A - I n f o s

a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **
News in all languages
Last 30 posts (Homepage) Last two weeks' posts Our archives of old posts

The last 100 posts, according to language
Greek_ 中文 Chinese_ Castellano_ Catalan_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Francais_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkurkish_ The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours

Links to indexes of first few lines of all posts of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009 | of 2010 | of 2011 | of 2012 | of 2013 | of 2014 | of 2015 | of 2016 | of 2017 | of 2018 | of 2019 | of 2020 | of 2021 | of 2022 | of 2023 | of 2024 | of 2025

Syndication Of A-Infos - including RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups

(fr) FdCA Il Cantiere #40 [ITA] - La comptabilité du désenchantement - La loi de finances 2026 et le pays qui ne se voit plus - Totò Caggese (it) [Traduction automatique]

Date Wed, 17 Dec 2025 17:18:46 +0000


Le budget comme autoportrait - Toute loi de finances est, en fin de compte, un autoportrait. Elle révèle ce qu'un pays croit possible et ce qu'il considère hors de portée. La loi de finances 2026 ne dépeint pas une Italie pauvre, mais plutôt une Italie résignée : on clôt les comptes avant même d'avoir commencé les travaux, on réduit les prestations sociales pour combler le déficit, on substitue la gestion administrative à la politique. - Le langage même du budget - « dépenses primaires nettes », « cofinancement européen », « péréquation territoriale » - semble avoir été écrit par un auditeur, et non par une entreprise cherchant à changer de cap. C'est le premier budget entièrement post-NRRP, élaboré dans le cadre des contraintes du nouveau Pacte européen de stabilité.

La Cour des comptes le formule avec une élégance qui n'atténue en rien son jugement : « Une loi plus préoccupée par la comptabilité que par la stratégie.» En effet, ce document n'ouvre pas de nouvelles perspectives, mais réduit les marges de manoeuvre : un déficit ramené à 2,8 % en 2026, une croissance inférieure à 1 %, des dépenses de santé à peine ajustées et un investissement public en baisse.

Un budget qui ne planifie pas : il comptabilise.

L'économie de la compatibilité

Les auditions parlementaires sur le budget ont offert un rare portrait d'unité nationale.

Banques, entreprises, professions libérales, syndicats modérés, coopératives et régions s'accordent tous sur le principe d'austérité.  Chacun réclame une exception - un allègement fiscal, un report, une exonération - mais personne ne remet en question le cadre général.

C'est la logique de la compatibilité : avec l'Europe, avec les marchés, avec les agences de notation. Une compatibilité qui devient une vision du monde.

Ainsi, le budget n'est plus un lieu de conflit social, mais de négociations entre entreprises.

On discute de taux d'imposition, non de droits ; d'incitations, non de services. La seule véritable redistribution est celle des avantages fiscaux. Il en résulte un consensus fragile et parfait: un pays qui accepte de ne pas trancher, tant que chacun conserve sa niche.

Des chiffres qui déconcertent

Derrière la neutralité apparente des données, les auditions de l'ISTAT et de la Fondation GIMBE révèlent une autre vérité: la société italienne perd de sa cohésion.

L'extrême pauvreté touche 8,4 % des familles - près de six millions de personnes - et un enfant sur sept. Les dépenses publiques de santé sont inférieures à 6 % du PIB, soit environ deux points de pourcentage de moins que la moyenne européenne.

On constate une pénurie de 65 000 infirmières, le nombre de médecins généralistes diminue et la population active vieillit. Dans le sud de l'Italie, les dépenses sociales municipales sont deux fois moins élevées que dans le nord: 69 EUR par personne contre 127 EUR. GIMBE estime que, si la situation perdure, le Fonds national de santé aura un impact moindre sur le PIB en 2028 qu'en 2010.

Pourtant, alors que les budgets de la santé et de l'éducation diminuent, celui de la Défense augmente: 13 milliards d'euros en 2026. Dans le même document, seuls 350 millions d'euros sont alloués à l'instabilité hydrogéologique. Ces chiffres ne sont plus scandaleux car ils ne reflètent plus un système cohérent: il n'y a plus aucun équilibre entre les dépenses et les priorités.

La politique se limite à assurer la survie financière de l'État, et non sa fonction sociale (si tant est qu'il en ait jamais eu une).

Un climat absent, une société invisible.

Dans le budget 2026, le mot «climat» n'apparaît qu'une seule fois. Greenpeace l'a comptabilisé: un seul article, 350 millions d'euros pour la réduction des risques hydrogéologiques, contre 8,5 milliards d'euros de dégâts causés par les inondations en Émilie-Romagne.

Dans le reste du texte, la crise climatique est passée sous silence. Le budget semble être rédigé par un monde immobile, indifférent à la fièvre climatique et à la précarité de l'emploi, au déclin de la natalité, à la pauvreté éducative et à la désertification des services publics. L'idée de société est remplacée par une géométrie des contributions : un ISEE révisé, quelques primes pour enfants, une prime à l'embauche.

La famille devient une variable fiscale, la garde d'enfants un cout à maîtriser, l'école un poste de dépense. Même la santé, autrefois un droit universel, est traitée comme un enjeu de productivité.

C'est le triomphe de la comptabilité de l'existence.

Les voix qui résistent

Les voix dissidentes ne manquent pas, mais elles restent marginales.

La CGIL (Confédération générale italienne du travail) parle d'une « manoeuvre de ponction » qui amputera les salaires et les pensions de plus de trente milliards d'euros en trois ans. L'Alliance contre la pauvreté dénonce la réduction de moitié du nombre de bénéficiaires de l'Allocation d'inclusion. La Fondation GIMBE appelle à un refinancement stable de la santé publique, tandis que Greenpeace propose deux contributions solidaires exceptionnelles : l'une provenant des bénéfices des industries d'armement, l'autre des industries énergétiques.

Le Forum des associations familiales, bien que proche de la majorité, admet que les mesures relatives au taux de natalité « ne suffisent même pas à ralentir le déclin démographique ».

Chacun, à sa manière, décrit la même situation: un État incapable d'être un moteur de transformation, mais simplement un gestionnaire des contraintes. L'ISTAT, dans le langage neutre des tableaux, la résume mieux que quiconque: le pays est plus vieux, plus inégalitaire, plus fragile. Et pourtant, il semble convaincu qu'il n'existe aucune alternative.

Après le PNRR, le vide du sens

Avec la fin du cycle de financement extraordinaire, l'Italie est revenue à la normale: celle des budgets équilibrés. La loi de finances retrouve ce qu'elle était avant le PNRR: un exercice de compression. Mais entre-temps, la société a perdu confiance.

L'emploi public est en berne, le secteur de la santé privé se développe, les écoles résistent par inertie.

La transition écologique est restée du domaine du discours, sans se traduire en dépenses. L'innovation numérique a épargné la bureaucratie.

Le risque, désormais concret, est celui d'une administration du déclin permanente: un État qui ne recule ni n'avance, qui gère l'existant comme une copropriété déficitaire. Ce n'est plus une crise, mais une impasse institutionnalisée. Conclusion

«Une loi de finances sans monde»: c'est ainsi que l'on pourrait qualifier le budget 2026. Non pas parce qu'il ignore la réalité, mais parce qu'il la réduit à un ensemble de colonnes comptables. Santé, éducation, emploi, environnement, protection sociale: tout relève de la logique de la compatibilité, rien de celle de l'espoir.

Le budget de l'État, d'outil de pilotage, devient l'exact opposé de ce qu'il devrait être: le reflet d'un pays qui a cessé de s'interroger sur sa destination.

Un pays qui ne rêve plus, ne débat plus, ne prend plus de risques. Pourtant, c'est précisément de cette aridité planifiée que peut naître la revendication d'une autre mesure du possible: une mesure qui ne se calcule plus en points de PIB, mais en droits, en cohésion et en avenir.

Car pour redevenir politique, un budget doit avant tout prendre en compte le point de vue des plus démunis et avoir pour horizon le bien-être collectif, et non la préservation des privilèges.

Le vol de la diligence est consommé, mais les bandits resteront libres.

https://alternativalibertaria.fdca.it/
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center