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(fr) Alternative Libertaire #346 (UCL) - Mouvement européen contre l'austérité: Après l'échec des euromanifs, comment rebondir?
Date
Mon, 26 Feb 2024 16:51:27 +0000
Dans un contexte d'inflation particulièrement violent pour les
travailleurs et travailleuses d'Europe, la Confédération Européenne des
Syndicats (CES) a impulsé une campagne de mobilisation contre
l'austérité d'octobre à décembre 2023. Un échec attendu qui pousse à
questionner la stratégie internationaliste de la CGT. ---- Malgré une
date annoncée largement en amont et préparée par une intersyndicale
française au complet, la grève pour les salaires du 13 octobre 2023
n'aura réuni que 200000 personnes dans toute la France. Un chiffre bien
en deçà des millions descendus sur le pavé pour défendre leurs retraites
quelques mois plus tôt. ---- Il faut dire que si la question des
salaires est centrale dans la vie des salarié·es, il était difficile de
convaincre des collègues de se mettre en grève sur une journée isolée,
sans stratégie compréhensible de la part de l'intersyndicale. Sans
surprise, la grève n'a pas pris. En conséquence, s'en sont suivies des
manifestations réduites, regroupant principalement les militantes et
militants syndicaux habituel·les.
Pire encore, les travailleuses et travailleurs de France furent les
seuls à avoir répondu par la grève à l'appel à la mobilisation de la
CES. Finalement, le seul élément international marquant de cette
mobilisation aura été la présence à Paris de mille délégué·es -
revendiqué·es - de confédérations syndicales non-françaises.
Deux mois plus tard, l'euromanif bruxelloise n'a pas été beaucoup plus
impressionnante, bien qu'un nombre important de syndicalistes français
aient fait le déplacement: sur les 15000 manifestant·es, la CGT
revendique le déplacement de 3000 de ses membres. Une dynamique à mettre
en perspective avec la faible présence des autres syndicats français,
(200 manifestant·es CFDT selon nos militants).
Pour ce qui est des autres syndicats, leur présence était pour le mieux
anecdotique. On note principalement la présence de la CGIL (Italie), de
la FGTB (Belgique) et de la CSC (Belgique également), seule organisation
syndicale de collaboration de classe qui a réellement mobilisé (en
jouant à domicile).
Les limites de la CES
Si cette manifestation fut donc principalement un témoignage de colère,
elle permit tout de même de renforcer les liens entre syndicalistes de
différents pays. Nous avons pu par exemple assister à un moment de
camaraderie entre ouvriers et ouvrières du BTP belges et français·es,
organisé dans les locaux de la fédération du bâtiment de la FGTB.
Autre scène d'union, les échanges de drapeaux ou de goodies entre
différents pays furent monnaie courante. Si ces moments de rencontre et
d'échanges sont essentiels à la construction d'une solidarité de classe
à l'échelle européenne, ils se sont malheureusement inscrits dans une
manifestation perdue d'avance.
Disons-le sans détour: ces deux mobilisations n'ont rien changé au
rapport de force avec la bourgeoisie européenne. Le parlement européen a
bel et bien voté le plan d'austérité le 17 janvier. Basées sur le
calendrier institutionnel, ces deux dates s'inscrivent dans la ligne de
la stratégie lobbyiste de la CES: le 13 octobre comme le 12 décembre,
aucun appel à la grève au niveau européen!
Dans ces conditions, la manifestation bruxelloise en pleine semaine ne
fut rien d'autre qu'un défilé de militant·es disposant de droits
syndicaux. Cette croyance dans le dialogue social avec les institutions
européennes revient pour les syndicalistes à croire au Père Noël face à
une bourgeoisie radicalisée.
Construite dans les années 1970 par des syndicats de collaboration de
classe, elle n'a été rejointe que plus tard par des syndicats plus
combatifs (CGT, CGIL). Si ceux-ci cherchent à y construire une culture
du rapport de force, l'orientation majoritaire de la CES est toujours
celle de la cogestion avec le capitalisme européen.
Des euromanifs aux eurogrèves?
Comment construire un cadre capable d'impulser un rapport de force
contre la bourgeoisie et les institutions européennes? Comment passer
des euromanifs aux eurogrèves? Face aux lobbyistes mous de la CES,
certains voudraient un retour de la CGT dans la Fédération Syndicale
Mondiale (FSM). Cette dernière, survivance du bloc soviétique, n'est en
réalité pas plus radicale que sa concurrente.
Elle est bien molle quand il s'agit de dénoncer les dictatures
iranienne, nord-coréenne ou syrienne, dont les «syndicats» qui la
constituent sont plutôt des organismes d'encadrement de la classe
ouvrière au service du pouvoir. Aucun avenir donc pour la CGT dans cette
relique poussiéreuse de l'URSS!
ais comment dépasser ce clivage CES / FSM qui s'invite à chaque congrès
confédéral? Deux perspectives reviennent souvent. La première, dont le
réalisme est à débattre, voudrait construire un nouvel outil
international autour de la CGT. C'est par exemple le pari entrepris de
son côté par Solidaires, qui a su participer à la construction d'un
syndicalisme alternatif capable d'initiatives (comme du soutien matériel
aux travailleurs et travailleuses d'Ukraine), mais qui reste marginal.
Si la CGT serait probablement en capacité d'emmener avec elle quelques
syndicats combatifs européens, ce cadre risquerait lui aussi de rester
minoritaire. La seconde, stratégie actuelle de la direction confédérale,
voudrait changer la CES de l'intérieur. Partir de cet outil ancré dans
les masses (45 millions d'adhérent·es) est tentant, mais tant que la CGT
y restera minoritaire, elle risque de ne servir que de réservoir à
militant·es quand les syndicats de collaboration de classe en garderont
le contrôle politique.
Cette question est centrale pour les syndicalistes révolutionnaires pour
qui la construction d'une solidarité de classe européenne et
internationale est primordiale. À nous de faire vivre ce débat dans nos
syndicats et unions locales pour que la CGT se dote d'une stratégie à la
hauteur de l'enjeu!
Thomas et Pierre (UCL Grenoble)
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Mouvement-europeen-contre-l-austerite-Apres-l-echec-des-euromanifs-comment
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