|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours |
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Socialisme Libertaire - Bakounine: Une vie
Date
Tue, 10 Feb 2026 17:45:31 +0000
LA JEUNESSE ---- Michel Bakounine naît le 8 mai 1814 à Priamoukhino
(gouvernement de Tver, en Russie) où il est élevé jusqu'à l'âge de
quatorze ans. Ses parents font partie de ce que l'on appelle la "petite
noblesse". ---- Son père ayant choisi pour lui la carrière militaire, il
l'envoie donc à l'école d'artillerie de Saint-Pétersbourg. Après avoir
mené quelque temps la vie insouciante de ces jeunes aristocrates, futurs
officiers de l'empire, Bakounine se désintéresse bientôt de la caserne
et fait tout pont s'y soustraire. ---- Il y parviendra au bout de
quelques années, ce qui lui vaudra quelques canaux et allie brouille
avec son père. ---- Il décide brusquement de s'inscrire à l'université
de Moscou où il se liera d'amitié avec Herzen et Ogarev, exilés pour
plusieurs années de Saint-Pétersbourg. Bakounine est loin d'eue assidu
aux cours mais se passionne pour la philosophie allemande. Lorsque les
vacances arrivent, il retourne à Priamoukhino, mais il n'a plus qu'un
désir maintenant: quitter la Russie pour aller en Allemagne étudier la
pensée de Hegel. C'est Herzen qui lui avance l'argent nécessaire pont
réaliser ce projet.
Nous sommes en 1840; Bakounine a vingt-six ans. A Berlin, il fréquente
les cours de Werder considéré comme le chef de l'école Hégélienne. La
pensée de Hegel lui fera parcourir le même cheminement que de nombreux
jeunes philosophes à la même époque, parmi lesquels Marx et Engels.
Cette voie le mènera à la révolution. Déjà il le pressent et décide de
ne jamais retourner en Russie.
Il commence à fréquenter les milieux démocrates et, du même coup, la
police secrète du tsar commence à s'intéresser à lui. De ce fait
Bakounine préfère quitter l'Allemagne pour aller en Suisse, puis en
Belgique, et enfin en France.
C'est à Paris qu'il rencontre Marx et Engels, eu il fréquente les
milieux allemands et polonais exilés. Surtout il va connaître Proudhon
avec lequel il sympathise très vite. Il faut dire que nous sommes en
1845 et que la maison de Proudhon est alors considérée comme " La Mecque
" des révolutionnaires du monde entier. Bakounine sera fortement
impressionné par les théories proudhoniennes. Toutefois, dans les années
qui suivent, la seule activité de Bakounine semble être de discuter avec
tous les démocrates résidant à Paris. A la demande de jeunes Polonais,
il prononce un discours pour la commémoration de la révolution
polonaise. Ce sera sa première expérience d'orateur. L'ambassade russe
réagit et à sa demande, le gouvernement français expulse Bakounine qui
se réfugie en Belgique.
LA BARRICADE
Nous sommes au début de l'année 1848. En février, la révolution éclate à
Paris. Bakounine y retourne aussitôt et se plonge dans cette ambiance
exaltée, assistant aux réunions, défilant dans la rue, participant aux
barricades. Il écrit un article pour le journal "La Réforme" dans lequel
il déclare que "la révolution périra si la royauté ne disparaît pas
complètement de la surface de l'Europe". Pour lui toutes les nations
doivent se débarrasser de leurs tyrans, et il pense surtout - évidemment
- aux nations slaves. Il part pour la Pologne où une insurrection vient
d'éclater; celle-ci est écrasée alors qu'il se trouve encore en
Allemagne. Il interrompt donc son voyage et se rend à Prague où doit se
tenir un congrès des Slaves autrichiens. De nombreux incidents éclatent
dam la ville pendant la tenue du congrès et dégénèrent en émeutes qui
dureront cinq jours au terme desquels les congressistes seront obligés
de quitter l'Autriche.
Bakounine se rend alors à Dresde où la révolution éclate aussi. Bien
entendu il en sera un des principaux participants. Mais là aussi la
réaction triomphe et il est fait prisonnier. Son procès traîne en
longueur et c'est en janvier 1850 qu'il est condamné à mon. Cette peine
est ensuite commuée en travaux forcés à perpétuité. L'Autriche et la
Russie demandent son extradition. La Saxe finit par le livrer à
l'Autriche qui elle-même le livrera à la Russie en mai 1851.
LA PRISON
Bakounine revient donc dans ce pays qu'il ne voulait plus revoir. Il est
enfermé dans la forteresse Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg. C'est la
qu'il rédigera sa fameuse "Confession" au tsar, document ambigu où
Bakounine (qui en principe doit finir ses jours sans jamais ressortir de
son cachot) emploie un ton tantôt déférent envers le tsar, en semblant
"regretter" son attitude passée, et tantôt enthousiaste lorsqu'il décrit
les journées d'émeutes auxquelles il a participé. Toutefois, il arrive à
faire parvenir clandestinement à sa soeur Tatiana une lettre dans
laquelle l'équivoque est levée; il ne désire qu'une chose: recouvrer la
liberté pour reprendre l'action révolutionnaire.
Au bout de huit ans, Bakounine voit sa peine commuée en déportation à
perpétuité en Sibérie.
Il y restera jusqu'en 1861, puis tentera et réussira une évasion en
passant par le Japon, San Francisco, New York et Londres où il arrivera
à la fin de l'année l86l.
LE RETOUR
Bakounine reprend aussitôt contact avec les révolutionnaires qu'il avait
connus avant 1848.
Une nouvelle insurrection éclate en Pologne. Une expédition est montée
pour transporter des volontaires par bateau en territoire russe.
Bakounine y participe mais après de multiples péripéties rocambolesques
et deux voyages en Suède il abandonne définitivement ce projet de
libération des peuples slaves.
L'ANARCHIE
Bakounine s'installe à Paris. Auparavant il se rend à Londres, où il a
une entrevue avec Marx, et à Paris, où il revoit Proudhon, peu avant la
mort de ce dernier. C'est toujours par les théories de Proudhon qu'il se
sent attire. La période du démocrate bourgeois va bientôt prendre fin.
Après avoir rompu avec l'aristocratie il va rompre avec ses dernières
attaches bourgeoises. Il est devenu antiautoritaire ou, comme dirait
Proudhon, anarchiste. Il fonde une société secrète: la Fraternité
internationale. Il adhère même à la franc-maçonnerie, organisation
traditionnellement bourgeoise et dont il n'a que faire si ce n'est de
recruter quelques jeunes démocrates attirés par la révolution.
Il rédige le "Catéchisme révolutionnaire" (à ne pas confondre avec le
"Catéchisme du révolutionnaire" de Netchaïev), qui est en quelque sorte
le programme de la Fraternité internationale. Ce texte est une véritable
profession de foi anarchiste (le socialisme, le fédéralisme, l'athéisme,
l'antimilitarisme, etc. y sont prêchés).
En 1867, Bakounine se rend au congrès de la Ligue de la paix et de la
liberté qui a lieu à Genève. Il est nommé membre du comité chargé
d'élaborer un programme. C'est à cette occasion qu'il rédigera
"Fédéralisme, Socialisme, Antithéologisme". C'est également pour lui
l'occasion de rencontrer James Guillaume qui deviendra en quelque sorte
son fils spirituel. Bakounine fonde alors l'Alliance internationale de
la démocratie socialiste, organisation publique calquée sur la
Fraternité internationale qui, elle, reste secrète. Les buts que se fixe
l'Alliance sont: l'abolition des classes, l'égalité économique et
sociale, etc.
Nous sommes en 1868 et c'est l'année où Bakounine adhère
individuellement à l'A.I.T. (Association Internationale des
Travailleurs). Puis il demande l'adhésion de l'Alliance qui est d'abord
refusée puis acceptée non pas en tant qu'Alliance mais en tant que
sections locales de l'Alliance.
Au sein de l'A.I.T., Bakounine et Marx vont très vite s'affronter; il ne
s'agit pas d'une simple querelle de personnes mais bien d'une lutte de
deux tendances qui ont des conceptions différentes de l'organisation
révolutionnaire. Le congrès de Bâle (1869) renforce les positions des
partisans de Bakounine, mais la lutte entre les deux fractions va
continuer sans répit et par tous les moyens (lettres et circulaires
confidentielles, calomnies, injures, etc.).
En France les armées napoléoniennes sont vaincues par celles de
Bismarck. La république est proclamée. Bakounine se rend à Lyon et avec
l'aide de révolutionnaires français s'empare de l'hôtel de ville pour
"décréter la suppression de l'Etat". Mais les masses ne sont pas encore
préparées et ne suivent pas cette poignée d'internationalistes. Une fois
de plus Bakounine doit s'enfuir. Il se cache un mois à Marseille, passe
en Italie et enfin va retrouver ses amis jurassiens. Dans le même temps
a lieu la Commune de Paris. Si celle-ci succombe sous les coups des
versaillais Bakounine peut voir nombre de ces théories reprises
instinctivement par le prolétariat parisien. C'est durant toute cette
période (Communes de Lyon et de Paris) qu'il va rédiger " L'Empire
knoutogermanique".
Nous le retrouvons de nouveau en Italie où le démocrate Mazzini a publié
une critique sévère de la Commune et des communards parisiens, Bakounine
y répond par une série d'articles dans la presse italienne. La polémique
tourne à l'avantage de Bakounine et l'influence de l'Internationale
grandit en Italie. Parallèlement, l'influence des antiautoritaires
grandit au sein de l'A.I.T.. Marx va tout tenter pour enrayer cette
progression. A la suite de nombreuses manoeuvres (choix du lieu, mode de
représentativité des délégués, etc.), le dénouement a lieu au congrès de
La Haye en 1872. Bakounine (qui ne peut s'y rendre) et James Guillaume
sont exclus de l'A.I.T. dont le siège est transféré à New York. Il ne
faudra pas plus de deux ans pour que ce qui reste de cette organisation
(c'est-à-dire les partisans de Marx) disparaisse totalement.
Bakounine restera jusqu'à la fin 1873 dans la Fédération jurassienne,
puis en démissionnera, car la vieillesse réduit de plus en plus ses
activités. Il participe encore en 1874 à une tentative de soulèvement
populaire à Bologne. En fait, il ne croit pas à une issue favorable,
mais il espère y mourir comme il l'a toujours désiré: sur une barricade.
Mais le projet est découvert par la police et la tentative avorte.
C'est encore une fois la fuite devant les forces réactionnaires.
Bakounine passera les deux dernières années de sa vie retiré de la vie
politique résidant tantôt en Italie, tantôt en Suisse.
C'est à Berne qu'il meurt le 1er juillet 1876.»
Ramon Pino - in La Rue N°22 - 1976
https://www.socialisme-libertaire.fr/2025/12/bakounine-une-vie.html
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center