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(fr) Italy, FdCA, IL CANTIERE #39 - Violences de genre et patriarcat: Il n'y a pas de révolution sans féminisme, il n'y a pas de féminisme sans révolution (it)[Traduction automatique]
Date
Sun, 30 Nov 2025 19:48:09 +0000
Le 25 novembre est la Journée internationale pour l'élimination de la
violence à l'égard des femmes. Malgré des décennies de luttes, de
manifestations, de traités internationaux et de campagnes de
sensibilisation, les violences faites aux femmes demeurent
malheureusement un phénomène structurel: aujourd'hui encore, une femme
sur trois dans le monde est victime de violences (données de l'OMS), et
ce chiffre est probablement sous-estimé car les violences masculines
envers les femmes sont un phénomène multiforme et souvent invisible.
---- En effet, les violences de genre prennent de nombreuses formes -
physiques, économiques, psychologiques, sexuelles - souvent subtiles et
difficiles à identifier. Ce qui est certain, cependant, c'est que le
même mécanisme est toujours à l'origine de ces manifestations: un
système de domination masculine qui vise à maintenir le contrôle et le
pouvoir, en niant aux femmes leurs droits, leur autonomie et leur dignité.
Les violences sexistes constituent un phénomène complexe et profondément
enraciné dans notre culture et notre société. Elles touchent les femmes
de tous âges, de toutes origines ethniques, de tous niveaux d'éducation
et de toutes classes sociales. Il n'existe pas de «victime type», même
si certains facteurs, comme la pauvreté, l'âge, le handicap ou le statut
de migrante, peuvent accroître le risque pour certaines femmes. À la
racine de ces violences se trouvent indubitablement les rôles de genre
et les stéréotypes qui les accompagnent. Ces stéréotypes ont instauré
une hiérarchie entre les hommes et les femmes, plaçant les hommes en
position de pouvoir et de contrôle et reléguant les femmes à des rôles
subalternes.
Ce système porte un nom: le patriarcat.
Le patriarcat n'est pas un héritage du passé, mais un mécanisme encore
profondément ancré dans notre société. Elle continue de se manifester de
multiples façons, allant des violences sexistes aux inégalités
salariales, en passant par des stéréotypes culturels et sociaux
persistants tels que la vision des femmes comme «naturellement» soumises
et prédisposées à toutes les activités nécessaires au maintien de la
vie: travail domestique, soins, éducation, renouvellement de la
main-d'oeuvre, etc.
Patriarcat et capital:
Une relation structurelle
Le patriarcat et le capitalisme sont structurellement imbriqués. Le
capital a intégré et remodelé les logiques patriarcales préexistantes
pour les adapter à ses besoins, dans une relation de dépendance mutuelle
qui s'exprime tant dans la sphère économique que dans les dynamiques
sociales.
La division genrée du travail et la subordination des femmes ne sont pas
des éléments parallèles au capital, mais bien constitutifs de son
fonctionnement. En particulier, le travail reproductif et de soins
traditionnellement effectué par les femmes a été «invisible», présenté
comme «naturel» ou lié à l'affection. Cela constitue également une forme
plus subtile de violence, visant à nier que ces activités soient, en
réalité, une composante indispensable du cycle de production capitaliste.
Rendre visible la reproduction sociale et reconnaître sa valeur revient
à désamorcer l'un des fondements du patriarcat et du capital, et à
mettre en lumière un aspect important des violences faites aux femmes.
Il est nécessaire de réaffirmer avec force le lien entre capitalisme et
patriarcat, et de souligner que ce dernier ne sera pas vaincu tant que
le modèle capitaliste perdurera. Cela permet également d'éviter des
attitudes et des considérations telles que celles exprimées par la
ministre Valditara, qui a déclaré que «le patriarcat n'existe plus, les
violences sexuelles augmentent à cause de l'immigration», perpétuant
ainsi le discours biaisé et raciste qui accompagne l'action de ce
gouvernement.
Selon Valditara, le patriarcat a disparu depuis longtemps, notamment
avec la réforme du droit de la famille de 1975, et il faudrait donc
cesser de faire semblant d'ignorer que «les violences sexuelles sont
liées aux phénomènes de marginalisation résultant de l'immigration
clandestine». Malheureusement, quelques mois seulement après l'adoption
de cette loi, l'un des féminicides les plus brutaux, connu sous le nom
de massacre de Circeo, a été perpétré par des enfants italiens issus de
la «bourgeoisie supérieure» romaine.
De tels propos reflètent parfaitement la propagande d'un gouvernement
raciste qui, au lieu de s'attaquer aux violences faites aux femmes à la
racine par des programmes sociaux favorisant leur autonomie, des
crèches, un congé maternité équitable pour les deux parents, des
solutions concrètes pour lutter contre les violences conjugales, des
programmes éducatifs dans les écoles et ailleurs, et la mise en place de
centres de santé locaux, s'engage au contraire à promouvoir des
solutions sécuritaires et des politiques de contrôle des naissances,
privant de fait un nombre croissant de femmes du droit à l'avortement et
fermant ses frontières. Même dans les médias, les violences sexuelles
sont principalement présentées comme physiques, explicites et visibles,
souvent perpétrées par des inconnus dans des circonstances fortuites.
Or, ce discours tend à présenter les violences sexistes comme un
phénomène occasionnel, peut-être évitable par un comportement
«approprié», allant jusqu'à culpabiliser la victime. Au contraire, la
majorité des violences sont commises par des partenaires et
ex-partenaires, des amis, des proches et des connaissances, donc dans
des contextes où la victime se sentait en sécurité: c'est précisément ce
que les propos de la ministre Valditara visaient à occulter.
La Première ministre elle-même cherche à établir des liens entre
immigration et violences sexistes, légitimant ainsi une propagande
raciste flagrante. De telles déclarations ne sont ni nouvelles ni
propres à ce gouvernement; elles sont le fruit et la preuve du rôle
prépondérant que l'histoire coloniale italienne continue de jouer dans
notre société actuelle. Comparer les immigrés à des violeurs n'est qu'un
des nombreux mécanismes utilisés pour déshumaniser les personnes
racisées, dans le but d'identifier «l'autre» comme un ennemi dangereux
et de justifier ainsi la discrimination et l'exploitation. Féminisme et
lutte des classes
En ce 25 novembre, il est crucial de rappeler que les violences de genre
résultent d'un modèle patriarcal profondément enraciné et constituent,
simultanément, un problème de classe.
Le féminisme intersectionnel nous apprend que nous sommes toutes
différentes, précisément parce que les violences de genre se situent à
l'intersection des violences de classe et que, pour les femmes racisées,
par exemple, s'ajoute à cette intersection les violences racistes.
Une approche intersectionnelle est donc essentielle pour mieux
comprendre les dynamiques de pouvoir et ainsi rechercher des réponses
communes: les oppressions de genre, de race et de classe sont imbriquées
dans les systèmes d'exploitation capitaliste, et les luttes qui en
découlent ne peuvent être considérées comme parallèles, mais convergentes.
Les conditions d'exploitation du travail, les inégalités salariales et
la subordination de nombreuses femmes, en particulier les femmes pauvres
et racisées, rendent plus difficile d'échapper aux situations de
violence, qu'elle soit domestique ou autre. C'est pourquoi il ne peut y
avoir de lutte féministe qui ne soit pas aussi, nécessairement, une
lutte de classe et antiraciste. Aujourd'hui plus que jamais, il est
opportun d'affirmer qu'il n'y a pas de révolution sans féminisme, pas de
féminisme sans révolution.
En conclusion, le fait que les femmes soient victimes d'un système
patriarcal n'est ni une fantaisie ni une opinion à laquelle croire ou
non: c'est le fait fondamental à partir duquel le féminisme doit fonder
son analyse et, surtout, élaborer un plan de lutte. Et considérant que
cette violence est continuellement reproduite par le système, il ne
s'agit pas simplement de le réformer et d'obtenir peut-être des lois
plus favorables, mais de le renverser et de le transformer pour étouffer
dans l'oeuf la reproduction de la culture patriarcale et chauvine dont
le produit le plus brutal est le féminicide.
Stefania Baschieri
https://alternativalibertaria.fdca.it/
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