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(fr) Courant Alternative #357 (OCL) - Discrimination sur fond d'imposition au numérique
Date
Sun, 1 Mar 2026 20:43:18 +0000
Intervenante à l'Ifrass (1) depuis septembre 2024, la direction de ce
centre de formation en travail social, vient de me faire savoir, par
envoi de courrier électronique, qu'elle ne reconduisait pas mon contrat.
Je signais des contrats au mois, j'accompagnais deux groupes d'étudiants
et étudiantes dans une réflexion sur leur pratique professionnelle,
j'appréciais nos échanges. Les étudiantes et moi-même avions réussi, je
crois, à mettre en place un climat serein et contenant, propice à la
discussion, l'échange d'idées, sans jugements... Les étudiants
débattaient librement... en un mot... non, permettez-moi quelques-uns:
nous avions instauré une relation de confiance. ---- Lors de ma dernière
intervention, que je ne savais pas dernière à ce moment là, le nouveau
directeur pédagogique vient m'interpeller dans la salle où je me
trouvais avec les étudiantes. Il s'excuse de perturber le déroulé de
l'intervention, je lui réponds que je l'écoute. Il me demande alors
d'échanger en privé. Dans le couloir, il me fait comprendre que si je ne
procède pas à l'émargement numérique (2), il devra se passer de mes
services. J'avais reçu un mail, quelques jours avant, m'informant que
l'émargement se ferait numériquement, sans plus de précisions sur cette
décision; ce à quoi j'avais répondu refuser et continuer l'émargement
papier.
Ce dernier, depuis le début de mes contrats avec l'Ifrass en novembre
2024, se fait sur feuille papier, amené au secrétariat en fin de séance.
Cette manière d'émarger fonctionne très bien. Pour la première fois, le
centre de formation exige un changement dans ce fonctionnement, sans
texte officiel attestant le caractère obligatoire de cette démarche.
Ce directeur n'aurait-il pas pu attendre la fin de l'intervention ou me
convoquer dans un autre temps pour me faire part d'une telle menace?
Reprendre le déroulé de l'intervention ne fut pas simple!
Suite à ce court échange dans les couloirs, pas d'entretien, pas un coup
de téléphone, rien qui relèverait d'un contact humain. Puis un mail, me
sommant d'émarger numériquement, sinon la sentence tombe! S'ensuit un
échange de messages électroniques où la direction ne semble pas me
reprocher la teneur, ni le contenu de mes interventions. Non, ce qu'elle
ne supporte pas, ce qui serait le signe d'une dégradation de la relation
de confiance, dixit le directeur, c'est mon refus de faire l'émargement
numérique. Pas d'arguments pédagogiques, ni éducatifs, mais une
injonction arbitraire à procéder à l'appel numérique.
Et effectivement, la région Occitanie, dans le cadre de sa politique de
numérisation, exige la mise en place de l'émargement numérique. Alors
qu'elle rogne ses subventions attribuées aux centres de formations (et
pas qu'à eux!) (3), elle investit des millions dans le développement du
numérique. Certains centres de formation, universités, font encore de la
«résistance», consciemment ou par retard du développement de leur
équipement numérique, mais combien de temps cela pourra-t-il durer?
Voilà les poncifs que nous pouvons trouver sur le site de la région:
«Aujourd'hui, le numérique n'est plus une option! Il représente un
formidable moteur de modernisation, de progrès social, économique,
environnemental, de compétitivité et d'innovation.» (4)
Moteur de modernisation??? Quand on sait que le développement du
numérique recrée ou plutôt reconduit l'exploitation économique et
humaine des pays du Sud par les
pays occidentaux, l'accaparement des ressources naturelles... enfin, la
poursuite des logiques coloniales et de la mise en esclavage, notamment
au Congo (5), la Région peut-elle se targuer de mettre en place un
«formidable moteur de modernisation»?
Progrès environnemental??? L'industrie du numérique utilise 10 % de la
production d'or mondiale, 70 % de celle de galium et 80 % de celle de
coltan (6). Pour l'extraction de ces métaux, de grandes quantités
d'énergie et d'eau sont réquisitionnées, laissant les sols, l'air et les
eaux pollués autour des mines. La fabrication d'une puce électronique
requiert une centaine de litres d'eau, sans parler de la consommation
d'énergie et d'eau pour le fonctionnement d'un date center... heu... y'a
un problème... la Région par une simple phrase s'inscrit dans un déni de
réalité et y place tous ceux et celles qui croiraient en ses propos.
Progrès social??? Les tensions géopolitiques se multiplient autour de la
numérisation du monde (exemple de la guerre en Ukraine dont le contrôle
des sous-sols riches en quantité de lithium, cuivre, cobalt, terres
rares est un des enjeux). (7) La société numérisée a des conséquences
sur la socialisation de ses individus, ses apprentissages, sa santé
physique et mentale (8). Un monde sans contacts se met en place avec une
précarité économique accrue des salariés/salariées et une perte de sens
diffuse!! Quel progrès social!!!
Quant aux autres termes de propagande régionale, ils appartiennent ou
ont été transformés par le langage capitaliste, laissant un gout néfaste
de contrôle social, d'uniformisation, de déshumanisation... Ce sont ces
aigreurs qui retirent du travail social son sens premier depuis des
années, et, jusque dans les formations plus récemment.
L'Ifrass doit, de fait, faire des économies. Va-t-il pouvoir garder sa
masse salariale actuelle? Le numérique prenant la place des secrétaires
sur la question de l'appel, on peut se le demander. Sont en projet des
cours en visio-conférences afin de réduire les dépenses. La teneur des
échanges entre étudiants/étudiantes et intervenants/intervenantes à
travers l'écran laisse présager que leur qualité va beaucoup s'en ressentir.
Dans un dernier échange avec le directeur pédagogique, celui-ci
m'attribue les qualificatifs suivants: dogmatique et jugeante. Mais, qui
juge qui? Il est vrai que je
considère la numérisation du travail et des institutions comme une
catastrophe sociale,
environnementale et politique; est-ce un motif valable de licenciement
(auquel équivaut
ma «non reconduction de contrat précaire»)? Non, c'est inacceptable.
Pour le moment, je n'ai toujours pas pu expliquer aux étudiants et
étudiantes ma démarche, je n'ai pas pu faire de bilan avec eux de
l'année-et-demie passée ensemble à réfléchir à leur pratique, à élaborer
collectivement les futurs professionnels qu'ils deviendront, je n'ai pas
pu... non, ce directeur m'a retiré la possibilité d'être humaine,
empathique et respectueuse envers eux dans un simple et indispensable
«au revoir». Je ne compte pas en rester là. J'ai commencé différentes
démarches pour lancer un débat au sein de l'institution, du personnel et
des étudiants et étudiantes... à suivre.
Je ne veux pas participer à cette catastrophe sociale, environnementale,
politique, est-ce un motif de non-reconduite d'un contrat? Quant au
travail social déshumanisé, non merci!
Marjo
(1) Institut de Formation, de Recherche, d'Animation, Sanitaire et
Social, Ifrass.
(2) Il s'agit là de recenser les présences et absences des étudiants et
étudiantes.
(3) Un membre du conseil d'administration de l'Ifrass évoque une coupe
budgétaire à hauteur de 300000 euros pour l'année en cours.
(4) https://www.laregion.fr/Occitanie-n...
(5) Fabien Lebrun, Barbarie numérique, L'échappée.
(6) Célia Izoard, La ruée minière au XXIème siècle. Enquête sur les
métaus à l'ère de la transition, Ecocène Seuil.
(7) Nicolas Bérard, Fabien Ginisty, Matthieu Amiech, La face cachée du
numérique, Age de faire.
(8) Manifeste d'Ecran Total.
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4645
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