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(fr) Anarchosyndicalisme! n°193 (CNT-AIT) - Ce n'est pas Walt Disney ici!
Date
Fri, 31 Oct 2025 16:54:41 +0000
«Ce n'est pas Walt Disney ici!», sont littéralement les mots qui ont été
utilisés par l'employée d'un organisme privé, chargé du contrôle des
arrêts maladie, qui en harcelant quotidiennement par téléphone un
collègue de boulot, tentait de faire le forcing pour qu'il reprenne le
travail au plus vite. Ce collègue est en arrêt de travail pour un
burn-out. ---- Cet organisme et la direction de l'usine où je bosse,
vont également et systématiquement visiter à domicile les collègues en
arrêt maladie pour une semaine, voire même pour trois jours, pour
vérifier si ces collègues sont réellement malades. Ainsi, un autre
compagnon d'infortune, également en arrêt maladie pour un burn-out et
actuellement sous calmants et antidépresseurs, a reçu la visite de ces
personnes chez lui avec évidemment les mots déplacés et mal venus de la
part de ces «Kapos» du patronat.
Et de continuer la liste: Un autre, lui aussi en arrêt maladie pour un
burn-out lié à des harcèlements de la part de son supérieur
hiérarchique, a également reçu la visite de ces charmantes personnes, et
plus encore, un autre, au pied cassé, pour vérifier s'il y avait
vraiment fracture.
Les organismes privés
Il est généralement reconnu que lors d'un arrêt maladie, la Sécurité
sociale peut procéder à un contrôle pour s'assurer que la personne
arrêtée est bien à son domicile pendant les heures de présence et que
son état justifie l'arrêt; ce qui est globalement accepté par tous les
acteurs de la société.
Mais la Sécu n'est pas le seul organisme à pouvoir prendre l'initiative
de ces contre-visites médicales. En effet l'employeur, s'il verse un
complément de salaire, peut aussi décider de mandater une entreprise
privée, totalement indépendante de l'assurance maladie, afin qu'elle
réalise un contrôle médical. Ce qui explique le pourquoi du comment, des
contrôles médicaux intempestifs, parfois même, avec la complicité
assumée de la médecine du travail.
Passons sur le rôle de flic du patronat et de ces acteurs. Mais si ces
visites-contrôles sont fréquentes, il est 'est évident que la direction
les a, bel et bien, envoyées.
La CPAM
Il est de bon ton depuis des années d'entendre dire à la télé, à la
radio, de lire dans les journaux, que le trou de la Sécu, c'est une
catastrophe, que les médecins prescrivent trop d'arrêt maladie, qu'il y
a beaucoup de malades imaginaires chez les travailleurs, et globalement
toujours le même baratin, comme quoi nous sommes des profiteurs,
fraudeurs ou encore qu'il y a trop d'assistanat.
Alors, ces jours-ci, l'assurance maladie a décidé de taper du poing sur
la table à son tour, contre les arrêts abusifs, avec des spots diffusés
pour sensibiliser les travailleurs et dire sans le dire, que ce sont les
patients qui fraudent: «Un arrêt de travail, ça ne se prend pas, ça se
prescrit», peut-on lire sur le site d'Amelia. Apprécions notre
infantilisation, et également l'accusation de voleurs. Merci!
Sur le site internet de RMC (radio Poujadiste, mais néanmoins une radio
sérieuse et démocratique paraît-il), un patron se plaint: «Il y a des
arrêts- maladies qui arrivent «après un ras-le-bol» au travail, une
«pression un peu forte» que les personnes concernées auraient du mal à
supporter. Le salarié, s'il ne veut plus travailler dans l'entreprise,
se met en arrêt-maladie. Et ça nous a amenés à chaque fois à des
ruptures conventionnelles!».
https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1460
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