A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) Collaboration de multinationales dans les repressions militaires des Amerique Latine]

Date Tue, 24 May 2005 15:29:56 +0200 (CEST)


Un journal brésilien révèle la collaboration de multinationales dans les
répressions militaires des Amérique Latine.

Dans les années 60 et 70, des entreprises de première ligne ont coopéré
avec les dictatures du Brésil et de l'Argentine pour réprimer des
syndicalistes.
Volkswagen, Phillips, Fire-stone, Chrysler et autres entreprises ont aidé
à réprimer les dictatures d'Amérique Latine, spécialement en Argentine et
au Chili. Ainsi le signale une enquête du journal brésilien O Globo, qui a
publié des documents inédits du Département de l'Ordre Politique et Social
brésilien. Les documents montrent que les entreprises ont formés avec les
organismes de sécurité du Brésil un "groupe de travail" pour détecter les
employés qui avaient une militance syndicale, qui étaient licenciés et
dans beaucoup de cas torturés et assassinés.
Le coup d'Etat contre Joao Goulart a eu lieu en 1964. En novembre 66, au
début d'une période très dure de répression qui durera trois ans, des
représentants de General Motors, Volkswagen, Chrysler, Firestone, Phillips
et Constanta se sont réunis avec le chef du Département de l'Ordre
Politique de Sao paolo et un délégué de l'armée.
Selon le compte rendu de la réunion, ils ont discuté des "problèmes" dans
les fabriques et ont créé un centre de coordination.
La documentation, compilée et révélée par le journaliste Jose Casado,
indique que les entreprises livraient aux services d'intelligence des
listes de travailleurs considérés suspects, et qu'elles ont maintenu
durant tout ce temps une cooppération "forte" mais "discrète".
"Nous défendions nos entreprises des terroristes, de la subversion", a
déclaré Synesio de Oliveira, représentant du groupe Constanta
(entreprise incorporée à Phillips en 1998).
Sur la base de documents obtenus à Washington, Sao Paolo et Buenos Aires,
l'enquête révèle que Volkswagen "a monté un département interne" avec les
agents de la DOPS et des militaires pour épier les travailleurs, alors que
Chrysler, Scania et Firestone "ont créé des appareils d'espionnage" dans
les fabriques.
Par exemple, un document daté en juillet 1978 par la filiale brésilienne
de la firme suédoise Saab-Scania informe la police du cas de deux
travailleurs dont les licenciements "découlent du fait d'avoir participé à
un mouvement de grève".
Les entreprises ont été consultées par O Globo, mais toutes ont nié les
faits ou ont assuré qu'elles ignoraient ce qu'indiquait la documentation.
Volkswagen a soutenu qu'elle a maintenu une ligne "apolitique" et une
relation "avancée" avec ses employés, tandis que Firestone et Chrysler ont
dit "ignorer" le sujet.
En Argentine il y a eu un schéma similaire. L'ambassade des États-Unis a
informé Washington entre avril 1976 et juin 1978 sur des épisodes qui
montraient "la grande coopération entre des gérants et des organismes de
sécurité". L'un des cas les plus connus est celui de Mercedes Benz. En
1975, Carlos Ruckauf, ministre du Travail, a ordonné le licenciement de
115 ouvriers par des raisons politiques. En 1976, sous la dictature, tous
les dirigeants syndicaux de la fabrique de Gonzalez Catan (grand Buenos
Aires) ont été séquestrés. Des 16 délégués, 14 ont disparu. Leurs familles
et
les survivants ont obtenu la création, la semaine dernière, d'une
commission d'enquête.
Mercedes Benz a eu une conduite étrange avec les familles de ses employés
disparus (2), à qui elle a continué de payer le salaire. Certains ont même
touché des indemnisations pour des motifs non
spécifiés. En revanche, les ouvriers qui ont cessé d'aller travailler
parce qu'ils couraient le risque d'être séquestrés ont été licenciés.

Notes :
1- L'"opération Condor" est la collaboration des dictatures
sud-américaines (avec le soutien des Etats Unis) pour lutter contre la
subversion et assassiner ou se débarrasser des militants ou sympatisants
de gauche. (NdT)
2- En Argentine, sous la dictature (1976-1983), 30 000 personnes ont
"disparues", au Chili ce sont 3000 personnes qui ont été assassinées.
(NdT)

Pagina/12, 20 mai 2005
Traduction : Fab <santelmo(a)no-log.org>


_______________________________________________
A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr


A-Infos Information Center