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(fr) CNT-AIT - Il y a AMAP et AMAP
Date
Thu, 29 Feb 2024 21:17:21 +0000
les AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) sont
un mode de consommation qui se veut alternatif, car elles mettent en
relation directe les producteurs et les consommateurs, sans passer par
les intermédiaires de la grande distribution. Cela encourage aussi des
modes de production agricole qui se veulent plus respectueux de la
nature, du cycle des saisons, des produits locaux ... . Mais toutes les
AMAP n'ont pas de finalité de transformation sociale, certaines sont
juste des épiceries comme les autres. Ci dessous un témoignage. ----
Pour un petit producteur comme moi l'AMAP reste le modèle le plus
finalisé dans l'aide qu'il peut apporter à un producteur, c'est vraiment
un concept qui je pense a de fortes possibilités de circuit parallèle
hors marchandisation, mais peu de gens le voient ainsi, hélas.
Le monde associatif... Ouais, c'est joli. Cela fait 10 ans que je
travaille avec des AMAP, et très franchement entre le discours et le
réel y aurait beaucoup à dire, rien que dans mon domaine qui et de
l'agriculture de proximité et bio. Je suis installé dans un lieu
périurbain à grande valeur constructible si le lieu venait à être
déclassifié de terre agricole. Cela fait dix ans que nombres de proprios
ici manoeuvrent pour couler la vocation agricole de la zone et que les
pouvoir publics régionaux ou communaux, à part faire du promotionnel
bancable pour leurs images de marque et multiplier des réunions qui
justifient leurs salaires, ne font vraiment rien dans le lieu où je suis
pour maintenir l'agriculture.
Quant aux AMAP's, heureusement que quelques-uns ont la conviction de ce
pourquoi ils y adhèrent, mais c'est l'exception et ils se fatiguent
assez vite au bout de deux ou trois ans de la nature des adhérents.
Tiens et pour la petite histoire d'une AMAP du bled limitrophe où je
suis: ils font plein de battage sur la terre à protéger et tout le toin
toin etc ...mais ils voulaient plus de diversité produits mais sans
aucun investissement de leurs part. Alors que j'approvisionnais cette
AMAP, en lousdé par derrière ils cherchaient un autre producteur et mais
n'ont pas souhaités me dire qu'ils le faisaient. Heureusement une amie
productrice elle aussi m'a prévenu qu'ils l'avaient démarchée pour cela.
C'était une Amap où à part 3 personnes, personne ne me saluait ou me
demandait ce qu'il en était de ma production. Cette Amap était
constituée de nombre de travailleurs de l'éducation nationale des zones
pavillonnaires qui n'étaient bien qu'entre eux apparemment, et qui
voulait juste plus de produits.
Pourtant je fournis 2 autres Amaps et jamais je n'ai eu de problèmes
avec eux par rapport à cela. Ils me demandant d'augmenter la production
alors que je trimais à l'époque des 80 heures semaines pour me rétribuer
à peine 600 euros par mois. Je faisais cela croyant que nombre de
personnes avait compris l'intérêt de changer les donnes du système, bah
non, manifestement tous n'ont pas cet objectif...
Un paysan
Paru dans Anarchosyndicalisme! numéro 176, mars-avril 2022
==============
PAS DE CHEQUE, PAS D'AMAP!
Première publication: mardi 15 aout 2006
En juin dernier, nous nous sommes rendus aux réunions de l'association
«La Rochelle Paysanne» en projet de développer une AMAP (Association
pour le maintien d'une agriculture paysanne). L'objectif, plutôt
sympathique, était la mise en rapport direct entre le consommateur et le
producteur.
Trois agriculteurs répondirent présents. Grâce à 1'AMAP, l'un pouvait
diversifier sa clientèle, l'autre stopper un marché pour se consacrer
plus à son exploitation, le dernier envisageait d'embaucher un nouveau
salarié.
L'AMAP offre un bonus aux producteurs participants en encourageant
-retour à la terre oblige- le travail participatif des adhérents dans
les exploitations. Pour la saison, inutile dès lors de se casser la tête
pour la cueillette des haricots et des petits pois ou 1e buttage des
pommes de terre: les maraîchers auront une main-d'oeuvre corvéable et
conviviale, dans l'optique de tisser des liens dans le cadre destressant
d'une super-ambiance de saison agricole. Bref, une main-d'oeuvre prête à
en baver un coup «tout ça pour mon gentil producteur bio qui me livre
chaque semaine mon panier avec tant de gentillesse».
Cependant le nerf de la guerre reste bien entendu l'argent. Nous sommes
là pour faire vivre trois exploitants agricoles, pas pour refaire le
monde, on s'adapte à l'économie capitalisme à défaut de vouloir la
combattre. Parlons franc: les paniers sont mis à la vente au prix de 8
euros et 16 euros.
Déjà cela est dissuasif pour certains. Premier écrémage. Durant la
réunion, il fut question d'une vague caisse de solidarité pour que les
plus démunis puissent avoir un panier. Cependant l'idée fut abordée en
cinq minutes et on resta très flou sur la somme allouée à cette caisse
et sur qui prendrait la décision «d'offrir» à «son bon pauvre» son
panier de légumes. Bref, la caisse de solidarité ne reste qu'un projet
illusoire. Pour faire partie de la grande famille de l'AMAP, il faut
signer 24 chèques d'avance qui seront débités, mois par mois. C'est une
«avance sur consommation».
C'est une condition impérative. Pour les personnes sous tutelle par
exemple ou simplement qui n'ont pas les moyens d'avancer du fric pour
payer ce qu'ils mangeront le mois suivant, c'est foutu. A l'AMAP on
appelle cela «fonctionner à la confiance»: pas de chéquier, pas
d'adhésion. Pour les chômeurs, les Rmistes, les précaires, ceux qui ne
savent pas ce qu'ils «toucheront» le mois suivant,... c'est le coup de
grâce, tu peux toujours retourner dans ta banlieue et te brosser pour
avoir ton panier de légumes bio.
Une amie en a fait les frais, laissons-lui la parole: «En fait, j'avais
déjà abordé pendant la réunion mes inquiétudes sur le fait de devoir
signer 24 chèques d'avance car légalement ces chèques pouvaient être
encaissés dès le moment où je les avais signés et datés. La question de
confiance que l'on m'avait opposée ne me paraissait pas convaincante. La
confiance n'aurait pu s'instaurer que sur un traitement ramenant tout le
monde à égalité quelles que soient les ressources. S'il était question
de confiance, pourquoi mon engagement à acheter régulièrement un panier
par semaine pendant six mois n'était-il pas suffisant?
De plus, je ne connaissais pas la centaine de personnes présentes dans
la salle, les statuts de l'association n'étaient même pas déposés. Il me
semblait que toutes les garanties étaient en faveur des
organisateurs-producteurs, sans qu'aucune soit accordée aux adhérents.
Ma seconde objection tenait à l'obligation de payer sa consommation de
panier un mois à l'avance. Il se trouve que nos revenus issus de
salaires ou d'allocations sont perçus à terme échu. Payer mes quatre
paniers un mois à l'avance faisait figure d'un investissement que je ne
pouvais me permettre. Je n'ai rien contre l'entraide gratuite mais l'on
y rajoutait du travail bénévole auquel je devais m'engager.
L'impossibilité de réguler ma consommation en fonction de mes besoins et
de mes moyens financiers irréguliers et précaires..
Je n'étais même pas en mesure de m'engager sur ma disponibilité pour du
travail bénévole, au vu des lois sur la remise au travail des précaires
qui ne nous laissent aucune certitude ni sur les ressources ni sur la
libre disposition de notre temps.
J'ai donc proposé aux deux personnes en charge de la trésorerie de payer
l'adhésion (8 euros) et de régler en liquide l'achat de mes paniers au
moment des distributions. Cette proposition fut rejetée ainsi que mon
adhésion.
Comme j'osais émettre une relative inquiétude à la vue de tous ces
chèques déposés sans beaucoup de garanties par la centaine de personnes
présentes et que j'essayais d'argumenter sur ce système excluant une
fois de plus les plus précaires, un des organisateurs m'a pris à parti:
» Tu dois certainement consommer un tas de produits inutiles. Et puis tu
as sans doute un copain?».
Il commença à me brancher sur mes proches qui auraient du subvenir à mes
besoins... il termina son laïus en me traitant de «coupeuse de cheveux
en quatre». Je suis sortie de cette aventure effondrée avec une fois
encore l'impression que les précaires étaient invisibles.»
Eric et Sylvie
Ajout du Combat Syndicaliste 97:
RETOUR SUR LES AMAP
L'article «Pas de chèque, pas d'AMAP» (AMAP = Association pour le
maintien d'une agriculture paysanne), a entraîné d'assez nombreuses
réactions. C'est bien volontiers que nous ouvrons nos colonnes à trois
courriers de lecteurs:
- «Je suis assez triste et choquée de lire ce que rapporte l'article
«Pas de chèque, pas d'AMAP». Je trouve la cause des AMAP très
enthousiasmante et je suis vraiment désolée que les personnes à
l'initiative de celle-ci à Toulouse n'aient pas compris les valeurs de
solidarité qui sont à la source de cette idée. Je fais une réponse plus
circonstanciée que vous pouvez lire sur:
http://forum.decroissance.info/viewtopic.php?p=24411#24411.»; Cécile
(AMAP des Volontaires, Paris XVème)
- «Votre rédaction a été trop rapide car toutes les AMAP n'exigent pas
plusieurs paiements d'avance! La nôtre (Les Aigues, Bassin d'Arcachon)
n'en exige qu'un seul, pour un mois il est vrai. Il est dommage de jeter
ainsi le discrédit sur un système d'avenir. Je regrette aussi sa
sélection sur le portail rezo.net mais cela n'est pas de votre fait.
Cordialement," Christian.
- «Ici, à l'AMAP Sergonne de Nantes, nous acceptons que les personnes
payent en liquide tous les mois. De plus l'engagement n'a lieu que sur 6
mois, donc maxi 6 chèques... et il n'y a pas d'adhésion de 8 euros. Ne
généralisez pas! A plus» Françoise.
Merci à ceux qui ont pris la peine de nous faire part d'une expérience
différente de celle rapportée dans cet article qui était un témoignage
vécu sur le fonctionnement d'une AMAP, en l'occurrence en
Charentes-Maritimes (et pas à Toulouse comme des lecteurs ont pu le
penser). C'est bien parce que nous sommes attentifs aux formes les plus
diverses de solidarité et de résistance qu'il nous paraît important de
pointer des dysfonctionnements qui, s'ils se développaient, ruineraient
une idée prometteuse.
Jacques.
Tiré du Combat Syndicaliste de Midi-Pyrénée n°96, par la CNT-AIT de Toulouse
http://cnt-ait.info/2024/02/02/il-y-a-amap-et-amap/
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