|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 30 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Francais_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkurkish_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours
Links to indexes of first few lines of all posts
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Union Communiste Libertaire (UCL) - Antispécisme: Lutter, fêter, se former
Date
Tue, 11 Nov 2025 18:40:05 +0000
Cet été, deux événements ont marqué l'actualité du milieu antispéciste.
Le premier organisé par 269 Libération animale (269 LA) a été le blocage
simultané de six abattoirs et le second fut un festival qui a réunit
plusieurs antispécistes de tendance anarchiste à Dijon lors des Luttes
hybrides aux Tanneries, une annexe du célèbre quartier autogéré des
Lentillères [4]. ---- Le groupe Van Drie, une des plus grandes firmes
d'abattage de veaux en Europe qui tue 1,9millions d'individus chaque
année et a touché 3,4milliards de bénéfices en 2024, est divisé en six
antennes en Europe: quatre aux Pays-Bas et deux en France. Toutes ont
été bloquées dans la même nuit par les militants et militantes qui se
sont enchaîné·es aux chaînes d'abattages et ont tenu le siège pendant un
maximum de dix heures. Une perte économique conséquente pour le groupe
et une mise sous les projecteurs d'une industrie se pensant à l'abri des
critiques, des regards et des attaques. En effet, la stratégie de 269LA
est de s'attaquer aux plus gros groupes menant l'exploitation animale là
où elle se produit, c'est-à-dire dans les abattoirs et les élevages.
269LA entend «transformer l'abattoir en un lieu politique». Ces sites
sont en effet connus pour leur rythmes frénétiques: par exemple Sobeval,
l'un des plus gros abattoirs de veaux en France, tue près de 700veaux
par jour, soit 90par heure.
Des camarades italiens et italiennes bloquant ce fameux abattoir à
Périgueux ont subi de très fortes violences policières: coups de pieds,
étranglements, coups à la tête. Des perquisitions de leur effets
personnels (téléphones, papiers, véhicules) ont aussi eu lieu. Ils et
elles ont été soumis et soumises à une décision administrative d'OQTF.
Les militants et militantes se sont retrouvé·es dans un pays dont ils et
elles ne comprenaient pas la langue, obligé·es de quitter la France sans
moyens. Un réseau d'aide s'est construit, notamment avec des camarades
de la région pour leur venir en aide et pour les héberger. Du jamais vu
pour des militants pacifistes réclamant l'arrêt du meurtre industriel
d'animaux.
Le deuxième événement plus calme cette fois-ci avait lieu à Dijon.
Festival intersectionnel
«Les Luttes hybrides», festival militant queer et antispéciste a
accueilli drag show, arpentages de livres -notamment Aphrodism des
soeurs Alph et Syl Ko qui sera bientôt publié en France et qui fait des
liens entre racisme et spécisme- soin des animaux ainsi que différents
ateliers de transmission de savoirs théoriques et de pratiques
militantes. Ces pratiques portaient sur l'action directe, la culture
maraîchère, les refuges ou encore sur la culture de la sécurité
individuelle et collective.
Sandra Guimaraes est, par exemple, intervenue sur la situation au Brésil
et sur les millions d'hectares brulés pour la culture du soja qui est
destinée à environ 80% aux vaches exploitées [1]. Ces terres, une fois
détruites par la culture intensive, sont reconverties en terrains de
pâturages pour ces mêmes vaches. Des pesticides interdits depuis 20ans
en Union européenne (UE) y sont encore massivement dispersés alors que
ces cultures sont en grande partie exportées vers l'UE. Une catastrophe
écologique, spéciste et coloniale.
Eloïse Ly Van Tu a présenté une conférence sur son domaine de travail,
la biopolitique des îles Açores. Ces dernières font parties des régions
ultrapériphériques de l'UE. Les forces coloniales portugaises y
importèrent -comme elles le firent pour nombre de leurs colonies- de
nombreux esclaves afin de défricher les îles, préparant ainsi les terres
à une exploitation bovine tout droit venue du continent. La région
devient alors un vrai laboratoire dédié à l'exploitation des vaches,
changeant ainsi le métabolisme entier des îles colonisées. L'élevage est
en effet une catastrophe écologique et éthique. Aujourd'hui, une
transition «éco moderniste progressiste» domine les Açores: il est
question de rendre l'élevage plus «propre» et «vert». Cela se traduit
par des pratiques agressives de modification génétique ou de sélection
par l'élevage afin d'y créer des vaches qui émettent moins de méthane et
produisent plus [2]. C'est un colonialisme conquérant et exploitant les
populations indigènes humaines et non humaines, détruisant au passage
les terres et ressources dont elles vivent.
L'État génocidaire israélien recourt notamment à un procédé similaire,
au moyen d'une «colonisation verte» au nom de la conservation de la
nature et d'une supposée meilleure gestion des ressources -les
populations Arabes, animalisées et déshumanisées, n'étant pas
considérées comme capables de prendre soin de leur terre [3]. La voie
est donc libre et justifiée pour l'expropriation et l'anéantissement de
toute forme de vie et d'écologie palestinienne. On observe le même
procédé de changement de métabolisme et de colonisation en Australie, au
Kenya ou en Tanzanie où ces pays exportent encore massivement de la
nourriture issue du meurtre d'animaux, tout en détruisant les
écosystèmes locaux pour nos propres plaisirs gustatifs d'occidentaux.
Ombre Tarragnat a abordé le sujet de ses travaux sur la neurodiversité
et la neuronormativité en lien avec la perception que nous avons des
animaux. Notamment les études en laboratoire sur l'autisme menées sur
des souris, exprimant des formes de sociabilisation anormales, bien plus
facilement explicable par l'inadéquation de l'environnement des souris à
leurs besoins naturels que par une forme de neurodivergence. Ces études
traduisent une approche psychiatrique et normative des individus plutôt
que des environnements dans lesquelles ils et elles évoluent.
L'intervenante est revenue sur les passerelles entre neurodivergence et
animalité et les coalitions possibles entre elles.
Une présentation d'un refuge a aussi eu lieu. Un endroit antispéciste,
antiautoritaire et collectif pour recueillir des animaux libérés des
élevages ou des abattoirs. Le soin de ces derniers rencontre des
difficultés en particulier liées aux conditions d'élevage. En effet, les
animaux non humains ne sont pas sensés vivre au delà de quelques mois
avant d'être tués et consommés par notre société spéciste. Au-delà, ils
développent donc de nombreuses et lourdes pathologies.
Ces soins et refuges ne sont pas assez mis en lumière par les militants
et militantes, au contraire des blocages et des sabotages d'abattoirs.
Pourtant, ils représentent une grande partie de l'antispécisme. Un autre
modèle doit effectivement être mis en place pour montrer qu'il est
possible de vivre en collaboration sans oppression ni domination avec
les animaux non humains et notamment ceux issus d'élevages pour
l'industrie agro-alimentaire.
Presque inaudible à gauche, et inexistante dans le débat publique, la
lutte radicale antispéciste semble aujourd'hui devoir s'imposer par
l'action directe et la création de refuges antispécistes et libertaires.
Les anti-spécistes doivent créer une actualité pour que la domination de
l'être humain sur la classe sociale des animaux non humains puisse être
prise au sérieux.
Azur (UCL Montreuil) et Marcel (UCL Toulouse)
Notes:
[1] Voir la page «Soja» du site de la Stratégie nationale de lutte
contre la déforestation importée du ministère de la Transition écologique.
[2] André M de Almeida, Paula Alvarenga et David Fangueiro, «The dairy
sector in the Azores Islands: possibilities and main constraints towards
increased added value», Springer Nature, 2020.
[3] Arvind Dilawar, «How Israel Weaponizes Tree Planting to Displace
Palestinians», Jacobin, 15 mars 2024. Léonore Aeschimann et Pierre
Casagrande, «Accaparement des terres et destruction des traditions
agricoles: Paysans en Cisjordanie, tenir à tout prix», Le Monde
diplomatique, octobre 2025.
[4] «Dijon: Le quartier des Lentillères veut changer la ville entière!»,
Alternative libertaire no362, juillet-aout 2025.
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Antispecisme-Lutter-feter-se-former
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center