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(fr) Alternative Libertaire #347 (UCL) - La place de l'UCL dans le mouvement trans
Date
Mon, 11 Mar 2024 18:17:21 +0000
Lors du second congrès de l'Union communiste libertaire en 2023, nous
avons voté une motion d'orientation politique nommée «Pour une
contre-offensive trans», disponible sur notre site internet. En voici la
seconde partie dans une version écourtée et retravaillée pour le
journal, qui vient détailler nos positions. ---- Le mouvement militant
trans est traversé de différences idéologiques et stratégiques. On
distingue en particulier deux grilles d'analyse majeures: les modèles
queers, et les modèles matérialistes. Il importe de nous positionner en
tant qu'organisation révolutionnaire et de préciser de quel matérialisme
nous nous revendiquons exactement. ---- Pour une analyse matérialiste
non dogmatique ---- La prise en compte des vécus trans a mené à une
fracture au sein du féminisme matérialiste. Une partie du mouvement
aujourd'hui dénommé TERF (pour «féministes radicales excluant les
personnes trans») a tenté de justifier par une analyse matérialiste des
positions transphobes. Nous affirmons que ce mouvement a essentialisé
son analyse et est de ce fait entré en contradiction avec des principes
de base du matérialisme.
Il prône une origine biologique et non sociale de l'oppression des
femmes, et insiste sur le caractère indépassable de la «socialisation
primaire», c'est-à-dire des comportements inculqués dans la jeune
enfance. Au contraire, l'analyse actuelle de l'Union communiste
libertaire est de considérer deux classes de sexe, «hommes» et «femmes»,
auxquelles est assigné chaque individu par un mécanisme social, imposé
par la société. Cette assignation n'a pas lieu qu'une seule fois à la
naissance mais tout au long de la vie, à chaque interaction sociale. Les
classes de sexe permettent l'exploitation de la classe des femmes par
celle des hommes, et la société patriarcale impose pour ce faire leur
binarité et leur rigidité.
Les personnes trans sont opprimées spécifiquement par le patriarcat car
elles contreviennent à ces principes. Le processus même de mobilité de
classe - devenir des transfuges de classe de sexe - est un affront à la
binarité du système. La transphobie est l'oppression punissant ces
affronts. Les femmes trans en particulier voient leur position sociale
se dégrader dès les premières démarches de transition et sont soumises à
la transmisogynie par intersection de la misogynie et de la transphobie.
Les hommes trans sont eux soumis à des logiques d'infantilisation.
Les luttes trans font donc partie intégrante des luttes
antipatriarcales, et les femmes trans font partie intégrante des luttes
féministes. Nous rejetons les positions essentialisantes. Nous analysons
que la place de chaque individu dans le système d'oppression patriarcal
ne dépend pas de sa biologie ou de sa socialisation passée, mais de sa
position sociale présente. Nous respectons et aidons les personnes trans
dans leur transition en les considérant de leur genre souhaité. Notre
lutte vise à abolir ce système et ses classes de sexe.
Une partie du mouvement trans se revendiquant lui aussi souvent du
matérialisme prône que la transidentité est une affection mentale pour
laquelle la transition médicale est le remède. Cette tendance, dénommée
transmédicalisme, milite généralement pour le maintien de la
psychiatrisation des parcours de transition: elle est plus stratégique
qu'idéologique, l'idée étant de présenter la transidentité d'une manière
qui la rendrait plus acceptable par le système patriarcal.
Si nous sommes sensibles aux craintes et aux stratégies individuelles
des personnes trans pour obtenir l'accès aux soins, nous rejetons le
transmédicalisme en tant que stratégie politique. Nous jugeons en effet
qu'elle ne saurait nous protéger ni du backlash réactionnaire ni du
patriarcat dans son ensemble, qu'elle ne permet pas de combattre. La
dépsychiatrisation est pour nous une revendication centrale des luttes
trans.
Pour un travail unitaire apaisé
La majorité du mouvement trans adopte des grilles d'analyse issues des
théories queers. Nous avons des points d'accord mais aussi des
désaccords politiques avec celles-ci, qu'il convient de clarifier pour
permettre le travail commun. Les organisations trans placent une grande
partie de leur énergie sur les besoins urgents et vitaux des personnes
trans à travers l'entraide et l'accompagnement, ainsi qu'au soutien
moral et à la création d'espaces de sociabilité. Il s'agit d'un travail
titanesque, qu'il nous revient de saluer et de soutenir. Cette priorité
tout à fait logique mise sur les besoins immédiats de la communauté
trans peut justifier un accent porté sur les individualités. En tant
qu'organisation politique, l'Union communiste libertaire n'a pas
vocation à se substituer aux espaces d'entraide qu'elle doit soutenir de
l'extérieur.
Notre objectif est de pousser la société à évoluer vers l'acceptation et
l'intégration des personnes trans jusqu'à l'élimination du système
d'oppression patriarcal. Sur ce champ d'action, nous considérons que les
logiques individualisantes sont préjudiciables: nous avons besoin de
créer du collectif sur la base d'expériences partagées. Cela implique de
faire vivre des contre-pouvoirs larges et démocratiques. Cette position
n'est pas antinomique à la reconnaissance de la diversité des parcours
de transition. Ce n'est pas notre rôle de juger la «légitimité» de telle
ou telle identité. Notre analyse se base sur les conditions matérielles
d'existence: nous nous battons pour toutes les personnes dont les
conditions matérielles sont affectées par la transphobie.
Une autre source de tension courante entre stratégies queers et
matérialistes est l'utilisation du vocabulaire. Les modèles queers
proposent que chacun·e choisisse les étiquettes qui lui correspondent
(en termes d'identité et d'orientation sexuelle) dans une perspective de
«déstabilisation» du genre, et d'émancipation personnelle. À l'UCL,
notre grille d'analyse et le vocabulaire que nous utilisons sont
différents. Sans remettre en cause le principe d'autodétermination, nous
partons de la transition comme d'un fait social, puis nous étudions les
logiques d'oppression que cela engendre. Notre vocabulaire désigne donc
les personnes touchées structurellement par ces oppressions.
Nous avons mis en avant ici notre démarche et nos désaccords afin de
clarifier notre positionnement, non pas pour tracer une ligne avec les
autres orientations politiques, mais au contraire pour permettre le
travail commun avec elles en connaissance de cause. Plus que jamais,
nous avons besoin d'être uni·es.
Commission antipatriarcat de l'UCL
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Lors-du-second-congres-de-l-Union-communiste
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