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(fr) Courant Alternative #355 (OCL) - Le fascisme, vraiment?
Date
Sun, 14 Dec 2025 17:51:09 +0000
Faut-il aujourd'hui se contenter de qualifier de fascistes toutes les
forces politiques d'extrême droite? Est-ce pertinent si on veut les
combattre? (1) ---- Un mot fourre-tout ---- Quand Berlusconi était au
pouvoir en Italie, il n'était pas rare de le voir peint en fasciste,
avec une chemise noire. En 1994 il avait créé, dans le Centre-Nord, le
«Pôle des libertés» avec la Ligue du Nord et, dans le Sud, le «Pôle du
bon gouvernement» avec Alleanza Nazionale, parti d'origine néofasciste;
une partie de la gauche, et surtout de l'extrême gauche, avait alors
crié au retour du fascisme. Les cris d'orfraie redoublèrent quand
l'alliance se stabilisa en 1996 avec les ex-néofascistes mais sans la
Ligue. Le «fascisme» entrait au gouvernement. Lorsque la Ligue du Nord
-parti à l'origine autonomiste-indépendantiste, mais devenu depuis
fortement nationaliste avec le leadership de Salvini- arriva au pouvoir,
il se trouva à nouveau des gens de gauche (et surtout d'extrême gauche)
pour dénoncer haut et fort le nouveau fascisme. Aujourd'hui c'est le
parti Fratelli d'Italia (FdI) - héritier de l'ancien MSI (2)- qui est
supposé ouvrir la porte au fascisme. En France, c'est le parti de
Jean-Marie Le Pen, fondé par des anciens membres de l'OAS, fascistes et
nazis, et maintenant son successeur, le Rassemblement national (RN), qui
polarisent l'attention des antifascistes. Or les modifications de
programmes qui accompagnent les différentes évolutions de ces formations
ne changent rien à leur fond essentiellement néolibéral, conservateur,
«souverainiste» et populiste -avec un vernis social pour le RN et FdI.
Mais il n'y a pas que l'extrême gauche qui s'attache à la dénonciation
du fascisme. Dans un article de 1995, Umberto Eco a proposé le concept
de «fascisme éternel» (3) ou d'«ur-fascisme». A l'en croire (je
schématise) tout phénomène autoritaire (machisme, populisme,
traditionalisme, vitalisme) serait fasciste et porterait en lui les
mêmes germes que le fascisme historique. Il en retient 14
caractéristiques: 1) le culte de la tradition; 2) le refus du modernisme
et notamment le rejet des Lumières et de la Raison; 3) l'irrationalisme
et le culte de «l'action pour l'action»; 4) la négation de toute analyse
critique: tout désaccord est une trahison; 5) la peur de la différence:
le fascisme éternel serait raciste par définition (4); 6) l'adresse à
une classe moyenne frustrée; 7) la construction d'une identité nationale
toujours mise en danger par un ennemi extérieur ou intérieur (les Juifs
par exemple): l'obsession du complot est toujours présente; 8) le fait
de se sentir humiliés par la richesse ostentatoire de l'ennemi, ce qui
les destine à la défaite, car ils sont incapables d'évaluer la force
véritable des ennemis; 9) le pacifisme perçu comme une compromission
avec l'ennemi: la vie serait une guerre permanente, mais une bataille
finale permettrait le contrôle du monde; 10) un élitisme réactionnaire
qui fonctionne en cascade de façon militaire et garantit l'appartenance
à un peuple meilleur que les autres, fondement du culte du chef; 11) le
culte du héros: l'héroïsme est la norme, tout individu est éduqué pour
devenir un héros, qui ne craint pas la mort mais aspire à la mort; 12)
le machisme: la soif de pouvoir est transférée dans le domaine sexuel;
13) l'idée que seul le peuple en tant que peuple a du pouvoir, le chef
étant là pour s'exprimer à sa place, puisqu'une grande population ne
peut avoir de volonté commune; 14) une nov-langue: un vocabulaire et une
syntaxe appauvris limitent toute pensée complexe et critique.
Il est vrai que dans le fascisme historique on trouve bien tous ces
éléments et que certains d'entre eux se retrouvent également chez des
mouvements et groupes politiques des quatre coins du globe. Pourtant
cette approche me semble contestable sur un plan historique: plusieurs
des caractéristiques retenues par Eco sont bien plus anciennes que le
fascisme et d'autres sont largement présentes y compris dans «nos»
démocraties. Son approche me paraît plus d'ordre psychologique, moral ou
sociétal que politique et social: il semble plus disposé à dénoncer et
exécrer le «fascisme» qu'à le combattre sur le terrain politique. Son
interprétation rappelle fortement celle, libérale, de Luigi Salvatorelli
et Benedetto Croce qui voyaient le fascisme comme une sorte de «maladie
morale» dont souffrait l'Italie (5). Et elle ne semble pas avoir été
d'une grande utilité à la «gauche» italienne, qui s'est évanouie après
l'auto-dissolution de l'URSS puis du PCI au bénéfice de formations
autoritaires, populistes, machistes et souvent aussi traditionalistes.
Une double incapacité
Le fait que de nombreuses productions écrites en Europe et dans le monde
entier évoquent une «fascisation» ou un climat fasciste, voire un
nouveau fascisme en train de s'installer, relève, à mes yeux, d'une
attitude consistant à noircir la réalité politique et sociale. Ce qui
permet de justifier (en partie) une double incapacité: celle des
analystes à comprendre ce qui se passe dans le concret des choses et
celle de la «gauche» ou des gauchistes à modifier la situation. Dès
qu'un niveau plus élevé de répression est franchi par un Etat, dès qu'un
tribun fait appel à la xénophobie, à des sentiments d'exclusion et de
repli, dès qu'un dictateur prend le pouvoir ou transforme une démocratie
en «démocrature» ou carrément dictature, dès qu'une force politique
détestable prend de la place sur la scène politique, le terme «fascisme»
est dégainé. Il permet en effet de se référer à quelque chose d'horrible
mais de connu, dont la puissance justifie sa propre impuissance. Mais
cela ne fait qu'alimenter chez la majorité de la population l'idée que
«si le fascisme c'est ça, ce n'est pas si grave».
Si on se trompe d'analyse, on ne peut trouver les moyens susceptibles de
modifier les rapports de forces à l'origine de la situation dénoncée.
C'est pourquoi j'estime important de comprendre ce qu'il y a de nouveau
dans la situation actuelle, afin de trouver des moyens de lutter et des
arguments adaptés à la nouvelle donne. Et pour cela, il faut d'abord
déblayer le terrain de ce qui fait fonction de leurre. Et donner un
contenu historique précis à des phénomènes comme le racisme, mot souvent
utilisé pour désigner un des ressorts de l'extrême droite (6), mais qui
a recouvert au cours de l'histoire des phénomènes bien différents.
Malheureusement ce travail est trop rarement fait.
Ce qui diffère du fascisme historique
Tentons donc de proposer quelques pistes pour comprendre ce qu'il y a de
nouveau et de différent par rapport au fascisme historique.
Tout d'abord il faut souligner que les régimes «démocratiques» sont
devenus de plus en plus autoritaires bien avant que les supposés
fascistes arrivent, réellement ou potentiellement, au pouvoir. Pour
rester sur des exemples connus, on n'a pas attendu Mme Le Pen pour
durcir la répression: depuis les lois d'urgence qui ont suivi les
attentats de 2015, on assiste à une véritable surenchère de lois
répressives de la part de ministres «de gauche» comme de droite. Même
chose en Italie: Mme Meloni a hérité des accords conclus avant elle avec
les bandes libyennes par le ministre «de gauche» Marco Minniti, qui
visait à bloquer les migrants en Afrique du Nord. Et c'est plus net
encore en politique étrangère: renonçant aux déclarations souverainistes
de l'époque où elle était dans l'opposition (et à toute velléité de
politique arabe autonome), elle a renoué avec la traditionnelle
subordination de feu la Démocratie Chrétienne, totalement soumise aux
Etats-Unis. Et dans ce dernier pays, c'est bien l'incapacité de Biden et
Harris à comprendre les difficultés des classes populaires qui a poussé
celles-ci dans les bras de Trump (7).
Le livre capital d'Angelo Tasca, Naissance du fascisme, publié en 1938
(8), fournit les détails de la véritable guerre civile qui a marqué la
prise du pouvoir par Mussolini, dans un contexte où le mouvement
fasciste était soutenu par toutes les institutions et les pouvoirs du
pays (patronat, monarchie, armée, police, Eglise catholique...). Luigi
Fabbri (9), quant à lui, parle de «contre-révolution préventive»,
établissant une relation entre le niveau élevé de la lutte de classes et
la réaction patronale: celle-ci a fait payer au prolétariat la «grande
frayeur» qu'il lui a causée après la fin de la guerre de 14-18.
De toute évidence, rien aujourd'hui ne s'apparente à un tel climat. Il
n'y a pas de climat de guerre civile, pas non plus de tentative
révolutionnaire récente qui justifierait le recours au fascisme aux yeux
des capitalistes; et si crise de l'État libéral il y a, elle n'est pour
l'instant pas due à l'action autonome du prolétariat, comme ce fut le
cas après la Première Guerre mondiale. Cette guerre avait alimenté le
climat de violence et transformé l'état d'esprit des nationalistes, qui
en étaient sortis avec un sentiment de frustration en Italie (la
«victoire mutilée»), de défaite et de trahison en Allemagne -là, ce
sentiment, alimenté par les classes dirigeantes responsables de la
guerre, a constitué le terreau des corps francs créés sous la houlette
du SPD puis repris par le parti nazi (10).
Autre différence: le fascisme, après son arrivée au pouvoir, se
caractérise autant par ses formes extrêmes de répression contre toute
forme d'opposition que par une intervention massive de l'État dans
l'économie du pays à partir de la crise de 1929, par une structure
dictatoriale du pouvoir et par la mobilisation et l'encadrement des
masses dans plusieurs organisations féminines, professionnelles,
syndicales, de jeunesse, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.
Dernier élément: alors que pour déloger le fascisme du pouvoir il a
fallu une guerre mondiale, les forces d'extrême droite arrivées
récemment au pouvoir, notamment en Italie, acceptent l'alternance
«démocratique», même quand ça ne les arrange pas. Évidemment, tout ça
pourrait changer, mais il faut réfléchir à partir des faits (11).
Mais c'est surtout quand on s'attache à l'état des sociétés (notamment)
européennes d'aujourd'hui qu'on trouve les plus grandes différences:
alors que le fascisme était le produit vitaliste et conquérant d'une
société jeune et expansionniste, les extrêmes droites d'aujourd'hui sont
le produit de sociétés vieillissantes, qui construisent leurs fortunes
électorales sur la peur de l'autre. Quand l'Italie devient un pays non
plus d'émigration mais d'immigration, les discours se focalisent sur la
question de l'insécurité: les immigrés albanais de 1991 devenaient dans
l'imaginaire des extrêmes droites des hordes barbares qui déferlaient
sur le pays. Et cette perception s'est graduellement généralisée à tous
les pays européens.
Or, tant qu'elle était dans l'opposition, Mme Meloni proposait un bloc
naval pour empêcher de nouvelles arrivées de migrants; mais parvenue au
gouvernement, elle a du accepter de leur ouvrir les portes, car ils sont
indispensables à l'économie italienne, comme l'indiquent les chiffres du
décret qui régule les flux des entrées officielles: 136.000 en 2023,
151.000 en 2024 et 165.000 en 2025. En cela aussi il y a continuité, car
les plus grandes vagues de régularisations d'étrangers ont eu lieu sous
des gouvernement présidés par Berlusconi en 2002 (presque 700.000) et
2009 (presque 300.000).
Ce qui nous ramène aux exigences concrètes de la base électorale de la
droite en général et de la Ligue en particulier. Les jeunes Italiens
n'ont aucune envie de s'occuper des petits vieux ni de travailler en
usine ou dans la logistique - tous boulots pénibles et mal payés. On
embauche donc, des étrangers, sous statut précaire, bien entendu - même
si les récentes luttes dans le secteur de la logistique montrent que
tout le monde n'est pas prêt à se laisser exploiter sans réagir.
A propos de luttes, on remarquera que lors des récentes grèves et
manifestations en solidarité avec la population de Gaza - les plus
puissantes qu'ait connues l'Italie ces quarante dernières années - dont
certaines des pratiques étaient criminalisées par les lois sécuritaires
tout juste adoptées, les interventions policières sont restées dans la
moyenne de celles des autres pays européens - donc sans commune mesure
avec le niveau de répression qui a mené au fascisme.
Comprendre pour combattre
Une fois établi que les extrêmes droites d'aujourd'hui sont autre chose
que le fascisme, reste à savoir comment les combattre. Il s'agit là
d'une question politique exigeant des réponses politiques -et non pas
morales ou de simple posture, du genre «je ne parle pas aux fascistes».
Prendre acte de la faiblesse des habituels slogans antifascistes ne veut
pas dire «banaliser» le RN et autres FdI ou Ligue du Nord. Il s'agit
plutôt d'essayer de comprendre les dynamiques qui ont permis à ces
nouveaux partis de s'affirmer malgré l'antifascisme des antifascistes
-lequel a d'ailleurs été largement exploité par les partis «de
gouvernement» au moment des élections pour se maintenir en place, par la
promotion de «barrages» qui ne barraient rien, les robinets alimentant
les réservoirs des extrêmes droites étant restés ouverts.
Que le RN ait pu gagner la sympathie de nombreux Français ces dernières
années renvoie notamment à ce que les gouvernements Macron ont fait lors
des deux dernières grosses secousses sociales. 1) Alors que les gilets
jaunes demandaient une forme de protection face à la baisse de leurs
revenus réels et plus de démocratie, ils n'ont obtenu comme réponse
qu'une répression impitoyable (12). 2) Lors du Covid, un épisode qui
aurait exigé un large débat de société pour répondre aux exigences de
clarté et de protection exprimées par la population, Macron a imposé son
«nous sommes en guerre», avec confinement et passe sanitaire puis
vaccinal pour tous, et promu la «science» très intéressée des
laboratoires pharmaceutiques. La détestation de Macron est devenue le
meilleur levier pour la montée de Mme Le Pen. Car dans les deux cas, la
gauche (et souvent l'extrême gauche) s'est alignée sur les choix
gouvernementaux, laissant le RN s'approprier l'essentiel des voix
critiques... et la méfiance vis-à-vis de tout le reste de l'échiquier
politique grossir de façon exponentielle.
Aujourd'hui que la guerre redevient une perspective pour nos
gouvernements «démocratiques», ce sont paradoxalement les extrêmes
droites (et la LFI) qui manifestent le plus de réticences à accompagner
le mouvement. La complicité avec l'Etat d'Israël, en revanche, fait
l'objet d'une belle unanimité des partis politiques (LFI exceptée).
A tout cela il faut ajouter des considérations plus générales. La
mobilisation des masses qui a caractérisé les fascismes a laissé la
place à une forme d'individualisation par le biais des médias dominants,
d'Internet et des réseaux dits «sociaux». Nous n'avons plus affaire à un
capitalisme d'Etat comme dans les années 30, mais à un capitalisme
conjuguant marchandisation et privatisation des services publics avec un
fort niveau d'autoritarisme et de répression. Plus que de totalitarisme,
on peut parler d'un capitalisme de contrôle ou de surveillance, favorisé
par la collecte systématique de données fournies directement par les
individus, par l'informatisation de tout ce qui fait l'appareil des
Etats, jusqu'à l'exploitation à grande échelle des caméras de
surveillance, de la reconnaissance faciale et de l'intelligence
artificielle.
Evidemment, il faudra toujours être en mesure de se défendre contre les
agressions de nervis néo-fascistes. Même si ce ne sont pas ces idiots
qui ont la moindre chance d'arriver à gouverner le pays, ils peuvent
être utilisés pour entraver l'action politique à la base.
La seule perspective qui me semble porteuse d'espoir est à mon avis la
relance des luttes sociales de masse. Ce qui s'est passé en 1995 lors de
la bataille contre la réforme Juppé l'illustre bien: le FN s'est trouvé
alors cassé en deux, sa base petite-bourgeoise soutenant le
gouvernement, sa base ouvrière descendant dans la rue, avec tout le monde.
Le mouvement des gilets jaunes était une occasion de mener de
l'intérieur une vraie bataille politique. Elle n'a pas toujours été
saisie. Celle qui aurait pu être menée lors du mouvement anti-passe a
été presque totalement ratée. Essayons de ne pas répéter les mêmes erreurs.
G. Soriano
Notes
(1) Cet article reprend et développe une partie du texte publié par
Courant Alternatif n° 287, de février 2019, «L'Italie d'aujourd'hui: du
neuf et du recyclé».
(2)Movimento Sociale Italiano, fondé en décembre 1946 par des anciens
fascistes; il se réclamait de la République sociale, dite de Salò, et du
fascisme des origines. Il se dissout en 1995.
(3) Son article a été à l'origine publié par The New York Review of
Books du 22 juin 1995 sous le titre «Ur-fascism»
(https://www.nybooks.com/articles/19...) et ensuite traduit en plusieurs
langues.
(4) Je pense notamment au colonialisme italien qui se développe en
Afrique orientale bien avant le fascisme - et est imbibé de racisme -
et, à l'opposé, aux positions exprimées par Pino Rauti au début des
années 1990, soutenant que le fascisme est une communauté d'esprit et
pas de race, au moment où la Ligue du Nord de Umberto Bossi construisait
sa fortune électorale sur un racisme de café du commerce. C'est
justement à ce moment-là que le parti néofasciste de Rauti (le MSI) fait
son pire score électoral de tout l'après-guerre.
(5) Voir Renzo De Felice, Il fascismo: le interpretazioni dei
contemporanei e degli storici, Bari, Laterza, 1970, et notamment: Luigi
Salvatorelli, Nazionalfascismo, p. 54-63; Renzo De Felice, La malattia
morale, p. 391-395; Benedetto Croce, Chi è fascista, p.397-401.
(6) Félicien Faury par exemple, dans Des électeurs ordinaires (Paris,
Seuil, 2024), un excellent travail d'enquête sociologique mené en région
Paca entre 2016 et 2022, met le doigt sur la question du racisme. Mais
le racisme dont il parle est-il du même ordre que le racisme des
colonies des années 20-30, le racisme biologique des nazis ou celui des
ratonnades des années 50 et 60? Celui dont il est question est surtout
lié à un sentiment «de ne plus être chez soi», de crise identitaire des
habitants locaux, de besoin de trouver un bouc émissaire face à la perte
de repères.
(7) Pour une analyse qui m'a semblé convaincante, voir l'article de
Larry Cohen, Etats-Unis: révolution politique et réorganisation
chaotique au sommet du capitalisme, et celui de Jacques Wajnsztejn,
Puissance et déclin: la fragile synthèse trumpienne, in: «Temps
critiques», n° 23, printemps 2025 (https://blog.tempscritiques.net/arc...).
(8) A. Rossi [Angelo Tasca], Naissance du Fascisme. L'Italie de 1918 à
1922, Paris, Gallimard, 1938.
(9) Luigi Fabbri, La controrivoluzione preventiva, Bologna, Cappelli,
1922 (trad. française in: Gaetano Manfredonia, La lutte humaine, Paris,
Ed. du Monde libertaire, 1994, p;179-266).
(10) Sur la révolution allemande de 1918, Gianni Carrozza, Le mouvement
des conseils en Allemagne, in «Contretemps»:
https://www.acontretemps.org/spip.php?
(11) Federico Finchelstein, dans Dai Fascismi ai Populismi. Storia,
politica e demagogia nel mondo attuale,(Roma, Donzelli, 2019), distingue
nettement les fascismes qui précèdent la Seconde Guerre mondiale des
populismes - héritiers du fascisme - qui acceptent le cadre
«démocratique» des élections tout en maintenant une mystique du chef et
des pratiques de type totalitaire. Il donne entre autres l'exemple du
péronisme argentin, né de la crise du régime libéral-démocratique, qui
s'impose par voie électorale et accepte de laisser la place sans
violences majeures (pp. 170-174).
(12) Voir à ce sujet un petit texte écrit en 2019 à la demande d'amis à
l'étranger qui avaient du mal à comprendre ce qui se passait en France:
Gato Soriano, Nicole Thé, Les Gilets jaunes: un mouvement qui surprend
et continue à interroger, 2019, https://divergences.be/spip.php?art...,
traduit aussi en allemand, espagnol et italien.
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4578
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