|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 30 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Francais_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkurkish_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours
Links to indexes of first few lines of all posts
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Courant Alternative #364 (OCL) - Edito 354 L'esprit de résistance gagne du terrain dans le monde
Date
Wed, 5 Nov 2025 16:55:13 +0000
Depuis quelques années les lamentations sur «la montée du fascisme» à
l'échelle planétaire font florès dans des milieux qui vont de la gauche
molle jusqu'aux libertaires. ---- Sont alors pris en exemple, selon le
moment ou la tendance, Trump et Poutine bien entendu, mais aussi
Bolsonaro et Miliei au Brésil et en Argentine, la Hongrie d'Orban,
l'Italie de Meloni, La Pologne contre l'avortement, et partout les
scores importants de l'extrême droite. Cette vague est baptisée, selon
les écoles, technofasciste, populiste, néoconservatiste, nationaliste ,
etc. En France ce tableau, pour exact qu'il soit, a été utilisé par une
social-démocratie moribonde et une extrême gauche vert-rouge qui tente
de la remplacer, pour répandre l'idée qu'il fallait construire un front
républicain contre le FN plutôt que foutre en l'air un patronat appelant
ouvertement de ses voeux un régime fort quel qu'en soit l'appellation.
Dans ce sinistre tableau il convient d'ajouter la Chine qui ne dépare
pas le paysage en matière totalitarisme d'avant-garde en matière de
contrôle et de répression contre les populations, les mille et une
dictatures quasi traditionnelles dans l'Asie du Sud-Est (Thailande,
Birmanie, Indonésie, etc...) sans oublier en Afrique où les régimes
issus du colonialisme rivalisent en matière de despotismes toujours
renouvelées... et, bien sur, les régimes islamistes qui ne déparent pas
le sinistre paysage.
Il semblait ne plus y avoir de place ni d'espoir pour les révoltes
populaires.
Pourtant, à l'aube du siècle nous avions eu les révolutions de couleurs.
Celles des bulldozers en 2000 en Serbie (déjà!) qui obligea Milosevic à
céder le pouvoir. Celles des «roses» en Géorgie en 2003, «orange» en
2004 en Ukraine, des «Tulipes» au Kirghizstan en 2005, «en jean» en
Bielorussie. L'espoir suscité fut de courte durée. Piloté par les USA
ces irruptions populaires furent le dernier soubresaut de la chute du
«communisme réel» et ne permirent que l'accession au pouvoir de
nouveaux/anciens bureaucrates tous plus corrompus les uns que les autres.
Même au Liban, suite à l'assassinat d'Hariri, la révolution du «Cèdre»
contre la présence syrienne dans le pays ne donna guère plus de
résultats, on le sait aujourd'hui!
Un peu plus tard, les printemps arabes se sont succédés à partir de 2010
un peu partout. Puis, en 2020, Black live matter aux Etats-Unis et dans
une moindre mesure les Gilets jaunes en France. Mouvements ô combien
importants en ce qu'ils étaient beaucoup plus autonomes que ceux des
couleurs dix ou quinze ans plus tôt et qu'ils ont approfondi des
fissures prometteuses et durables dans ces pays. Mais pas suffisants
néanmoins pour contrecarrer le sentiment d'impuissance face à une contre
révolution tout feu tout flamme. Citons quand même les premiers signes
d'une contre-contre révolution avec le mouvement des casseroles en 2019
en Colombie et une continuelle répression en Iran pour éteindre les
révoltes contre les ayatollahs. On commence alors à parler de printemps
des peuples.
Mais il faudra attendre encore cinq ans pour qu'éclatent, en 2025, un
peu partout et quasi simultanément des révoltes aux formes multiples,
mais qui ont toute des points communs: la dénonciation de la corruption
des politiciens, la mise en avant de l'horizontalité dans l'organisation
du mouvement, et surtout peut être le fait que chacune d'entre elle se
reconnaît dans celles qui éclatent à l'autre bout du monde, quel qu'en
soit le contexte et l'histoire de chacune.
Point de départ, un évènement qui aurait pu passer inaperçu au milieu
d'un flot continu de scandales mais qui, cette fois a été la goutte
d'eau qui a fait déborder le vase: une augmentation de l'allocation
allouée aux élus puis la mort d'un jeune tué par un camion de la police
en Indonésie ou le chômage et les licenciements en masse étaient
dénoncés; des coupures d'eau et d'électricité à Madagascar ou c'est tout
le monde du travail qui s'est mobilisé; la coupure des réseaux sociaux
par le gouvernement au Népal ou les émeutes ont fait une centaine de
morts; la menace de privatisation du système de retraite au Pérou où
travailleurs, chômeurs, et paysans pauvres ont obligé la bourgeoisie à
écarter le président Boluarte malgré la violence des commandos
gouvernementaux.; la mort de 8 femmes à l'hôpital pour césariennes au
Maroc (voir article dans ce numéro de CA); le toit d'une gare qui
s'effondre et fait 15 morts en Serbie et qui provoque une mobilisation
sans précédent des étudiants entraînant dans leur sillage la
multiplication de comités d'habitants dans tout le pays..
Un autre motif commun à ces irruptions est désigné, la corruption des
élites gouvernementales. Outre les pays cités plus haut, ajoutons les
Philippines où de gigantesques manifestations dénonçaient le
détournement des fonds destinés à des travaux contre les inondations. Ou
bien, en Amérique latine: Au Paraguay, paysans, étudiants et
travailleurs ont organisé des journées de protestation contre le manque
de services publics et la corruption du gouvernement; Au Brésil, des
mobilisations populaires ont empêché l'adoption d'un amendement
constitutionnel visant à protéger les politiciens contre des poursuites.
En Argentine, les mobilisations contre Milei ont empêché son parti
d'organiser des rassemblements en Terre de Feu, à Rosario, à Corrientes
et dans plusieurs villes de la province de Buenos Aires. En Uruguay, les
mobilisations ont lieu contre un budget national allouant une part
importante à la répression et des fonds minimes aux politiques sociales.
Et puis le Timor oriental, le Kenya... sans oublier les mobilisations
exceptionnelles en Italie et en Espagne contre le génocide des Gazaouis
perpétré impunément par l'Etat d'Israël. Et nous en oublions certainement.
Assurément c'est une roue qui tourne, du moins nous voulons le croire.
La contre révolution n'est pas aussi forte qu'elle le croyait, le peuple
beaucoup plus résistant qu'on pouvait le penser, les classes ouvrières
et paysannes sont encore largement présentent dans les luttes.
Quelques remarques.
Il est à noter que dans nombre de ces pays la soupape à la pauvreté que
représentait l'émigration vers l'Europe a été rendue plus difficile du
fait de l'accroissement du contrôle des flux migratoires.
Ces très récentes mobilisations se déroulent dans un contexte
géopolitique très différent de celles du début du siècle. Il n'existe
plus de camp imaginaire vers lequel se tourner lorsque l'on souffre. Nul
régime ne fait vraiment rêver. On ne peut plus compter que sur soi-même
pour approcher d'une solution «bien à soi», l'horizontalité fait recette
et si modèle il doit y avoir c'est dans les luttes des autres qu'il faut
le chercher.
L'objectif des chiens de garde de la bourgeoisie, journalistes,
sociologues, politistes et politicien, est de masquer autant que faire
se peut les aspects lutte de classe de ces révoltes pour les affubler de
définitions interclassistes.
L'invention du concept «génération Z» pour habiller cette rébellion
transnationale est l'outil pratique pour brouiller les cartes. Comme si
LES jeunes de 13 à 18 ans n'étaient traversés par aucun conflit de
classe! Comme si ne descendaient dans la rue que «de jeunes diplômés
dotés d'une solide expertise technologique qui ne trouvent pas leur
place dans la société». Bien sur cette couche existe et est très
présente dans ce mouvement, mais le fait de faire croire que les
revendications exprimées n'ont rien à voir avec le reste de la classe
ouvrière est une hypothèse qui a été démentie par la présence massives
de travailleurs, de chômeur et de paysans dans la rue.
Il est vrai qu'Instagram, Face book et autres ont joué un rôle important
de diffusion et de coordination des mouvements. Mais, là encore, mettre
en première ligne cette explication revient à ignorer le fait que
partout se sont constituées des rencontres réelles, des collectifs sur
les lieux de travail et dans les villages. Bien entendu les
«observateurs» n'y sont pas mais sont en revanche sur les réseaux. Ils
construisent le monde à leur image pour le plus grand bien du système.
Trois articles dans ce numéro de CA abordent ces questions: au Maroc, en
Syrie et en Iran. D'autre suivront dans les prochains numéros. Nous ne
prétendons pas à des analyses «justes» et définitives» de ces
rebellions. Elles se déroulent dans dans pays que nous connaissions mal
et dans lesquels nous n'avons que peu ou pas de contacts. Le mouvement
libertaire pays là une grande faiblesse de la pratique
internationaliste. L'occasion est donnée de combler en partie le vide.
N'oublions pas que se reconnaitre, en partie du moins, dans de
nombreuses luttes de par le monde est un élément d'importance pour agir
là où nous vivons. Quand l'appartenance à un monde en lutte remplace
celle de la fiction nationaliste.
OCL Poitou
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4555
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center