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(fr) AWSM [NZL] - Licences numériques et nouveau panoptique: le passage aux identifiants sur smartphone en Aotearoa (en) [Traduction automatique]

Date Sun, 12 Oct 2025 14:32:01 +0100


Le 23 aout 2025, le gouvernement néo-zélandais a annoncé qu'il allait légiférer pour permettre le transport numérique des permis de conduire, des certificats d'aptitude (WoF) et des certificats de conformité sur les smartphones. Pour la première fois, les conducteurs ne seront plus légalement tenus de conserver un permis physique sur eux lorsqu'ils conduisent. Le Premier ministre Christopher Luxon a salué ce changement comme «une mesure de bon sens», tandis que le ministre des Transports Chris Bishop a célébré le statut de pionnier mondial de la Nouvelle-Zélande, se vantant que ce pays serait parmi les premiers au monde à adopter le permis de conduire entièrement numérique. ---- À première vue, cela semble être une modernisation inoffensive, une réforme destinée à faciliter la vie des gens en réduisant leur dépendance aux cartes plastiques et aux certificats papier. Elle est présentée comme une mise à jour qui reflète l'omniprésence des smartphones, l'essor des portefeuilles numériques et l'impatience croissante d'une société habituée aux services instantanés. Pourtant, comme pour de nombreuses réformes présentées sous le couvert de l'efficacité et de la commodité, les enjeux sont bien plus importants. La numérisation des permis et des certificats d'immatriculation n'est pas une avancée neutre, mais une extension calculée de la surveillance, de l'exclusion et du contrôle de l'État sous le couvert de la modernisation.

Les permis numériques s'inscrivent dans un projet plus large visant à normaliser la surveillance, à accentuer les inégalités et à ancrer davantage la domination capitaliste et étatique dans la vie quotidienne. Les «progrès» apparents dans le domaine de la gouvernance numérique doivent être considérés avec suspicion.

La rhétorique de la commodité - L'efficacité masquant le contrôle
La justification principale avancée par l'État pour introduire les permis numériques repose sur la commodité. Les ministres parlent de «faciliter» la vie, d'aligner la Nouvelle-Zélande sur d'autres pays technologiquement avancés et de soulager les citoyens du tracas supposé de transporter des cartes physiques. Pourtant, la commodité sert depuis longtemps de prétexte rhétorique à des politiques qui, en réalité, renforcent la surveillance étatique.

Transporter une carte en plastique peut être légèrement gênant, mais cela garantit une certaine indépendance. Une licence physique se trouve dans votre portefeuille, hors du contrôle de tout réseau, application ou base de données. Elle est vulnérable à la perte ou au vol, mais elle est aussi tangible et autonome. Un permis numérique, en revanche, ne vous appartient jamais entièrement. Il réside dans une application conçue par l'État en collaboration avec des prestataires privés, reliée à des bases de données qui échappent à votre contrôle. Chaque fois qu'il est consulté ou présenté, un enregistrement peut être généré, stocké et potentiellement recoupé avec d'autres informations vous concernant.

Nous devons nous méfier des réformes qui augmentent la visibilité des individus auprès de l'État. Comme nous le rappelle l'analyse du panoptique par Michel Foucault, la surveillance n'a pas besoin d'être continue pour être efficace. Le simple fait de savoir que l'on peut être surveillé à tout moment suffit à réguler les comportements. En transférant les permis et les WoF vers des systèmes numériques, l'État étend sa capacité à surveiller, à enregistrer et, en fin de compte, à discipliner.

La surveillance à l'ère numérique

Les dangers des systèmes d'identité numérique ne sont pas hypothétiques. Partout dans le monde, nous voyons comment les bases de données centralisées et les identifiants numériques deviennent des outils d'autoritarisme. En Inde, le système d'identification biométrique Aadhaar a été utilisé pour refuser l'aide sociale à ceux qui échouent au scan des empreintes digitales, tandis qu'en Chine, les identifiants numériques s'intègrent parfaitement dans le dispositif plus large de «crédit social» qui punit la dissidence et récompense la conformité.

La Nouvelle-Zélande n'est pas à l'abri de cette dynamique. Une fois l'infrastructure des permis numériques mise en place, il devient relativement simple de l'intégrer à d'autres systèmes publics: dossiers sociaux, inscriptions électorales, voire données de santé. Ce qui commence comme un «permis de conduire sur votre téléphone» peut évoluer vers une identité numérique à spectre complet. C'est la logique du «scope creep», selon laquelle les technologies introduites à des fins limitées s'étendent à des domaines de contrôle plus larges.

Les partisans affirment que les systèmes numériques renforcent la sécurité, mais la sécurité pour qui? Pour l'État, les registres numériques créent des pistes de preuves plus fiables, davantage de possibilités de vérifier la conformité et davantage de moyens de punir la non-conformité. Pour les citoyens, cependant, ils signifient moins de vie privée, moins d'autonomie et un sentiment croissant que leurs mouvements et leurs activités sont enregistrés en permanence.

La fracture numérique et l'exclusion structurelle

Un autre aspect négligé dans le discours triomphaliste du gouvernement est la question de l'accès. Les permis numériques supposent que chaque citoyen possède et sait utiliser un smartphone capable de faire fonctionner les applications gouvernementales. Or, c'est loin d'être le cas.

Les familles à faibles revenus, les personnes âgées, les communautés rurales maories et pasifika, ainsi que ceux qui n'ont tout simplement pas les moyens de renouveler régulièrement leur appareil risquent d'être exclus. Si le gouvernement insiste sur le fait que les permis numériques seront une option, la réalité des attentes sociales et de l'inertie bureaucratique est que les permis physiques seront bientôt mis de côté. Une fois que les policiers, les agences de location ou même les boîtes de nuit auront pris l'habitude de vérifier les identifiants numériques, ceux qui n'en possèdent pas se retrouveront marginalisés, considérés comme arriérés, voire traités comme suspects.

D'un point de vue anarcho-communiste, cela révèle la nature de classe des réformes numériques. Les technologies présentées comme universellement bénéfiques renforcent souvent les inégalités existantes. Les riches, les personnes connectées et celles qui maîtrisent les technologies bénéficient d'un confort supplémentaire, tandis que les personnes marginalisées sont contraintes à de nouveaux niveaux d'exclusion. Cela reflète la logique même du capitalisme: les réformes qui semblent progressistes en surface dissimulent leur véritable fonction, qui est de stratifier la société et de renforcer les hiérarchies.

La mainmise des entreprises et la marchandisation de l'identité

Aucun système numérique ne fonctionne indépendamment du capitalisme. Le développement et la maintenance de l'infrastructure pour les licences de smartphones impliqueront inévitablement des entrepreneurs privés, des fournisseurs de services cloud et des concepteurs d'applications. L'État présente le déploiement comme un acte de gouvernance neutre, mais en réalité, il s'agit d'un nouveau transfert de la dépendance publique vers le capital privé.

Les entreprises en tirent deux avantages. Premièrement, grâce à des contrats directs pour concevoir et entretenir les systèmes. Deuxièmement, et de manière plus insidieuse, grâce à la monétisation des données. Une fois que l'identité des personnes est numérisée, la tentation de la relier à leur comportement de consommation, à leurs transactions financières et à leur activité sur les réseaux sociaux devient immense. Même si le gouvernement néo-zélandais s'engage à protéger les données, nous savons, grâce à d'innombrables exemples internationaux, que la privatisation sournoise ne tarde pas à suivre.

La marchandisation de l'identité, où notre capacité même à nous déplacer, à conduire ou à prouver qui nous sommes devient une source de profit, est en totale contradiction avec les principes anarcho-communistes. L'identité devrait être une ressource commune, détenue en fiducie par les communautés, et non un produit géré par les États et exploité par les entreprises.

Fragilité et dépendance

Les partisans des permis numériques affirment souvent qu'ils sont «plus surs» que les cartes physiques. Mais cela néglige la fragilité des systèmes numériques. Les smartphones tombent en panne de batterie, les applications plantent, les serveurs se déconnectent et les systèmes peuvent être piratés. Une carte en plastique ne dépend pas du Wi-Fi, de la couverture 4G ou de la dernière mise à jour du système d'exploitation.

La dépendance numérique n'est pas une résilience, c'est une vulnérabilité. En liant les identifiants essentiels à des appareils et à des réseaux, l'État rend les citoyens plus dépendants d'infrastructures fragiles qui peuvent tomber en panne et tombent effectivement en panne. Cette fragilité est souvent minimisée dans la précipitation à paraître moderne, mais c'est le public qui en supportera le cout en cas de panne ou de cyberattaque.

La résilience réside dans la décentralisation, et non dans des systèmes centralisés fragiles. Une licence physique, aussi imparfaite soit-elle, incarne une forme d'autonomie que les systèmes numériques ne peuvent reproduire.

Le mythe du leadership technologique

Le ministre Bishop s'est vanté que la Nouvelle-Zélande serait parmi les premiers pays au monde à mettre en oeuvre un tel système. Cette fierté d'être un pionnier est révélatrice. L'État présente l'accélération technologique comme intrinsèquement vertueuse, comme si le fait d'être le premier conférait une supériorité morale. Pourtant, être le premier à adopter une technologie imparfaite ou autoritaire n'est pas un triomphe, mais un danger.

L'orgueil technologique conduit les gouvernements à adopter des systèmes avant d'en avoir pleinement compris les risques. Lorsque les conséquences négatives apparaissent, le système est déjà bien implanté et il devient difficile, tant sur le plan politique que technique, de faire marche arrière. C'est là le caractère dépendant de la gouvernance numérique: une fois que la société est enfermée dans une infrastructure, il devient presque impossible d'en sortir.

Plutôt que de se précipiter pour être le premier, une politique véritablement émancipatrice se demanderait si de tels systèmes sont vraiment nécessaires et s'ils renforcent réellement la liberté humaine.

Vers des alternatives: une identité centrée sur la communauté

Si la société a besoin de systèmes d'identité et de responsabilité, ceux-ci doivent être construits à partir de zéro de manière à protéger l'autonomie plutôt qu'à l'éroder. Les identifiants délivrés par la communauté, supervisés par des collectifs locaux plutôt que par des États centralisés, offrent une possibilité. Ces systèmes peuvent être physiques ou numériques, mais doivent rester open source, transparents et non commercialisés. Au lieu d'être gérée par des entreprises, l'identité pourrait être traitée comme un bien commun, détenu et géré collectivement.

De même, les communautés pourraient expérimenter des méthodes de responsabilité non identitaires. Plutôt que de prouver leur identité à l'aide de documents, les individus pourraient être reconnus grâce à des relations de confiance, de responsabilité mutuelle et de responsabilité locale. Cela peut sembler irréalisable dans le contexte des États-nations modernes, mais cela nous rappelle que les systèmes d'identité bureaucratiques ne sont ni naturels ni éternels. Ce sont des constructions historiques auxquelles on peut résister, qu'on peut démanteler ou remplacer.

Résistance et praxis

Comment les anarcho-communistes devraient-ils alors réagir au déploiement des licences numériques? La résistance doit s'exercer à plusieurs niveaux.

Tout d'abord, il y a le travail d'éducation et d'agitation qui consiste à exposer les dangers réels des identités numériques et à remettre en question le discours sur leur commodité. Cela implique d'écrire, de parler et de s'organiser au sein des communautés pour s'assurer que les gens voient au-delà de la rhétorique séduisante du gouvernement.

Deuxièmement, il faut exiger un véritable choix: que les permis physiques restent disponibles en permanence, sans pénalité ni stigmatisation pour ceux qui les utilisent. Toute tentative de supprimer progressivement les options physiques doit être combattue comme une forme de coercition.

Enfin, nous devons relier cette question à la lutte plus large contre le capitalisme de surveillance et le pouvoir de l'État. Les permis numériques ne sont pas une réforme isolée, mais s'inscrivent dans un continuum de contrôle qui comprend la reconnaissance faciale, les passeports biométriques et la surveillance algorithmique. Ce n'est qu'en reliant ces luttes entre elles que nous pourrons organiser une résistance efficace.

La proposition du gouvernement d'autoriser le stockage des permis de conduire et des certificats de contrôle technique sur les smartphones a été saluée comme une modernisation pragmatique, un pas vers plus de commodité dans un monde numérique. Pourtant, derrière cette rhétorique se cache une réalité bien plus troublante. Les permis numériques renforcent la surveillance, accentuent les inégalités, transfèrent des fonctions publiques au capital privé et rendent les citoyens dépendants de technologies fragiles.

Ces évolutions ne sont pas neutres. Elles s'inscrivent dans le prolongement d'un système plus large dans lequel l'État et le capital collaborent pour réglementer et marchandiser la vie quotidienne. Le discours sur la commodité occulte l'érosion de l'autonomie, l'aggravation de l'exclusion et le renforcement du pouvoir hiérarchique.

Nous devons donc rejeter la présentation des permis numériques comme une réforme «de bon sens». Nous devons plutôt les considérer comme un nouveau front dans la lutte entre libération et contrôle. Notre tâche ne consiste pas seulement à critiquer, mais aussi à résister, à imaginer des alternatives et à construire des systèmes ancrés dans la communauté, l'autonomie et l'entraide.

L'État veut nous faire croire que le progrès consiste à transporter notre identité dans notre poche, prête à être affichée d'un simple clic sur un écran. Nous devons insister sur le fait que le véritable progrès réside ailleurs: dans le démantèlement de l'appareil de surveillance et dans la construction d'une société où l'identité n'est pas une arme de contrôle, mais une ressource commune de liberté.

https://awsm.nz/digital-licences-and-the-new-panopticon-the-move-to-smartphone-ids-in-aotearoa/
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