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(fr) UCL Saguenay - Antifa, plus que jamais!
Date
Wed, 8 Oct 2025 17:34:38 +0100
La scène politique contemporaine est caractérisée par une lourdeur
accablante. Au niveau international, la situation est alarmante: on
assiste quotidiennement, notamment au sud de la frontière, à une dérive
autoritaire et fascisante. ---- Au Québec, cette anxiété se manifeste
par une surenchère identitaire alimentée par des partis comme le PQ et
la CAQ. Leur stratégie consiste à imputer tous les maux de la société -
crise du logement, crise en éducation, crise en santé - à «l'autre»,
c'est-à-dire aux personnes immigrantes ou nouvelles arrivantes. ----
Cette tactique sert à masquer leur incompétence et les effets délétères
de leurs propres politiques, qui consistent historiquement et
actuellement à: ---- ---- Offrir des cadeaux aux grandes entreprises;
---- -Couper les impôts des plus riches;
-Affaiblir drastiquement les services publics, une tendance qui
s'inscrit dans une continuité gouvernementale remontant bien au-delà de
sept ans de Legault (Couillard, Charest, Landry, Bouchard, etc.).
Les fondements de la lutte antifasciste
Selon La Horde, «L'antifascisme est devenu une lutte à défendre» (p.8).
Cette nécessité s'est accentuée lorsque le «clown orange», a décrété les
antifascistes (antifas) comme organisation terroriste intérieure.
Malgré les allégations de l'extrême droite québécoise - dont une des
figures influentes a prétendu à la radio de Québec que les antifas
n'étaient qu'une invention stalinienne -, l'histoire dit le contraire.
La Horde rappelle que l'antifascisme existait avant même la naissance du
parti fasciste de Benito Mussolini . Avant de porter ce nom, des
militants s'organisaient déjà contre l'extrême droite, alors connue sous
le nom de «la réaction».(p.9)
Les multiples dimensions du mouvement
L'antifascisme est un mouvement aux multiples facettes et ne peut être
réduit à une seule catégorie. Il est simultanément:
-Un «mouvement d'autodéfense»
-Un «courant politique révolutionnaire»
-Une «contre-culture» (p.11)
Ses racines sont profondément ancrées dans l'histoire des organisations
de gauche. Durant l'entre-deux-guerres, l'antifascisme s'est structuré
et développé principalement «au sein des organisations politiques du
mouvement ouvrier (communiste,socialiste et anarchiste)» (p.14). Il
s'agit donc d'une tradition politique et sociale bien établie, née du
combat contre l'autoritarisme.
Le racisme défensif
L'extrême droite moderne est bâtie sur cinq piliers idéologiques
fondamentaux: le racisme, le sexisme (incluant l'homophobie et la
transphobie), le nationalisme, le traditionalisme et l'autoritarisme.
Une mutation tactique majeure est observée: le passage d'un racisme
offensif à un racisme défensif. Ce dernier vise à nier les fondements
systémiques du racisme et à inverser la perception des rôles.
Ce racisme défensif s'articule autour de plusieurs mécanismes. Il
s'exprime par l'injonction d'«en finir avec la repentance», un rejet de
toute culpabilité historique, cherchant le déni du racisme structurel.
Au Canada, cela est illustré par les propos de Maxime Bernier (chef du
PPC), qui a qualifié la Journée nationale de la vérité et réconciliation
de «canular» et dénoncé la «fausse culpabilité des Blancs et de
l'arnaque basée sur elle». À cela s'ajoute l'instrumentalisation active
du sentiment anti-musulman (islamophobie) pour attiser la peur et les
divisions. Enfin, le mouvement propage des théories fallacieuses, comme
celle du «Grand Remplacement», qui prétend que les populations dites
«historiques» sont victimes d'une menace démographique, transformant
ainsi les minorités et les populations immigrantes en agresseuses
présumés. Cette tactique vise clairement l'inversion des rapports de
domination.
Le masque de la vacuité idéologique
L'extrême droite actuelle se distingue par son manque de programme
abouti. La Horde souligne que ces mouvements «[...] ne se rattachent à
aucun courant précis» (p. 9). Pour masquer cette vacuité idéologique,
ils recourent à un camouflage sémantique, dissimulant leurs objectifs
derrière des étiquettes volontairement vagues et normalisantes telles
qu'«identitaire», «conservateur» ou simplement de «droite». Ceci leur
permet d'attirer un public plus large tout en évitant de s'engager sur
des positions politiques claires ou radicales.
Antifascisme: Réponse à la Violence
La question de la violence est centrale dans le débat sur l'antifascisme.
D'une part, Mathieu Bock-Côté critique les antifas comme une milice
d'ultra-gauche violente qui instrumentalise l'étiquette pour
disqualifier ses adversaires et justifier sa propre violence.
D'autre part, les organisations antifascistes comme le Horde argumentent
que si la violence de l'antifascisme est souvent «pointée du doigt»,
c'est en oubliant qu'elle est «d'abord une réponse à la violence
constitutive des mouvements d'extrême droite» (p. 14).
L'antifascisme est donc fondamentalement positionné comme une réaction à
la violence inhérente et historique des mouvements qu'il combat.
En somme, l'urgence de l'antifascisme est plus pressante que jamais,
alimentée par une convergence de menaces allant de la dérive autoritaire
internationale à la surenchère identitaire québécoise. Face à
l'instrumentalisation politique des crises internes et à l'usage d'un
racisme défensif par la droite nationaliste et l'extrême droite, la
nécessité d'agir est manifeste.
Être antifasciste, c'est avant tout être contre le racisme et
l'autoritarisme. C'est une lutte politique et sociale essentielle pour
défendre des principes d'égalité et d'émancipation face à toute
tentative de division ou d'inversion des rapports de domination.
C'est une lutte qui rappelle la célèbre maxime latine de Térence, «Homo
sum, humani nihil a me alienum puto» (Je suis homme, et rien de ce qui
est humain ne m'est étranger.), laquelle a été modernisée pour devenir:
«Aucun humain n'est étranger sur cette terre». Cet idéal place
l'émancipation de tous les êtres humains au coeur du combat antifasciste.
* Source: La Horde, Dix questions sur l'antifascisme , libertalia ,
2023, 202 p.
https://ucl-saguenay.blogspot.com/2025/10/antifa-plus-que-jamais.html
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