plus de médecin
généraliste. Les écoles publiques sont désertées par les classes
moyennes et leurs professeurs. Conséquence de tout cela: Fidesz a fini
par perdre le soutien de sa base économique [3]. En parallèle, de
nombreux scandales de corruption ont éclaté, que le contrôle des médias
par le gouvernement n'a pas réussi à étouffer. Citons seulement: grâce
présidentielle accordée à un pédocriminel, contrats d'éclairage public
utilisés pour détourner des fonds européens au bénéfice du gendre
d'Orbán, passe-droits accordés à une usine de batteries vis-à-vis de ses
rejets polluants et cancérigènes, ministre des affaires étrangères
rendant des comptes presque en direct à Poutine...
Péter Magyar, qui a détrôné Orbán ce 12avril, a habilement repris ces
différentes affaires à son compte en faisant de la lutte contre la
corruption le fer de lance de sa campagne. À la tête de son parti
Tisza, qui n'existait même pas il y a deux ans, il a su capter les voix
de toutes celles et ceux qui voulaient voir chuter le dictateur en
herbe, à gauche comme à droite. Lors de ces législatives, le taux de
participation a été de près de 80%, du jamais vu en Hongrie depuis la
chute du régime «communiste». Le Tisza a écrasé le Fidesz de 15points et
a obtenu à son tour la majorité de deux-tiers au parlement, suffisante
pour permettre à Magyar de dégager les pro-Orbán que ce dernier avait
installés aux postes clés de l'État. Le soir de la victoire, la liesse
s'empare des foules rassemblées dans les rues de Budapest, comme un
immense cri de soulagement.
Une victoire... pour la social-démocratie
Peut-on se réjouir nous aussi, communistes libertaires, de cet événement
politique majeur? Oui... jusqu'à un certain point. Car Péter Magyar,
l'homme providentiel qui a fait chuter le tyran, est lui-même un
dissident du Fidesz et défend un programme de centre-droit libéral, tout
aussi anti-immigration que celui de son prédécesseur. Il a par ailleurs
soigneusement évité durant sa campagne de se prononcer sur les sujets de
société «qui fâchent», comme les droits des personnes LGBTI persécutées
sous Orbán. De plus, son parti ayant bénéficié du report des voix de la
gauche, cette dernière disparaît complètement du Parlement hongrois. Au
final, les plus grands gagnants dans cette histoire sont les libéraux de
l'Union européenne. Une des premières conséquences de cette élection
est qu'elle devrait débloquer le prêt de 90milliards d'euros de l'UE à
l'Ukraine auquel Orbán s'opposait par veto.
Réjouissons-nous cependant d'avoir vu trébucher non seulement un
symbole, mais aussi un soutien matériel de l'internationale fasciste.
Magyar a d'ores et déjà affirmé qu'il allait mettre fin aux financements
publics des structures Maga de la droite ultraconservatrice installées
à Budapest. Du côté de la France, c'est le RN qui perd un de ses plus
précieux alliés. En 2025 encore, Marine le Pen exprimait son «soutien le
plus ardent à la valeureuse Hongrie», qu'elle décrivait comme un «modèle
de résistance historique aux oppressions». Elle-même a bénéficié pour sa
campagne présidentielle de 2022 d'un prêt à hauteur de 10,6millions
d'euros de la part d'une banque hongroise détenue par un proche de
Viktor Orbán [4]. Espérons donc que la chute de ce dernier, en plus de
fournir un répit aux populations persécutées sous son régime, nous
laisse plus de marge de manoeuvre pour construire nos alternatives
révolutionnaires et libertaires.
Johanna (UCL Lyon)
Notes:
[1] Dorit Geva, « Orbán's Ordonationalism as Post-Neoliberal Hegemony »,
2021, Journals.sagepub.com.
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0263276421999435
[2] « "En Orbánistan", tout est pouvoir, corruption et mensonges », Les
Jours, 29 mars 2026.
https://lesjours.fr/obsessions/viktor-orban-hongrie-legislatives/ep2-mainmise-economie/
[3] « Elections en Hongrie: Orbán englué dans la déconfiture de
l'économie », Libération, 10 avril 2026.
https://www.liberation.fr/international/europe/elections-en-hongrie-orban-englue-dans-la-deconfiture-de-leconomie-20260410_CWOLW4Z4DJGR3MCVCIXW57UDNY/
[4] « Avec la défaite d'Orbán, le RN perd un modèle et un allié »,
Mediapart, 13 avril 2026.
https://www.mediapart.fr/journal/politique/130426/avec-la-defaite-d-orban-le-rn-perd-un-modele-et-un-allie
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Hongrie-Vege-van-Orban-c-est-fini
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