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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Pas de révolution sociale sans libération des femmes Pas de libération des femmes sans révolution sociale!
Date
Thu, 7 Mar 2024 20:11:57 +0000
Les femmes, des travailleurs pas comme les autres ---- Avoir obtenu
l'inscription de la «liberté» de l'avortement dans la constitution
française ne doit pas faire oublier que cette année a été une année
difficile du point de vue du droit des femmes au niveau mondial.
L'avortement a été remis en cause dans plusieurs pays. En France, le
moins qu'on puisse dire est que #metoo n'a suscité de réprobation ni
dans le milieu établi du cinéma, ni du côté du gouvernement (ah!
L'exception française!). Ces mêmes autorités françaises qui ont réussi à
partiellement vider de son sens une loi européenne sur le viol. Cela
donne l'occasion de rappeler que notre société est bien une société
patriarcale (domination instituée des hommes sur les femmes). C'est le
travail reproductif fourni en grande partie par les femmes qui produit
et forme des travailleurs (santé, éducation). C'est le travail
domestique gratuit qui permet aux travailleurs de retourner travailler.
C'est la plus faible rémunération des femmes qui permet de dégager des
profits supplémentaires. Les travailleuses ne seront jamais des
travailleurs comme les autres tant que la division sexuelle du travail
mettra à disposition du patronat le corps et le travail domestique des
femmes en même temps que le travail de tous.
Les femmes de ménage n'ont pas de femme de ménage
Le patriarcat touche toutes les femmes, toutes peuvent être exploitées,
déconsidérées, violentées, échangées entre familles, prostituées. Mais
une femme peut aussi très bien louer les bras d'une autre et se payer
ses services: femme de ménage, domestique, gouvernante, cuisinière. Les
patronnes ne font pas de cadeaux à leurs employé·e·s des deux sexes.
Elles se regroupent même en lobby pour défendre leurs intérêts de femmes
riches et briser un plafond de verre qui est bien trop haut pour qu'il
nous concerne, comme dans les conseils d'administration des grandes
entreprises. Dès lors qu'une femme a du capital, elle cherche à le faire
fructifier, quitte à exploiter d'autres femmes. Les patronnes sont des
patrons comme les autres, fussent-elles dominées en tant que femmes, et
nous ne sommes pas dans le même camp.
Genres et classes...
Pour abattre ce monde de merde, et en finir avec l'exploitation sous
toutes ses formes, il faut donc penser le patriarcat à partir d'une
position sociale, la position de celles et ceux qui, avec ou sans
travail, sont exploité·e·s, et ne pas se perdre en alliances avec les
bourgeoises, ou borner notre horizon au fait pour quelques unes de
parvenir en sortant du lot. Toute position féministe qui ne combattrait
pas l'exploitation capitaliste revient donc à maintenir en place un
système qui exploite femmes et hommes, qui bénéficie du travail gratuit
ou sous-rémunéré des femmes, et donc uniquement à négocier des places au
soleil pour les quelques femmes nanties.
... et «races»?
Trop souvent, sous couvert d'intersectionnalité (imbrication des
différentes dominations), les luttes contre les différentes dominations
sont fragmentées en des groupes séparés, mises toutes à égalité, et
liées à des identités qu'il s'agit de défendre, que ce soit le genre, la
«race», l'invalidité, l'orientation sexuelle, la transidentité, la
religion... La parole du groupe perçu comme dominé aurait plus de valeur
que celle des autres, vus au mieux comme des alliés, au pire comme des
ennemis (potentiels) en raison de leur couleur de peau (les «Blancs»),
de la supposée adéquation entre sexe et genre (les «cis») ou de leur
validité. La seule perspective d'émancipation sous-entendue repose alors
sur les épaules de chaque individu, qui devrait déconstruire ses
supposés privilèges et utiliser le «bon» vocabulaire pour ne pas
froisser une catégorie. La perspective d'une lutte commune de tou·te·s
les exploité·e·s partageant un intérêt commun (mettre fin à ce monde de
merde) s'efface au profit de la demande de reconnaissance et
d'intégration de groupes particuliers.
Lutter ensemble, à égalité
Il ne s'agit pas de nier les discriminations existant au sein des
classes laborieuses, ni de repousser la lutte qui s'impose contre elles
aux calendes grecques. Au contraire, ces questions doivent être posées
et débattues, tous et toutes ensemble, à égalité, car construire une
nouvelle société implique de construire dans la lutte les rapports
égalitaires que nous souhaitons voire advenir. La supposée «race» ou la
religion avalisent, comme des frontières, la domination, l'exclusion,
l'autorité aussi bien dans qu'entre ces groupes. À l'heure où les
puissants cherchent à détourner la colère sociale vers des boucs
émissaires, c'est au contraire l'égalité de toutes et tous et la
solidarité entre tous et toutes qu'il faut affirmer, et certainement pas
des identités qui nous séparent les uns des autres.
Peut-on choisir d'être une femme?
Un vif débat au sein du féminisme concerne la possibilité ou pas de
s'identifier individuellement à un genre ou l'autre, comme c'est
désormais le cas au Royaume-Uni ou en Espagne. Toutefois, le fait de
pouvoir choisir à quel genre on appartient revient à nier une inégalité
qui se mesure et se construit à partir d'un fait biologique (naître
femme ou homme). Les luttes féministes ont au contraire toujours affirmé
que la construction du genre (auparavant appelé sexe social) reposait
sur des rapports sociaux entretenus par l'État, par l'économie, par des
structures de pouvoir matérielles (famille, école, entreprise, médecine,
services sociaux, loi) et idéologiques (maternité, infériorisation), qui
ne peuvent être détruits par un changement individuel d'identité. Abolir
les différences sociales entre les hommes et les femmes, et donc abolir
la violence sexuelle, les inégalités matérielles... ne peut se faire
qu'en identifiant ces structures et en luttant contre elles.
Travailleurs de tous les pays, qui lave vos chaussettes?
Les hommes tirent tous un bénéfice matériel du patriarcat (accès au
corps des femmes, temps libéré...), mais on aurait tort de ne les
présenter que comme une classe homogène d'ennemis. Le pouvoir de
nuisance d'un bourgeois est démultiplié par ses ressources, son
influence, son impunité. De plus, le revers de la médaille, la virilité,
est un fléau dont les hommes ont tout intérêt à se débarrasser. Quel
homme n'a pas souffert de l'impératif d'être fort, insensible,
performant (dans tous les domaines), de devoir s'imposer pour exister?
Éducation des filles ET des garçons, pour des relations libres et
humaines entre femmes et hommes!
Le féminisme de lutte des classes n'est pas une abstraction
La libération des femmes n'est pas un grand principe lointain. C'est dès
aujourd'hui qu'elle se construit. Tout à la fois en soutenant les
travailleuses en lutte, omniprésentes dans les métiers du «care» (et
ailleurs: nettoyage, santé, éducation), en participant aux luttes
(hôpitaux de proximité, éducation à la sexualité, avortement libre et
gratuit, groupes d'entraide matérielle et morale...) qui permettent aux
femmes le contrôle de leur corps et de leur sexualité - et en luttant
pour des meilleurs revenus pour tous et toutes.
Le patriarcat, c'est de la merde.
La capitalisme, c'est tout pareil.
D'une pierre, deux coups: révolution!
Groupe OCL Île-de-France
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4096
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