|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 30 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Francais_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkurkish_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours
Links to indexes of first few lines of all posts
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Alternative Libertaire #365 (UCL) - Serbie: Une réussite des luttes horizontales
Date
Wed, 5 Nov 2025 16:55:19 +0000
Depuis un an, la Serbie connaît une vague de protestations contre le
régime autoritaire du président Aleksandar Vučić. Après les étudiants et
étudiantes, les travailleurs et travailleuses se sont emparé·es du
mouvement. Un mouvement horizontal que les partis politiques
traditionnels n'ont pas réussi à récupérer et qui a de quoi donner des
idées à celles et ceux qui luttent, ici et ailleurs. Un article que vous
pouvez retrouver en anglais sur le site de notre organisation soeur
britannique, Anarchistcommunism.org. ---- Le 1er novembre 2024, l'auvent
d'une gare ferroviaire s'est effondré dans la ville de Novi Sad, dans le
nord de la Serbie. Cet accident a couté la vie à seize personnes, dont
deux enfants. En Serbie, cet événement a été largement considéré comme
un signe de la corruption du régime autoritaire de droite dirigé par le
président Aleksandar Vučić. L'auvent s'est effondré après qu'un
entrepreneur chinois sous-traitant a été chargé de rénover la gare.
Beaucoup pensent que des fonctionnaires et des bureaucrates ont détourné
des fonds destinés à la rénovation.
Cela a déclenché contre la corruption un mouvement de protestation qui
se poursuit encore aujourd'hui. Le 22 novembre, les étudiants et
étudiantes de cette faculté d'art dramatique se sont joint·es au
mouvement, bloquant une rue pour une manifestation silencieuse qui a
duré 15 minutes. Mais des hooligans d'un club de football à la solde de
Vučić les ont attaqué. Les étudiants et étudiantes ne se sont pas
laissé·es intimider et se sont mis·es en grève trois jours plus tard.
Un président «progressiste» devenu fasciste
Vučić a commencé sa carrière comme ultra-nationaliste et a désormais
adopté des positions populistes. Son Parti progressiste serbe (SNS) est
issu d'une scission en 2008 du Parti radical serbe (SRS), un parti
fasciste. Il est truffé de nationalistes et entretient des liens avec
divers groupes fascistes. Vučić a lui-même été ministre de l'Information
sous la présidence de Slobodan Milošević.
Des manifestations rassemblant jusqu'à 500 000 personnes ont eu lieu
contre le régime, la plus importante s'étant déroulée à Belgrade le 14
mars dernier. Il s'agit de la plus grande manifestation de l'histoire de
la Serbie. En réponse, Vučić a de plus en plus recours à la police et à
des gangs fascistes de hooligans pour attaquer le mouvement. En aout,
des manifestants et manifestantes dans les villes de Vrbas et Backa ont
été attaqué·es par ces hooligans, avec la complicité de la police. Cela
s'est poursuivi lors des manifestations du lendemain. À Novi Sad, des
voyous masqués ont attaqué les participantes et participants avec des
bouteilles, des matraques, des feux d'artifice et des fusées
éclairantes. Des combats de rue s'en sont suivi et un bureau du SNS a
été incendié.
Vučić a également renforcé les effectifs de l'unité de sécurité, la JZO,
qui est passée de 300 à 1 300 personnes. Cette unité lui est directement
subordonnée et agit pour intimider les protestataires. Il a menacé ces
dernières et derniers de mort et les a comparé·es à des fascistes et à
des nazis, affirmant qu'ils et elles étaient payé·es par l'Allemagne ou
la Grande-Bretagne.
Bien que diverses formations de gauche serbes ont tenté de maintenir les
manifestations apolitiques, essayant de les empêcher de prendre une
tournure anticapitaliste, le mouvement reste organisé de manière
fédérative et horizontale. Comme l'a déclaré un étudiant, Veljko Radic,
dans une interview accordée à Transnational Social Strike: «Ce qui rend
ces manifestations si spéciales à mes yeux, c'est le fait que les
étudiantes et étudiants sont organisé·es de manière horizontale. Chaque
faculté dispose d'une assemblée plénière locale où chacune et chacun
peut s'exprimer librement, puis il y a une brève discussion et un vote.
Le plus souvent, cela aboutit à un quasi-consensus. De plus, chaque
faculté dispose de nombreux groupes de travail chargés de la stratégie,
des dons, des médias, de la communication avec les autres facultés, de
la sécurité, des activités pendant le blocage, etc. Chaque décision
prise lors des assemblées plénières locales est transmise à une grande
réunion de délégué·es où chaque faculté dispose d'une ou un délégué·e
qui partage ce qui a été décidé lors de son assemblée plénière locale.
C'est ainsi que sont prises les décisions concernant l'ensemble de
l'université. De plus, toute forme de collaboration avec des partis
politiques et des ONG est interdite.»
Une grève gagnante
Le gouvernement n'a fait aucune concession significative, malgré
l'ampleur du mouvement. Une grève générale d'une journée, à laquelle ont
participé des centaines de milliers de personnes, a paralysé toutes les
grandes villes, les agricultrices et agriculteurs et leurs tracteurs se
joignant aux blocages à Belgrade. Six jours après la grève, le Premier
ministre, Milos Vucevic, leader du SNS, a démissionné. Mais cela n'a pas
apaisé le mouvement.
Lors d'une manifestation massive, la police a utilisé un canon sonore
émettant des bruits aigus pour provoquer une bousculade. Malgré tout, le
mouvement reste fort. La «démocratie directe» horizontale employée par
les étudiantes et étudiants s'est répandue parmi la classe ouvrière dans
de nombreuses villes serbes. Comme l'a noté un anarchiste sous le
pseudonyme de Random: «J'ai participé à une assemblée organisée pour
plusieurs blocs [d'immeubles]. Les gens ont immédiatement accepté la
démocratie directe. Presque toutes les personnes qui soutiennent cette
manifestation voient également cette assemblée plénière, cette
démocratie directe, cette façon de s'organiser, avec beaucoup
d'admiration. Et cela représente un énorme potentiel pour le mouvement
anarchiste. [...] L'organisation anarchiste est l'une des principales
raisons pour lesquelles ce mouvement connaît aujourd'hui un tel succès.»
Un phare dans la nuit
De même, les partis politiques traditionnels n'ont jusqu'à présent pas
réussi à s'emparer du mouvement. Un autre anarchiste, Ilik, a déclaré:
«Il s'agit désormais d'un mouvement social qui a d'abord commencé comme
un mouvement étudiant, puis s'est développé. Les travailleuses et
travailleurs ont commencé à apporter leur aide, les agricultrices et
agriculteurs se sont joint·es au mouvement, les gens ordinaires ont
commencé à y participer et c'est maintenant un grand mouvement social
sur lequel l'opposition n'a pas vraiment de pouvoir. Ils essaient bien
sur de l'utiliser, ils essaient d'être une solution pacifique, avec un
gouvernement de transition ou des élections, qu'ils veulent gagner car
ils sont la seule autre option politique. [...] Mais ils ne sont pas
populaires, et plus ils essaient de pousser pour des élections et un
gouvernement de transition, tout ce qui peut les mettre au pouvoir, plus
les gens s'organisent par eux et elles-mêmes.»
Reste à voir si le mouvement pourra résister à la répression. Quoi qu'il
en soit, l'exemple de la Serbie doit être plus largement connu. Avec les
mouvements en Indonésie, au Népal, en France, en Macédoine et ailleurs,
nous assistons à l'émergence d'un phénomène d'organisation horizontale,
qui n'a rien à voir avec le dogme léniniste et qui offre un aperçu d'une
nouvelle société, de l'évolution de l'espèce humaine vers un niveau
supérieur, celui du communisme anarchiste. En ces temps sombres, ce
phénomène doit être diffusé et célébré. Ces mouvements héroïques sont
des phares dans la nuit humaine.
Anarchist Communist Group
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Serbie-Une-reussite-des-luttes-horizontales
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center